Ces exercices littérature de guerre pour la 3e t’entraînent à situer les œuvres, à analyser un sonnet de Rimbaud, le poème « Liberté » d’Éluard et un témoignage, puis à écrire à ton tour un texte engagé. Les exercices sont progressifs.
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10 exercices tirés au hasard parmi 24, corrigés avec la règle.
Exercices littérature de guerre : repères, analyses et écriture
Exercice 1 : vrai ou faux
Indique si chaque affirmation est vraie ou fausse, puis corrige les fausses.
- Un témoignage est un récit fait par quelqu’un qui a vécu les faits.
- Le Feu d’Henri Barbusse raconte la Seconde Guerre mondiale.
- Sous l’Occupation, certains poètes publiaient sous un pseudonyme.
- « Liberté » de Paul Éluard a été largué au-dessus de la France par des avions.
- Si c’est un homme est un roman d’aventures.
- Un écrivain engagé met son œuvre au service d’une cause.
Exercice 2 : remettre dans l’ordre chronologique
Classe ces œuvres et événements du plus ancien au plus récent, en indiquant la date.
- La Nuit, Elie Wiesel
- « Le Dormeur du val », Arthur Rimbaud
- Le Feu, Henri Barbusse
- Le Silence de la mer, Vercors
- Guernica, Pablo Picasso
- Si c’est un homme, Primo Levi
- À l’ouest rien de nouveau, Erich Maria Remarque
Exercice 3 : analyser « Le Dormeur du val »
Lis ce sonnet, écrit pendant la guerre franco-prussienne de 1870, puis réponds aux questions.
C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud, « Le Dormeur du val », 1870
- Relève le champ lexical de la nature et de la lumière dans le premier quatrain. Quelle atmosphère crée-t-il ?
- Combien de fois le verbe « dormir » (ou un synonyme) apparaît-il ? Pourquoi cette insistance ?
- Relève trois indices qui, avant le dernier vers, laissent deviner que le soldat n’est pas seulement endormi.
- Quelle figure de style reconnais-tu dans « Nature, berce-le chaudement » ?
- Quel est l’effet produit par le dernier vers (la chute) ?
- Que dénonce Rimbaud dans ce poème ?
Exercice 4 : apparence et réalité
Observe le tableau ci-dessous, puis complète les cases marquées d’un point d’interrogation à l’aide du poème de l’exercice 3.
Exercice 5 : « Liberté » de Paul Éluard
Relis les extraits de « Liberté » cités dans le cours, puis réponds.
- Quelle figure de style est formée par la répétition de « Sur » en début de vers ? Quel est son effet ?
- Relève les supports sur lesquels le poète écrit. À quels domaines de la vie appartiennent-ils ?
- À qui s’adresse le « ton » de « J’écris ton nom » ? Pourquoi ce nom n’est-il révélé qu’à la fin ?
- Pourquoi un poème aussi simple pouvait-il être une arme pendant l’Occupation ?
- Explique le vers « Et par le pouvoir d’un mot ».
Exercice 6 : lire un témoignage
Lis cette lettre imaginaire d’un soldat de 1916, écrite pour l’exercice, puis réponds.
Ma chère maman, je t’écris à la lueur d’une bougie, au fond d’un abri qui sent la terre mouillée. Ne crois pas les journaux qui parlent de nos « joyeux poilus » : nous ne rions plus depuis longtemps. Depuis trois jours, il pleut sans arrêt ; la boue nous monte aux genoux et les rats grignotent notre pain. Hier, Louis, mon camarade de Quimper, est parti chercher de l’eau. Il n’est pas revenu. Je garde sa pipe dans ma poche, pour la rendre à sa femme. Embrasse papa. Je vais bien, je te le promets.
Texte écrit pour l’exercice
- Relève les marques qui montrent que le narrateur est un témoin direct.
- Relève quatre détails concrets sur les conditions de vie des soldats.
- Que reproche le soldat aux journaux ? Pourquoi « joyeux poilus » est-il entre guillemets ?
- Comment la mort de Louis est-elle évoquée ? Quel est l’effet de cette sobriété ?
- La dernière phrase est-elle sincère ? Explique.
Exercice 7 : reconnaître les registres
Identifie le registre dominant de chaque passage (écrits pour l’exercice) : pathétique, épique, lyrique, polémique.
- « Mille canons tonnèrent ensemble ; la colline entière sembla se soulever, et les régiments s’élancèrent comme une marée d’acier. »
- « La petite fille serrait contre elle une poupée sans tête et demandait, d’une voix minuscule, quand sa mère allait rentrer. »
- « Honte à vous, messieurs les généraux, qui envoyez les autres mourir pour une colline que vous ne verrez jamais ! »
- « Ô mon pays meurtri, je t’aime dans tes ruines comme on aime un visage vieilli. »
Exercice 8 : le vocabulaire de la guerre et de la Résistance
Associe chaque mot à sa définition.
- poilu
- tranchée
- maquis
- clandestin
- déportation
- armistice
- a. Fossé creusé pour abriter les soldats sur le front.
- b. Accord qui suspend les combats.
- c. Surnom donné aux soldats français de 1914-1918.
- d. Qui agit en secret, en dehors de la loi.
- e. Envoi forcé de personnes vers des camps.
- f. Groupe de résistants cachés dans une région difficile d’accès.
Exercice 9 : du rapport au texte pathétique
Réécris ce rapport militaire en un paragraphe pathétique de 6 à 8 lignes, raconté par un témoin. Tu dois garder les faits, mais faire ressentir l’émotion (détails concrets, sensations, pensées).
Rapport du 14 mars. Attaque du bois de la Côte 204. Objectif non atteint. Pertes : 112 hommes. Repli des survivants à 18 heures.
Texte écrit pour l’exercice
Exercice 10 : les mots peuvent-ils être des armes ?
Rédige un paragraphe argumenté d’une douzaine de lignes pour répondre à cette question. Donne au moins deux arguments, chacun illustré par un exemple tiré du cours.
Exercice 11 : écrire une lettre du front
Imagine la lettre qu’un soldat de 1916 écrit à un proche (15 à 20 lignes). Ta lettre devra : être écrite à la 1re personne ; contenir des détails concrets sur la vie dans les tranchées ; exprimer au moins deux sentiments ; montrer l’écart entre ce que vit le soldat et ce que croit l’arrière.
Exercice 12 : un poème engagé à la manière d’Éluard
Écris un poème de quatre strophes en vers libres, construit sur une anaphore (« Pour… », « Contre… » ou « Sur… »), qui célèbre une valeur (la paix, la justice, l’égalité, la fraternité). Comme Éluard, garde le nom de cette valeur pour le dernier vers.

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