Les énoncés sont sur la fiche Le réalisme et le naturalisme : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Voici le corrigé réalisme et naturalisme des douze exercices : repères, analyses de Balzac, Flaubert et Zola, discours rapporté, et exemples de productions avec leurs critères de réussite.
Corrigé réalisme et naturalisme, exercice par exercice
Corrigé de l’exercice 1 : auteurs et œuvres
- Le Père Goriot : Balzac, 1835.
- Madame Bovary : Flaubert, 1857.
- Germinal : Zola, 1885.
- Pierre et Jean : Maupassant, 1888.
- Le Rouge et le Noir : Stendhal, 1830.
- L’Assommoir : Zola, 1877.
Corrigé de l’exercice 2 : qui a dit quoi ?
- Zola, Le Roman expérimental : le romancier observe la réalité puis fait agir ses personnages comme un savant mène une expérience.
- Flaubert, lettre de 1852 : l’auteur doit tout organiser sans jamais intervenir ni juger ouvertement ; c’est l’impersonnalité.
- Maupassant, préface de Pierre et Jean : le réaliste ne copie pas le réel, il crée l’illusion du réel par ses choix.
- Balzac, avant-propos de La Comédie humaine : la société « dicte » le roman, l’écrivain se contente de l’enregistrer fidèlement.
Corrigé de l’exercice 3 : l’odeur de pension
- L’odorat (« odeur », « sent », « pue »), le toucher (« donne froid », « humide »), le goût (« le goût d’une salle où l’on a dîné »).
- Parce qu’elle est si particulière qu’aucun mot existant ne suffit : Balzac doit inventer l’expression « odeur de pension », ce qui la rend typique d’un lieu et d’un milieu.
- « le renfermé, le moisi, le rance » : trois adjectifs substantivés de plus en plus repoussants. La gradation finale « le service, l’office, l’hospice » descend vers la pauvreté, puis vers la maladie et la mort ; le verbe « pue » durcit encore le ton.
- Les pensionnaires sont pauvres, déclassés, vieillissants : le lieu les annonce et les explique. La pension Vauquer est un monde de déchéance.
Corrigé de l’exercice 4 : l’ennui d’Emma Bovary
- Comparé : « sa vie » ; outil : « comme » ; comparant : « un grenier dont la lucarne est au nord ».
- « l’ennui, araignée silencieuse, filait sa toile » : l’ennui devient une araignée qui envahit lentement et sans bruit tout l’être d’Emma ; il l’emprisonne comme une toile.
- Ces images prosaïques, domestiques, sont à l’image de la vie médiocre qu’Emma déteste : Flaubert exprime son malaise avec les objets mêmes de son quotidien, loin des images grandioses dont elle rêve.
- La mise en relief de « elle », puis la reprise par « sa vie », isole Emma et l’oppose aux autres, dont il vient d’être question : elle seule éprouve ce vide.
Corrigé de l’exercice 5 : l’incipit de Germinal
- « plaine rase », « nuit sans étoiles », « obscurité », « épaisseur d’encre », « seul » : un décor vide, noir et inhospitalier.
- Les noms de lieux (Marchiennes, Montsou), la distance précise (« dix kilomètres de pavé »), les « champs de betteraves » typiques du Nord.
- Rien, sinon que c’est « un homme » seul : l’anonymat le rend banal et universel, et crée une attente ; le lecteur découvre le pays minier en même temps que lui.
- L’absence de relief et la route rectiligne suggèrent un monde écrasant, sans issue, et un destin tracé d’avance : le personnage avance vers une réalité implacable.
Corrigé de l’exercice 6 : réalisme ou naturalisme ?
- Commune aux deux.
- Propre au naturalisme.
- Propre au naturalisme (Zola s’inspire de Claude Bernard).
- Commune aux deux.
- Propre au réalisme (Balzac).
- Surtout naturaliste (Zola), même si Flaubert se documentait aussi beaucoup.
- Commune aux deux.
Corrigé de l’exercice 7 : le discours indirect libre
- Discours direct (guillemets, verbe introducteur, présent et première personne).
- Discours indirect (subordonnée introduite par « que », troisième personne, imparfait).
- Discours indirect libre : pas de verbe introducteur ni de guillemets, mais l’exclamation et l’élan appartiennent à Emma.
Transformations : 1. Emma regardait autour d’elle. Elle voulait partir loin d’ici ! 2. Emma soupira. Elle voulait partir, oui, partir loin de ce village !
Le discours indirect libre garde la troisième personne et l’imparfait du récit, mais conserve le ton, l’émotion et la ponctuation du personnage.
Corrigé de l’exercice 8 : l’illusion du vrai
- « Transcrire servilement », c’est recopier sans choisir, comme un esclave. Maupassant le refuse car la réalité brute est désordonnée et sans signification : il faut sélectionner.
- C’est l’enchaînement de causes et de conséquences que le lecteur juge naturel et crédible.
- Parce qu’un illusionniste fabrique des trompe-l’œil : le mot avoue que le réalisme est un art de l’artifice, ce qui semble contredire sa prétention à la vérité.
- Par exemple, supprimer les journées sans événement, résumer des années en une phrase, choisir un détail révélateur plutôt que d’énumérer tous les objets d’une pièce.
Corrigé de l’exercice 9 : analyser une description
- « Au fond », « derrière le comptoir », « À gauche, près de la fenêtre », « Plus près de la porte », « Partout » : la description va du fond de la salle vers l’entrée, puis s’élargit à l’ensemble.
- Le « comptoir de zinc », le « torchon gris », les « carreaux embués », le « bleu de travail », le pain trempé dans le café.
- Un milieu populaire : ouvriers en bleu de travail, café modeste, vieille femme qui trempe son pain, odeur de vin aigre.
- L’odorat (« tabac froid », « vin aigre ») : il rend la scène plus présente et suggère une atmosphère usée, un peu triste.
Corrigé de l’exercice 10 : réécrire à la manière réaliste
Exemple de réécriture. Le village s’étirait le long d’une route boueuse que les charrettes avaient creusée d’ornières. Les maisons basses, aux murs de torchis lézardés, laissaient filer par leurs portes entrouvertes une odeur de fumée et de fumier. Vers six heures, les hommes revenaient des champs, le dos cassé, la blouse raide de sueur, sans un mot. Dans les cours, des femmes tiraient l’eau du puits en grimaçant sous le poids des seaux, tandis que les enfants, pieds nus dans le froid, poussaient les oies vers l’étable. On n’entendait que le grincement des chaînes et l’aboiement d’un chien attaché.
Critères de réussite : disparition des clichés (« ciel d’azur », « blanches comme des colombes ») ; détails concrets ; présence du travail et de la fatigue ; au moins deux sens en plus de la vue (ici l’odorat et l’ouïe) ; un narrateur qui montre sans commenter.
Corrigé de l’exercice 11 : écrire une description réaliste
Exemple de début. À l’entrée de la cantine, le plateau de plastique beige colle légèrement aux doigts. Devant le comptoir, la file avance par à-coups, dans un vacarme de couverts et de chaises traînées sur le carrelage. Derrière la vitre embuée, une femme en charlotte bleue tend les assiettes sans lever les yeux ; ses avant-bras sont rouges de chaleur. L’air sent la friture et le pain tiède…
Critères de réussite : une progression spatiale claire (entrée, comptoir, salle) ; au moins trois sens (ici toucher, ouïe, vue, odorat) ; des détails précis et matériels ; un personnage révélateur d’un milieu ; aucun jugement direct du narrateur.
Corrigé de l’exercice 12 : sujet de réflexion
Exemple de paragraphe. Les romanciers réalistes et naturalistes ont montré que le roman pouvait, et peut-être devait, montrer la laideur du monde. Balzac ne cache rien de la pension Vauquer, de son odeur de moisi et de la déchéance de ses habitants ; Zola, dans Germinal, décrit la faim, l’épuisement et la violence de la condition des mineurs. En faisant voir ce que la société préfère ignorer, le roman devient un instrument de connaissance et parfois de dénonciation : il éveille la conscience du lecteur. Cependant, montrer la laideur n’est pas une fin en soi. Ces romanciers ne s’y complaisent pas : ils la représentent pour la comprendre, et leur art du style la transforme en œuvre. Flaubert peint l’ennui d’Emma avec des images d’une grande beauté. Le roman doit donc montrer le monde tel qu’il est, laideur comprise, mais pour l’éclairer et non pour choquer gratuitement.
Critères de réussite : une thèse nette ; deux exemples d’œuvres précis ; une explication de leur intérêt ; une nuance introduite par un connecteur d’opposition ; une conclusion qui répond à la question.
Comment utiliser ce corrigé
Pour les exercices de connaissances, réécris de mémoire les associations auteur, œuvre, date que tu as manquées, puis refais l’exercice deux jours plus tard. Pour les analyses, vérifie que chaque procédé relevé est suivi d’une interprétation : un relevé sans effet expliqué ne rapporte presque rien à l’examen. Pour tes écrits, relis-les en surlignant tes détails concrets et tes indications sensorielles : s’il y en a peu, ta description reste trop générale. Enfin, compare ton paragraphe argumenté au modèle pour la structure, pas pour les idées : d’autres exemples sont tout aussi valables.
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