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La description dans le récit : cours de français 5e

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Ce cours sur la description 5e t’explique pourquoi les romanciers interrompent parfois leur histoire pour décrire un lieu, un objet ou un personnage, et comment ils organisent ces descriptions. Tu apprendras à repérer l’ordre d’une description, ses procédés et surtout ses fonctions dans le récit.

Découvrir la description 5e : montrer plutôt que raconter

Un récit alterne deux manières d’écrire. La narration raconte des actions qui se succèdent : l’histoire avance. La description montre à quoi ressemble ce qui entoure l’action : un paysage, une maison, un visage. Sans description, le lecteur ne verrait rien ; avec trop de descriptions, il s’ennuierait. Tout l’art du romancier consiste à trouver le bon équilibre.

Définition

La description est un passage qui présente les caractéristiques d’un lieu, d’un objet ou d’un personnage. La description d’un personnage s’appelle un portrait : il peut être physique (apparence) ou moral (caractère). Dans un récit au passé, la description est le plus souvent à l’imparfait.

Une pause dans le récit

Quand le narrateur décrit, l’action s’interrompt : le temps de l’histoire semble s’arrêter, pendant que le temps de la lecture continue. On parle de pause narrative. Le lecteur s’immobilise avec le personnage pour regarder le décor.

Frise en trois blocs : action au passé simple, pause descriptive à l'imparfait encadrée en pointillés, puis reprise de l'action au passé simple
La description interrompt l’action, puis le récit repart.

Exemple

Clara poussa la grille du jardin. Les rosiers, que personne ne taillait plus, grimpaient jusqu’aux volets fermés ; une balançoire rouillée pendait à la branche du vieux tilleul, et l’herbe montait jusqu’aux genoux. Elle avança jusqu’au perron.

Le passé simple encadre la description, qui est à l’imparfait.

Mais la description n’est pas toujours une pause. Souvent, elle est intégrée à l’action : le personnage découvre les lieux en se déplaçant, et le décor apparaît au rythme de ses pas. Observe le début de Germinal :

Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves.

Émile Zola, Germinal, 1885

En une seule phrase, Zola mêle le décor (la plaine, la nuit, la route) et le mouvement du personnage (« suivait »). La nuit « d’une épaisseur d’encre » crée déjà une atmosphère sombre et inquiétante.

L’ordre de la description

Pour que le lecteur puisse se représenter la scène, une description suit un ordre, comme un regard qui balaie un paysage.

Quatre cadres avec flèches et formes illustrant les ordres de description : de haut en bas, de gauche à droite, du plus proche au plus lointain, de l'ensemble au détail
Les quatre ordres les plus fréquents.

Règle

Une description s’organise selon un ordre (de haut en bas, de gauche à droite, du proche au lointain, de l’ensemble au détail, ou selon le déplacement d’un personnage) et se construit grâce à des organisateurs spatiaux : au premier plan, à l’arrière-plan, au loin, devant, derrière, à gauche, à droite, au-dessus, au-dessous, au centre, au fond, plus loin.

Pour enrichir la description, l’écrivain utilise : des expansions du nom (adjectifs, compléments du nom, propositions relatives) ; des verbes de situation (se dresser, s’étendre, dominer, border) ; le vocabulaire des cinq sens (couleurs, bruits, odeurs, textures, saveurs) ; des images (comparaisons, métaphores).

À quoi sert une description ?

Une description n’est jamais là par hasard. Elle remplit une ou plusieurs fonctions :

  • informative ou réaliste : situer l’action et donner l’impression que l’histoire est vraie (noms de lieux réels, détails précis) ;
  • symbolique ou révélatrice : le lieu ou l’objet révèle le caractère ou la situation du personnage (une chambre en désordre, une maison abandonnée) ;
  • dramatique : créer une atmosphère (angoisse, joie, mystère) et préparer la suite de l’action ;
  • esthétique : offrir au lecteur le plaisir d’une belle image.

Au début du Horla, Maupassant décrit le bonheur paisible de son narrateur : « J’ai passé toute la matinée étendu sur l’herbe, devant ma maison, sous l’énorme platane qui la couvre, l’abrite et l’ombrage tout entière. » Ce décor protecteur rendra plus terrible encore l’angoisse qui va l’envahir : la description prépare un contraste.

Attention

Une description n’est pas une liste. « Il y avait une table, une chaise, une armoire et un lit » ne fait rien voir. Évite le verbe « il y a » répété, choisis des verbes précis et des détails qui ont un sens pour l’histoire. Et n’oublie pas l’accord des adjectifs avec le nom qu’ils qualifient : « des volets fermés », « une balançoire rouillée ».

À retenir

  • La description présente un lieu, un objet ou un personnage (portrait) ; dans un récit au passé, elle est à l’imparfait.
  • Elle crée souvent une pause narrative, mais peut aussi être intégrée à l’action.
  • Elle suit un ordre et utilise des organisateurs spatiaux.
  • Expansions du nom, verbes de situation, cinq sens et images l’enrichissent.
  • Ses fonctions : informer, révéler, créer une atmosphère, plaire.

Pour aller plus loin

Mets ces notions en pratique avec les exercices sur la description, puis vérifie tes acquis grâce au QCM sur la description. Pour savoir à travers quel regard un décor est décrit, consulte le cours sur le narrateur et les points de vue.

Cours « La description dans le récit  » en PDF

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