Les énoncés sont sur la fiche Les littératures francophones : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Ce corrigé de littératures francophones donne toutes les réponses attendues, accompagnées d’explications. Il t’aide à vérifier tes repères et à améliorer tes analyses de textes et ta rédaction.
Corrigé de littératures francophones : réponses commentées
Corrigé de l’exercice 1 : Associer auteurs et espaces
- a) Aimé Césaire : Martinique.
- b) Léopold Sédar Senghor : Sénégal.
- c) Kateb Yacine : Algérie.
- d) Anne Hébert : Québec.
- e) Camara Laye : Guinée.
- f) Tahar Ben Jelloun : Maroc.
- g) Maryse Condé : Guadeloupe.
- h) Ahmadou Kourouma : Côte d’Ivoire.
Corrigé de l’exercice 2 : Associer auteurs et œuvres
- a) Gabrielle Roy : Bonheur d’occasion (1945).
- b) Patrick Chamoiseau : Texaco (1992).
- c) Mariama Bâ : Une si longue lettre (1979).
- d) Aimé Césaire : Cahier d’un retour au pays natal (1939).
- e) Camara Laye : L’Enfant noir (1953).
- f) Kateb Yacine : Nedjma (1956).
Corrigé de l’exercice 3 : Vrai ou faux
- Faux : elle est fondée à Paris, où étudiaient Césaire, Senghor et Damas.
- Vrai : il est élu en 1983.
- Vrai.
- Faux : le joual est le parler populaire de Montréal, au Québec.
- Vrai : elle est élue en 2005.
- Faux : il est forgé vers 1880 par le géographe Onésime Reclus.
Corrigé de l’exercice 4 : Définir les notions
- a) Francophonie : ensemble des personnes et des pays qui ont le français en partage, comme langue maternelle, officielle ou d’usage.
- b) Négritude : mouvement né dans les années 1930 qui revendique la fierté d’être noir et la valeur des cultures africaines contre l’assimilation coloniale (Césaire, Senghor, Damas).
- c) Antillanité : notion d’Édouard Glissant qui définit l’identité antillaise par son ancrage dans l’archipel caribéen et ses échanges, plutôt que par la seule origine africaine.
- d) Créolité : mouvement lancé en 1989 qui revendique l’identité mêlée des Antilles et la langue créole (Bernabé, Chamoiseau, Confiant).
- e) Joual : parler populaire montréalais, porté sur scène par Michel Tremblay.
- f) Littérature-monde : expression d’un manifeste de 2007 qui propose de considérer toutes les œuvres en français comme une seule littérature mondiale, sans centre ni périphérie.
Corrigé de l’exercice 5 : Compléter un texte sur la négritude
Dans les années 1930, trois étudiants se rencontrent à Paris : Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas. Ils fondent en 1935 la revue L’Étudiant noir. Le texte fondateur du mouvement est le Cahier d’un retour au pays natal de Césaire, publié en 1939. En 1948, Senghor publie une anthologie de poésie, préfacée par Jean-Paul Sartre.
Corrigé de l’exercice 6 : Classer des œuvres par espace
| Afrique subsaharienne | Maghreb | Caraïbes | Québec |
|---|---|---|---|
| Les Soleils des indépendances (Kourouma) | Le Fils du pauvre (Feraoun) | Ségou (Maryse Condé) | Kamouraska (Anne Hébert) |
| L’Aventure ambiguë (Cheikh Hamidou Kane) | Le Passé simple (Chraïbi) | Texaco (Chamoiseau) | Les Belles-sœurs (Tremblay) |
Corrigé de l’exercice 7 : Comparer négritude et créolité
| Négritude | Créolité | |
|---|---|---|
| Idée centrale | Affirmer la fierté noire et la valeur des cultures africaines | Revendiquer une identité mêlée, faite de multiples apports |
| Rapport à l’Afrique | L’Afrique est la source et la référence majeure | L’Afrique est une origine parmi d’autres, européenne, indienne, amérindienne |
| Langue | Un français souverain, réapproprié | Un français travaillé par le créole, langue revendiquée |
La créolité se présente elle-même comme héritière de Césaire, tout en lui reprochant d’avoir cherché l’identité antillaise ailleurs qu’aux Antilles.
Corrigé de l’exercice 8 : Les prix littéraires
- a) Amin Maalouf : 1993 (Le Rocher de Tanios).
- b) Patrick Chamoiseau : 1992 (Texaco).
- c) Leïla Slimani : 2016 (Chanson douce).
- d) Antonine Maillet : 1979 (Pélagie-la-Charrette).
- e) Mohamed Mbougar Sarr : 2021 (La Plus Secrète Mémoire des hommes).
- f) Tahar Ben Jelloun : 1987 (La Nuit sacrée).
Corrigé de l’exercice 9 : Analyser un quatrain de Nelligan
- L’« or massif », la taille immense (« grand Vaisseau », « mâts » qui « touchaient l’azur »), la figure de Vénus (« la Cyprine d’amour ») à la proue, l’éclat du « soleil excessif ». La majuscule de « Vaisseau » l’élève au rang de symbole.
- Le vaisseau représente le cœur du poète, riche de rêves et d’amour, qui finit par sombrer : le dernier vers du sonnet l’affirme explicitement.
- Le poème ne décrit pas un vrai navire : il suggère un état d’âme par un symbole, dans une langue musicale et précieuse. Le thème du naufrage intérieur et la figure du poète maudit rappellent Baudelaire et les symbolistes.
Corrigé de l’exercice 10 : Interpréter une formule
Un butin de guerre est ce que le vainqueur prend à l’ennemi. En parlant ainsi du français, Kateb Yacine renverse la situation coloniale : la langue imposée par la France devient une prise, un bien conquis par le colonisé qui l’utilise désormais à ses propres fins, notamment pour dénoncer la colonisation. La langue n’est donc pas subie passivement ; elle est réappropriée et retournée contre celui qui l’avait imposée. L’écrivain ne renonce pas pour autant à son identité : il fait du français l’outil d’une parole algérienne.
Corrigé de l’exercice 11 : Questions sur un texte
- Le kabyle, langue de la grand-mère, associée à la chaleur (« l’odeur du feu de bois ») ; le français, langue de l’école, associé à la rigueur et à la froideur (« nette et froide comme sa règle de fer »).
- Il croit devoir choisir entre deux langues et deux mondes : l’intime et l’affectif d’un côté, le savoir et les livres de l’autre.
- Il est dépassé par l’écriture : le narrateur introduit le rythme du conte kabyle dans une phrase française. L’annotation du maître (« Étrange. Beau. ») reconnaît la valeur de ce mélange. La dernière phrase signifie que l’écriture peut accueillir l’univers familial au lieu de l’effacer.
- Comme Kourouma, qui fait entendre le malinké sous le français des Soleils des indépendances, le narrateur enrichit la langue française d’une autre langue au lieu de choisir entre elles.
Corrigé de l’exercice 12 : Paragraphe argumenté
Exemple de production : « L’expression “littératures francophones” a le mérite de rappeler la diversité des situations d’écriture. Écrire en français à Montréal, où il est la langue maternelle d’une minorité en Amérique, n’est pas la même chose qu’écrire en français à Alger après la colonisation : Gabrielle Roy et Kateb Yacine n’entretiennent pas le même rapport avec la langue. Le pluriel protège ces différences. Pourtant, cette étiquette a souvent servi à mettre à part des écrivains jugés périphériques, comme si Césaire était moins un classique que Baudelaire. C’est ce que dénonçait en 2007 le manifeste pour une “littérature-monde en français”. Parler de littérature en langue française permet alors de reconnaître que Chamoiseau ou Mbougar Sarr, tous deux lauréats du Goncourt, appartiennent pleinement à la même littérature que les auteurs nés en France. L’idéal serait sans doute de garder les deux regards : une seule littérature par la langue, plusieurs histoires par les lieux. »
Critères de réussite : définition des deux expressions, deux exemples précis, prise en compte du débat de 2007, conclusion nuancée qui répond à la question.
Comment utiliser ce corrigé
Commence par les exercices de repères (1, 2, 3, 6 et 8) : si tu as fait plus de deux erreurs, relis le cours partie par partie et construis une carte des auteurs par espace. Pour les définitions et le tableau comparatif, vérifie que tu as employé le vocabulaire exact. Pour l’analyse de texte et le paragraphe argumenté, compare la démarche plutôt que les phrases : l’essentiel est de citer le texte, de nommer les procédés et de nuancer ta réponse. Ces connaissances sont précieuses en HLP, au Grand oral et dans les épreuves de culture générale du supérieur.
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