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Littérature et guerres du XXe siècle : corrigé des exercices de français 3e

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Voici le corrigé littérature de guerre des douze exercices de 3e. Chaque réponse est expliquée ; pour les rédactions, tu trouveras un exemple et des critères de réussite pour évaluer ton travail.

Corrigé littérature de guerre : réponses expliquées

Corrigé de l’exercice 1 : vrai ou faux

  1. Vrai.
  2. Faux: Le Feu (1916) raconte la Première Guerre mondiale, dans les tranchées.
  3. Vrai: par exemple « François la Colère » pour Aragon, « Jean du Haut » pour Éluard.
  4. Vrai: des avions britanniques en ont largué des milliers d’exemplaires.
  5. Faux: c’est le témoignage de Primo Levi sur sa déportation à Auschwitz.
  6. Vrai.

Corrigé de l’exercice 2 : remettre dans l’ordre chronologique

  1. « Le Dormeur du val », Rimbaud (1870)
  2. Le Feu, Barbusse (1916)
  3. À l’ouest rien de nouveau, Remarque (1929)
  4. Guernica, Picasso (1937)
  5. Le Silence de la mer, Vercors (1942)
  6. Si c’est un homme, Primo Levi (1947)
  7. La Nuit, Elie Wiesel (1958)

Corrigé de l’exercice 3 : analyser « Le Dormeur du val »

  1. « trou de verdure », « rivière », « herbes », « soleil », « montagne », « val », « rayons », « d’argent ». L’atmosphère est paisible, lumineuse et joyeuse : la nature semble vivante (« chante », « mousse de rayons »).
  2. « Dort » (v. 7), « il dort » (v. 9), « il fait un somme » (v. 10), « Il dort » (v. 13), et l’image du « lit vert » (v. 8) : l’insistance prépare la chute, car le lecteur finit par se demander pourquoi on lui répète tant que le soldat dort.
  3. « bouche ouverte », « Pâle », « enfant malade », « il a froid » malgré le soleil, « Les parfums ne font pas frissonner sa narine » (il ne respire plus), « la main sur sa poitrine / Tranquille » (le cœur ne bat plus).
  4. Une apostrophe (le poète s’adresse à la Nature) et une personnification (la Nature est invitée à bercer le soldat comme une mère).
  5. Le dernier vers révèle brutalement la mort : les « deux trous rouges » sont des blessures par balles. Le lecteur relit tout le poème autrement ; le contraste entre la beauté du décor et la mort rend celle-ci plus choquante.
  6. Rimbaud dénonce l’absurdité de la guerre qui tue des jeunes gens innocents, presque des enfants, au milieu d’une nature indifférente.

Corrigé de l’exercice 4 : apparence et réalité

Ce que l’on croit voir Ce qui est vraiment
une nature lumineuse une nature indifférente
un jeune homme qui dort un soldat tué
un enfant qui sourit un « enfant malade », un visage figé par la mort
un « lit vert » un lieu de mort, presque une tombe
il « fait un somme » au soleil « il a froid » : son corps se refroidit
« la main sur sa poitrine / Tranquille » « deux trous rouges au côté droit »

Les deux cases manquantes de la colonne de gauche peuvent être complétées par d’autres éléments du poème, à condition de les opposer correctement à la réalité de la mort.

Corrigé de l’exercice 5 : « Liberté » de Paul Éluard

  1. Une anaphore. Elle crée un rythme de litanie, presque de prière, et martèle l’idée que la liberté est inscrite partout.
  2. Cahiers d’écolier, pupitre (l’école, l’enfance), arbres, sable, neige (la nature). Dans le poème complet, on trouve aussi l’amour, la maison, la ville : toute la vie du poète.
  3. « Ton » désigne la liberté, personnifiée comme une personne aimée. Le nom est retardé pour créer une attente : le lecteur cherche de qui il s’agit, et le mot final apparaît comme une révélation.
  4. Facile à mémoriser et à recopier, il pouvait circuler de main en main. Sous l’Occupation, célébrer la liberté était déjà un acte de résistance : il redonnait courage et espoir.
  5. Un seul mot, « Liberté », suffit à rendre le goût de vivre : les mots ont une force capable de transformer la vie, et la poésie peut agir sur le monde.

Corrigé de l’exercice 6 : lire un témoignage

  1. La 1re personne (« je t’écris », « nous »), le présent d’énonciation, les précisions de lieu (« au fond d’un abri ») et de temps (« Depuis trois jours », « Hier »).
  2. La lumière d’une bougie, l’abri qui sent la terre mouillée, la pluie continue, la boue jusqu’aux genoux, les rats qui mangent le pain.
  3. Les journaux donnent une image fausse, joyeuse et héroïque de la guerre. Les guillemets montrent que le soldat cite cette expression pour la contester : c’est une distance ironique.
  4. Par une phrase très courte : « Il n’est pas revenu. » La mort n’est pas nommée, et la pipe conservée pour la veuve suffit à la dire. Cette sobriété rend l’émotion plus forte.
  5. Non : après tout ce qu’il a décrit, « Je vais bien » est un mensonge pour rassurer sa mère. Le lecteur le comprend, ce qui rend la fin pathétique.

Corrigé de l’exercice 7 : reconnaître les registres

  1. Épique : exagération (« Mille canons »), mouvement collectif grandiose, comparaison (« marée d’acier »).
  2. Pathétique : un personnage faible et innocent (une enfant), un détail qui émeut (la poupée sans tête), pour faire naître la pitié.
  3. Polémique : attaque directe (« Honte à vous »), apostrophe, exclamation indignée.
  4. Lyrique : expression des sentiments personnels (« je t’aime »), apostrophe au pays (« Ô mon pays »), comparaison affective.

Corrigé de l’exercice 8 : le vocabulaire de la guerre et de la Résistance

1-c (poilu) ; 2-a (tranchée) ; 3-f (maquis) ; 4-d (clandestin) ; 5-e (déportation) ; 6-b (armistice).

Repère utile : l’armistice du 11 novembre 1918 met fin aux combats de la Première Guerre mondiale.

Corrigé de l’exercice 9 : du rapport au texte pathétique

Exemple: « Le 14 mars, à l’aube, on nous a lancés vers le bois de la Côte 204. Je me souviens du sifflet, puis du bruit, un bruit si énorme qu’il n’y avait plus de pensée possible. Les camarades tombaient autour de moi comme des pantins dont on coupe les fils. Le bois est resté là-bas, intact, indifférent. À six heures du soir, nous sommes revenus en rampant, et au moment de l’appel, le sergent a lu les noms dans un silence terrible : cent douze fois, personne n’a répondu. »

Critères de réussite: les faits du rapport sont conservés (date, lieu, échec, 112 morts, repli à 18 heures) ; un narrateur témoin à la 1re personne ; des détails sensoriels ; une image ou comparaison ; une fin qui frappe par sa sobriété.

Corrigé de l’exercice 10 : les mots peuvent-ils être des armes ?

Exemple: « Les mots peuvent devenir de véritables armes, même s’ils ne tuent pas. D’abord, ils permettent de résister à l’oppression en redonnant courage : pendant l’Occupation, le poème “Liberté” de Paul Éluard, largué par avion au-dessus de la France, rappelait aux Français qu’il fallait encore espérer. Ensuite, les mots combattent l’oubli et le mensonge : en racontant ce qu’il a vécu à Auschwitz dans Si c’est un homme, Primo Levi a fourni un témoignage que nul ne peut effacer. Certes, un poème n’arrête pas une armée, mais il peut changer les consciences, et c’est souvent ainsi que commencent les victoires. »

Critères de réussite: une réponse claire à la question ; deux arguments distincts introduits par des connecteurs (d’abord, ensuite) ; un exemple précis pour chacun ; éventuellement une concession (certes… mais).

Corrigé de l’exercice 11 : écrire une lettre du front

Début d’exemple: « Mon cher frère, tu me demandes dans ta lettre si nous avons repoussé l’ennemi, comme l’annoncent les journaux de chez nous. Je voudrais te répondre oui, mais ici, personne ne repousse rien : nous creusons, nous attendons, nous comptons les obus. Ma capote ne sèche jamais. J’ai les pieds gelés et je dors assis, le fusil entre les genoux… Je ne t’écris pas cela pour te faire peur, mais pour que tu saches. »

Critères de réussite: forme de la lettre (lieu ou date, formule d’appel, signature) ; 1re personne ; détails concrets (boue, froid, rats, obus, attente) ; deux sentiments exprimés (peur, colère, fraternité, nostalgie) ; opposition entre la vision de l’arrière et la réalité du front ; langue correcte et ponctuation soignée.

Corrigé de l’exercice 12 : un poème engagé à la manière d’Éluard

Exemple:

Pour la main tendue au nouveau venu

Pour la chaise ajoutée à la table

Pour le pain coupé en deux

Je lève ma voix

Pour les langues qui se mêlent

Pour les enfants qui jouent sans demander d’où l’on vient

Pour la porte qui reste ouverte

Je lève ma voix

Contre les murs les barbelés

Contre les mots qui blessent

Contre la peur de l’autre

Je lève ma voix

Et parce qu’un mot peut relever un homme

Je t’appelle par ton nom

Fraternité

Exemple de production

Critères de réussite: quatre strophes ; anaphore régulière ; un refrain ou un vers repris ; des images concrètes de la vie quotidienne ; le nom de la valeur retardé jusqu’au dernier vers ; vers libres de longueur variable.

Comment utiliser ce corrigé

Pour les exercices 1, 2 et 8, apprends les repères que tu n’avais pas : ils te serviront au brevet pour situer un texte. Pour les analyses (exercices 3 à 7), vérifie que chacune de tes réponses s’appuie sur une citation précise et qu’elle explique l’effet produit sur le lecteur. Pour les écrits, relis ton texte avec les critères de réussite comme une liste de vérification.

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