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La modalisation : cours de français 3e

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La modalisation 3e est une notion clé de l’énonciation : elle désigne tous les moyens par lesquels celui qui parle montre s’il est sûr ou non de ce qu’il affirme. Savoir repérer ces marques t’aide à comprendre le point de vue d’un auteur, et savoir les employer rend ton argumentation plus nuancée.

Qu’est-ce que la modalisation ?

Définition

La modalisation est la manière dont l’énonciateur (celui qui parle ou écrit) indique son degré d’adhésion à ce qu’il dit : certitude, probabilité, doute, ou jugement de valeur. Les mots qui la portent s’appellent des modalisateurs.

Exemple

Énoncé neutre : Le train arrivera à huit heures.

Énoncés modalisés : Le train arrivera sans doute à huit heures. / Le train arrivera peut-être à huit heures. / Je suis sûr que le train arrivera à huit heures.

L’information est la même ; ce qui change, c’est l’engagement de l’énonciateur. Un énoncé sans aucune marque de modalisation se présente comme un fait objectif ; un énoncé modalisé laisse voir une subjectivité.

Échelle allant de la certitude au doute avec des exemples de modalisateurs pour chaque degré
Les modalisateurs se placent sur une échelle de certitude.

Modalisation 3e : les marques à connaître

Carte mentale des six familles de marques de modalisation : adverbes, verbes, modes et temps, tournures et adjectifs, ponctuation et incises, lexique du jugement
Six familles de modalisateurs.

Les adverbes et locutions adverbiales

Ils indiquent la certitude (évidemment, assurément, certainement, sans aucun doute), la probabilité (probablement, sans doute, vraisemblablement) ou la simple possibilité (peut-être, éventuellement). Apparemment et soi-disant marquent une distance : on rapporte une apparence ou une affirmation à laquelle on ne croit pas forcément.

Attention

Sans doute ne signifie plus « certainement » mais « probablement » : Il viendra sans doute exprime une forte probabilité, pas une certitude. Pour la certitude, on dit sans aucun doute.

Les verbes d’opinion et les verbes modaux

  • Verbes d’opinion : je crois, je pense, je suppose, j’imagine, il me semble, je doute.
  • Verbes de perception de l’apparence : sembler, paraître : Le chien semble perdu.
  • Pouvoir et devoir employés pour la probabilité : Il doit être en retard (= il est probablement en retard) ; Elle peut avoir raison (= c’est possible).

Les modes et les temps

  • Le conditionnel présente une information non vérifiée, surtout dans la presse : Le voleur aurait quitté la région.
  • Le futur antérieur peut exprimer une supposition sur le passé : Il n’est pas là ? Il aura oublié le rendez-vous.
  • Le subjonctif suit les expressions du doute : Je doute qu’il vienne.

Les tournures impersonnelles, les adjectifs et la ponctuation

Il est certain que, il est probable que, il est possible que, il se peut que ; les adjectifs sûr, certain, probable, douteux, incontestable. La ponctuation joue aussi un rôle : les guillemets peuvent marquer une distance ironique (ces « experts » qui savent tout), les points de suspension un sous-entendu, et les incises comme paraît-il ou dit-on attribuent l’information à d’autres.

Règle

Le mode dépend du degré de certitude :

  • certitude ou forte probabilité → indicatif : il est certain que, il est probable que, je suis sûr que, il me semble que + indicatif ;
  • possibilité ou doute → subjonctif : il est possible que, il se peut que, je doute que, il semble que, je ne pense pas que + subjonctif.

La modalisation du jugement

La modalisation ne porte pas seulement sur la certitude. L’énonciateur peut aussi exprimer une appréciation : le lexique mélioratif valorise (un chef-d’œuvre, une interprétation lumineuse), le lexique péjoratif dévalorise (un navet, une mise en scène poussive). Les suffixes péjoratifs (-âtre, -ard : jaunâtre, chauffard), les exclamations et les interjections jouent le même rôle. Ce vocabulaire est approfondi dans le cours sur le vocabulaire du jugement et des émotions.

Pourquoi modaliser ? Analyser et argumenter

  • Nuancer une opinion pour la rendre plus crédible : Ce projet présente probablement des risques.
  • Se protéger quand une information n’est pas confirmée : c’est le rôle du conditionnel journalistique.
  • Prendre ses distances avec les propos d’autrui : selon lui, à l’en croire, guillemets.
  • Convaincre en affichant l’évidence : Il est évident que, nul ne peut nier que.

Méthode pour le brevet

  1. Relève les modalisateurs (en citant le texte entre guillemets).
  2. Nomme leur classe : adverbe, verbe d’opinion, conditionnel, tournure impersonnelle…
  3. Interprète : degré de certitude, jugement mélioratif ou péjoratif, distance avec une source.
  4. Conclus sur le point de vue de l’énonciateur : convaincu, prudent, ironique, sceptique…

À retenir

  • La modalisation montre le degré de certitude ou le jugement de l’énonciateur.
  • Marques : adverbes, verbes d’opinion, pouvoir/devoir, conditionnel, tournures impersonnelles, ponctuation, lexique mélioratif ou péjoratif.
  • Sans doute = probablement ; sans aucun doute = certainement.
  • Certitude → indicatif ; possibilité et doute → subjonctif.
  • Un énoncé sans modalisateur se présente comme objectif.

Pour aller plus loin

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