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Création, continuités et ruptures : corrigé des exercices de français Terminale

Création, continuités et ruptures : corrigé de français terminale, illustration Français PDF
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Corrigé continuités et ruptures : réponses complètes aux douze exercices de la fiche HLP sur la création, avec les analyses de « Zone », de Baudelaire et de Hugo, un texte oulipien, une introduction, un plan d’essai et un paragraphe modèle.

Corrigé continuités et ruptures : réponses expliquées

Corrigé de l’exercice 1 : Le vocabulaire de la création

  1. Avant-garde : groupe d’artistes qui se veut en avance et rompt avec les formes reçues (Dada).
  2. Manifeste : texte public et polémique annonçant un programme esthétique (le Manifeste du surréalisme de Breton, 1924).
  3. Tradition : ensemble des formes, œuvres et règles transmises d’une génération à l’autre (la tragédie antique et classique).
  4. Réécriture : reprise et transformation d’une œuvre antérieure (Une tempête de Césaire).
  5. Ready-made : objet manufacturé exposé comme œuvre par le seul choix de l’artiste (Fontaine de Duchamp).

Corrigé de l’exercice 2 : Mouvements et dates

  1. Futurisme (1909) : Marinetti.
  2. Dada (1916) : Tzara.
  3. Surréalisme (1924) : Breton.
  4. Nouveau Roman (années 1950) : Robbe-Grillet.
  5. Oulipo (1960) : Queneau.

Corrigé de l’exercice 3 : Qui a dit quoi ?

  1. Rimbaud, Une saison en enfer (1873).
  2. Valéry, « La Crise de l’esprit » (1919).
  3. Hugo, préface de Cromwell (1827).
  4. Baudelaire, Le Peintre de la vie moderne (1863).
  5. Lautréamont, Les Chants de Maldoror (1869).

Corrigé de l’exercice 4 : Lire « Zone »

  1. Absence de ponctuation ; vers libres de longueur très variable ; thèmes modernes (tour Eiffel, automobiles, hangars d’aviation) ; tutoiement de soi-même.
  2. La tour Eiffel devient une « bergère » et les ponts de la Seine son « troupeau » qui « bêle » : la métaphore filée mêle le monde urbain et industriel au vieux registre pastoral. Le poète parle du monde neuf avec une image ancienne.
  3. Le « tu » désigne le poète lui-même : ce dédoublement crée une distance, comme si le moi se regardait de l’extérieur, et associe le lecteur à son errance.
  4. Paradoxe : les automobiles, symboles de modernité, paraissent « anciennes », tandis que la religion, réputée vieille, est « toute neuve » et « simple comme les hangars de Port-Aviation ». Apollinaire renverse les catégories : la vraie nouveauté n’est pas là où on la croit.

Corrigé de l’exercice 5 : Comprendre Baudelaire

Pour Baudelaire, l’art a deux moitiés : l’une « éternelle et immuable », que l’on trouve dans les chefs-d’œuvre de tous les temps, l’autre « transitoire, fugitive, contingente », liée à la mode, aux mœurs et aux visages d’une époque. Être moderne, c’est savoir dégager la beauté éternelle de ce qui passe, au lieu de copier les sujets antiques. La modernité n’est donc pas un rejet du passé : elle prolonge la recherche de l’éternel par d’autres moyens, en prenant le présent pour matière. C’est une continuité dans la rupture.

Corrigé de l’exercice 6 : Continuité ou rupture ?

  1. Les deux : Anouilh reprend le mythe et l’héroïne de Sophocle (continuité) mais les transpose dans une langue moderne et un contexte qui fait écho à l’Occupation (rupture).
  2. Rupture : un objet manufacturé exposé tel quel remet en cause la définition même de l’œuvre d’art.
  3. Les deux : le lipogramme est une rupture avec l’écriture spontanée, mais il renoue avec une tradition ancienne de jeux formels.
  4. Les deux : réécriture de Shakespeare (continuité), renversée pour dénoncer la colonisation (rupture).
  5. Les deux : les poèmes-dessins rompent avec la disposition du vers, mais prolongent une pratique antique de poèmes figurés.

Corrigé de l’exercice 7 : La préface de Cromwell

Le « marteau » est un outil de démolition : Hugo veut détruire un édifice ancien. Les trois compléments, de plus en plus abstraits (« théories, poétiques, systèmes »), visent les règles classiques héritées du XVIIe siècle, en particulier la règle des trois unités et la séparation des genres. L’impératif « Mettons », à la première personne du pluriel, fait du texte un appel collectif au combat. L’art romantique est présenté comme une libération : l’artiste ne doit obéir qu’à la nature et à la vérité de son sujet, non à des règles arbitraires.

Corrigé de l’exercice 8 : Écrire sous contrainte

Exemple de production : « Minuit sonna sur Paris. Un taxi glissait sans bruit au long du canal. Au coin, un bar abritait trois amis transis. Un chat noir fuyait un clochard qui chantonnait. Tout fondait dans un brouillard d’or roux. »

La contrainte m’a obligé à contourner des mots évidents (« rue », « lune », « ville ») par des détours (« au long du canal », « brouillard d’or roux ») et à inventer des détails imprévus (les trois amis transis, le chat noir) : elle produit des idées que je n’aurais pas eues spontanément.

Critères : aucune lettre e, ni accentuée (é, è, ê) ni dans la ligature œ (vérifie chaque mot, y compris les articles : « le », « les », « des » sont interdits) ; sens cohérent ; réflexion sur l’effet créateur de la contrainte.

Corrigé de l’exercice 9 : Problématiser

  1. La création semble exiger la nouveauté, donc une rupture ; mais peut-on créer sans langue, sans formes et sans modèles hérités ? La rupture n’est-elle pas encore une manière de dépendre du passé ?
  2. Une œuvre absolument nouvelle serait incompréhensible ; mais une œuvre sans nouveauté ne serait qu’une copie : en quoi consiste la nouveauté d’une œuvre ?
  3. La contrainte semble limiter l’artiste ; mais ne peut-elle pas, au contraire, libérer l’imagination des automatismes ?

Corrigé de l’exercice 10 : Introduction d’interprétation

Introduction : « En 1913, Apollinaire publie Alcools, recueil dont il supprime toute ponctuation au moment de l’impression. Le poème liminaire, “Zone”, écrit en dernier, se présente comme un manifeste de la modernité poétique : il déambule dans Paris et dans les souvenirs du poète. Ses premiers vers semblent rompre avec le passé, mais ils le convoquent aussi. Nous nous demanderons en quoi ce début de poème est à la fois un adieu et un hommage au passé. »

Plan détaillé :

  1. Un adieu au monde ancien. Le constat de lassitude (« À la fin tu es las ») ; le rejet de l’Antiquité ; la forme nouvelle (vers libre, absence de ponctuation).
  2. Un hommage paradoxal. La métaphore pastorale de la tour Eiffel ; le renversement entre l’ancien et le neuf ; la religion « toute neuve ».
  3. Un lyrisme renouvelé. Le dédoublement du « tu » ; la ville comme espace intérieur ; une modernité qui intègre la tradition au lieu de l’abolir.

Corrigé de l’exercice 11 : Plan d’essai philosophique

Problématique : les règles semblent contraires à la liberté créatrice ; peut-il pourtant exister un art sans aucune règle ?

  1. L’artiste doit s’affranchir des règles. Hugo contre les « poétiques » ; Dada et le refus de toute règle ; la création comme liberté.
  2. Mais l’art ne peut se passer de règles. Même le vers libre et l’écriture automatique ont leurs principes ; l’Oulipo montre que la contrainte stimule l’invention (Perec).
  3. L’artiste invente ses propres règles. Kant : le génie donne à l’art sa règle ; Baudelaire : la modernité unit l’éternel et le transitoire. La vraie liberté est de choisir et de créer ses contraintes.

Corrigé de l’exercice 12 : Rédiger un paragraphe argumenté

Exemple de production : « On pourrait croire qu’une rupture radicale efface tout lien avec le passé. Pourtant, la provocation la plus violente se définit encore par ce qu’elle rejette. Lorsqu’en 1917 Marcel Duchamp propose d’exposer un urinoir sous le titre Fontaine, son geste n’a de sens que par rapport à l’institution qu’il défie : il faut un salon, un public, une idée reçue de l’œuvre d’art pour que le scandale ait lieu. Le titre lui-même, qui évoque les fontaines des jardins et des tableaux, ironise sur la tradition au lieu de l’ignorer. Ainsi, le ready-made ne sort pas de l’histoire de l’art : il y entre en la questionnant, et il est aujourd’hui exposé dans les musées qu’il prétendait contester. La rupture est donc une forme d’héritage critique : elle reçoit le passé pour le mettre en question. »

Critères : idée directrice nette ; exemple daté et analysé ; argument qui montre le lien entre rupture et tradition ; phrase de conclusion qui reformule la thèse.

Comment utiliser ce corrigé

Les exercices 1 à 3 te donnent un stock de dates, de noms et de citations : apprends-les, ils nourriront tous tes essais sur la création. Pour l’exercice 4, vérifie que tu as bien relié chaque procédé à l’idée de modernité. Pour l’exercice 8, relis ton texte lettre par lettre : la moindre lettre e annule la contrainte. Enfin, compare la progression de ton plan de l’exercice 11 avec le modèle : la troisième partie doit dépasser l’opposition des deux premières.

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