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La versification : corrigé des exercices de français 2nde

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Les énoncés sont sur la fiche La versification : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.

Voici le corrigé versification 2nde de la fiche d’exercices : chaque réponse est accompagnée du détail de la scansion et d’une courte explication. Compare ta démarche, pas seulement ton résultat : c’est la méthode qui te fera progresser.

Corrigé versification 2nde : réponses détaillées

Dans les scansions, les barres séparent les syllabes métriques, la double barre indique la césure et les syllabes entre parenthèses ne sont pas comptées.

Corrigé de l’exercice 1 : compter les syllabes

  1. Ô / temps / sus / pends / ton / vol // et / vous / heu / res / pro / pi / (ces) : 12 syllabes, alexandrin. Le « es » de « heures » compte car il est suivi d’une consonne (p) ; le « ces » final ne compte pas.
  2. Mais / où / sont / les / nei / ges / d’an / tan : 8 syllabes, octosyllabe. Le « ges » de « neiges » compte devant la consonne d.
  3. Sous / le / pont / Mi / ra / beau / cou / le / la / Sei / (ne) : 10 syllabes, décasyllabe. Le « le » de « coule » compte devant « la ».
  4. Il / pleu / re / dans / mon / cœur : 6 syllabes, hexasyllabe. Le « re » de « pleure » compte devant le d de « dans ».
  5. Mi / gnon / n’al / lons / voir / si / la / ro / (se) : 8 syllabes, octosyllabe. Le e de « Mignonne » s’élide devant la voyelle de « allons ».

Corrigé de l’exercice 2 : le sort du e muet

  1. « belle, ô » : e élidé devant « ô » ; « comme un » : e élidé devant « un » ; « rêve de » : e prononcé devant d ; « pierre » : e final non compté. Compte : Je / suis / bel / l’ô / mor / tels // com / m’un / rê / ve / de / pier = 12.
  2. « Une ombre » : élidé ; « ombre passe » : prononcé ; « passe et » : élidé ; « arbres de » : prononcé ; « aube » : final. Compte : U / n’om / bre / pas / s’et / fuit // sous / les / ar / bres / de / l’au = 12.
  3. « barques revenaient » : prononcé ; « re » de « revenaient » : prononcé (re-ve-naient) ; « lentement » : prononcé ; « une à » : élidé ; « une » final : non compté. Compte : Les / bar / ques / re / ve / naient // len / te / ment / u / n’à / u = 12.

Remarque : la terminaison « -aient » de « revenaient » ne forme qu’une seule syllabe.

Corrigé de l’exercice 3 : diérèse ou synérèse ?

  1. Diérèse : A-ri-a-ne (4 syllabes, le « ne » comptant devant « ma »). Sans elle, le vers n’aurait que 11 syllabes. Le prénom, étiré, devient une plainte douloureuse : Phèdre évoque sa sœur abandonnée par Thésée, ce qui annonce son propre malheur amoureux.
  2. Synérèse : en-tiè-re (« tiè » en une syllabe). Compte : C’est / Vé / nus / tout / en / tiè // r’à / sa / proie / at / ta / chée = 12. Le « e » de « proie » s’élide devant « attachée ».
  3. Diérèse : Des / vi / o / lons = 4 syllabes. Le mot s’étire comme le son prolongé de l’archet, ce qui renforce la mélancolie du poème.
  4. Synérèse : « com-bien » en deux syllabes (« bien » en une seule). Compte : Ô / com / bien / de / ma / rins // com / bien / de / ca / pi / tai = 12.

Corrigé de l’exercice 4 : nommer les mètres

Nombre de syllabes Nom du vers Vers de l’exercice 1
12 alexandrin Lamartine (vers 1)
10 décasyllabe Apollinaire (vers 3)
8 octosyllabe Villon et Ronsard (vers 2 et 5)
6 hexasyllabe Verlaine (vers 4)

« De / la / mu / si / qu’a / vant / tou / te / cho(se) » compte 9 syllabes (le e de « musique » s’élide devant « avant », celui de « toute » se prononce devant « chose ») : c’est un vers impair, un ennéasyllabe, que Verlaine choisit précisément pour sa musique fluide et instable.

Corrigé de l’exercice 5 : analyser des rimes

  • Disposition : rimes croisées ABAB (équipage / voyage ; mers / amers).
  • « équipage / voyage » : sons communs [a] et [ʒ], rime suffisante ; le mot finit par un e muet : rime féminine.
  • « mers / amers » : sons communs [m], [ɛ], [ʁ], rime riche ; pas de e muet final : rime masculine.
  • L’alternance des rimes masculines et féminines est respectée, comme dans la poésie classique. La rime riche « mers / amers » associe la mer à l’amertume : elle annonce le sort cruel réservé à l’albatros.

Corrigé de l’exercice 6 : reconstituer des schémas de rimes

  1. nuit (A) / chemin (B) / bruit (A) / matin (B) : ABAB, rimes croisées. nuit / bruit : sons [ɥ] et [i], rime suffisante ; chemin / matin : seul le son [ɛ̃] est commun, rime pauvre.
  2. flamme (A) / ciel (B) / miel (B) / âme (A) : ABBA, rimes embrassées. flamme / âme : [a] et [m], rime suffisante ; ciel / miel : [j], [ɛ], [l], rime riche.
  3. rivage (A) / plage (A) / vent (B) / souvent (B) : AABB, rimes plates (ou suivies). rivage / plage : [a] et [ʒ], suffisante ; vent / souvent : [v] et [ɑ̃], suffisante.

Pense à raisonner sur les sons : « flamme » et « âme » riment bien que leurs voyelles soient écrites différemment.

Corrigé de l’exercice 7 : césures et coupes

  1. Tou / jours / ai / mer / tou / jours // souf / frir / tou / jours / mou / rir : la césure tombe après le deuxième « toujours » et le sépare de son verbe « souffrir » : elle est donc affaiblie. Le vrai rythme suit les virgules : 4 / 4 / 4, trimètre. Les trois mesures égales et l’anaphore de « toujours » enferment le personnage dans une plainte sans fin ; la progression aimer, souffrir, mourir mène à la mort.
  2. J’irai par la forêt // j’irai par la montagne : coupes 2 / 4 // 2 / 4 (J’i-rai / par la fo-rêt // j’i-rai / par la mon-tagne). Le rythme binaire parfaitement symétrique et la répétition de « j’irai » traduisent une marche régulière et une volonté inflexible.
  3. Waterloo / Waterloo // Waterloo / morne plaine : rythme 3 / 3 // 3 / 3, tétramètre. La triple répétition du nom de la bataille sonne comme un glas ; la régularité martelée donne au vers une solennité funèbre.

Corrigé de l’exercice 8 : enjambement, rejet, contre-rejet

  • Hugo : le groupe « l’escalier / Dérobé » est coupé par la fin du vers. Il y a enjambement et rejet de l’adjectif « Dérobé » au début du vers suivant. Ce rejet audacieux, dès le premier vers de la pièce, a fait scandale en 1830 : Hugo y affirme la liberté du drame romantique face aux règles classiques. Le mot « dérobé », qui évoque le secret, est mis en relief.
  • Vers de l’exercice : enjambement entre les deux vers, avec contre-rejet du complément « sous la lune », qui appartient à la proposition suivante (« sous la lune, les barques revenaient ») mais est placé en fin de premier vers. Il suspend la phrase et met en valeur le décor nocturne.

Corrigé de l’exercice 9 : allitérations et assonances

  1. Allitération en [s] (sont, ces, serpents, sifflent, sur) : on entend le sifflement des serpents. Le son devient le signe de la folie d’Oreste, qui croit voir les Furies.
  2. Assonance en [ɔ̃] (sanglots, longs, violons) et en [o] (automne, monotone), et retour du son [œʁ] (cœur, langueur) : ces sons graves et prolongés imitent la plainte des violons et traduisent une tristesse diffuse. La brièveté des vers accentue la musique.
  3. Allitération en [ʁ] (roule, ronronne, ras, roches, rondes) : le son roulé imite le grondement continu du vent. On peut aussi relever l’assonance en [ɔ̃] (ronronne, rondes).

Corrigé de l’exercice 10 : le vocabulaire de la versification

a-4 (distique : deux vers) ; b-6 (tercet : trois vers) ; c-2 (quatrain : quatre vers) ; d-1 (hémistiche : moitié d’alexandrin) ; e-3 (diérèse) ; f-5 (rejet) ; g-7 (sizain : six vers).

Astuce de mémoire : un quintil compte 5 vers, un huitain 8, un dizain 10. Ces mots se forment à partir des nombres.

Corrigé de l’exercice 11 : commentaire guidé

  1. Alexandrins. Vers 2 : Je / par / ti / rai // Vois / tu // je / sais / que / tu / m’at / tends = 12 syllabes (césure après « Vois-tu »).
  2. Rimes croisées ABAB : campagne / montagne (sons [a] et [ɲ], suffisante, féminine) ; attends / longtemps (sons [t] et [ɑ̃], suffisante, masculine). L’alternance est respectée.
  3. La phrase commencée au vers 1 se termine au vers 2 : il y a enjambement et rejet de « Je partirai ». Le verbe, bref et suivi d’un point, est détaché en tête de vers : la décision est nette, irrévocable.
  4. Le vers 3 est parfaitement symétrique (6//6, avec la reprise « j’irai par… j’irai par… »). Ce parallélisme imite le pas régulier du marcheur et souligne qu’aucun obstacle, ni forêt ni montagne, ne l’arrêtera.
  5. Exemple de paragraphe : « Dès la première strophe, la versification traduit la détermination du poète. L’enjambement des vers 1 et 2 aboutit au rejet de “Je partirai”, verbe au futur détaché en tête de vers et clos par un point : la décision tombe comme un engagement. Le vers 3 renforce cette impression par sa construction parfaitement symétrique : les deux hémistiches de six syllabes reprennent la même structure, “j’irai par la forêt, j’irai par la montagne”, et le rythme régulier imite la marche obstinée du voyageur. Enfin, le vers 4, sans aucune ponctuation interne, se déroule d’un seul souffle : “Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps” exprime un besoin vital de rejoindre l’être aimé. Le lecteur croit à un rendez-vous amoureux ; il comprendra à la fin du poème que le poète marche vers la tombe de sa fille. » Critères : procédés nommés, citations exactes, interprétation reliée au sens.

Corrigé de l’exercice 12 : écrire un quatrain

Exemple de production :

La ville dort enfin sous ses lampes de cuivre ;

Un dernier tramway passe et s’efface au lointain,

Et le fleuve, chargé des rumeurs du matin,

Murmure. Un chat s’éveille et recommence à vivre.

Quatrain écrit pour le corrigé

Vérification : La / vil / le / dort / en / fin // sous / ses / lam / pes / de / cui(vre) = 12 ; Un / der / nier / tram / way / pas // s’et / s’ef / fa / c’au / loin / tain = 12 (« passe » s’élide devant « et », « efface » devant « au ») ; Et / le / fleu / ve / char / gé // des / ru / meurs / du / ma / tin = 12 ; Mur / mu / r’un / chat / s’é / veille // et / re / com / men / c’à / vi(vre) = 12 (« éveille » s’élide devant « et »).

Rimes embrassées : cuivre / vivre (A, rime riche [i], [v], [ʁ], féminine) ; lointain / matin (B, rime suffisante [t], [ɛ̃], masculine). Rejet : « Murmure. », verbe du fleuve placé en tête du vers 4.

Critères de réussite : quatre alexandrins justes, schéma ABBA, une rime riche, un rejet identifiable, un vocabulaire choisi et cohérent avec le thème.

Comment utiliser ce corrigé

Si tu t’es trompé dans le compte des syllabes, reprends la règle du e muet : c’est l’erreur la plus fréquente. Relis tes vers à voix haute, lentement, et vérifie chaque e placé devant une voyelle. Pour les questions d’analyse, ne cherche pas à recopier les formules : vérifie plutôt que ta réponse contient les trois éléments attendus, à savoir le procédé nommé, la citation exacte et l’effet produit. Enfin, refais l’exercice de commentaire quelques jours plus tard sans regarder le corrigé, puis compare : tu mesureras tes progrès.

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