Les énoncés sont sur la fiche La dissertation sur une œuvre : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Voici le corrigé dissertation 1re : les réponses sont expliquées, les plans sont détaillés et les productions écrites sont accompagnées d’un exemple rédigé et de critères de réussite.
Le corrigé dissertation 1re, exercice par exercice
Les plans proposés ne sont pas les seuls possibles : un autre plan est recevable s’il répond précisément au sujet, s’il progresse et s’il s’appuie sur des exemples exacts tirés de l’œuvre.
Corrigé de l’exercice 1 : reconnaître le type de sujet
- Question ouverte (« En quoi ») : plan thématique, qui montre plusieurs formes d’émancipation.
- Question fermée avec restriction (« n’est-il qu’… ») : plan dialectique.
- Citation à discuter : plan dialectique (la phrase résume-t-elle tout le Discours ?).
- Question ouverte (« Comment ») : plan thématique sur les moyens employés par Fontenelle.
Corrigé de l’exercice 2 : analyser les mots du sujet
- Mots-clés : « n’est-il qu’ », « recueil », « révolte ».
- Définitions : un recueil est un ensemble de poèmes réunis par l’auteur (ici les vingt-deux poèmes recopiés par Rimbaud à Douai en 1870) ; la révolte est le refus violent d’une autorité ou d’un ordre (famille, religion, pouvoir politique, guerre, conventions poétiques).
- Reformulation : la révolte suffit-elle à définir le recueil, ou celui-ci exprime-t-il aussi autre chose ?
- Présupposé : la tournure restrictive admet que le recueil est un recueil de révolte ; il faut le montrer, puis chercher ce qu’il contient d’autre (le bonheur de la fugue, la sensualité, la joie d’écrire, la tendresse).
Problématique possible : nous nous demanderons si la révolte, bien présente dans le Cahier de Douai, n’est pas l’envers d’une aspiration plus large à la liberté et au bonheur d’écrire.
Corrigé de l’exercice 3 : repérer le hors-sujet
Les idées 2 et 4 sont hors sujet : la liste des tragédies de Corneille et l’éclairage des salles n’ont aucun rapport avec le mensonge dans la pièce. Les idées 1, 3 et 5 répondent bien au sujet : la première soutient la thèse (le comique), les deux autres la nuancent.
Corrigé de l’exercice 4 : formuler une problématique
- Nous nous demanderons si l’histoire d’amour de Zilia n’est pas aussi le support d’une critique de la société française et d’une réflexion sur la liberté des femmes.
- Il s’agira de montrer comment la conversation entre le philosophe et la marquise permet de transmettre un savoir scientifique tout en le rendant agréable.
- Nous nous demanderons si les jeux verbaux de Camille et de Perdican ne cachent pas une parole plus grave, capable de blesser et de dire la vérité du cœur.
Corrigé de l’exercice 5 : classer des arguments
- Partie I (oui, source de comique) : arguments 2 et 3.
- Partie II (non, le mensonge a des conséquences sérieuses) : arguments 4 et 6.
- Partie III (dépassement) : argument 1 et argument 5, qui font du mensonge une image de la création et du théâtre lui-même.
Le dépassement ne nie pas le comique : il montre que la pièce, en riant du mensonge, réfléchit sur le pouvoir de l’imagination et de la fiction.
Corrigé de l’exercice 6 : associer exemples et arguments
A – 3 ; B – 4 ; C – 1 ; D – 2.
La phrase 3 dit que le pouvoir du tyran cesse dès qu’on cesse de servir ; la phrase 4 illustre la force de la coutume ; la phrase 1 montre les plaisirs comme instruments de domination ; la phrase 2 décrit la pyramide des complices.
Corrigé de l’exercice 7 : rédiger un paragraphe
Exemple : « Fontenelle choisit d’abord la forme du dialogue pour rendre la science accessible. Les Entretiens mettent en scène, au fil de soirées passées dans un parc, un philosophe qui explique le système de Copernic à une marquise curieuse mais ignorante en astronomie. Les questions de la marquise, ses objections et même ses erreurs sont celles du lecteur : elles obligent le savant à reformuler, à multiplier les comparaisons familières, et rendent la progression du savoir naturelle et vivante. Le lecteur apprend donc en même temps que la marquise, sans le poids d’un traité : le dialogue fait de la vulgarisation une conversation, ce qui répond pleinement à l’exigence de clarté du parcours « le goût de la science ». »
Critères : un seul argument ; un exemple précis ; une analyse de l’effet ; une phrase finale qui revient au sujet.
Corrigé de l’exercice 8 : rédiger une transition
Exemple : « Les personnages de Musset jouent donc avec les mots, qu’il s’agisse des fantoches ridicules ou des deux jeunes gens qui rivalisent d’esprit. Mais ce jeu n’est pas innocent : sous les répliques brillantes, l’orgueil mène la danse, et les mots vont bientôt faire des victimes. »
Une transition fait le bilan de la partie qui s’achève et annonce la suivante en montrant pourquoi elle est nécessaire.
Corrigé de l’exercice 9 : corriger un paragraphe
Défauts : pas d’argument, simple paraphrase qui suit le poème, aucune analyse, aucun lien au sujet, jugement personnel sans intérêt.
Réécriture : « Le Cahier de Douai n’est pas seulement un cri de révolte : c’est aussi le recueil d’une joie de vivre. Dans « Ma Bohème », la fugue devient une fête. Le poète transforme sa pauvreté en élégance, avec le paletot devenu « idéal » et la culotte trouée, et fait du ciel une auberge : « Mon auberge était à la Grande-Ourse. » L’humour, les exclamations (« Oh ! là ! là ! ») et le rapprochement entre les élastiques des souliers et les cordes d’une lyre disent le bonheur d’une liberté conquise. La révolte contre l’ordre familial et social se prolonge ainsi en un bonheur d’écrire, ce qui montre que le recueil ne se réduit pas au refus. »
Corrigé de l’exercice 10 : construire un plan dialectique
- C’est bien un roman d’amour. a) Les lettres sont adressées à Aza, le fiancé dont Zilia est séparée. b) La passion et la fidélité de Zilia guident le récit. c) Le triangle avec Déterville, qui aime Zilia, nourrit le romanesque.
- Mais c’est aussi un roman d’idées. a) Le regard étranger de Zilia critique les mœurs françaises : vanité, goût du paraître, frivolité. b) La découverte du français et de l’écriture est une conquête intellectuelle. c) Le roman dénonce l’éducation des femmes, tenues dans l’ignorance.
- Dépassement : l’amour devient le chemin d’une émancipation. a) Trahie par Aza, Zilia refuse d’épouser Déterville. b) Elle choisit une vie indépendante, fondée sur l’amitié et la connaissance : l’amour perdu ouvre « un nouvel univers ».
Chaque sous-partie doit, dans la copie, être prouvée par une lettre précise et une analyse.
Corrigé de l’exercice 11 : construire un plan thématique
- Une émancipation du corps et du mouvement. a) « Sensation » : le désir de partir « loin, bien loin », par la nature. b) « Ma Bohème » : la fugue joyeuse et la liberté des routes.
- Une émancipation par la révolte. a) « Le Mal » et « Le Dormeur du val » : la dénonciation de la guerre et de l’indifférence. b) « Le Forgeron » : la parole donnée au peuple contre le roi.
- Une émancipation poétique. a) « Vénus Anadyomène » : la parodie de la déesse détruit l’idéal convenu de la beauté. b) « Roman » : l’ironie et la familiarité (« On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans ») renouvellent la poésie amoureuse.
Le plan va du plus visible (la fugue) au plus profond (la création d’une voix poétique neuve), ce qui correspond au parcours « émancipations créatrices ».
Corrigé de l’exercice 12 : rédiger une introduction de dissertation
Exemple : « Le théâtre romantique se plaît à mêler le rire et les larmes. En 1834, Musset publie On ne badine pas avec l’amour, « proverbe » dont le titre même sonne comme un avertissement contre les jeux de l’amour. On peut alors se demander si, dans cette pièce, la parole n’est qu’un jeu. Le mot jeu désigne à la fois le divertissement, la joute où l’on cherche à l’emporter et la feinte ; la tournure restrictive invite à se demander si la parole n’est pas aussi autre chose. Nous nous demanderons si les jeux verbaux des personnages ne cachent pas une parole plus grave, capable de blesser et de dire la vérité. Nous verrons d’abord que la parole est un jeu, comique ou galant, puis que ce jeu devient dangereux, avant de montrer qu’elle exprime, au-delà du badinage, la vérité du cœur. »
Critères : amorce juste ; sujet cité ; termes analysés ; problématique ; plan annoncé avec des liens logiques.
Comment utiliser ce corrigé
Pour chaque exercice d’écriture, compare d’abord la structure (argument, exemple, analyse, lien) plutôt que les mots. Si ton paragraphe raconte au lieu de démontrer, réécris-le en commençant par une phrase d’argument. Pour les plans, vérifie que chaque titre de partie répond au sujet : lus à la suite, les titres doivent former une réponse complète. Refais enfin l’exercice 12 sur l’œuvre que tu as étudiée en classe, avec un sujet de ton choix, et chronomètre-toi : quarante-cinq minutes pour l’analyse et le plan, c’est le rythme de l’épreuve.
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