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Le récit fantastique : cours de français 4ème

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Le récit fantastique : cours de français 4ème, illustration Français PDF
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Le récit fantastique 4ème fait surgir l’inexplicable au cœur d’un monde parfaitement ordinaire. Avec Maupassant et Mérimée, tu vas découvrir comment l’auteur installe un cadre réaliste, fait naître le doute et laisse le lecteur hésiter jusqu’au bout entre une explication rationnelle et une explication surnaturelle.

Qu’est-ce que le fantastique ?

Définition

Le fantastique est un genre où un événement surnaturel, apparemment impossible, se produit dans un monde réel et quotidien. Le personnage, et avec lui le lecteur, hésite : s’agit-il d’une illusion (rêve, folie, hasard) ou d’un phénomène réellement surnaturel ? Le critique Tzvetan Todorov a fait de cette hésitation le critère même du genre.

Le fantastique se développe au XIXe siècle, en particulier dans les nouvelles. Les principaux auteurs français sont Charles Nodier, Prosper Mérimée, Théophile Gautier et Guy de Maupassant ; à l’étranger, l’Allemand Hoffmann et l’Américain Edgar Allan Poe.

Trois cartes comparant le merveilleux, où le surnaturel est accepté, le fantastique, où il fait hésiter, et la science-fiction, où il s'explique par la science
Ne pas confondre fantastique, merveilleux et science-fiction.

Un cadre réaliste, puis l’irruption du surnaturel

Pour que le lecteur ait peur, il doit d’abord croire au monde qu’on lui décrit. Le récit fantastique commence donc souvent comme un récit réaliste : un lieu précis, une date, un narrateur sérieux (médecin, notaire, savant), une vie tranquille. Le narrateur parle souvent à la première personne, ce qui rend son témoignage plus troublant.

8 mai. — Quelle journée admirable ! J’ai passé toute la matinée étendu sur l’herbe, devant ma maison, sous l’énorme platane qui la couvre, l’abrite et l’ombrage tout entière.

Guy de Maupassant, Le Horla, 1887

Exemple

Le Horla commence comme un journal intime : une date, un « je », une journée heureuse au bord de la Seine. Rien n’annonce l’horreur. Puis le narrateur se sent malade, fait des cauchemars, constate que la carafe d’eau posée près de son lit a été vidée pendant la nuit et voit une rose se casser toute seule, comme cueillie par une main invisible. Il croit à la présence d’un être invisible, qu’il nomme le Horla… ou devient-il fou ?

Le passage du calme à l’étrange se fait par étapes : un détail curieux, puis un phénomène inquiétant, enfin un événement inexplicable. La peur monte progressivement.

L’hésitation, clé du récit fantastique 4ème

Le narrateur fantastique ne dit jamais clairement : « J’ai vu un fantôme. » Il doute, il nuance, il se contredit. Ces marques de doute s’appellent des modalisateurs.

Règle

Pour exprimer l’hésitation, l’auteur emploie : des verbes de perception et d’apparence (sembler, paraître, croire, avoir l’impression) ; des adverbes (peut-être, sans doute, probablement) ; des comparaisons hypothétiques (comme si, on eût dit) ; des questions sans réponse (« Suis-je fou ? ») ; des tournures indéfinies (quelque chose, quelqu’un, une forme).

Jauge de l'hésitation : à gauche les explications rationnelles comme le rêve ou la folie, à droite les explications surnaturelles comme le fantôme, au centre la zone du fantastique
Le fantastique se tient entre les deux explications.

Méthode

  1. Relève les indices du cadre réaliste (lieux, dates, métier du narrateur).
  2. Repère le moment où surgit l’élément étrange.
  3. Souligne les modalisateurs et le champ lexical de la peur.
  4. Formule les deux explications possibles, rationnelle et surnaturelle.
  5. Observe la fin : le doute est-il levé ou maintenu ?

Un exemple célèbre : La Vénus d’Ille

Dans cette nouvelle de Prosper Mérimée (1837), le narrateur, un archéologue parisien, séjourne à Ille, en Roussillon. Son hôte, M. de Peyrehorade, vient de faire déterrer une statue de Vénus en bronze, d’une beauté inquiétante, qui porte l’inscription latine CAVE AMANTEM : « prends garde à celui qui aime » ou « prends garde si elle t’aime ». Le jour de son mariage, Alphonse, le fils de la maison, glisse la bague de sa fiancée au doigt de la statue pour jouer plus librement à la paume. Il ne peut plus la retirer : le doigt s’est replié. Le lendemain matin, on le retrouve mort, comme broyé, et la jeune mariée affirme qu’une forme de bronze est entrée dans la chambre.

Une explication rationnelle reste possible : un joueur aragonais, humilié par Alphonse pendant la partie, avait proféré des menaces. Mais la bague retrouvée dans la chambre trouble tout. Le narrateur ne tranche pas : le lecteur reste dans l’hésitation.

Attention

La présence d’un fantôme ne suffit pas à rendre un récit fantastique. Si le surnaturel est accepté comme normal, on est dans le merveilleux ; s’il est finalement expliqué (un complice, un truquage), on sort du fantastique et l’on parle d’étrange. Le fantastique pur maintient le doute jusqu’à la fin.

Thèmes et atmosphère

Les récits fantastiques reprennent des thèmes récurrents : l’objet qui s’anime (statue, portrait, main coupée), le double, la créature invisible, le fantôme, la folie, le rêve qui envahit la réalité. L’atmosphère est créée par la nuit, la solitude, le silence brisé par un bruit, un lieu isolé et un champ lexical de la peur de plus en plus intense : inquiétude, angoisse, effroi, terreur, épouvante.

À retenir

  • Le fantastique fait surgir le surnaturel dans un cadre réaliste et quotidien.
  • Il repose sur l’hésitation entre une explication rationnelle et une explication surnaturelle.
  • Les modalisateurs (sembler, peut-être, comme si, quelque chose) traduisent le doute.
  • Le narrateur est souvent à la première personne et la peur monte par étapes.
  • Maupassant (Le Horla) et Mérimée (La Vénus d’Ille) sont deux maîtres du genre.

Pour aller plus loin

Entraîne-toi avec les exercices sur le récit fantastique, puis vérifie tes connaissances avec le QCM sur le fantastique. Compare aussi avec la nouvelle réaliste, dont le fantastique emprunte le cadre, et lance-toi dans l’écriture d’une nouvelle.

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