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Rimbaud, Cahier de Douai : corrigé des exercices de français 1ère

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Rimbaud, Cahier de Douai : corrigé de français 1ère, illustration Français PDF
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Les énoncés sont sur la fiche Rimbaud, Cahier de Douai : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.

Voici le corrigé Cahier de Douai : chaque réponse est justifiée par le texte de Rimbaud, avec des scansions détaillées, des plans de commentaire et de dissertation et des exemples de production écrite.

Corrigé Cahier de Douai, exercice par exercice

Corrigé de l’exercice 1 : vrai ou faux

  1. Vrai, à quelques semaines près (il est né en octobre 1854 et recopie ses poèmes en septembre-octobre 1870 ; il a quinze ans en septembre et seize en octobre).
  2. Faux : il s’agit de feuillets recopiés pour Demeny dans l’espoir d’une publication qui n’a pas eu lieu ; le titre « Cahier de Douai » est donné après coup.
  3. Vrai : professeur de rhétorique à Charleville en 1870.
  4. Faux : elle oppose la France à la Prusse et à ses alliés allemands.
  5. Faux : la formule apparaît dans les lettres du voyant, en mai 1871.
  6. Vrai.

Corrigé de l’exercice 2 : associer poèmes et thèmes

  1. Satire sociale : les bourgeois de Charleville sur la place de la Gare.
  2. Satire politique : Napoléon III vaincu et prisonnier.
  3. Amour : les amours de dix-sept ans.
  4. Guerre : le jeune soldat mort.
  5. Errance : une halte dans une auberge pendant la fugue.
  6. Sensation : la promenade rêvée dans la nature.

Corrigé de l’exercice 3 : scander « Sensation »

Vers 1 : Par-les-soirs-bleus-d’é-té-j’i-rai-dans-les-sen-tiers = 12 syllabes, alexandrin, avec une césure après « été » (6/6).

Vers 7 : Et-j’i-rai-loin-bien-loin-com-m(e) un-bo-hé-mi-en = 12 syllabes : le e de « comme » s’élide devant « un », et « bohémien » se prononce avec une diérèse (bo-hé-mi-en). La diérèse allonge le mot et mime le long voyage.

Rimes de la première strophe : sentiers / menue / pieds / nue : rimes croisées ABAB.

Corrigé de l’exercice 4 : questions sur « Sensation »

  1. Le futur de l’indicatif (« j’irai », « sentirai », « laisserai », « montera ») : il exprime un projet et un désir ; la promenade est rêvée, non vécue.
  2. « Picoté », « fouler », « fraîcheur », « pieds », « vent », « baigner », « tête nue » : surtout le toucher, sensation directe du corps.
  3. Le poète renonce au langage et à la réflexion pour s’abandonner à la sensation pure ; paradoxalement, ce renoncement aboutit à « l’amour infini » : l’expérience sensible ouvre à une forme d’extase.
  4. « heureux comme avec une femme » : la nature est comparée à une amante ; l’union avec le monde est sensuelle et amoureuse. Le tiret qui précède crée une pause et met en relief cette audace.
  5. Le poète rêve de partir « loin, bien loin, comme un bohémien », hors des chemins tracés : il se libère de la société, des contraintes, et même de la pensée, pour inventer une manière de vivre libre.

Corrigé de l’exercice 5 : commentaire guidé du « Dormeur du val »

  1. Personnifications (« chante une rivière », « montagne fière », « val qui mousse de rayons ») ; couleurs (« argent », « vert », « bleu ») ; lumière (« soleil », « lumière pleut ») : un paysage animé, accueillant, presque maternel.
  2. « bouche ouverte », « Pâle », « Souriant comme / Sourirait un enfant malade », « il a froid », « Les parfums ne font pas frissonner sa narine », « la main sur sa poitrine » : immobilité, pâleur, froid et absence de respiration.
  3. Le dernier vers, bref et factuel, révèle la mort par une image concrète (« deux trous rouges ») : la chute frappe le lecteur et transforme la beauté en horreur ; le rouge s’oppose à toutes les couleurs du poème.
  4. Ces rejets isolent des mots en début de vers et créent des ruptures : « Dort » et « Tranquille » insistent ironiquement sur le sommeil apparent, préparant la révélation.
  5. Problématique : comment Rimbaud fait-il d’un paysage paisible une dénonciation de la guerre ? I. Un tableau lumineux et harmonieux. II. Une mort révélée progressivement, qui dénonce l’absurdité de la guerre.

Corrigé de l’exercice 6 : préparer l’explication linéaire de « Ma Bohème »

Mouvements : 1. Premier quatrain : le départ et la pauvreté transfigurée (poches crevées, paletot « idéal », la Muse). 2. Second quatrain : le poète vagabond, Petit-Poucet semant des rimes, logé à la belle étoile. 3. Tercets : la création poétique au bord des routes, où les élastiques des souliers deviennent les cordes d’une lyre.

Projet de lecture : comment Rimbaud transforme-t-il l’errance misérable en un autoportrait joyeux du poète libre ? On montrera le mélange du trivial et du sublime (« culotte », « élastiques » / « Muse », « lyres »), l’humour (« Oh ! là ! là ! »), et la souveraineté du poète qui fait du ciel son auberge.

Corrigé de l’exercice 7 : un sonnet irrégulier

  1. Le sonnet régulier (à la française) comporte deux quatrains sur les mêmes rimes embrassées (ABBA ABBA) et deux tercets (CCD EED ou CCD EDE).
  2. Les quatrains ont des rimes croisées et différentes d’une strophe à l’autre (ABAB CDCD) ; les tercets riment en EEF GGF.
  3. Rimbaud conserve la forme du sonnet tout en refusant ses contraintes : c’est une émancipation formelle qui accompagne la révolte du propos.

Corrigé de l’exercice 8 : question de grammaire

  1. « où chante une rivière » : proposition subordonnée relative introduite par le pronom relatif « où » (complément circonstanciel de lieu dans la relative) ; antécédent « trou de verdure » ; fonction : complément de l’antécédent. On note l’inversion du sujet « une rivière » après le verbe, qui met en valeur le verbe « chante ».
  2. « qui mousse de rayons » : proposition subordonnée relative introduite par « qui », sujet de « mousse » ; antécédent « val » ; complément de l’antécédent. Elle est déterminative et porte une métaphore : la lumière devient une écume.

Corrigé de l’exercice 9 : registres et satire

  1. Registre satirique : la cible est la bourgeoisie provinciale, conformiste et contente d’elle. Le poète s’en distingue par son allure et son désir.
  2. Registre satirique et parodique (burlesque) : la cible est l’idéal de beauté de la poésie parnassienne et le mythe de Vénus sortant des eaux. Rimbaud renverse le sublime en grotesque.

Corrigé de l’exercice 10 : dissertation

Introduction : « En 1870, Rimbaud, seize ans, recopie à Douai vingt-deux poèmes pour Paul Demeny. Écrits pendant la guerre et la chute de l’Empire, ils attaquent l’empereur, la guerre, les bourgeois et l’Église. Mais ce recueil n’est-il qu’un cri de révolte ? Ne fait-il pas aussi entendre une joie de vivre et l’invention d’une poésie nouvelle ? Nous verrons que la révolte y est omniprésente, mais qu’elle s’accompagne d’un élan sensuel et amoureux, et qu’elle aboutit surtout à une émancipation créatrice. »

  1. Un recueil de révolte : contre l’Empire (« Rages de Césars »), contre la guerre (« Le Dormeur du val », « Le Mal »), contre les bourgeois et l’Église (« À la musique », « Le Châtiment de Tartufe »).
  2. Mais aussi un recueil de l’élan vital : sensation et nature (« Sensation », « Soleil et chair »), amours adolescentes (« Roman », « Première soirée »), bonheur de l’errance (« Au Cabaret-Vert »).
  3. Une révolte qui devient création : sonnets irréguliers, rejets, mélange du trivial et du sublime, autoportrait du poète libre dans « Ma Bohème ».

Corrigé de l’exercice 11 : essai

« La jeunesse favorise d’abord une création libre, parce qu’elle n’est pas encore enfermée dans les habitudes et les obligations. Le jeune créateur ose rompre avec les règles qu’il vient d’apprendre. Rimbaud, à seize ans, maîtrise l’alexandrin et le sonnet, mais il les bouscule : dans « Ma Bohème », il fait rimer des mots familiers avec la Muse et transforme les élastiques de ses souliers en lyre. Son audace vient de sa jeunesse et de son refus du conformisme. »

« Pourtant, la liberté créatrice ne dépend pas seulement de l’âge. Beaucoup d’artistes ont trouvé leur voix tard, en se libérant progressivement des modèles. De plus, la jeunesse de Rimbaud est aussi une période de contraintes subies : la famille, le collège, la ville de province. La création libre naît donc moins de l’âge que d’un désir d’émancipation, que chacun peut éprouver à tout moment. »

Critères : thèse nuancée, exemples précis, citation exacte.

Corrigé de l’exercice 12 : écriture d’invention

Exemple de début :

Je m’en allais, capuche sur la tête, écouteurs morts,

Mon sac troué semait des miettes de devoirs ;

J’allais sous les néons, Muse, et tu me suivais,

Oh ! que de vies rêvées entre deux arrêts de bus !

Critères : première personne, objets quotidiens transfigurés, mélange des registres, adresse à la Muse ou à la poésie, image finale forte.

Comment utiliser ce corrigé

Fais chaque exercice seul, puis compare. Pour les analyses, vérifie que chaque observation est appuyée par une citation et suivie d’une interprétation. Apprends par cœur « Le Dormeur du val » et « Ma Bohème » : à l’oral, connaître le texte permet de circuler facilement entre les vers. Pour la dissertation, prépare un tableau de six poèmes classés selon les trois parties proposées ; il te servira pour tous les sujets sur le recueil. Enfin, relis chaque poème à voix haute : la lecture expressive fait partie de l’épreuve orale.

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