Ces exercices sur le théâtre t’entraînent à maîtriser le vocabulaire de l’analyse dramatique, à reconnaître la double énonciation, les formes du comique et du tragique, à penser la mise en scène, puis à rédiger comme au bac : question de grammaire, commentaire guidé et dissertation.
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Douze exercices sur le théâtre du XVIIe au XXIe siècle
Exercice 1 : le vocabulaire du théâtre
Donne le terme qui correspond à chaque définition.
- Indication de l’auteur sur le jeu, le décor ou les gestes.
- Longue réplique d’un personnage.
- Réplique que les autres personnages sont censés ne pas entendre.
- Discours d’un personnage seul en scène.
- Échange rapide de répliques très brèves.
- Première partie de la pièce, qui présente la situation et les personnages.
- Erreur sur l’identité d’une personne ou le sens d’une parole.
- Événement inattendu qui renverse la situation.
Exercice 2 : la double énonciation
Lis ce bref dialogue écrit pour l’exercice, puis réponds.
LE MARQUIS. — Ah ! madame, que votre robe est belle !
LA COMTESSE. — Vous êtes trop aimable.
LE MARQUIS, à part. — Elle a dû coûter le prix d’une ferme… et c’est mon fermier qui l’a payée.
LA COMTESSE. — Vous dites ?
LE MARQUIS. — Je disais : quel goût exquis !
Dialogue écrit pour cette fiche
- Quelle réplique est un aparté ? Comment la reconnais-tu ?
- Qu’apprend le spectateur que la Comtesse ignore ?
- Quel effet produit la dernière réplique ? Nomme la forme de comique.
Exercice 3 : le monologue d’Harpagon
Lis l’extrait, puis réponds.
Au voleur ! au voleur ! à l’assassin ! au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné ; on m’a coupé la gorge : on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N’est-il point là ? n’est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête. (À lui-même, se prenant par le bras.) Rends-moi mon argent, coquin… Ah ! c’est moi ! Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! mon pauvre argent ! mon pauvre argent ! mon cher ami ! on m’a privé de toi ; et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie : tout est fini pour moi, et je n’ai plus que faire au monde. Sans toi, il m’est impossible de vivre. C’en est fait ; je n’en puis plus ; je me meurs ; je suis mort ; je suis enterré.
Molière, L’Avare, acte IV, scène 7, 1668
- Relève les procédés qui traduisent l’affolement d’Harpagon (types de phrases, rythme).
- Explique la didascalie : quel type de comique produit-elle ?
- Analyse la gradation finale « je me meurs ; je suis mort ; je suis enterré ». Quel est l’effet ?
- Comment Harpagon parle-t-il de son argent ? Nomme le procédé et interprète-le.
- Plus loin dans la scène, Harpagon interpelle les spectateurs. En quoi cela illustre-t-il la double énonciation ?
Exercice 4 : l’aveu de Phèdre
Lis ces vers, puis réponds.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps et transir et brûler.
Racine, Phèdre, acte I, scène 3, 1677
- Analyse le rythme du premier vers. Qu’exprime-t-il ?
- Relève l’antithèse du dernier vers et explique-la.
- Quels effets physiques la passion produit-elle ? Que suggèrent-ils de la conception de l’amour dans la tragédie ?
Exercice 5 : les formes du comique
Pour chaque situation, indique la forme de comique principale (gestes, mots, situation, caractère, mœurs).
- Un valet reçoit des coups de bâton qu’il destinait à son maître.
- Un vieillard répète sept fois la même question absurde.
- Deux jeunes gens se déguisent chacun en domestique pour observer l’autre.
- Un hypocondriaque se croit malade de toutes les maladies.
- Des précieuses ridicules parlent d’un fauteuil comme des « commodités de la conversation ».
- Un amant caché sous une table entend tout ce qu’on dit de lui.
Exercice 6 : stichomythie et tension
Lis l’échange, puis réponds.
DON DIÈGUE. — Rodrigue, as-tu du cœur ?
DON RODRIGUE. — Tout autre que mon père
L’éprouverait sur l’heure.
Corneille, Le Cid, acte I, scène 5, 1637
- Comment le vers est-il partagé entre les deux personnages ? Quel effet ce partage produit-il ?
- Que signifie « du cœur » au XVIIe siècle ?
- Que révèle la réponse de Rodrigue sur son caractère ?
Exercice 7 : mettre en scène
Tu es metteur en scène. Pour le monologue d’Harpagon (exercice 3), propose deux mises en scène opposées, l’une franchement comique, l’autre inquiétante. Pour chacune, précise le décor, l’éclairage, le jeu de l’acteur et l’effet recherché sur le public.
Exercice 8 : comédie ou tragédie
Classe ces éléments dans la colonne « comédie » ou « tragédie ».
- un mariage final
- un dilemme entre l’amour et l’honneur
- un valet rusé
- la fatalité
- un quiproquo
- des rois et des princes
- la terreur et la pitié
- la satire d’un défaut
Exercice 9 : question de grammaire
Analyse les interrogations dans la phrase : « Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? » puis dans « Rodrigue, as-tu du cœur ? »
- Pour chacune, précise s’il s’agit d’une interrogation totale ou partielle.
- Identifie les mots interrogatifs et leur nature.
- Explique la construction (inversion du sujet).
- Quel effet produit l’accumulation des questions chez Harpagon ?
Exercice 10 : écrire une scène de dispute
Écris une scène de quinze à vingt répliques dans laquelle deux amis se disputent pour un motif insignifiant. Ta scène doit comporter au moins trois didascalies, une stichomythie et un aparté, et passer du comique à une tension plus grave.
Exercice 11 : commentaire guidé
Rédige l’introduction et un paragraphe argumenté du commentaire du monologue d’Harpagon (exercice 3).
Projet de lecture proposé : comment Molière fait-il d’un désespoir excessif un moment de pur comique ?
Axe du paragraphe : un affolement mis en scène par la parole et le geste.
Exercice 12 : dissertation
Analyse le sujet, formule une problématique et propose un plan détaillé en trois parties illustré d’exemples.
Sujet : « Le théâtre est-il fait pour être lu ou pour être vu ? »

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