Les énoncés sont sur la fiche Les grands mouvements littéraires : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Voici le corrigé mouvements littéraires 2de des douze exercices : repères chronologiques, citations situées et analysées, tableau de synthèse complet et exemples de productions écrites avec leurs critères de réussite.
Corrigé mouvements littéraires 2de, exercice par exercice
Corrigé de l’exercice 1 : mouvements et siècles
- Humanisme : XVIe siècle.
- Lumières : XVIIIe siècle.
- Romantisme : XIXe siècle.
- Surréalisme : XXe siècle.
- Classicisme : XVIIe siècle.
- Symbolisme : XIXe siècle (fin du siècle).
Corrigé de l’exercice 2 : la frise à compléter
1 (1530) : Humanisme ; 2 (1600) : Baroque ; 3 (1670) : Classicisme ; 4 (1750) : Lumières ; 5 (1830) : Romantisme ; 6 (1870) : Naturalisme ; 7 (1890) : Symbolisme ; 8 (1930) : Surréalisme.
Astuce : 1830 est l’année d’Hernani, 1886 celle du manifeste symboliste, 1924 celle du Manifeste du surréalisme.
Corrigé de l’exercice 3 : auteurs et mouvements
- Montaigne : humanisme.
- Diderot : Lumières.
- Lamartine : romantisme.
- Zola : naturalisme.
- Racine : classicisme.
- Mallarmé : symbolisme.
- Agrippa d’Aubigné : baroque.
- Paul Éluard : surréalisme.
Corrigé de l’exercice 4 : reconnaître un mouvement par une citation
- Humanisme (Montaigne) : réflexion sur l’homme en général, « l’humaine condition ».
- Romantisme (Lamartine) : lyrisme, apostrophe au temps, désir de retenir le bonheur.
- Lumières (Voltaire) : plaidoyer pour la tolérance et contre la violence fanatique.
- Classicisme (Boileau) : énoncé d’une règle, les trois unités.
- Surréalisme : association inattendue de mots née du jeu collectif du cadavre exquis.
- Symbolisme (Rimbaud) : correspondances entre les sons et les couleurs, suggestion plutôt que description.
Corrigé de l’exercice 5 : une strophe romantique
- Au temps et aux heures : c’est une apostrophe, renforcée par une personnification (le temps a un « vol »).
- « suspends », « Suspendez », « Laissez-nous » : le poète supplie le temps de s’arrêter pour prolonger le bonheur.
- Les vers courts, après les alexandrins, créent un effet de suspension, comme si le rythme lui-même tentait d’arrêter le temps ; ils donnent aussi une musicalité de chant.
- L’interjection « Ô », les exclamations, la première personne (« nous ») et l’expression des sentiments.
- La fuite du temps et le désir de retenir le bonheur amoureux, thème central du lyrisme romantique.
Corrigé de l’exercice 6 : une prière des Lumières
- À Dieu. Le choix est habile : en s’adressant au Dieu que tous les croyants reconnaissent, Voltaire dépasse les querelles entre religions et montre que l’intolérance trahit Dieu lui-même.
- « un cœur pour nous haïr » / « des mains pour nous égorger » : le parallélisme souligne l’absurdité de détourner les dons de Dieu vers la haine et le meurtre.
- Une vie « pénible et passagère » : la vie humaine est courte et difficile, ce qui rend la solidarité nécessaire.
- Il défend la tolérance, la fraternité et la paix, et critique le fanatisme religieux, avec une argumentation fondée sur la raison et l’émotion.
Corrigé de l’exercice 7 : l’idéal humaniste
- Le savoir sans valeurs morales est dangereux : il détruit l’âme au lieu de l’élever. Rabelais veut une éducation qui forme à la fois l’intelligence et la conscience.
- Chaque individu, même le plus ordinaire, contient en lui tout ce qui fait l’être humain : en s’étudiant lui-même, Montaigne pense comprendre l’humanité entière.
Point commun : les deux auteurs placent l’homme au centre et lui font confiance ; ils pensent que la connaissance de soi et l’éducation peuvent rendre l’humanité meilleure.
Corrigé de l’exercice 8 : le jeu du cadavre exquis
Exemples de phrases obtenues : « Le parapluie amoureux dévore les nuages timides. » « L’horloge verte chante un océan fatigué. »
- Les surréalistes valorisent ce jeu parce qu’il échappe au contrôle de la raison et fait naître le hasard : des images neuves surgissent que personne n’aurait inventées seul.
- Exemple : « L’horloge verte chante un océan fatigué » associe le temps, la musique et la mer ; l’image suggère un temps qui s’use comme les vagues, une mélancolie douce.
- L’idéal classique exige clarté, ordre, vraisemblance et maîtrise de soi ; le cadavre exquis repose au contraire sur l’incohérence, la surprise et l’abandon de tout contrôle.
Critères de réussite : respect du modèle grammatical ; explication du rôle du hasard ; interprétation personnelle d’une image ; comparaison argumentée avec le classicisme.
Corrigé de l’exercice 9 : vrai ou faux
- Vrai.
- Faux : elle paraît de 1751 à 1772, au XVIIIe siècle.
- Vrai (en 1917, pour Les Mamelles de Tirésias).
- Faux : le symbolisme cherche à suggérer, non à décrire ; c’est le naturalisme qui revendique une méthode scientifique.
- Vrai.
- Faux : ils redécouvrent et admirent les auteurs de l’Antiquité.
Corrigé de l’exercice 10 : le tableau de synthèse
| Mouvement | Période | Valeurs ou thèmes | Un auteur | Une œuvre |
|---|---|---|---|---|
| Humanisme | XVIe siècle | confiance en l’homme, éducation, Antiquité | Rabelais | Gargantua (1534) |
| Lumières | XVIIIe siècle | raison, tolérance, progrès, critique | Voltaire | Candide (1759) |
| Romantisme | vers 1820-1850 | moi, sensibilité, nature, liberté | Hugo | Les Contemplations (1856) |
| Naturalisme | vers 1870-1890 | hérédité, milieu, méthode scientifique | Zola | Germinal (1885) |
| Surréalisme | à partir de 1924 | rêve, inconscient, écriture automatique | Breton | Manifeste du surréalisme (1924) |
D’autres réponses sont possibles (Montaigne, Diderot, Lamartine, Maupassant, Éluard…) si elles appartiennent bien au mouvement.
Corrigé de l’exercice 11 : dialogue entre deux époques
Exemple d’extrait.
LE CLASSIQUE. — Quelle horreur ! Le premier vers enjambe sur le second : on coupe « escalier / dérobé » en plein milieu !
LE ROMANTIQUE. — Justement, monsieur : le vers respire enfin, il bouge comme la vie.
LE CLASSIQUE. — La vie n’a rien à faire au théâtre. Racine nous a appris l’ordre, la mesure, la raison.
LE ROMANTIQUE. — Racine écrivait pour la cour de Louis XIV. Nous écrivons pour un peuple qui a fait une révolution !
LE CLASSIQUE. — Et vos unités ? L’action change de lieu à chaque acte !
LE ROMANTIQUE. — Le génie n’a pas besoin de cage. Hugo l’a dit : mêlons le grotesque et le sublime, comme dans la vie.
LE CLASSIQUE, se levant. — Je m’en vais. Ce n’est plus du théâtre, c’est un tumulte.
LE ROMANTIQUE, applaudissant. — C’est l’avenir, monsieur !
Exemple rédigé pour ce corrigé
Le premier vers d’Hernani se termine en effet par « l’escalier » et le second commence par « Dérobé » : ce rejet célèbre fit scandale le soir de la première.
Critères de réussite : présentation théâtrale (noms en capitales, didascalies) ; 12 à 15 répliques ; arguments précis des deux camps (règles, raison, mesure contre liberté, mélange des genres, émotion) ; références exactes au cours.
Corrigé de l’exercice 12 : paragraphe argumenté
Exemple de paragraphe. L’histoire littéraire semble souvent avancer par réactions successives. Le classicisme impose l’ordre et la mesure contre l’instabilité baroque ; un siècle et demi plus tard, les romantiques renversent à leur tour les règles classiques, et la « bataille d’Hernani » en 1830 donne à cette rupture la forme d’un véritable combat. De même, le réalisme réagit contre les excès du sentiment romantique en se tournant vers l’observation de la société. Pourtant, cette vision est trop simple. Un mouvement prolonge aussi souvent ce qui l’a précédé : les Lumières héritent de la confiance humaniste dans la raison et l’éducation, et le naturalisme de Zola pousse plus loin le projet réaliste au lieu de le contester. Enfin, certains écrivains appartiennent à plusieurs mouvements à la fois, comme Hugo, romantique mais attentif à la réalité sociale. Un mouvement naît donc moins d’un rejet total que d’un dialogue critique avec ses prédécesseurs.
Critères de réussite : une réponse nuancée ; au moins deux exemples précis et datés ; des connecteurs logiques (« De même », « Pourtant », « Enfin », « donc ») ; une conclusion qui répond à la question.
Comment utiliser ce corrigé
Les exercices de repères (1, 2, 3, 9, 10) doivent être parfaitement maîtrisés : recopie le tableau de synthèse corrigé dans ton cahier et complète-le au fil de l’année avec les œuvres que tu étudies. Pour les citations, entraîne-toi à justifier chaque attribution par un indice précis, comme tu devras le faire dans une introduction de commentaire. Pour les écrits, compare ta production aux critères plutôt qu’à l’exemple. Enfin, reviens régulièrement à la frise : relier une œuvre nouvelle à un mouvement connu est le meilleur moyen de retenir les deux.
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