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Les grands mouvements littéraires : cours de français 2nde

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Ce cours sur les mouvements littéraires 2nde te donne les repères chronologiques indispensables pour situer un texte, de l’humanisme du XVIe siècle au surréalisme du XXe siècle. Pour chaque mouvement, tu retiendras une période, des idées clés, des auteurs et une œuvre emblématique.

Pourquoi connaître les mouvements littéraires 2nde ?

Un texte ne naît jamais seul : il répond à son époque, prolonge ou conteste les œuvres qui l’ont précédé. Connaître les grands mouvements permet de situer un extrait, de comprendre ses choix d’écriture et de construire une introduction de commentaire solide. C’est aussi une compétence attendue au baccalauréat, où l’on te demandera de relier les œuvres à leur contexte.

Définition

Un mouvement littéraire est un ensemble d’écrivains d’une même époque qui partagent des valeurs, des thèmes et des choix d’écriture. Certains se donnent un chef et un manifeste (le surréalisme et André Breton) ; d’autres sont regroupés après coup par les historiens de la littérature (le baroque).

Huit encadrés en deux colonnes présentant les mouvements de l'humanisme au surréalisme avec leurs dates et deux auteurs chacun
Huit grands mouvements, du XVIe au XXe siècle

Du XVIe au XVIIe siècle : l’homme au centre

L’humanisme (XVIe siècle)

Porté par l’invention de l’imprimerie et la redécouverte des textes grecs et latins, l’humanisme place l’homme au centre de la réflexion. Il fait confiance à l’éducation, à l’esprit critique et à la dignité humaine. Rabelais, dans Pantagruel (1532) et Gargantua (1534), imagine une éducation complète du corps et de l’esprit et rappelle que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Montaigne, dans ses Essais (1580-1588), s’observe lui-même pour comprendre l’être humain : « Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition. » La Pléiade de Ronsard et Du Bellay appartient à cette Renaissance.

Le baroque et le classicisme

Le baroque (vers 1570-1650) exprime l’instabilité d’un monde déchiré par les guerres de Religion : goût du mouvement, de l’illusion, de la métamorphose. Le classicisme (vers 1660-1690) lui oppose l’ordre, la raison, la mesure et l’imitation des Anciens : Racine, Molière, La Fontaine, Boileau veulent « plaire et instruire ». Ce mouvement est détaillé dans le cours sur le classicisme et la règle des trois unités.

Le XVIIIe siècle : les Lumières

Les philosophes des Lumières veulent éclairer les hommes par la raison et combattre l’ignorance, le fanatisme, l’injustice et l’arbitraire du pouvoir. Montesquieu, Voltaire, Diderot, Rousseau multiplient les genres pour toucher un large public : contes philosophiques, lettres, dialogues, articles. L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1751-1772) rassemble les savoirs de l’époque. Dans son Traité sur la tolérance (1763), Voltaire adresse une prière à Dieu :

Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère.

Voltaire, Traité sur la tolérance, chapitre XXIII, « Prière à Dieu », 1763

Règle

Pour reconnaître un texte des Lumières, cherche : l’appel à la raison et à l’esprit critique, la dénonciation d’une injustice (esclavage, guerre, intolérance, torture), l’ironie qui ridiculise l’adversaire, et le recours à des formes vivantes et accessibles (conte, dialogue, lettre).

Le XIXe siècle : du cœur au réel

Le romantisme (vers 1820-1850)

En réaction contre la raison des Lumières et les règles classiques, le romantisme exalte la sensibilité, le moi, la nature, la liberté et l’histoire. Ses thèmes : l’amour, la fuite du temps, la mélancolie, l’exil, mais aussi l’engagement du poète dans la cité. Lamartine ouvre le mouvement avec les Méditations poétiques (1820) :

Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

Alphonse de Lamartine, « Le Lac », Méditations poétiques, 1820

Victor Hugo en devient le chef de file, au théâtre avec Hernani, en poésie avec Les Contemplations, dans le roman avec Les Misérables ; Musset, Vigny et Nerval complètent ce paysage.

Réalisme, naturalisme, Parnasse et symbolisme

Au milieu du siècle, le roman se tourne vers l’observation de la société : c’est le réalisme de Balzac et de Flaubert, puis le naturalisme de Zola (voir le cours sur le réalisme et le naturalisme). En poésie, le Parnasse défend « l’art pour l’art » et la perfection formelle, tandis que le symbolisme, dont le manifeste est publié par Jean Moréas en 1886, cherche à suggérer plutôt qu’à décrire, à faire sentir les correspondances mystérieuses entre le monde visible et l’invisible. Baudelaire (Les Fleurs du mal, 1857) en est le précurseur ; Verlaine, Rimbaud et Mallarmé en sont les grandes voix. Rimbaud attribue même des couleurs aux voyelles : « A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles ».

Le XXe siècle : le surréalisme et après

Né des ruines de la Première Guerre mondiale et du mouvement Dada, le surréalisme est fondé par André Breton, qui publie le Manifeste du surréalisme en 1924. Le mot avait été inventé par Apollinaire en 1917. Les surréalistes veulent libérer l’imagination de la logique et de la morale : ils explorent le rêve, l’inconscient, le hasard, et pratiquent l’écriture automatique, qui consiste à écrire très vite, sans contrôle de la raison. Leur jeu du « cadavre exquis », où chacun écrit un morceau de phrase sans voir celui des autres, tire son nom de la première phrase obtenue : « Le cadavre exquis boira le vin nouveau ». Paul Éluard, Louis Aragon, Robert Desnos y participent.

Courbe qui relie les mouvements littéraires en oscillant entre le pôle de la raison et des règles et celui de la sensibilité et de l'imagination
Les mouvements alternent souvent entre raison et sensibilité

Après 1945, d’autres courants prennent le relais : la littérature de l’absurde et de l’engagement (Camus, Sartre), le nouveau roman, ou l’Oulipo, fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais, qui invente des contraintes d’écriture ludiques.

Attention

Les dates des mouvements sont des repères, non des frontières : les mouvements se chevauchent, et un même écrivain peut évoluer (Hugo est romantique, mais Les Misérables contient des pages très réalistes). Évite aussi de classer un auteur dans un mouvement qui n’est pas de son siècle : Voltaire n’est pas un humaniste du XVIe siècle, même s’il en partage certaines valeurs.

À retenir

  • Humanisme (XVIe) : l’homme, l’éducation, l’Antiquité ; Rabelais, Montaigne.
  • Baroque (1570-1650) : le mouvement et l’illusion ; classicisme (1660-1690) : l’ordre et la raison ; Racine, Molière.
  • Lumières (XVIIIe) : la raison critique au service du progrès et de la tolérance ; Voltaire, Diderot, Rousseau.
  • Romantisme (1820-1850) : le moi, la sensibilité, la liberté ; Lamartine, Hugo.
  • Réalisme et naturalisme (1850-1890), symbolisme (fin du XIXe), surréalisme (1924) : le réel, la suggestion, puis l’inconscient et le rêve.

Pour aller plus loin

Teste tes repères avec les exercices sur les mouvements littéraires et le QCM du chapitre. Approfondis ensuite chaque époque avec les cours sur la poésie du Moyen Âge au XVIIIe siècle et sur le roman et le récit.

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