Ce cours sur l’apologue 5e t’explique comment une courte histoire peut à la fois amuser et faire réfléchir. Tu découvriras les fables, les contes et les paraboles, tu apprendras à distinguer morale explicite et morale implicite, et tu verras comment un récit peut servir à raisonner.
Découvrir l’apologue 5e : une histoire qui donne une leçon
Depuis l’Antiquité, les conteurs savent qu’une leçon passe mieux quand elle est racontée. Plutôt que de dire « il ne faut pas écouter les flatteurs », La Fontaine raconte l’histoire d’un corbeau qui perd son fromage. Le lecteur s’amuse, s’attache aux personnages, puis comprend la leçon presque sans s’en apercevoir. C’est le principe de l’apologue.
Définition
L’apologue est un récit court, en vers ou en prose, qui illustre une leçon de vie appelée morale. Il a une double visée : plaire (divertir le lecteur par une histoire vivante) et instruire (lui transmettre un enseignement). La fable, certains contes et la parabole sont des apologues.
Les formes de l’apologue
- La fable : récit bref, souvent en vers, qui met en scène des animaux aux comportements humains. Le Grec Ésope (VIe siècle avant J.-C.) en a raconté des centaines ; Jean de La Fontaine les a réécrites en vers à partir de 1668. Il l’explique lui-même : « Je me sers d’animaux pour instruire les hommes. »
- Le conte : récit merveilleux, avec fées, ogres et loups qui parlent. Charles Perrault, en 1697, termine chacun de ses contes par une moralité en vers. Plus tard, Voltaire inventera le conte philosophique, qui critique la société.
- La parabole : petit récit tiré des textes religieux, comme celle du fils prodigue dans la Bible, qui enseigne le pardon.
Morale explicite, morale implicite
Dans une fable, la morale peut être placée au début (elle annonce ce que l’histoire va démontrer) ou à la fin (elle tire la leçon de ce qui vient d’être raconté). Lis le début du « Loup et l’Agneau » :
La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Jean de La Fontaine, « Le Loup et l’Agneau », Fables, livre I, 1668
Ici, la morale ouvre la fable, et « tout à l’heure » signifie « tout de suite » : le récit va prouver que le plus fort impose sa loi, même quand il a tort. La morale peut aussi être prononcée par un personnage, comme le Renard qui déclare au Corbeau : « Apprenez que tout flatteur / Vit aux dépens de celui qui l’écoute. »
Règle
La morale est explicite quand elle est clairement formulée dans le texte, en une ou deux phrases souvent au présent de vérité générale. Elle est implicite quand le lecteur doit la déduire lui-même de l’histoire : dans « La Cigale et la Fourmi », La Fontaine n’écrit aucune morale, c’est au lecteur de juger la Fourmi et la Cigale.
Perrault, lui, place une moralité à la fin du « Petit Chaperon rouge » :
On voit ici que de jeunes enfants,
Surtout de jeunes filles
Belles, bien faites, et gentilles,
Font très mal d’écouter toute sorte de gens,
Et que ce n’est pas chose étrange,
S’il en est tant que le loup mange.
Charles Perrault, « Le Petit Chaperon rouge », Histoires ou contes du temps passé, 1697
Le loup du conte devient, dans la moralité, l’image de tous les inconnus mal intentionnés : la leçon dépasse l’histoire.
Raisonner en racontant
L’apologue est une manière d’argumenter : le récit joue le rôle d’un exemple qui prouve la leçon. Pour cela, les personnages sont souvent des types : chaque animal représente une qualité ou un défaut humain. C’est une allégorie.
Exemple
Dans « Les Animaux malades de la peste », le Lion, roi des animaux, avoue avoir dévoré des moutons et même le berger, mais on l’excuse ; l’Âne, qui a brouté un peu d’herbe, est condamné. La morale tombe : « Selon que vous serez puissant ou misérable, / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » L’histoire d’animaux critique en réalité l’injustice des hommes.
Attention
La morale d’une fable n’est pas toujours une règle de bonne conduite. Parfois, elle constate simplement comment va le monde, sans l’approuver : « La raison du plus fort est toujours la meilleure » ne veut pas dire que c’est juste, mais que c’est ainsi que les choses se passent. Lis toujours la morale avec un regard critique, en pensant à l’ironie de l’auteur.
À retenir
- L’apologue est un récit court qui veut plaire et instruire.
- Fable (Ésope, La Fontaine), conte (Perrault, Voltaire) et parabole sont des apologues.
- La morale est explicite (écrite, au début ou à la fin) ou implicite (à déduire).
- Les animaux de la fable sont des allégories des qualités et des défauts humains.
- Le récit sert d’exemple pour raisonner : il est un argument en action.
Pour aller plus loin
Exerce-toi avec les exercices sur les fables et les apologues, puis vérifie tes connaissances grâce au QCM sur l’apologue. Pour mieux comprendre qui raconte une fable, consulte aussi le cours sur le narrateur et les points de vue.

