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Les relations dans la phrase complexe : cours de français 2nde

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La phrase complexe 2nde est au cœur de l’étude de la langue au lycée : savoir comment les propositions sont reliées permet à la fois d’écrire des raisonnements clairs et d’analyser le style d’un auteur. Ce cours présente les trois modes de liaison (juxtaposition, coordination, subordination), les différentes subordonnées et les connecteurs qui expriment les relations logiques.

Phrase simple et phrase complexe 2nde : la notion de proposition

Une phrase simple ne contient qu’un seul verbe conjugué : « Le train partit à l’aube. » Une phrase complexe en contient plusieurs : chacun forme, avec ses compléments, une proposition. Pour analyser une phrase complexe, on commence donc par repérer les verbes conjugués, puis on délimite les propositions et on observe comment elles sont reliées.

Définition

Une proposition est un ensemble de mots organisé autour d’un verbe, le plus souvent conjugué. Une phrase complexe contient au moins deux propositions. Il y a autant de propositions que de verbes conjugués (on y ajoute les subordonnées infinitives et participiales, construites sur un infinitif ou un participe ayant son propre sujet).

Exemple

« Si nous n’avions point de défauts, nous ne prendrions pas tant de plaisir à en remarquer dans les autres. » (La Rochefoucauld, Maximes, 1665) : deux verbes conjugués, donc deux propositions ; la première, subordonnée de condition, dépend de la seconde, la principale.

Juxtaposition, coordination, subordination

Règle

  • Juxtaposition : les propositions sont reliées par un simple signe de ponctuation (virgule, point-virgule, deux-points). « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu. »
  • Coordination : les propositions, de même niveau, sont reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou par un adverbe de liaison (puis, ensuite, pourtant, cependant, en effet, c’est pourquoi…).
  • Subordination : une proposition subordonnée dépend d’une proposition principale. Elle est introduite par un mot subordonnant (pronom relatif, conjonction de subordination, mot interrogatif) ou construite sur un infinitif ou un participe.
Trois encadrés présentant la juxtaposition, la coordination et la subordination avec le même exemple de la pluie
Une même relation de cause, trois modes de liaison.

On appelle parataxe la construction par juxtaposition ou coordination, sans hiérarchie entre les propositions, et hypotaxe la construction par subordination. L’absence de mot de liaison s’appelle l’asyndète. Ces termes sont utiles dans un commentaire : la parataxe crée souvent un effet de rapidité, de sécheresse ou d’implicite ; l’hypotaxe construit un raisonnement explicite et hiérarchisé.

Les propositions subordonnées

Tableau des cinq types de propositions subordonnées: relative, complétive, circonstancielle, infinitive et participiale, avec leurs mots introducteurs et des exemples
Les cinq grandes familles de subordonnées.

La subordonnée relative

Introduite par un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où, lequel et ses composés), elle complète un nom ou un pronom, son antécédent. « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » (Pascal, Pensées, 1670). La relative déterminative est indispensable au sens (« Les élèves qui ont fini peuvent sortir » : seulement ceux-là) ; la relative explicative, entre virgules, apporte une précision supprimable (« Les élèves, qui ont fini, peuvent sortir » : tous ont fini).

La subordonnée complétive

Elle occupe le plus souvent la fonction de COD du verbe principal. La conjonctive est introduite par « que » : « Je sais qu’il viendra ». L’interrogative indirecte est introduite par « si » ou un mot interrogatif, après un verbe comme demander, savoir, ignorer : « Je me demande quand il viendra ».

La subordonnée circonstancielle

Introduite par une conjonction de subordination (quand, lorsque, parce que, puisque, pour que, bien que, si, comme…), elle exprime une circonstance de l’action principale : temps, cause, conséquence, but, concession, condition, comparaison. Certaines conjonctions imposent le subjonctif : « pour que », « bien que », « avant que ». En revanche, « après que » se construit avec l’indicatif : « après qu’il est parti ».

Les subordonnées infinitives et participiales

Elles n’ont pas de mot subordonnant. L’infinitive suit un verbe de perception ou « laisser », « faire » et possède son propre sujet : « J’entends les oiseaux chanter » (ce sont les oiseaux qui chantent). La participiale a un sujet propre, différent de celui de la principale, et exprime une circonstance : « Le soleil couché, les promeneurs rentrèrent ».

Les relations logiques et les connecteurs

Une même relation logique peut s’exprimer de plusieurs façons. La cause, par exemple : « Il pleuvait ; nous sommes restés » (juxtaposition, relation implicite), « Nous sommes restés, car il pleuvait » (coordination), « Comme il pleuvait, nous sommes restés » (subordination).

Tableau des relations logiques (cause, conséquence, opposition, concession, but, condition, temps) avec les connecteurs de coordination et de subordination correspondants
Les connecteurs classés selon la relation qu’ils expriment.

Ces connecteurs logiques sont les articulations d’un texte argumentatif. Les choisir avec précision rend un raisonnement clair : « puisque » présente une cause connue de tous, « parce que » apporte une explication nouvelle ; « mais » oppose, « bien que » concède avant d’opposer.

Méthode et pièges

Méthode

  1. Repère et compte les verbes conjugués (et les infinitifs ou participes qui ont leur propre sujet).
  2. Délimite chaque proposition par des crochets.
  3. Identifie la proposition principale (celle qui ne dépend d’aucune autre).
  4. Pour chaque lien, nomme le mode (juxtaposition, coordination, subordination) et le mot de liaison.
  5. Nomme la nature et la fonction de chaque subordonnée, puis la relation logique exprimée.
  6. Dans un commentaire, interprète : pourquoi l’auteur relie-t-il ses idées ainsi ?

Attention

  • « Car » est une conjonction de coordination, pas de subordination, même s’il exprime la cause.
  • « Que » peut introduire une relative (« le livre que je lis » : il a un antécédent) ou une complétive (« je pense que tu as raison » : pas d’antécédent).
  • « Si » introduit une condition (« Si tu viens, je serai content ») ou une interrogative indirecte (« Je ne sais pas si tu viens »).
  • « Comme » peut exprimer la cause, la comparaison ou le temps : « Comme il était tard, je partis » / « Il chante comme un rossignol » / « Comme il entrait, le téléphone sonna ».
  • « Bien que » se construit avec le subjonctif, « après que » avec l’indicatif.

À retenir

  • Autant de propositions que de verbes conjugués (plus les infinitives et participiales).
  • Juxtaposition (ponctuation), coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car), subordination (dépendance).
  • Parataxe = sans hiérarchie ; hypotaxe = avec subordination ; asyndète = sans liaison.
  • Subordonnées : relative, complétive, circonstancielle, infinitive, participiale.
  • Une même relation logique peut s’exprimer par plusieurs constructions.

Pour aller plus loin

Exerce-toi avec les exercices sur la phrase complexe, puis contrôle tes acquis avec le QCM sur la phrase complexe. Les connecteurs logiques te seront indispensables pour écrire un essai ou un paragraphe argumentatif.

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