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La Boétie, Discours de la servitude volontaire : exercices de français 1re

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Ces exercices sur La Boétie t’entraînent à comprendre et à analyser le Discours de la servitude volontaire : repérage de la thèse, étude des procédés oratoires, explication d’extraits, question de grammaire, commentaire guidé et dissertation sur le parcours « Défendre » et « entretenir » la liberté.

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10 exercices tirés au hasard parmi 23, corrigés avec la règle.

Douze exercices sur La Boétie et la servitude volontaire

Schéma en quatre étapes du mouvement du Discours : étonnement, liberté naturelle, causes de la servitude, misère des tyrans
Le mouvement d’ensemble du Discours, à garder en tête pour situer un extrait.

Exercice 1 : repères sur l’auteur et l’œuvre

Réponds en une ou deux phrases.

  1. Où et quand La Boétie est-il né ? Quelle fonction a-t-il exercée ?
  2. Quel écrivain fut son ami, et dans quel chapitre en parle-t-il ?
  3. Quand le Discours a-t-il été publié intégralement, et dans quel contexte ?
  4. Explique en quoi le titre de l’œuvre est un paradoxe.

Exercice 2 : vrai ou faux

Indique si chaque affirmation est vraie ou fausse, puis corrige les affirmations fausses.

  1. La Boétie appelle les peuples à prendre les armes contre le tyran.
  2. Selon lui, la première raison de la servitude volontaire est la coutume.
  3. Le tyran tient son pouvoir de la force de ses armées.
  4. Les divertissements servent, selon lui, à endormir les sujets.
  5. Le tyran, d’après La Boétie, est entouré de vrais amis.
  6. Le Discours s’ouvre sur une citation d’Homère.

Exercice 3 : l’apostrophe aux peuples

Lis l’extrait, puis réponds.

Pauvres et misérables peuples insensés, nations opiniâtres en votre mal et aveugles en votre bien, vous vous laissez emporter devant vous le plus beau et le plus clair de votre revenu, piller vos champs, voler vos maisons et les dépouiller des meubles anciens et paternels ! […] Celui qui vous maîtrise tant n’a que deux yeux, n’a que deux mains, n’a qu’un corps, et n’a autre chose que ce qu’a le moindre homme du grand et infini nombre de nos villes, sinon que l’avantage que vous lui faites pour vous détruire. D’où a-t-il pris tant d’yeux, dont il vous épie, si vous ne les lui baillez ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne les prend de vous ? Les pieds dont il foule vos cités, d’où les a-t-il, s’ils ne sont des vôtres ? Comment a-t-il aucun pouvoir sur vous, que par vous ?

La Boétie, Discours de la servitude volontaire, rédigé vers 1548 (orthographe modernisée)

  1. À qui La Boétie s’adresse-t-il ? Relève les termes qui désignent ce destinataire et caractérise-les.
  2. Relève l’antithèse de la première phrase et explique-la.
  3. Quel est l’effet de l’anaphore « n’a que… n’a que… n’a qu’un… » ?
  4. Analyse la série de questions finales : quelle est leur forme, et quelle réponse imposent-elles ?
  5. Formule en une phrase la thèse qui se dégage de ce passage.

Exercice 4 : l’image du colosse

Lis la phrase, puis réponds.

Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres. Je ne veux pas que vous le poussiez ou l’ébranliez, mais seulement ne le soutenez plus, et vous le verrez, comme un grand colosse à qui on a dérobé sa base, de son poids même fondre en bas et se rompre.

La Boétie, Discours de la servitude volontaire, rédigé vers 1548 (orthographe modernisée)

  1. Quel est le mode du premier verbe ? Quelle valeur a-t-il ?
  2. Quelle distinction La Boétie fait-il entre « pousser » et « ne plus soutenir » ? Pourquoi est-elle essentielle ?
  3. Explique la comparaison avec le colosse.

Exercice 5 : les appâts de la servitude

Lis l’extrait, puis réponds.

Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes étranges, les médailles, les tableaux et autres telles drogueries, c’étaient aux peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté, les outils de la tyrannie. Ce moyen, cette pratique, ces alléchements avaient les anciens tyrans, pour endormir leurs sujets sous le joug. Ainsi les peuples, assotis, trouvent beaux ces passe-temps, amusés d’un vain plaisir, qui leur passait devant les yeux, s’accoutumaient à servir aussi niaisement, mais plus mal, que les petits enfants qui, pour voir les luisantes images des livres enluminés, apprennent à lire.

La Boétie, Discours de la servitude volontaire, rédigé vers 1548 (orthographe modernisée)

  1. Relève l’énumération du début. Que met-elle sur le même plan ?
  2. Analyse le rythme ternaire « les appâts de la servitude, le prix de leur liberté, les outils de la tyrannie ».
  3. Explique la comparaison finale avec les petits enfants. Pourquoi les peuples servent-ils « plus mal » ?
  4. Ce passage te paraît-il encore actuel ? Justifie en quelques lignes.

Exercice 6 : la pyramide des complices

Lis l’extrait, puis réponds.

On ne le croira pas du premier coup, mais certes il est vrai : ce sont toujours quatre ou cinq qui maintiennent le tyran, quatre ou cinq qui tiennent tout le pays en servage. […] Ces six ont six cents qui profitent sous eux, et font de leurs six cents ce que les six font au tyran. Ces six cents en tiennent sous eux six mille, qu’ils ont élevé en état, auxquels ils font donner ou le gouvernement des provinces, ou le maniement des deniers, afin qu’ils tiennent la main à leur avarice et cruauté.

La Boétie, Discours de la servitude volontaire, rédigé vers 1548 (orthographe modernisée)

  1. Relève la progression des nombres. Quel effet produit-elle ?
  2. Comment chaque niveau est-il tenu par celui qui est au-dessus ?
  3. Pourquoi peut-on dire que La Boétie décrit un système plus qu’un homme ?

Exercice 7 : identifier les procédés

Nomme le procédé utilisé dans chaque citation, puis explique son effet.

  1. « non pas d’un Hercule ni d’un Samson, mais d’un seul hommeau »
  2. « Si deux, si trois, si quatre ne se défendent d’un, cela est étrange »
  3. « mais cent pays, mille villes, un million d’hommes »
  4. « comme l’on dit de Mithridate qui se fit ordinaire à boire le poison »
  5. « ô Longa »

Exercice 8 : question de grammaire

Analyse l’interrogation dans la phrase : « Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne les prend de vous ? »

  1. S’agit-il d’une interrogation totale ou partielle ? Justifie.
  2. Comment l’interrogation est-elle construite (mot interrogatif, place du sujet) ?
  3. Identifie la proposition « s’il ne les prend de vous » et sa valeur.

Exercice 9 : défendre ou entretenir

Classe chaque action dans la colonne « défendre la liberté » ou « entretenir la liberté », puis justifie deux de tes choix.

  • refuser d’obéir à un ordre injuste
  • lire et étudier l’histoire
  • cultiver une amitié entre égaux
  • dénoncer publiquement un abus de pouvoir
  • transmettre aux enfants le souvenir des libertés conquises
  • refuser les faveurs d’un puissant

Exercice 10 : commentaire guidé

Rédige l’introduction et un paragraphe argumenté du commentaire de l’extrait de l’exercice 3.

Projet de lecture proposé : comment La Boétie cherche-t-il à réveiller les peuples en leur montrant qu’ils sont les artisans de leur propre servitude ?

Axe du paragraphe : une démonstration par les questions.

Exercice 11 : dissertation

Analyse le sujet, formule une problématique et propose un plan détaillé avec des exemples tirés du Discours et du parcours.

Sujet : « Selon La Boétie, la liberté se perd-elle par la force ou par le consentement ? »

Exercice 12 : essai personnel

Rédige un paragraphe d’essai de vingt lignes répondant à la question : « Nos divertissements peuvent-ils être, aujourd’hui encore, des appâts de la servitude ? » Ta réponse doit contenir une thèse nuancée, deux arguments et un exemple précis.

Corrigé : La Boétie, la servitude volontaire

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