Les énoncés sont sur la fiche Le roman du Moyen Âge au XXIe siècle : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Voici le corrigé histoire du roman : chaque réponse est expliquée pour que tu comprennes la démarche, et les productions écrites sont accompagnées d’un exemple et de critères de réussite.
Le corrigé histoire du roman, exercice par exercice
Corrigé de l’exercice 1 : situer les œuvres
- Le Chevalier de la charrette : Chrétien de Troyes, XIIe siècle, roman de chevalerie en vers.
- La Princesse de Clèves : Madame de La Fayette, XVIIe siècle (1678), roman d’analyse.
- Les Liaisons dangereuses : Laclos, XVIIIe siècle (1782), roman épistolaire.
- Madame Bovary : Flaubert, XIXe siècle (1857), roman réaliste.
- L’Assommoir : Zola, XIXe siècle (1877), roman naturaliste.
- L’Étranger : Camus, XXe siècle (1942), roman de l’absurde.
Astuce : retiens un titre emblématique par siècle, c’est ton squelette chronologique.
Corrigé de l’exercice 2 : vrai ou faux
- Faux : les premiers romans sont en vers, le plus souvent en octosyllabes ; la prose s’impose au XIIIe siècle.
- Vrai : le roman est d’abord la langue romane, le français opposé au latin.
- Faux : le roman est jugé frivole et immoral ; d’où les préfaces qui présentent le texte comme des lettres ou des mémoires authentiques.
- Vrai.
- Faux : le Nouveau Roman conteste le personnage traditionnel (nom, passé, psychologie cohérente).
- Vrai : Serge Doubrovsky emploie le mot à propos de son livre Fils.
Corrigé de l’exercice 3 : identifier la focalisation
- Focalisation interne : on accède aux impressions (« lui parut ») et aux émotions de Marc.
- Focalisation externe : le narrateur ne connaît ni le nom ni les pensées de l’homme ; il décrit seulement son apparence et ses gestes.
- Focalisation zéro : le narrateur connaît le passé secret de Jeanne et les pensées du notaire, ce qu’aucun personnage ne sait.
- Focalisation interne : la description suit le regard de Lucie (« voyait »), depuis sa position.
Corrigé de l’exercice 4 : les paroles rapportées
- Discours direct (deux-points, guillemets). Au discours indirect : « Elle s’écria qu’elle ne reviendrait jamais là. » Le présent devient conditionnel présent (futur dans le passé), « ici » devient « là ».
- Discours indirect (subordonnée complétive introduite par « affirma que »). Au discours direct : « Il affirma : « J’ai tout compris hier. » » Le plus-que-parfait redevient passé composé, « la veille » devient « hier ».
- Discours indirect libre : pas de verbe introducteur ni de guillemets, mais une exclamation et une question qui traduisent la pensée d’Emma, au temps du récit (conditionnel « changerait »).
Corrigé de l’exercice 5 : le rythme du récit
- Ellipse : dix années sont passées sous silence (« Dix ans passèrent » ne raconte rien de ces années ; c’est une ellipse explicite).
- Sommaire : plusieurs années sont résumées en une phrase par une énumération.
- Scène : le dialogue restitue l’échange presque en temps réel.
- Pause descriptive : l’histoire s’arrête pour décrire le lieu.
Corrigé de l’exercice 6 : questions sur un incipit réaliste
- Lieux : « à Paris », « rue Neuve-Sainte-Geneviève », « entre le quartier latin et le faubourg Saint-Marceau » ; temps : « depuis quarante ans ». Ces repères précis et vérifiables créent un effet de réel : le lecteur a l’impression d’entrer dans un monde existant.
- Le présent de l’indicatif (« est », « tient »). Il surprend car le récit romanesque utilise d’ordinaire le passé simple ; ici, il donne une valeur de vérité durable, comme dans une étude sociale, et rapproche la fiction du témoignage.
- La particule « de » laisse entendre une origine noble ou des prétentions à la noblesse, en contraste avec son métier modeste de logeuse : Balzac suggère dès la première ligne un déclassement ou une vanité.
- Elle ancre l’histoire dans un milieu social précis (une pension bourgeoise), un lieu réel et une durée ; elle présente un personnage par son état civil comme un document. C’est l’ambition de Balzac : faire « concurrence à l’état civil ».
Corrigé de l’exercice 7 : commentaire guidé
- « Nous » désigne les élèves de la classe, dont le narrateur fait partie : c’est un narrateur-témoin, interne à la scène. Ce « nous » disparaît d’ailleurs ensuite du roman, ce qui reste une énigme célèbre.
- Il s’agit de Charles Bovary, le futur mari d’Emma. Il est désigné par un groupe nominal anonyme, « un nouveau », et par son vêtement « habillé en bourgeois » : il est d’emblée réduit à son apparence et à sa médiocrité sociale.
- « Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail » : l’opposition entre le sommeil et le « travail » révèle avec ironie que les élèves faisaient semblant de travailler ; le comparatif « comme » souligne l’hypocrisie.
- Problématique possible : comment cet incipit, sous l’apparence d’une scène banale, annonce-t-il la vision ironique et désenchantée du roman ? Axes : 1. Une entrée en matière réaliste et paradoxale (scène ordinaire, narrateur-témoin). 2. Un personnage présenté comme médiocre, sous le regard ironique du narrateur.
Corrigé de l’exercice 8 : changer de focalisation
Exemple de réécriture : « La porte tinta derrière lui et l’odeur sucrée le saisit aussitôt. Dans sa main droite, la pièce était chaude à force d’être serrée. Devant le comptoir, les bocaux lui semblèrent immenses : rouges, verts, dorés, ils brillaient comme des vitraux. Il les compta du regard, une fois, deux fois. S’il prenait les réglisses, il ne pourrait pas avoir les fraises ; s’il prenait les fraises, sa sœur se moquerait de lui. Il sentit le regard de la marchande peser sur sa nuque. Soudain la pièce lui parut trop petite, presque ridicule. Il recula, la gorge serrée, et sortit dans la rue froide, la main toujours fermée sur son trésor. »
Critères de réussite : verbes de perception et de pensée (sentir, sembler, paraître), sensations (odeur, chaleur, vue), pensées de l’enfant au discours indirect libre, aucune information que l’enfant ne pourrait connaître.
Corrigé de l’exercice 9 : question de grammaire
- C’est une proposition subordonnée relative, introduite par le pronom relatif « qui ».
- Son antécédent est le nom « femme » (dans le groupe « une vieille femme »).
- Elle est complément de l’antécédent « femme » (expansion du nom).
- Elle est déterminative : sans elle, « une vieille femme » serait trop vague ; la relative précise de quelle femme il s’agit en lui donnant une identité sociale. Elle n’est d’ailleurs pas encadrée de virgules (les virgules entourent seulement le complément circonstanciel « depuis quarante ans »).
Corrigé de l’exercice 10 : analyser un sujet de dissertation
Analyse : « doit-il » pose la question d’une obligation ; « nécessairement » invite à nuancer ; « raconter une histoire » renvoie à l’intrigue, à une suite d’événements organisée.
Problématique : le roman se définit-il par l’intrigue, ou peut-il trouver sa valeur ailleurs, dans le regard, la langue ou la mémoire ?
Plan possible :
- Raconter une histoire est la vocation première du roman : les quêtes de Chrétien de Troyes, les intrigues du roman-feuilleton, les destins des Rougon-Macquart captivent le lecteur par l’enchaînement des épreuves et des péripéties.
- Pourtant, de nombreux romans relèguent l’intrigue au second plan : la vie intérieure dans La Princesse de Clèves, la mémoire chez Proust, le refus de l’intrigue dans le Nouveau Roman.
- En réalité, l’histoire demeure, mais elle devient un moyen : chez Flaubert ou Schwarz-Bart, raconter sert à faire sentir une condition humaine, une époque, une mémoire.
Corrigé de l’exercice 11 : essai argumenté
Exemple de paragraphe : « Lire des romans permet d’abord de pénétrer dans des milieux que nous ne connaissons pas. Le romancier réaliste observe la société comme un enquêteur : il en décrit les lieux, les métiers, les règles cachées, et nous fait éprouver de l’intérieur ce que vivent les personnages. Ainsi, dans Pot-Bouille, Zola nous fait entrer dans un immeuble bourgeois du Second Empire : derrière la façade respectable et le grand escalier, il dévoile les mensonges, les mariages d’argent et la misère des domestiques. Le lecteur comprend alors que la respectabilité bourgeoise repose sur l’hypocrisie. Le roman n’est donc pas une simple évasion : en nous rendant sensibles les mécanismes sociaux, il éclaire notre propre monde. »
Critères : argument clairement énoncé, explication, exemple développé et commenté, conclusion partielle qui revient à la question.
Corrigé de l’exercice 12 : écrire un incipit
Exemple (focalisation zéro, passé simple) : « Le car de six heures quarante déposa Inès Benali devant le lycée Jean-Moulin un lundi de novembre, sous une pluie fine qui collait aux vitres. Elle avait dix-sept ans, un sac trop lourd, et la certitude, qu’elle ne confiait à personne, de ne pas être à sa place. Le bâtiment, construit en 1971, alignait ses quatre étages de béton gris au bord de la rocade ; on l’appelait la Boîte. Inès traversa la cour sans lever les yeux. Elle ne savait pas encore que, ce matin-là, une lettre l’attendait dans le casier du secrétariat, ni que cette lettre changerait l’année de tous ceux qui la liraient. »
Critères : lieu et personnage présentés précisément, détails concrets (heure, date, nom), focalisation cohérente, une attente créée (élément mystérieux), langue correcte.
Comment utiliser ce corrigé
Ne lis pas le corrigé avant d’avoir cherché seul : l’effort de recherche fixe les connaissances. Compare ensuite ta réponse ligne à ligne, souligne ce qui manquait et reformule-le avec tes mots. Pour les exercices de focalisation et de rythme, retiens surtout les indices qui justifient la réponse (verbes de perception, connaissance des pensées, résumé ou dialogue) : c’est la justification qui rapporte des points au bac. Pour la dissertation et l’essai, ne recopie pas les exemples proposés : construis ton propre plan avec les œuvres que tu as lues en classe, puis vérifie qu’il répond bien à la question posée. Refais enfin les exercices ratés une semaine plus tard.
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