Ce cours d’argumentation 3e t’apprend à repérer et à analyser une thèse, des arguments et des exemples dans un texte. Tu sauras distinguer convaincre et persuader, utiliser les connecteurs logiques et reconnaître une concession : des compétences indispensables pour le brevet comme pour la vie de citoyen.
Argumentation 3e : qu’est-ce qu’argumenter ?
Argumenter, c’est chercher à faire partager une opinion à quelqu’un en la justifiant. Un texte argumentatif répond toujours, au moins implicitement, à une question discutable : « Faut-il interdire la voiture en ville ? », « La lecture est-elle encore utile ? ». Pour l’analyser, il faut identifier plusieurs éléments.
Définition
- Le thème est le sujet abordé (les écrans, la peine de mort, le sport).
- La thèse est l’opinion défendue sur ce thème (« Les écrans nuisent au sommeil des adolescents »).
- La thèse adverse (ou réfutée) est l’opinion que l’auteur combat.
- Un argument est une raison qui justifie la thèse.
- Un exemple est un fait concret, précis et vérifiable qui illustre un argument.
Exemple
Thème : la lecture. Thèse : lire rend plus libre. Argument : la lecture développe l’esprit critique, car elle confronte le lecteur à d’autres points de vue. Exemple : dans Fahrenheit 451, le pouvoir brûle les livres précisément parce qu’ils poussent les citoyens à réfléchir.
Convaincre ou persuader ?
Pour emporter l’adhésion de son destinataire, l’auteur peut s’adresser à sa raison ou à ses sentiments. Les deux stratégies se combinent souvent.
| Convaincre | Persuader | |
|---|---|---|
| S’adresse à… | la raison, l’intelligence | les émotions, la sensibilité |
| Moyens | arguments logiques, faits, chiffres, citations d’experts, raisonnement par cause et conséquence | vocabulaire affectif, registres pathétique ou polémique, questions rhétoriques, exclamations, interpellation du lecteur, images frappantes |
| Exemple | « Un adolescent a besoin de huit à dix heures de sommeil ; or les écrans retardent l’endormissement. » | « Voulez-vous vraiment voir vos enfants épuisés, les yeux rougis, incapables de suivre en classe ? » |
Victor Hugo, député, combine les deux dans son discours de 1849 à l’Assemblée :
Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère.
Victor Hugo, Discours sur la misère, Assemblée nationale, 9 juillet 1849
Hugo commence par écarter une position qui n’est pas la sienne (« Je ne suis pas de ceux qui… »), il concède que la souffrance ne disparaîtra pas, puis il affirme sa thèse avec force, introduite par « mais » : la misère, elle, peut être détruite. L’apostrophe « messieurs » interpelle les députés, et le parallélisme « je ne suis pas de ceux… / je suis de ceux… » rend la phrase mémorable.
Les connecteurs logiques : relier les idées
Les connecteurs logiques (conjonctions, adverbes, locutions) indiquent les relations entre les idées. Ils guident le lecteur et rendent le raisonnement visible.
Règle
Pour analyser un texte argumentatif, entoure les connecteurs: ils signalent l’arrivée d’un nouvel argument (de plus, ensuite), une explication (car, en effet), une conséquence (donc, ainsi), un retournement (mais, pourtant) ou la conclusion (enfin, en somme). Le plan du texte apparaît alors clairement.
La concession et la réfutation
Définition
La concession consiste à reconnaître qu’un argument adverse est en partie juste, pour mieux le dépasser ensuite. La réfutation consiste à montrer qu’un argument adverse est faux ou insuffisant.
La concession rend l’argumentateur plus crédible : il montre qu’il connaît les objections et qu’il est de bonne foi. Elle s’exprime notamment par « certes… mais », « il est vrai que… cependant », « bien que » suivi du subjonctif, « même si ».
Exemple
Certes, les jeux vidéo peuvent isoler certains joueurs ; mais beaucoup d’entre eux sont collectifs et développent la coopération. (concession puis thèse)
Bien que le vélo soit plus lent que la voiture sur de longues distances, il reste le moyen le plus rapide en centre-ville aux heures de pointe.
Les différents types d’arguments
- Argument logique (par la cause ou la conséquence) : « Si l’on réduit la vitesse, on réduit le nombre de morts sur la route. »
- Argument d’autorité: on s’appuie sur une personne reconnue ou un expert (« Selon l’Organisation mondiale de la santé… »).
- Argument d’expérience: on s’appuie sur un vécu personnel (« Depuis que je lis le soir, je m’endors plus facilement »).
- Argument par analogie: on compare deux situations (« Le cerveau est comme un muscle : il faut l’entraîner »).
- Argument de valeur: on invoque une valeur morale (la justice, la liberté, la dignité).
Méthode
- Repère le thème et la question posée.
- Cherche la thèse: souvent au début ou à la fin, signalée par « je pense que », « il faut », une phrase affirmative forte.
- Relève les arguments grâce aux connecteurs, puis les exemples qui les illustrent.
- Identifie la stratégie: convaincre, persuader, ou les deux ? Y a-t-il une concession ?
Attention
Ne confonds pas thème et thèse: « l’école » est un thème, « l’école devrait commencer plus tard le matin » est une thèse. Ne confonds pas non plus argument et exemple: l’argument est une idée générale qui justifie, l’exemple est un cas particulier qui illustre. Un exemple seul ne suffit jamais à prouver une thèse.
À retenir
- Thème = sujet ; thèse = opinion défendue ; argument = raison ; exemple = fait précis qui illustre.
- Convaincre s’adresse à la raison, persuader aux sentiments.
- Les connecteurs logiques révèlent les relations entre les idées : addition, cause, conséquence, opposition, concession, conclusion.
- La concession accorde un point à l’adversaire pour mieux le dépasser ; la réfutation le contredit.
- Types d’arguments : logique, d’autorité, d’expérience, par analogie, de valeur.
Pour aller plus loin
Exerce-toi avec les exercices sur l’argumentation et vérifie tes acquis grâce au QCM sur l’argumentation. Pour passer à l’écriture, consulte le cours Rédiger un texte argumentatif et, pour la grammaire, Exprimer l’opposition et la concession.

