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Ce corrigé brevet français 2025 France métropolitaine accompagne le sujet de la session du 26 juin 2025 : épreuve de 100 points consacrée à Simone de Beauvoir et au tableau La Robe rose de Bazille. Chaque réponse est justifiée par le texte, accompagnée de son barème, des réponses acceptables et des erreurs fréquentes. La dictée et une production modèle pour chaque sujet de rédaction suivent.
Partie 1 : Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)
Corrigé de la question 1 (4 points)
La narratrice vient à Marseille pour travailler : elle y est nommée professeure dans un lycée. Elle s’y installe pour exercer son métier, et non pour des vacances ou des études.
Deux citations convenables : « j’aurais à faire quatorze heures de cours chaque semaine » (l. 13-14) et « j’avais rendu visite à la directrice du lycée, mon emploi du temps était fixé » (l. 24-25). On peut aussi citer « la grande table serait commode pour travailler » (l. 22), qui renvoie à son travail.
Barème : 2 points pour l’idée (travailler, enseigner au lycée), 1 point par citation exacte et pertinente. Erreur fréquente : répondre qu’elle vient « découvrir la ville » ou « chercher une chambre » : c’est une conséquence, pas la raison de sa venue.
Corrigé de la question 2 (4 points)
Dès les lignes 1 à 4, la narratrice souligne l’importance de ce moment de deux façons.
1. Elle l’oppose à l’ordinaire de sa vie : « je n’ai connu aucun instant que je puisse qualifier de décisif ; mais certains se sont rétrospectivement chargés d’un sens si lourd ». Le mot « mais » introduit une exception : l’arrivée à Marseille a pris après coup un sens considérable.
2. Elle le compare aux événements majeurs : « ils émergent de mon passé avec l’éclat des grands événements », et elle emploie le mot « tournant » : « un tournant absolument neuf » (l. 3-4). Le vocabulaire du changement de direction indique une nouvelle étape.
Barème : 2 points par élément (1 point pour l’explication, 1 point pour la citation). Autres citations acceptées : « comme si elle avait marqué dans mon histoire un tournant ». Une citation sans explication ne vaut que la moitié des points.
Corrigé de la question 3 (6 points)
Trois éléments montrent qu’une vie nouvelle commence :
1. La rupture avec le passé et la solitude : « séparée de mon passé et de tout ce que j’aimais » (l. 9-10). Elle est « seule, les mains vides » : elle recommence de zéro.
2. La fin de la dépendance et l’autonomie : « on m’avait imposé des cadres et des buts » (l. 11-12) appartient au passé ; désormais, « mes occupations, mes habitudes, mes plaisirs, c’était à moi de les inventer » (l. 15). Elle devient responsable de sa propre existence.
3. L’inconnu et la découverte de soi : « rien d’autre n’était prévu pour moi, pas même le lit où je dormirais » (l. 14-15) ; ces lieux vont « me révéler à moi-même » (l. 18). Marseille sera le cadre de sa transformation.
Citations acceptées en plus : « Ici, je n’existais pour personne » (l. 12-13) ; « tailler au jour le jour ma vie » (l. 10-11).
Barème : 2 points par élément (1 point pour l’idée, 1 point pour la citation). Les citations ne doivent pas dépasser le passage demandé (l. 5 à 18).
Corrigé de la question 4 (6 points)
L’émerveillement se manifeste par plusieurs procédés ; il suffit d’en analyser deux.
1. La métaphore du « coup de foudre » (l. 27) : l’expression, qui appartient au vocabulaire de l’amour, montre que la ville la saisit d’un seul coup et avec violence. Marseille est comparée à un être aimé.
2. L’accumulation de verbes d’action au passé simple (l. 27-30) : « je grimpai… je rôdai… je respirai… je me mêlai… je m’assis ». La succession rapide, sans temps mort, traduit l’enthousiasme et l’énergie de la jeune femme, qui veut tout explorer. L’adjectif indéfini répété (« toutes ses rocailles, toutes ses ruelles ») produit un effet d’exagération (hyperbole) : rien n’échappe à sa curiosité.
Autres procédés acceptés : l’énumération et la répétition du démonstratif (« ces maisons, ces arbres, ces eaux, ces rochers, ces trottoirs », l. 16-17), qui expriment l’émotion devant chaque détail ; les sensations variées (vue, odeur, ouïe) dans la description des lignes 6 à 9 ; la phrase nominale et la répétition « Marseille. » (l. 6 et 9), qui isole le nom comme une exclamation.
Barème : pour chaque élément, 1 point pour le procédé nommé correctement, 1 point pour la citation, 1 point pour l’analyse de l’effet produit. Erreur fréquente : nommer un procédé sans dire en quoi il traduit l’émerveillement.
Corrigé de la question 5 (6 points)
Plusieurs traits de caractère se dégagent ; trois suffisent, chacun avec sa citation.
1. Courageuse et indépendante : « j’allais sans secours tailler au jour le jour ma vie » (l. 10-11). Elle affronte seule une ville inconnue.
2. Sensible et enthousiaste : « émue par ces maisons, ces arbres, ces eaux, ces rochers » (l. 16-17), ou « J’eus le coup de foudre » (l. 27).
3. Pragmatique et organisée : « je pensai que la grande table serait commode pour travailler » (l. 22) ; « Deux heures plus tard, […] mon emploi du temps était fixé » (l. 24-25). Elle règle très vite l’essentiel.
Autres traits acceptés : curieuse, aventureuse (« Je grimpai sur toutes ses rocailles », l. 27), lucide (elle sait que sa vie dépend d’elle), déterminée.
Barème : 2 points par trait (1 point pour le trait, 1 point pour la citation qui le justifie). Un trait de caractère est un adjectif (courageuse) : « elle aime Marseille » ne suffit pas.
Corrigé de la question 6 : Image (6 points)
Plusieurs réponses sont acceptées, à condition d’être argumentées avec le texte et l’image. Voici une réponse qui conclut que le tableau peut illustrer le texte, avec ses limites.
1. La situation : le tableau montre une jeune femme seule, vue de dos, assise sur un muret face à un village. Cela rappelle la narratrice « seule, les mains vides » (l. 9), immobile « en haut du grand escalier » devant la ville qu’elle découvre.
2. La lumière et les couleurs : le soleil et le ciel bleu du tableau correspondent à « Sous le ciel bleu, des tuiles ensoleillées » (l. 6) ; les toits du village et la verdure du lointain font écho aux « tuiles » et aux « collines » du texte.
3. L’attitude : le regard tourné vers le village traduit la curiosité et l’attente d’une vie nouvelle, comme ces lieux qui vont « se révéler à moi » (l. 17).
Nuance possible : le tableau montre un paysage calme et peu urbain, sans foule ni mer visible, alors que le texte évoque « la grande cité », la « rumeur » et « le bleu de la mer ». La robe et la pose renvoient aussi à une autre époque (1864). On peut donc répondre « oui, partiellement ».
Barème : 2 points par argument (1 point pour la référence précise au texte, 1 point pour la référence précise à l’image). Une réponse négative est acceptée si elle est tout aussi justifiée.
Partie 1 (suite) : Grammaire et compétences linguistiques (18 points)
Corrigé de la question 7 (2 points)
a) « séparée » est un adjectif qualificatif, c’est-à-dire un participe passé du verbe « séparer » employé comme adjectif. Il est apposé au sujet « je » (sens : « qui était séparée »). La réponse « participe passé employé comme adjectif » est acceptée (1 point).
b) Le mot s’accorde avec le sujet « je », qui désigne la narratrice, donc un féminin singulier : base « séparé » + e du féminin (-é-e). On écrit « séparée » parce que Simone est une femme (1 point).
Corrigé de la question 8 (3 points)
a) Le passage contient deux verbes conjugués, donc deux propositions : [j’avais rendu visite à la directrice du lycée], [mon emploi du temps était fixé]. Les deux sont des propositions indépendantes (chacune a un sens complet et ne dépend d’aucune autre). Barème : 1 point pour le découpage, 1 point pour la nature.
b) Les deux propositions sont reliées sans mot de liaison, seulement par la virgule : on parle de juxtaposition (1 point). Erreur fréquente : parler de coordination, qui suppose une conjonction (« et », « mais », « car »).
Corrigé de la question 9 (3 points)
a) Le verbe « immobilisai » (infinitif « s’immobiliser ») se décompose ainsi : le préfixe im- (qui exprime la négation, comme dans « impossible »), le radical mobil- (de « mobile ») et le suffixe verbal -is(er), qui sert à former des verbes. Il reste la terminaison -ai du passé simple, 1re personne du singulier, qui n’appartient pas au mot lui-même mais à la conjugaison. Barème : 0,5 point par élément correctement identifié et nommé (préfixe, radical, suffixe).
b) « S’immobiliser » signifie s’arrêter, cesser de bouger : la narratrice reste figée, saisie par le spectacle. Mots de la même famille acceptés : mobile, immobile, mobilité, immobilité, immobilisation, mobiliser. Barème : 1 point pour le sens, 0,5 point pour le mot de la même famille.
Corrigé de la question 10 : Réécriture (10 points)
Réécriture attendue, avec « nous » désignant deux femmes :
« Nous étions là, seules, les mains vides, séparées de notre passé et de tout ce que nous aimions, et nous regardions la grande cité inconnue où nous allions sans secours tailler au jour le jour notre vie. Jusqu’alors, nous avions dépendu étroitement d’autrui ; on nous avait imposé des cadres et des buts. »
Les changements à effectuer (notés sur 10) :
1. « J’étais » devient « nous étions » (verbe : terminaison -ions, au lieu de -ais).
2. « seule » devient « seules » et « séparée » devient « séparées » : accord au féminin pluriel, car « nous » désigne deux femmes (la narratrice et une amie).
3. « mon passé » devient « notre passé » ; « ma vie » devient « notre vie » (« nos vies » est aussi accepté).
4. « j’aimais » devient « nous aimions » ; « je regardais » devient « nous regardions » ; « j’allais » devient « nous allions » (-ions).
5. « j’avais dépendu » devient « nous avions dépendu » : le participe passé « dépendu » reste invariable (auxiliaire avoir, pas de COD placé avant).
6. « m’avait imposé » devient « nous avait imposé » ; le participe « imposé » reste invariable (le pronom « nous » est un COI de « imposer à nous », et le COD « des cadres et des buts » est placé après).
Les mots inchangés : « les mains vides », « la grande cité inconnue », « sans secours », « au jour le jour », « Jusqu’alors », « étroitement », « d’autrui », « on », « des cadres et des buts ».
Barème : 1 point par transformation correcte, jusqu’à 10 ; on enlève 0,5 point par erreur d’orthographe ou d’accord (« seul » non accordé, « -ais » conservé, « dépendus » accordé à tort). Erreurs fréquentes : oublier le féminin de « seules » et « séparées », conserver « ma vie » ou « mon passé », accorder « dépendu ».
Partie 2 : Dictée (10 points)
Texte de la dictée
Le texte est d’après Simone de Beauvoir, La Force de l’âge (1960). Les mots « docks » et « brouhaha » sont écrits au tableau. Ponctuation à dire entre crochets :
Jamais je ne m’ennuyais [deux-points] Marseille ne s’épuisait pas [point]. Je suivais la jetée battue par l’eau et le vent [virgule] je regardais les pêcheurs [virgule] debout entre les blocs de pierre où se brisaient les lames [point-virgule] je me perdais dans la tristesse des docks [point]. Dans les vieux escaliers et les vieilles ruelles [virgule] sur les marchés aux poissons [virgule] une vie toujours neuve me remplissait les yeux et les oreilles [point]. [à la ligne]
J’étais contente de moi [point-virgule] au jour le jour [virgule] je construisais sans secours mon bonheur [point]. Il y avait des fins d’après-midi un peu mélancoliques [virgule] quand [virgule] au sortir du lycée [virgule] je revenais [virgule] à travers le crépuscule [virgule] vers ma chambre où rien ne m’attendait [deux-points] mais je trouvais de la douceur à cette nostalgie que je n’avais jamais connue dans le brouhaha de Paris [point].
Dictée aménagée (candidats concernés) : le candidat choisit, parmi trois graphies, la bonne forme : « ennuyais », « battue », « brisaient », « escaliers » et « aux », « sans », « vers » et « attendait », « nostalgie », « connue ».
Barème indicatif : 10 points au départ, on retire 1 point par erreur grave (accord, terminaison verbale, homophone grammatical), 0,5 point par erreur lexicale ou de ponctuation, la même erreur n’étant comptée qu’une fois ; la note ne peut pas être négative.
Pièges d’orthographe :
1. « battue » : participe passé employé comme adjectif, il s’accorde avec « la jetée » (féminin singulier).
2. « où se brisaient les lames » : le verbe s’accorde avec le sujet « les lames », placé après lui (-aient) ; ne pas écrire « brisait ».
3. « une vie toujours neuve me remplissait » : le sujet est « une vie », singulier, éloigné du verbe par les compléments ; terminaison -ait. « neuve » est le féminin de « neuf ».
4. « les vieilles ruelles » : féminin de « vieux », avec deux l ; « les marchés aux poissons » : pluriel et orthographe de « poissons » (deux s).
5. « contente » : accord avec « je » (la narratrice), féminin.
6. « que je n’avais jamais connue » : le participe s’accorde avec le COD « que » (mis pour « nostalgie », féminin singulier), placé avant le verbe : connue.
7. Imparfait de la 1re personne : « m’ennuyais », « suivais », « regardais », « perdais », « construisais », « revenais », « trouvais » (terminaison -ais) ; 3e personne : « s’épuisait », « attendait », « remplissait » (-ait).
8. Mots difficiles : « docks » et « brouhaha » (écrits au tableau), « jetée », « pêcheurs » (accent circonflexe), « mélancoliques », « crépuscule », « nostalgie », « sans secours » (invariable), « au jour le jour », « fins d’après-midi » (trait d’union).
Partie 3 : Rédaction (40 points)
Barème indicatif : 20 points pour la compétence d’écriture (respect du sujet, cohérence et organisation du texte, richesse du lexique et des constructions) et 20 points pour la maîtrise de la langue (orthographe, grammaire, ponctuation, syntaxe). Le sujet ne précise pas de longueur minimale : visez environ deux pages, soit 400 à 500 mots. Pour t’exercer, lis les exercices sur le sujet d’imagination et les exercices sur le sujet de réflexion.
Sujet d’imagination : la lettre de la narratrice à ses parents
Analyse du sujet : il s’agit d’une lettre (formules d’ouverture et de clôture, 1re personne, ton affectueux), écrite « quelque temps plus tard », donc dans les jours qui suivent l’arrivée. Il faut respecter quatre demandes : les expériences vécues, les lieux explorés, les personnes rencontrées et les impressions. Le texte donne des repères à réutiliser : la chambre, le lycée, la gare, le Vieux-Port, la Canebière.
Plan : 1) salutations et nouvelles de l’installation (chambre, lycée) ; 2) la découverte des lieux ; 3) les rencontres ; 4) les impressions d’ensemble et la conclusion tendre.
Critères : lettre bien construite ; cohérence avec le texte (travail au lycée, solitude, enthousiasme) ; temps du passé maîtrisés (passé composé, imparfait) ; description sensorielle ; registre soutenu mais naturel.
Production modèle
Marseille, le jeudi soir
Chers parents,
Voilà déjà plusieurs jours que je suis installée, et je ne veux pas tarder davantage à vous donner de mes nouvelles : tout se passe mieux que je ne l’espérais. Ma chambre n’est pas celle dont je rêvais, avec son grand lit et son armoire trop massive, mais elle possède une vaste table où je prépare mes cours le soir, et la patronne, qui tient le restaurant du rez-de-chaussée, se montre aimable et discrète. Chaque matin, une bonne odeur de café monte jusqu’à moi.
Le lycée m’a réservé un accueil plus chaleureux que je ne le craignais. La directrice m’a reçue avec bienveillance et mon emploi du temps est enfin arrêté : quatorze heures de cours par semaine, ce qui me laissera du temps pour lire et pour écrire. Mes élèves, intimidés, me regardent beaucoup ; je crois que je les intimide autant qu’ils m’intimident. Une collègue de lettres m’a proposé de déjeuner avec elle dimanche et de me faire visiter des quartiers que je ne connais pas encore.
Car je n’ai pas passé mes soirées enfermée ! Dès que mes cours sont terminés, je pars à l’aventure. J’ai suivi la jetée battue par le vent, où des pêcheurs, debout entre les blocs de pierre, me laissaient les regarder sans un mot ; j’ai flâné sur le Vieux-Port, dont l’odeur de goudron et de poisson me saisit à chaque fois ; je me suis perdue dans la foule de la Canebière, où l’on entend toutes sortes d’accents. Au marché, une vendeuse m’a tendu un oursin ouvert en riant de ma surprise : je n’en avais jamais goûté et j’avoue avoir hésité !
Je ne m’ennuie pas un instant. Paris me paraît déjà bien loin, et pourtant je pense à vous. Quand vient le crépuscule, je ressens parfois une petite pointe de mélancolie dans ma chambre silencieuse, mais elle est douce et je ne voudrais pour rien au monde qu’elle disparaisse : elle me prouve que je suis devenue maîtresse de ma vie. Pour la première fois, personne ne décide à ma place, et chaque jour m’apprend quelque chose sur cette ville et sur moi.
Ne vous inquiétez donc pas : je mange bien, je dors bien, et je suis heureuse. Écrivez-moi vite et racontez-moi la maison, les voisins, tout ce qui compose votre quotidien. Je vous embrasse très fort, et j’espère vous revoir bientôt.
Votre fille qui pense à vous.
Sujet de réflexion : la littérature et les arts font-ils découvrir des lieux « comme si on y était » ?
Analyse du sujet : la question porte sur le pouvoir des œuvres (livres, tableaux, films, bandes dessinées) de faire voyager, en rendant des lieux, vrais ou imaginaires, presque présents. L’expression « comme s’ils y étaient » invite à réfléchir à l’illusion, à l’émotion et à la limite d’une expérience par rapport à la réalité. Il faut un développement argumenté avec au moins deux ou trois exemples précis, issus de la culture personnelle, hors du texte du sujet si possible.
Plan possible : 1) oui, les arts nous transportent (description, image, son) ; 2) ils donnent accès à des lieux qui n’existent pas ou qui nous sont inaccessibles ; 3) mais l’illusion a ses limites : l’expérience directe reste différente, et l’œuvre est un point de vue.
Critères : thèse nette ; arguments distincts, expliqués et illustrés par des exemples précis (titre, auteur ou artiste, contenu) ; connecteurs logiques ; conclusion qui répond à la question ; maîtrise de la langue.
Production modèle
Qui n’a jamais fermé un livre en ayant l’impression de revenir d’un voyage ? La littérature et les arts en général permettent-ils vraiment de découvrir des lieux, réels ou fictifs, comme si l’on y était ? Je pense que oui, dans une large mesure, même si cette expérience ne remplace jamais tout à fait la réalité.
D’abord, les œuvres savent rendre un lieu présent grâce aux sensations qu’elles suscitent. Dans Notre-Dame de Paris, Victor Hugo décrit la cathédrale, ses tours et la ville vue d’en haut avec une telle précision que le lecteur croit gravir les escaliers de pierre. De même, devant un tableau de Claude Monet comme Impression, soleil levant, on ressent presque l’humidité du port et la brume du matin : la lumière et la couleur remplacent les mots. Au cinéma, la caméra, le son et la musique nous plongent au cœur de l’action : avec Le Seigneur des anneaux, les spectateurs parcourent des montagnes et des forêts qu’aucun d’eux n’a jamais vues.
Ensuite, les arts nous donnent accès à des lieux que nous ne pourrions jamais visiter. Jules Verne, dans Vingt mille lieues sous les mers, nous emmène à bord du Nautilus, au fond de l’océan, bien avant que les hommes ne puissent explorer ces profondeurs ; la bande dessinée Tintin au Tibet fait traverser l’Himalaya à des lecteurs qui n’ont peut-être jamais quitté leur ville. Les lieux fictifs, comme la Terre du Milieu ou Poudlard, existent seulement dans l’imagination de leur auteur, pourtant des millions de lecteurs les connaissent mieux que des villes réelles. Ici, l’art invente un monde et le rend aussi vivant qu’un lieu véritable.
Cependant, cette illusion a des limites. Le lecteur ou le spectateur reste extérieur à l’œuvre : il ne sent pas la vraie chaleur du soleil, ne goûte pas l’air du large et ne rencontre pas les habitants. De plus, l’artiste ne montre qu’un point de vue : le Marseille de Simone de Beauvoir est celui d’une jeune femme éblouie, qui n’est pas celui d’un docker ou d’un touriste. Les œuvres ne dispensent donc pas de voyager, mais elles donnent l’envie de le faire.
En conclusion, la littérature et les arts nous permettent bien de découvrir des lieux « comme si nous y étions », en éveillant nos sens et notre imagination. Sans remplacer l’expérience réelle, ils l’annoncent et l’enrichissent : on part souvent à la rencontre d’une ville parce qu’un livre ou un film nous l’a fait aimer.
Barème et conseils
| Partie | Questions | Points |
|---|---|---|
| Compréhension et interprétation | 1 à 6 | 32 |
| Grammaire et compétences linguistiques | 7 à 10 | 18 |
| Dictée | Texte de Simone de Beauvoir | 10 |
| Rédaction | Un sujet au choix | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative : de 90 à 100 points, excellent travail ; de 70 à 89, très bonne maîtrise ; de 50 à 69, bon niveau avec quelques lacunes ; de 30 à 49, des bases à consolider ; en dessous de 30, reprendre les notions une à une. Pour passer d’un total sur 100 à une note sur 20, divise par 5.
Conseil 1 : améliorer les questions de compréhension et la grammaire. Entraîne-toi à citer précisément, à nommer chaque procédé et à expliquer son effet : revoir le cours, puis faire les exercices.
Conseil 2 : gagner des points sur la dictée et la réécriture. Relis ta dictée en cherchant d’abord les accords sujet-verbe et les participes passés : revoir le cours, puis s’entraîner avec les exercices.
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