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Françoise de Graffigny, Lettres d’une Péruvienne : exercices de français 1re

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Ces exercices sur Graffigny t’entraînent à lire et à analyser les Lettres d’une Péruvienne : repères sur l’intrigue, vocabulaire péruvien, étude du regard étranger et de la critique sociale, question de grammaire, commentaire guidé, dissertation et écriture d’invention.

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10 exercices tirés au hasard parmi 27, corrigés avec la règle.

Douze exercices sur Graffigny et le regard étranger

Exercice 1 : l’intrigue en ordre

Remets ces événements dans l’ordre chronologique.

  • Zilia apprend qu’Aza va épouser une Espagnole.
  • Le vaisseau espagnol est capturé par des Français.
  • Les Espagnols pillent le temple du Soleil le jour des noces.
  • Zilia propose son amitié à Déterville.
  • Zilia épuise ses quipos et apprend le français.
  • Zilia arrive à Paris avec Déterville.

Exercice 2 : le vocabulaire de Zilia

Complète le tableau en retrouvant le sens de chaque mot ou expression employé par Zilia.

Tableau à compléter : les Quipos, le Cacique, un Cusipata, les Amautas, la ville du Soleil
Tableau à compléter.

Exercice 3 : la première lettre

Lis l’ouverture du roman, puis réponds.

Aza ! mon cher Aza ! les cris de ta tendre Zilia, tels qu’une vapeur du matin, s’exhalent et sont dissipés avant d’arriver jusqu’à toi ; en vain je t’appelle à mon secours ; en vain j’attends que ton amour vienne briser les chaînes de mon esclavage : hélas ! peut-être les malheurs que j’ignore sont-ils les plus affreux ! peut-être tes maux surpassent-ils les miens !

La ville du Soleil, livrée à la fureur d’une Nation barbare, devrait faire couler mes larmes ; mais ma douleur, mes craintes, mon désespoir, ne sont que pour toi.

Françoise de Graffigny, Lettres d’une Péruvienne, 1747 (orthographe modernisée), lettre 1

  1. Quel est le registre dominant ? Relève trois procédés qui le caractérisent.
  2. Analyse la comparaison « tels qu’une vapeur du matin ». Que dit-elle de la situation de Zilia ?
  3. Comment Zilia désigne-t-elle les Espagnols ? Quel renversement de point de vue cela produit-il ?
  4. Que révèle la dernière phrase sur la hiérarchie de ses sentiments ?

Exercice 4 : un nouvel univers

Lis l’extrait de la lettre 18, d’où vient le titre du parcours, puis réponds.

Hélas ! que la connaissance de celle dont je me sers à présent m’a été funeste, que l’espérance qui m’a portée à m’en instruire était trompeuse ! À mesure que j’en ai acquis l’intelligence, un nouvel univers s’est offert à mes yeux. Les objets ont pris une autre forme, chaque éclaircissement m’a découvert un nouveau malheur.

Mon esprit, mon cœur, mes yeux, tout m’a séduit, le Soleil même m’a trompée. Il éclaire le monde entier dont ton empire n’occupe qu’une portion, ainsi que bien d’autres Royaumes qui le composent.

Françoise de Graffigny, Lettres d’une Péruvienne, 1747 (orthographe modernisée), lettre 18

  1. De quelle « connaissance » Zilia parle-t-elle ? Pourquoi lui a-t-elle été « funeste » ?
  2. Explique l’expression « un nouvel univers s’est offert à mes yeux » au sens propre et au sens figuré.
  3. Analyse la phrase « le Soleil même m’a trompée ». Que perd Zilia en découvrant la géographie ?
  4. En quoi ce passage illustre-t-il le décentrement propre au regard étranger ?

Exercice 5 : l’or et le bois

Lis l’extrait de la lettre 20, puis réponds.

Ce n’est pas que Céline ne mette tout en œuvre pour calmer mes inquiétudes à cet égard ; mais ce que je vois, ce que j’apprends des gens de ce pays me donne en général de la défiance de leurs paroles ; leurs vertus, mon cher Aza, n’ont pas plus de réalité que leurs richesses. Les meubles que je croyais d’or n’en ont que la superficie, leur véritable substance est de bois ; de même ce qu’ils appellent politesse a tous les dehors de la vertu, et cache légèrement leurs défauts ; mais avec un peu d’attention, on en découvre aussi aisément l’artifice que celui de leurs fausses richesses.

Françoise de Graffigny, Lettres d’une Péruvienne, 1747 (orthographe modernisée), lettre 20

  1. Sur quelle comparaison repose l’argumentation ? Explique-la.
  2. Relève les termes qui opposent être et paraître.
  3. Le présent de « ce qu’ils appellent politesse a tous les dehors de la vertu » a quelle valeur ? Quel est l’effet ?
  4. Que critique Graffigny à travers Zilia ?

Exercice 6 : la condition des femmes

Lis l’extrait de la lettre 31, puis réponds.

Ils les respectent, mon cher Aza, et en même temps ils les méprisent avec un égal excès. La première loi de leur politesse, ou si tu veux de leur vertu (car je ne leur en connais point d’autre) regarde les femmes. […] L’impudence et l’effronterie sont les premiers sentiments que l’on inspire aux hommes, la timidité, la douceur et la patience, sont les seules vertus que l’on cultive dans les femmes : comment ne seraient-elles pas les victimes de l’impunité ?

Françoise de Graffigny, Lettres d’une Péruvienne, 1747 (orthographe modernisée), lettre 31

  1. Quel paradoxe Zilia relève-t-elle dans la première phrase ?
  2. Analyse la parenthèse : quelle critique contient-elle ?
  3. Relève l’opposition entre l’éducation des hommes et celle des femmes. Quelle conséquence Zilia en tire-t-elle ?
  4. En quoi ce passage est-il engagé ? Rapproche-le d’un autre texte du XVIIIe siècle.

Exercice 7 : le plaisir d’être

Lis l’extrait de la dernière lettre, adressée à Déterville, puis réponds.

Sans approfondir les secrets de la nature, le simple examen de ses merveilles n’est-il pas suffisant pour varier et renouveler sans cesse des occupations toujours agréables ? La vie suffit-elle pour acquérir une connaissance légère, mais intéressante de l’univers, de ce qui m’environne, de ma propre existence ?

Le plaisir d’être ; ce plaisir oublié, ignoré même de tant d’aveugles humains ; cette pensée si douce, ce bonheur si pur, je suis, je vis, j’existe, pourrait seul rendre heureux, si l’on s’en souvenait, si l’on en jouissait, si l’on en connaissait le prix.

Françoise de Graffigny, Lettres d’une Péruvienne, 1747 (orthographe modernisée), lettre 38

  1. Quelles occupations Zilia envisage-t-elle pour sa vie future ?
  2. Analyse la gradation « je suis, je vis, j’existe ».
  3. Relève l’anaphore de la dernière phrase et explique son effet.
  4. Pourquoi peut-on parler de dénouement original pour un roman du XVIIIe siècle ?

Exercice 8 : question de grammaire

Analyse la négation dans la phrase : « leurs vertus […] n’ont pas plus de réalité que leurs richesses ».

  1. Quelle est la forme de la négation ?
  2. Quelle construction comparative s’y combine ?
  3. Quel sens global prend la phrase et quel est son effet critique ?

Exercice 9 : Graffigny et Montesquieu

Compare en dix lignes le regard étranger des Lettres d’une Péruvienne et celui des Lettres persanes : présente deux points communs et deux différences.

Exercice 10 : commentaire guidé

Rédige l’introduction et un paragraphe argumenté du commentaire de l’extrait de l’exercice 5.

Projet de lecture proposé : comment le regard naïf de Zilia devient-il une arme critique contre la société française ?

Axe du paragraphe : une comparaison qui démasque le paraître.

Exercice 11 : dissertation

Analyse le sujet, formule une problématique et propose un plan détaillé avec des exemples précis.

Sujet : « Dans les Lettres d’une Péruvienne, la découverte d’un nouvel univers est-elle surtout une perte ou une conquête ? »

Exercice 12 : écriture d’invention

Rédige la lettre (vingt lignes environ) qu’Aza aurait pu écrire à Zilia pour lui annoncer son mariage. Respecte la forme de la lettre, le contexte du roman et fais entendre, à travers la gêne d’Aza, le regard qu’il porte désormais sur son passé.

Corrigé : Graffigny, Lettres d'une Péruvienne

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