Les énoncés sont sur la fiche Le lexique de l'analyse littéraire : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Voici le corrigé vocabulaire d’analyse de la fiche d’exercices : définitions, champs lexicaux, connotations, reformulations de phrases d’élèves et paragraphes modèles sur Verlaine et Ronsard, avec des critères de réussite.
Corrigé vocabulaire d’analyse : réponses et modèles
Pour les reformulations, plusieurs verbes sont souvent possibles : l’essentiel est que le verbe choisi corresponde exactement à l’effet décrit.
Corrigé de l’exercice 1 : termes techniques
a-3 (tirade) ; b-5 (monologue) ; c-1 (didascalie) ; d-6 (aparté) ; e-2 (incipit) ; f-7 (excipit) ; g-4 (chute).
Retiens la différence entre tirade et monologue : la tirade est longue mais prononcée devant d’autres personnages ; le monologue est prononcé seul en scène, quelle que soit sa longueur.
Corrigé de l’exercice 2 : relever un champ lexical
- Vêtement : « robe » (deux fois), « plis ». Couleur : « pourpre », « pourprée », « teint ».
- Une personnification : la rose porte une « robe » et a un « teint » comparable à celui de la jeune femme (« au vôtre pareil »). La fleur et Cassandre sont ainsi assimilées.
- « ce matin » et « cette vesprée » (le soir). Ils opposent la fraîcheur du matin à la fin du jour : en une seule journée, la rose s’épanouit et commence à se faner. Cette opposition prépare la leçon du poème : la beauté est éphémère, il faut profiter de la jeunesse.
Corrigé de l’exercice 3 : champ lexical ou champ sémantique ?
- Flamme, combustion.
- Passion amoureuse (sens figuré, fréquent dans la poésie et le théâtre classiques).
- Signal lumineux de circulation.
- Ordre de tirer (coup de feu).
- Ardeur, vivacité (« dans le feu de la discussion » : au moment le plus animé).
Tu as étudié le champ sémantique du mot « feu », c’est-à-dire l’ensemble de ses sens. Un champ lexical réunirait au contraire des mots différents autour d’un même thème (flamme, brûler, braise, incendie…).
Corrigé de l’exercice 4 : dénotation et connotation
- L’hiver : saison froide. Connotations : la vieillesse, la mort, la tristesse, la stérilité.
- La colombe : oiseau. Connotations : la paix, la pureté, la douceur, l’innocence.
- Le rouge : couleur. Connotations : la passion, la violence, le sang, le danger, la colère.
- La nuit : période d’obscurité. Connotations : le mystère, la peur, la mort, mais aussi le repos ou l’amour.
- Le serpent : reptile. Connotations : la ruse, la tentation, la trahison, le mal (souvenir biblique).
La connotation dépend du contexte : la nuit peut être inquiétante dans un récit fantastique et apaisante dans un poème lyrique.
Corrigé de l’exercice 5 : mélioratif ou péjoratif ?
Mélioratifs : économe, éloquent, persévérant, audacieux, habile, ancien. Péjoratifs : avare, bavard, têtu, téméraire, rusé (souvent péjoratif), vieillard (peut être neutre, mais devient péjoratif selon le contexte).
Paires : économe / avare ; éloquent / bavard ; persévérant / têtu ; audacieux / téméraire ; habile / rusé ; ancien / vieillard.
Chaque paire désigne une même réalité jugée positivement ou négativement : le choix du mot révèle le point de vue de l’énonciateur.
Corrigé de l’exercice 6 : registre de langue ou registre littéraire ?
- Registre de langue familier (« mec », « carrément », « ciné », « j’te jure ») ; registre littéraire : plutôt comique ou simplement réaliste.
- Registre soutenu (« Ô », « que ne puis-je », « ensevelir ») ; registre littéraire lyrique (et pathétique).
- Registre courant ; pas de registre littéraire marqué (texte informatif).
- Registre courant avec une touche familière (« gros malin ») ; registre littéraire comique ou satirique.
Corrigé de l’exercice 7 : remplacer « montrer » et « il y a »
- « L’anaphore de “toujours” souligne le caractère interminable de la souffrance du personnage. »
- « La métaphore de la nature comme “temple” suggère son caractère sacré. »
- « Voltaire dénonce l’absurdité de la guerre. »
- « La description du ciel noir dans l’incipit préfigure le drame à venir. »
- « Le lexique péjoratif employé pour désigner les riches traduit le mépris du narrateur à leur égard. »
- « L’adjectif “inévitables” révèle l’impuissance tragique de Phèdre face à la fatalité. »
Corrigé de l’exercice 8 : choisir le verbe juste
- souligne
- préfigure
- trahit
- dénonce
- associe
- suggère
« Suggère » convient au silence, qui dit sans dire ; « trahit » convient à une émotion révélée malgré soi.
Corrigé de l’exercice 9 : corriger le vocabulaire d’une copie
- « l’auteur » → « le poète » ou « le “je” lyrique » (plus précis pour un poème).
- « parle de » → « exprime » ou « évoque ».
- « ligne » → « vers ».
- « il y a une image » → « une comparaison » (« Comme il pleut ») ou « un parallélisme ».
- « paragraphe » → « strophe ».
- « registre familier » → « registre lyrique » (confusion entre registre de langue et registre littéraire).
- « Le champ lexical montre la tristesse » → « Le champ lexical de la tristesse (pleure, langueur) traduit le désarroi du poète » (préciser le thème et le verbe).
- « la tirade du poème » → « la question rhétorique » (la tirade appartient au théâtre) ; et supprimer le jugement de goût « Ce texte est très beau ».
Corrigé de l’exercice 10 : intégrer des citations
- « Le vers “Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps” traduit l’urgence vitale qui pousse le poète à rejoindre l’être aimé. »
- « Baudelaire achève son poème sur un paradoxe : les “ailes de géant” qui font la grandeur de l’albatros “l’empêchent de marcher”, comme le génie du poète l’isole parmi les hommes. »
- « L’exclamation répétée d’Orgon, “Le pauvre homme !”, révèle son aveuglement : il plaint l’hypocrite bien nourri et ignore sa femme malade. »
Corrigé de l’exercice 11 : analyser avec les mots justes
- « Le parallélisme entre “Il pleure dans mon cœur” et “il pleut sur la ville” associe le paysage et l’intériorité : la tristesse du poète semble aussi naturelle et diffuse que la pluie. »
- « La question rhétorique “Quelle est cette langueur / Qui pénètre mon cœur ?” traduit l’incompréhension du poète face à une mélancolie sans cause précise. »
- « Le champ lexical de la tristesse (“pleure”, “langueur”) et l’assonance en [œ] (“pleure”, “cœur”, “langueur”) suggèrent une plainte lente et monotone, comme un chant. »
Corrigé de l’exercice 12 : rédiger un paragraphe
Exemple de paragraphe :
« Dans cette première strophe, Ronsard fait de la rose le double de la jeune femme. La personnification de la fleur, qui a « déclose / Sa robe de pourpre au soleil », lui prête une silhouette féminine, et le champ lexical du vêtement (« robe », « plis ») renforce cette assimilation. La couleur « pourpre », reprise par l’adjectif « pourprée », connote la beauté éclatante, presque royale, de la jeunesse. Mais l’opposition entre « ce matin » et « cette vesprée » suggère la brièveté de cet éclat : en une seule journée, la rose passe de l’épanouissement au déclin. Le rythme léger des octosyllabes et l’invitation familière « Mignonne, allons voir » dissimulent sous une promenade galante une méditation sur le temps : la jeune femme, comme la rose, est menacée de se faner. »
Critères : les six termes imposés sont employés correctement ; au moins trois verbes d’analyse précis (renforce, connote, suggère, dissimulent) ; citations exactes et intégrées ; interprétation qui dépasse la paraphrase.
Comment utiliser ce corrigé
Constitue un lexique personnel en trois colonnes : le terme technique, sa définition, un exemple tiré d’un texte étudié. Ajoute aussi une liste de verbes d’analyse classés par intention, et oblige-toi à en utiliser au moins trois différents dans chaque paragraphe que tu rédiges. Enfin, relis tes anciennes copies en soulignant chaque « montre », « il y a » ou « image » : remplace-les par des termes précis. Ce travail de réécriture est l’un des moyens les plus rapides de progresser en analyse littéraire.
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