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La littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle : exercices de français 1re

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Ces exercices de littérature d’idées t’entraînent à situer un texte, à reconnaître les genres et les stratégies, à analyser l’ironie et le regard étranger, puis à rédiger comme au bac : commentaire guidé, question de grammaire et dissertation. Les textes sont des classiques de l’humanisme, du XVIIe siècle et des Lumières.

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10 exercices tirés au hasard parmi 24, corrigés avec la règle.

Douze exercices de littérature d’idées

Schéma en quatre étapes : qui parle et à qui, quelle est la thèse, par quels moyens, dans quel but
Garde ces quatre questions sous les yeux pour chaque texte.

Exercice 1 : situer les œuvres

Associe chaque œuvre à son auteur et à son siècle (XVIe, XVIIe ou XVIIIe).

  • Essais
  • Candide
  • Les Caractères
  • Lettres persanes
  • Pantagruel
  • Entretiens sur la pluralité des mondes
  • Du contrat social
  • Discours de la servitude volontaire

Auteurs à replacer : Montesquieu, Rabelais, La Boétie, Rousseau, Montaigne, Voltaire, La Bruyère, Fontenelle.

Exercice 2 : reconnaître les genres

Indique le genre de chaque extrait inventé (essai, fable, conte philosophique, dialogue, lettre, discours), puis dis si l’argumentation est directe ou indirecte.

  1. « Mon cher Usbek, je t’écris de cette ville étrange où les hommes passent leur journée à se regarder. »
  2. « Un renard affamé rencontra un chien bien nourri… » (suivi d’une morale en deux vers)
  3. « — Mais enfin, Madame, pourquoi la Terre ne tournerait-elle pas ? — Parce que je ne sens rien bouger, répondit-elle. »
  4. « Je veux ici examiner mes propres opinions sur l’amitié, sans autre ordre que celui de mes pensées. »
  5. « Peuples, ouvrez les yeux : celui qui vous gouverne ne tient sa force que de vous ! »
  6. « Zadig, qui avait étudié la nature, fut bientôt condamné pour avoir dit la vérité aux juges. »

Exercice 3 : convaincre ou persuader

Pour chaque phrase écrite pour l’exercice, dis si elle cherche surtout à convaincre ou à persuader, et nomme le procédé principal.

  1. « Si l’éducation était la même pour les filles et les garçons, on verrait autant de savantes que de savants ; donc l’infériorité supposée des femmes vient de l’éducation. »
  2. « Ô vous qui pleurez vos enfants tombés à la guerre, n’entendez-vous pas les rois rire de vos larmes ? »
  3. « Certes, la censure protège parfois l’ordre public ; mais elle étouffe plus souvent la vérité que le mensonge. »
  4. « Quelle honte, quelle horreur, quelle infamie que ces bûchers allumés au nom d’un Dieu de paix ! »

Exercice 4 : Montaigne et le relativisme

Lis le texte, puis réponds aux questions.

Or je trouve, pour revenir à mon propos, qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ; comme de vrai il semble que nous n’avons autre mire de la vérité et de la raison que l’exemple et idée des opinions et usances du pays où nous sommes. Là est toujours la parfaite religion, la parfaite police, parfait et accompli usage de toutes choses. Ils sont sauvages, de même que nous appelons sauvages les fruits que nature, de soi et de son progrès ordinaire, a produits : là où, à la vérité, ce sont ceux que nous avons altérés par notre artifice et détournés de l’ordre commun, que nous devrions appeler plutôt sauvages.

Montaigne, « Des cannibales », Essais, livre I, chapitre 31, 1580 (orthographe modernisée)

  1. Quelle est la thèse de Montaigne ? Reformule-la en une phrase.
  2. Explique la phrase « Là est toujours la parfaite religion, la parfaite police ». Quel ton Montaigne adopte-t-il ?
  3. Analyse la comparaison avec les fruits : sur quel double sens du mot « sauvage » repose-t-elle ?
  4. En quoi ce texte est-il caractéristique de l’humanisme ?

Exercice 5 : l’ironie voltairienne

Lis l’extrait de Candide, puis réponds.

Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d’hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie héroïque.

Voltaire, Candide ou l’Optimisme, chapitre 3, 1759

  1. Relève les termes mélioratifs de la première phrase. Quel effet produisent-ils ?
  2. Quelle comparaison, dans la deuxième phrase, ruine l’éloge ? Explique.
  3. Relève les chiffres. Comment Voltaire les présente-t-il et pourquoi ?
  4. « Le meilleur des mondes » et « la raison suffisante » sont des expressions de la philosophie optimiste. Quel est l’effet de leur emploi ici ?
  5. Explique l’oxymore final.

Exercice 6 : la fable comme argument

Lis ces vers de La Fontaine, puis réponds.

La raison du plus fort est toujours la meilleure :

Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Jean de La Fontaine, « Le Loup et l’Agneau », Fables, livre I, 1668

Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Jean de La Fontaine, « Les Animaux malades de la peste », Fables, livre VII, 1678

  1. Où la morale est-elle placée dans chaque fable ? Quel effet produit chaque choix ?
  2. La première morale exprime-t-elle l’opinion de La Fontaine ? Justifie en parlant d’ironie.
  3. Analyse l’antithèse de la seconde morale. Que dénonce-t-elle ?
  4. Pourquoi la fable est-elle une forme efficace pour critiquer les puissants au XVIIe siècle ?

Exercice 7 : l’éducation humaniste

Lis ces deux formules tirées de la lettre de Gargantua à Pantagruel, puis rédige une réponse de dix lignes.

« en somme, que je voie un abîme de science »

« science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

Rabelais, Pantagruel, chapitre 8, 1532 (orthographe modernisée)

Question : quelle conception du savoir ces deux formules expriment-elles, et en quoi se complètent-elles ?

Exercice 8 : le regard étranger

Imagine qu’un voyageur venu d’un pays lointain découvre une habitude de ton époque (par exemple le téléphone portable ou la mode). Rédige une lettre de quinze lignes où il décrit cette habitude avec naïveté, de façon à la rendre étrange et à en faire la critique implicite.

Exercice 9 : question de grammaire

Analyse la négation dans la phrase de Montaigne : « il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation […] sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ».

  1. Relève les deux négations et identifie leur forme (totale, partielle, restrictive…).
  2. Quel rôle joue le mot « sinon » ?
  3. Quel est l’effet de cette construction sur l’argumentation ?

Exercice 10 : reformuler une thèse

Résume en trente mots environ le texte de Montaigne (exercice 4), sans citation, en conservant l’enchaînement des idées.

Exercice 11 : commentaire guidé

Rédige l’introduction et un paragraphe argumenté du commentaire de l’extrait de Candide (exercice 5).

Projet de lecture proposé : comment Voltaire dénonce-t-il la guerre en feignant de la célébrer ?

Axe du paragraphe : un éloge ruiné par l’ironie.

Exercice 12 : dissertation

Analyse le sujet, formule une problématique et propose un plan détaillé en trois parties illustré d’exemples précis.

Sujet : « Pour défendre leurs idées, les écrivains du XVIe au XVIIIe siècle ont-ils intérêt à passer par la fiction plutôt qu’à argumenter directement ? »

Corrigé : La littérature d'idées, XVIe-XVIIIe siècle

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