Les énoncés sont sur la fiche Sarraute, Pour un oui ou pour un non : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Ce corrigé Sarraute 1re propose des réponses complètes aux douze exercices sur Pour un oui ou pour un non : analyses expliquées, paragraphe et introduction rédigés, plan de dissertation, mise en scène et dialogue d’écriture.
Corrigé Sarraute 1re : réponses détaillées
Corrigé de l’exercice 1 : vrai ou faux
- Vrai : comme Le Silence et Le Mensonge, la pièce est née pour la radio.
- Faux : elle forme un seul mouvement continu, sans actes ni scènes.
- Faux : les personnages sont anonymes, désignés par H.1 et H.2.
- Vrai.
- Faux : la dispute naît d’une intonation, dans la phrase « C’est bien… ça ».
- Vrai : cet essai paraît en 1956.
- Faux : aucune réconciliation ; la pièce se clôt sur un « oui » et un « non ».
Corrigé de l’exercice 2 : les mots pour analyser
- sous-conversation
- métalangage
- didascalie
- tropisme
- agôn
- réplique
Corrigé de l’exercice 3 : les étapes de la pièce
- H.1 vient trouver H.2 pour comprendre son éloignement.
- H.2 avoue enfin ce qui l’a blessé.
- Les deux amis appellent leurs voisins.
- Les voisins repartent sans avoir compris.
- La pièce se clôt sur un « oui » et un « non ».
Corrigé de l’exercice 4 : une intonation qui blesse
- En apparence, c’est un compliment : l’adverbe « bien » exprime l’approbation.
- Les points de suspension marquent une pause qui détache « ça » ; à l’oral, ils correspondent à un suspens où H.2 entend de la réticence.
- « ça » est un pronom familier et vague : il réduit le succès de H.2 à une chose, à « ce petit quelque chose », comme si H.1 mesurait ce succès de haut.
- L’offense tient à l’intonation, pas aux mots ; or un tiers ne peut entendre que les mots rapportés. La blessure est réelle pour celui qui l’a ressentie, mais impossible à prouver : c’est le paradoxe de toute la pièce.
Corrigé de l’exercice 5 : repérer la sous-conversation
- La reprise entre guillemets du mot de l’autre (« Comment ça, « en jaune » ? »), la question sur la manière de dire (« Il y a des façons de dire jaune, maintenant ? ») et le commentaire « Tu l’as dit… d’une certaine façon ».
- Le mot « jaune », simple constat, devient suspect à cause de la pause (« Ah… oui ») : A y entend un jugement négatif sur son choix.
- La généralisation « c’est toujours pareil avec toi » montre que l’incident réveille un vieux contentieux : la dispute dépasse la cuisine.
- La didascalie indique un ton calme qui rend la phrase plus blessante encore : la douceur peut être une arme.
Corrigé de l’exercice 6 : deux ouvertures de dispute
- Chez Molière, Philinte veut comprendre et Alceste refuse de s’expliquer ; chez Sarraute, H.1 vient demander des explications et H.2 se dérobe d’abord. Le schéma est le même : un personnage interroge, l’autre se ferme.
- Les impératifs (« Laissez-moi », « courez vous cacher ») traduisent la colère d’Alceste et sa volonté de rompre le dialogue.
- Molière écrit en alexandrins, avec une vivacité comique ; Sarraute écrit en prose, avec des répliques hachées, des suspensions et un ton plus inquiet.
- Alceste se fâche parce que Philinte a fait bon accueil à un homme qu’il connaît à peine ; H.2 s’éloigne à cause d’une intonation. Dans les deux cas, une cause minime révèle un désaccord profond sur la manière de vivre avec les autres.
Corrigé de l’exercice 7 : deux visions du monde
Exemple de paragraphe. Au fil de la dispute, H.1 et H.2 apparaissent comme deux manières opposées d’être au monde. H.1 est installé dans une vie sociale reconnue : il croit aux valeurs partagées, à la réussite, au jugement du plus grand nombre, et il pense que les mots signifient ce qu’ils disent. H.2, au contraire, vit en marge ; il se méfie des étiquettes et perçoit les moindres nuances d’une voix. Là où H.1 voit un compliment banal, H.2 entend une condescendance. Leur désaccord ne porte donc pas sur un fait, mais sur une façon de percevoir : l’un vit dans le monde des choses dites, l’autre dans celui des tropismes. C’est pourquoi aucun arbitre ne peut leur donner raison.
Critères de réussite : une opposition nette et argumentée ; des exemples tirés de la pièce ; une phrase de conclusion qui relie le portrait au conflit.
Corrigé de l’exercice 8 : le rôle du jury
- Ils espèrent qu’un regard extérieur et « normal » dira lequel des deux a raison.
- Les voisins ne jugent que des faits et des mots ; or le grief de H.2 tient à une intonation. Ils ne peuvent voir aucune faute là où il n’y a, selon eux, rien.
- Le décalage entre la gravité des deux amis et l’incompréhension polie des voisins est comique : le tribunal tourne à vide.
- Elle montre que la dispute appartient à la sous-conversation : elle n’existe que pour ceux qui la ressentent et échappe au langage commun.
Corrigé de l’exercice 9 : une question de grammaire
- « oui » et « non » sont d’ordinaire des adverbes (mots-phrases d’affirmation et de négation). Précédés du déterminant « un », ils deviennent des noms : c’est une conversion (dérivation impropre).
- La phrase est disloquée à droite : le pronom démonstratif « ça » est détaché en fin de phrase et annoncé par « c’ », sujet du verbe « être » ; « ça » a donc la même fonction que « c’ », qu’il reprend. L’adverbe « bien » occupe la fonction d’attribut du sujet. La dislocation, soulignée par la pause, met « ça » en relief.
- Ce sont des phrases non verbales réduites à un mot-phrase : « Oui. » est déclarative, « Non ! » est exclamative.
- « ne… jamais » est une négation syntaxique partielle (elle porte sur le temps) : elle nie toute occurrence de l’action.
Corrigé de l’exercice 10 : mettre en scène
Exemple de proposition. Le décor serait presque vide : deux fauteuils gris face à face, pour faire de la pièce un ring sans ornement, conforme à une œuvre née pour la radio. Au moment de l’aveu, la lumière se resserrerait sur H.2, comme un projecteur d’interrogatoire, tandis que H.1 resterait dans la pénombre : celui qui avoue devient vulnérable. H.2 parlerait d’abord très bas, avec de longues pauses, car il a honte d’un grief qui paraît minuscule ; il prononcerait « C’est bien… ça » en imitant l’intonation de H.1, en étirant « bien » et en marquant un vrai silence avant « ça ». H.1 éclaterait d’un rire bref, qui relancerait la blessure. Un silence complet suivrait, pour que le spectateur entende, lui aussi, ce que les mots cachent.
Critères de réussite : choix concrets (décor, lumière, voix, gestes, silences) ; justification par le texte et par la notion de sous-conversation ; cohérence d’ensemble.
Corrigé de l’exercice 11 : préparer une dissertation
Introduction rédigée. On dit d’une personne qu’elle se fâche « pour un oui ou pour un non » lorsqu’elle s’emporte sans raison sérieuse. Nathalie Sarraute fait de cette expression le titre de sa pièce, publiée en 1982 : deux amis de longue date, H.1 et H.2, s’y déchirent parce que l’un a dit à l’autre « C’est bien… ça » avec une intonation jugée blessante. La dispute semble donc porter sur un rien. Pourtant, ce rien occupe toute la pièce et mène à la rupture. Dès lors, la querelle n’est-elle qu’une susceptibilité dérisoire, ou bien ce rien révèle-t-il ce qui compte le plus dans une relation ? Nous verrons d’abord que la dispute repose en apparence sur un motif insignifiant, puis qu’elle met au jour des blessures et des visions du monde opposées, avant de montrer que Sarraute fait de ce « rien » la matière même de son théâtre.
- Un rien en apparence. a) Un grief minuscule : une intonation. b) L’impossibilité de prouver : le jury des voisins. c) Le comique d’une querelle disproportionnée.
- Un rien qui révèle tout. a) La reconnaissance de soi par l’autre : H.2 se sent jugé. b) Deux visions du monde inconciliables. c) Des souvenirs qui montrent un conflit ancien.
- Le rien comme matière théâtrale. a) La sous-conversation enfin dite à voix haute. b) Une dispute sans objet matériel, renouvellement de l’agôn. c) Un dénouement ouvert, un « oui » contre un « non ».
Critères de réussite : amorce, présentation de l’œuvre, reformulation du sujet, problématique, annonce du plan ; progression du plan ; exemples précis tirés de la pièce.
Corrigé de l’exercice 12 : écrit d’appropriation
Exemple de dialogue (extrait).
LÉA. — Tu es venue, finalement.
SARAH. — Finalement ? J’avais dit que je viendrais.
LÉA. — Oui, oui… tu l’avais dit.
SARAH. — Qu’est-ce qu’il a, ce « oui, oui » ?
LÉA. — Rien. C’est un oui. Deux oui, même.
SARAH, posant son sac sans l’ouvrir. — Deux oui qui veulent dire non.
LÉA. — Tu entends des choses que personne ne dit.
SARAH. — Je les entends parce que tu les dis… sans les dire.
LÉA. — Alors il faudra que je parle en silence, pour te faire plaisir.
SARAH, un temps. — Tu vois ? Là, tu l’as dit.
Critères de réussite : une dispute née d’un mot banal ; reprises des mots de l’autre, métalangage, points de suspension ; au moins deux didascalies utiles ; une montée de la tension ; présentation correcte du texte théâtral.
Comment utiliser ce corrigé
Compare ta réponse à la correction en vérifiant trois points : as-tu repéré les bons éléments, les as-tu nommés avec le vocabulaire de l’analyse (sous-conversation, métalangage, présentatif) et as-tu expliqué leur effet ? Pour l’introduction de dissertation, repère chaque étape (amorce, présentation, problématique, annonce du plan) et refais l’exercice sur un autre sujet du parcours. Pour les productions écrites, les exemples ne sont pas des modèles à apprendre : sers-toi des critères de réussite pour évaluer ton propre texte.
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