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Figures de style pour l’analyse : cours de français 3e

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Ce bilan sur les figures de style en 3e rassemble toutes les figures à connaître pour analyser un texte au brevet : analogie, opposition, insistance, atténuation et sonorités. Pour chacune, tu trouveras une définition, un exemple littéraire et, surtout, l’effet qu’elle produit, car nommer une figure ne suffit jamais.

Les figures de style : à quoi servent-elles ?

Définition

Une figure de style est une manière particulière d’utiliser la langue pour produire un effet sur le lecteur : rendre une idée plus frappante, plus belle, plus émouvante, plus drôle ou plus critique. On les trouve en poésie, mais aussi dans le roman, le théâtre, la publicité ou la conversation.

On peut classer les figures en cinq grandes familles. Les connaître par famille aide à les reconnaître : si deux réalités sont rapprochées, cherche une analogie ; si elles s’opposent, une figure d’opposition ; si le texte insiste, une figure d’amplification.

Carte mentale des cinq familles de figures de style : analogie, opposition, insistance, atténuation et sonorités, avec leurs principales figures
Les cinq familles de figures de style à connaître en 3e.

Méthode

  1. Repérer le passage remarquable et le citer entre guillemets.
  2. Nommer précisément la figure.
  3. Expliquer son fonctionnement (quels mots sont rapprochés, opposés, répétés).
  4. Interpréter l’effet produit : qu’est-ce que la figure fait comprendre ou ressentir ?

Les figures d’analogie : rapprocher

Elles établissent un rapport de ressemblance entre deux réalités : le comparé (ce dont on parle) et le comparant (ce à quoi on le rapproche).

  • Comparaison: rapprochement à l’aide d’un outil (comme, tel, pareil à, semblable à, ressembler à). « Je suis comme le roi d’un pays pluvieux » (Baudelaire).
  • Métaphore: rapprochement sans outil. « La Nature est un temple » (Baudelaire). Quand elle se prolonge sur plusieurs phrases, c’est une métaphore filée.
  • Personnification: on attribue des caractéristiques humaines à un objet, un animal, une idée. « un trou de verdure où chante une rivière » (Rimbaud).
  • Allégorie: une idée abstraite est représentée par une figure concrète, souvent avec une majuscule (la Mort avec sa faux, la Justice avec sa balance).
Schéma comparant deux phrases : ses yeux brillent comme des étoiles, comparaison avec un outil, et ses yeux sont des étoiles, métaphore sans outil, avec le comparé et le comparant étiquetés
Comparé, outil, comparant : ce qui distingue la comparaison de la métaphore.

Attention

Toute phrase avec « comme » n’est pas une comparaison ! Dans « Comme il pleuvait, je suis resté », « comme » exprime la cause. Et dans « Il est aussi grand que son frère », il s’agit d’une simple comparaison grammaticale, sans visée poétique : une figure rapproche deux réalités de nature différente.

Les figures d’opposition : confronter

  • Antithèse: rapprochement de deux mots ou idées opposés dans une même phrase. « Je meurs de soif auprès de la fontaine » (Villon).
  • Oxymore: deux termes contradictoires sont directement associés, souvent un nom et un adjectif. « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid) ; « boucherie héroïque » (Voltaire).
  • Chiasme: construction en miroir A-B / B-A. « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger » (Molière, L’Avare).

Règle

Pour distinguer antithèse et oxymore, regarde la distance entre les termes opposés : dans l’oxymore, ils sont collés et se rapportent à la même réalité (« obscure clarté ») ; dans l’antithèse, ils sont répartis dans la phrase (« je meurs de soif auprès de la fontaine»).

Les figures d’insistance et d’amplification

  • Hyperbole: exagération (« mourir de rire », « je te l’ai dit cent fois »). Effet : mise en valeur, comique, émotion intense.
  • Gradation: suite de termes d’intensité croissante (ou décroissante). Dans Cyrano de Bergerac (1897), Edmond Rostand fait dire à son héros, à propos de son propre nez : « C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap ! / Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule ! »
  • Anaphore: répétition d’un mot ou d’un groupe de mots en début de vers ou de phrase (« Sur mes cahiers d’écolier / Sur mon pupitre et les arbres », Éluard). Effet : rythme, martèlement, émotion.
  • Énumération (ou accumulation) : suite de termes de même nature. Effet : impression d’abondance, de profusion, parfois de chaos.
  • Parallélisme: reprise de la même construction syntaxique (« je ne suis pas de ceux qui… / je suis de ceux qui… », Hugo).

Les figures d’atténuation et l’ironie

  • Euphémisme: on adoucit une réalité pénible ou choquante (« il nous a quittés » pour « il est mort »).
  • Litote: on dit moins pour faire entendre plus, souvent par une négation. « Va, je ne te hais point » (Corneille, Le Cid) : Chimène fait comprendre à Rodrigue qu’elle l’aime encore.
  • Ironie (antiphrase) : on dit le contraire de ce que l’on pense, en laissant des indices (« Quel temps magnifique ! » sous une averse).
  • Périphrase: on désigne une réalité par une expression plus longue qui en souligne une caractéristique (« la Ville lumière » pour Paris, « l’astre du jour » pour le soleil).

Attention

Euphémisme et litote atténuent tous les deux, mais pas dans le même but : l’euphémisme adoucit pour ménager (la pensée est vraiment atténuée), la litote atténue la forme pour renforcer le sens (« ce n’est pas mauvais » = c’est délicieux).

Les figures de sonorité

  • Allitération: répétition d’un même son consonne. « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine, Andromaque) : le son [s] imite le sifflement des serpents.
  • Assonance: répétition d’un même son voyelle. « Les sanglots longs / Des violons / De l’automne » (Verlaine) : les sons [ɔ̃] et [o], longs et sourds, évoquent la plainte et la mélancolie.
Figure Reconnaître Effet fréquent
Comparaison / métaphore rapprochement avec ou sans outil rendre concret, faire voir autrement
Antithèse / oxymore termes opposés, éloignés ou collés souligner un contraste, un paradoxe
Anaphore / gradation répétition en début, intensité croissante insister, créer un rythme, une émotion
Hyperbole exagération frapper, faire rire, émouvoir
Euphémisme / litote atténuation ménager / suggérer davantage
Allitération / assonance répétition de sons créer une harmonie imitative

À retenir

  • Une figure de style produit un effet : il faut toujours l’expliquer, pas seulement la nommer.
  • Analogie : comparaison (avec outil), métaphore (sans outil), personnification, allégorie.
  • Opposition : antithèse, oxymore (termes collés), chiasme (A-B / B-A).
  • Insistance : hyperbole, gradation, anaphore, énumération, parallélisme.
  • Atténuation : euphémisme, litote, ironie, périphrase ; sonorités : allitération (consonnes), assonance (voyelles).

Pour aller plus loin

Entraîne-toi avec les exercices sur les figures de style, puis vérifie tes connaissances avec le QCM sur les figures de style. Tu peux ensuite appliquer ces outils à la poésie avec le cours Visions poétiques du monde.

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