Les énoncés sont sur la fiche L'explication linéaire à l'oral : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Voici le corrigé explication linéaire des exercices sur « Le Dormeur du val » : découpage, projet de lecture, analyses mouvement par mouvement, transitions, conclusion et organisation de la préparation.
Le corrigé explication linéaire, exercice par exercice
Les analyses proposées ne sont pas les seules possibles : une autre lecture est valable si elle s’appuie sur des citations précises et si elle sert le projet de lecture.
Corrigé de l’exercice 1 : connaître l’épreuve
- Vrai.
- Faux : l’explication est notée sur 8 points ; c’est la première partie entière (lecture, explication, grammaire) qui vaut 12 points.
- Faux : l’examinateur choisit le texte dans le récapitulatif du candidat.
- Vrai.
- Faux : l’examinateur n’intervient pas pendant la première partie ; le dialogue a lieu en seconde partie.
- Vrai.
Corrigé de l’exercice 2 : découper en mouvements
- Vers 1 à 4 : un paysage lumineux et vivant. Le premier quatrain est consacré au seul décor.
- Vers 5 à 11 : le soldat endormi, un sommeil inquiétant. Le personnage apparaît au vers 5 ; des indices de maladie et de froid se multiplient jusqu’à l’apostrophe à la Nature.
- Vers 12 à 14 : la révélation. Le dernier tercet accumule les signes d’immobilité jusqu’aux « deux trous rouges ».
D’autres découpages sont recevables (par exemple vers 5-8 puis 9-11) s’ils sont justifiés par le sens et pas seulement par la forme strophique.
Corrigé de l’exercice 3 : choisir un projet de lecture
Le bon projet est le deuxième : il est propre au texte, il porte sur le sens et il prépare l’effet de chute.
Le premier est une liste de procédés, pas une question. Le troisième appelle une réponse évidente (oui) et passe à côté de l’enjeu du poème.
Corrigé de l’exercice 4 : préparer la lecture
- « D’argent » (vers 3), « Luit » (vers 4), « Dort » (vers 7), « Tranquille. » (vers 14).
- À la lecture, on marque une très légère suspension à la fin du vers précédent, puis on fait entendre le mot rejeté, sans le crier.
- « Dort » et « Tranquille » portent tout le paradoxe du poème : la voix peut s’y faire plus grave, pour préparer la chute.
Respecte aussi le rythme de l’alexandrin : chaque vers compte douze syllabes, et un e muet placé devant une voyelle s’élide (« verdure où » se prononce en trois syllabes).
Corrigé de l’exercice 5 : paraphrase ou analyse
Paraphrases : 1 et 3. Analyses : 2 et 4.
- Réécriture de 1 : « Le présentatif « C’est » ouvre le poème sur un tableau, et le mot « trou » désigne un creux de verdure accueillant ; il annonce pourtant, à l’insu du lecteur, les « trous » du dernier vers. »
- Réécriture de 3 : « Le rejet de « Luit » au vers 4, isolé par les deux-points, met en relief la lumière, qui envahit le paysage et le rend éclatant. »
Corrigé de l’exercice 6 : relier procédé et effet
A – 4 ; B – 1 ; C – 2 ; D – 3.
Chaque citation associe une image de douceur à un signe inquiétant : c’est le principe de construction du poème.
Corrigé de l’exercice 7 : expliquer le premier mouvement
- « C’est un trou de verdure » : présentatif, ouverture en tableau ; le mot « trou » est un écho anticipé du dernier vers.
- « où chante une rivière » : personnification, nature joyeuse et sonore.
- « Accrochant follement aux herbes des haillons / D’argent » : métaphore des reflets de l’eau ; l’adverbe « follement » dit l’exubérance, mais « haillons » introduit discrètement la pauvreté, le vêtement déchiré.
- « de la montagne fière, / Luit » : personnification et rejet qui mettent en valeur la lumière.
- « c’est un petit val qui mousse de rayons » : métaphore de l’effervescence ; le diminutif « petit » rend le lieu familier et protecteur.
Bilan : un paysage d’une vitalité débordante, où deux mots, « trou » et « haillons », introduisent une note discordante.
Corrigé de l’exercice 8 : expliquer le deuxième mouvement
- « Un soldat jeune » : l’adjectif placé après le nom insiste sur la jeunesse.
- « bouche ouverte, tête nue » : phrases nominales, posture abandonnée, vulnérable.
- « Dort » en rejet : le verbe est isolé et mis en valeur ; le lecteur l’accepte sans soupçon.
- « Pâle dans son lit vert » : la pâleur est un premier signe de mort ; le « lit » est une métaphore qui peut aussi évoquer la tombe.
- « Les pieds dans les glaïeuls » : fleurs que l’on dépose sur les tombes, et dont le nom vient du latin gladiolus, « petit glaive ».
- « Souriant comme / Sourirait un enfant malade » : la comparaison mêle l’innocence et la maladie.
- « Nature, berce-le chaudement : il a froid. » : apostrophe et impératif ; le froid en plein soleil est un signe inquiétant, et le poète semble supplier la nature de veiller sur un corps déjà mort.
Bilan : le sommeil est répété avec insistance, mais chaque détail le rend plus suspect.
Corrigé de l’exercice 9 : expliquer la chute
Exemple : « Le dernier tercet rassemble les indices. La négation « ne font pas frissonner sa narine » montre un corps qui ne perçoit plus rien, alors que tout le poème a sollicité les sens. Le verbe « dort » revient une dernière fois, accompagné d’un geste, « la main sur sa poitrine », qui peut évoquer le repos ou la blessure. L’adjectif « Tranquille », en rejet et suivi d’un point, crée un temps de suspens. La dernière phrase, simple et brève, tombe alors comme un constat : « Il a deux trous rouges au côté droit. » Le rouge du sang contraste avec le vert et le bleu du paysage, les « trous » répondent au « trou de verdure » du premier vers, et le « côté droit » peut rappeler le flanc percé du Christ. Le sommeil était la mort : la chute révèle le piège tendu au lecteur et transforme le tableau en dénonciation de la guerre. »
Corrigé de l’exercice 10 : rédiger les transitions
- Entre le premier et le deuxième mouvement : « Ce paysage débordant de vie semble fait pour accueillir le repos ; c’est en effet un dormeur que le poète nous présente à partir du vers 5. »
- Entre le deuxième et le troisième : « Les signes de maladie et de froid se sont multipliés ; le dernier tercet va les rassembler jusqu’à la révélation finale. »
Corrigé de l’exercice 11 : conclure
Exemple : « Rimbaud construit donc son sonnet comme un piège : un paysage débordant de lumière, un jeune soldat qui semble dormir, puis des indices de plus en plus inquiétants jusqu’aux « deux trous rouges » du dernier vers. Le contraste entre la beauté de la nature et la mort du soldat rend la dénonciation de la guerre d’autant plus saisissante qu’elle n’est jamais formulée. Ce refus de la guerre se retrouve dans « Le Mal », autre poème du Cahier de Douai. »
Critères : réponse au projet de lecture ; bilan des trois mouvements ; ouverture brève et justifiée.
Corrigé de l’exercice 12 : organiser la préparation
Minutage possible : 3 minutes de lecture attentive ; 3 minutes pour le projet et les mouvements ; 14 minutes de notes sur l’explication ; 6 minutes pour la question de grammaire ; 4 minutes pour l’introduction, la conclusion et la relecture.
Introduction possible : « En octobre 1870, en pleine guerre franco-prussienne, Arthur Rimbaud, âgé de seize ans, compose « Le Dormeur du val », sonnet en alexandrins recopié dans le recueil que l’on appelle le Cahier de Douai. Le poème décrit un jeune soldat endormi dans un vallon lumineux. Nous nous demanderons comment Rimbaud transforme ce tableau paisible en dénonciation de la guerre. Nous verrons d’abord un paysage lumineux et vivant, puis un sommeil de plus en plus inquiétant, enfin la révélation du dernier tercet. »
Comment utiliser ce corrigé
Après avoir comparé tes notes avec le corrigé, entraîne-toi à voix haute : chronomètre ton explication, qui doit tenir en une dizaine de minutes avec l’introduction et la conclusion. Enregistre-toi si possible, puis réécoute-toi pour repérer les moments où tu paraphrases ou où tu lis tes notes. Refais ensuite l’exercice sur chacun des textes de ton récapitulatif : pour chacun, prépare un découpage, un projet de lecture et trois ou quatre remarques par mouvement.
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