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Les registres littéraires : corrigé des exercices de français 2nde

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Les énoncés sont sur la fiche Les registres littéraires : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.

Voici le corrigé registres littéraires de la fiche d’exercices : chaque registre est justifié par des procédés précis, et les exercices d’écriture sont accompagnés de modèles et de critères de réussite.

Corrigé registres littéraires : réponses justifiées

Pour les questions ouvertes, d’autres formulations sont possibles si elles sont justifiées par le texte.

Corrigé de l’exercice 1 : registres et effets

a-5 (épique : admiration) ; b-6 (pathétique : pitié) ; c-1 (comique : rire) ; d-2 (polémique : indignation) ; e-3 (lyrique : sentiments intimes) ; f-4 (fantastique : hésitation, angoisse).

Retiens que chaque registre se définit d’abord par l’effet qu’il cherche à produire.

Corrigé de l’exercice 2 : identifier le registre

  1. Lyrique : apostrophe « Ô ma ville natale », exclamation, première personne, nostalgie (« une joie perdue »).
  2. Pathétique : souffrance d’un enfant, détails poignants (« pieds nus », « bleus de froid »), répétition de « personne » qui souligne l’abandon.
  3. Épique : hyperboles (« mille cavaliers », « la terre trembla », « à lui seul »), pluriels, champ lexical du combat, héros surhumain.
  4. Polémique : apostrophe à l’adversaire, accusation directe, anaphore de « vous mentez », gradation (électeurs, pays, histoire), exclamations.
  5. Fantastique : cadre familier, événement inexplicable, hésitation entre surnaturel et folie (« À moins que je ne devienne fou »), première personne.
  6. Satirique (ironique) : antiphrase « grand savant », antithèse entre la science des étoiles et l’incapacité à cuire un œuf ; le pédant est ridiculisé.

Corrigé de l’exercice 3 : le registre lyrique

  1. Première personne (« Laissez-nous », « nos jours »), interjection « Ô », apostrophes au temps et aux « heures propices », impératifs (« suspends », « Suspendez », « Laissez-nous »), exclamations.
  2. Une personnification (et une apostrophe) : le temps a un « vol » et on lui adresse des ordres.
  3. Le désir de prolonger le bonheur amoureux et l’angoisse de la fuite du temps. Le registre est lyrique car le poète exprime ses sentiments intimes de façon musicale (alternance d’alexandrins et de vers de six syllabes, rimes, exclamations).

Corrigé de l’exercice 4 : le registre tragique

  1. Vénus est la déesse de l’amour. Elle poursuit de sa haine la famille de Phèdre et lui inspire une passion coupable pour Hippolyte : Phèdre n’est pas libre, elle est la victime d’une divinité.
  2. « inévitables » et « poursuit » (on peut aussi citer « redoutables », « tourments »).
  3. Le passage est tragique parce que l’héroïne est écrasée par une force supérieure (les dieux, l’hérédité, la passion) et qu’elle en a pleinement conscience. Il ne s’agit pas seulement de souffrance : Phèdre sait que son malheur est fatal. Le spectateur éprouve à la fois de la terreur devant cette fatalité et de la pitié pour la victime.

Corrigé de l’exercice 5 : tragique ou pathétique ?

  1. Pathétique : souffrance sociale qui suscite la pitié, mais pas de force supérieure inéluctable.
  2. Tragique : Œdipe accomplit l’oracle malgré tous ses efforts ; le destin l’écrase.
  3. Pathétique : la douleur maternelle émeut, sans fatalité divine.
  4. Tragique : le dilemme sans issue (amour contre honneur, comme celui de Rodrigue dans Le Cid) place le héros dans une situation où toute issue est une perte.

Corrigé de l’exercice 6 : le registre épique

  1. Répétition : « Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! » ; apostrophe : « morne plaine » (et « ton cirque ») ; comparaison : « Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine » ; allégorie : « La pâle mort mêlait les sombres bataillons ».
  2. La bataille est comparée à un liquide en ébullition contenu dans une urne géante ; la plaine devient un « cirque », une arène immense ; la Mort elle-même intervient comme un personnage. Les pluriels (« bataillons », « coteaux », « vallons ») amplifient la scène.
  3. Le registre tragique (ou funèbre) : la plaine est « morne », la mort est « pâle », les bataillons « sombres » ; la triple répétition sonne comme un glas. Hugo chante une défaite et la chute d’un empire.

Corrigé de l’exercice 7 : le registre comique

  1. Le décalage entre la situation (Madame malade, Tartuffe en pleine santé, « gros et gras ») et la réaction d’Orgon, qui plaint celui qui n’a besoin d’aucune pitié et ignore sa femme.
  2. Un comique de répétition, qui repose aussi sur un comique de caractère (l’obsession d’Orgon).
  3. Le comique révèle l’aveuglement d’Orgon, totalement sous l’emprise de l’hypocrite. Le rire n’est pas gratuit : il dénonce les faux dévots et la crédulité, conformément au but que Molière assigne à la comédie : « corriger les hommes en les divertissant ».

Corrigé de l’exercice 8 : l’ironie satirique

  1. « boucherie héroïque » : l’oxymore associe le massacre (« boucherie ») et la gloire guerrière (« héroïque ») ; il révèle la réalité sanglante que cache le discours glorieux sur la guerre.
  2. Le philosophe est censé être sage et serein ; dire qu’il « tremblait comme un philosophe » renverse l’image et se moque de la philosophie optimiste, impuissante devant le réel.
  3. La guerre et ceux qui la célèbrent, ainsi que la philosophie optimiste (celle de Pangloss, le maître de Candide).

Corrigé de l’exercice 9 : le registre polémique

  1. Anaphore de « J’accuse » : elle martèle l’accusation, engage personnellement Zola et donne au texte la force d’un réquisitoire.
  2. « ouvrier diabolique », « œuvre néfaste », « machinations », « saugrenues », « coupables », « complice », « iniquités ».
  3. « en inconscient, je veux le croire » et « tout au moins par faiblesse d’esprit » : Zola semble accorder une circonstance atténuante, ce qui le fait paraître juste et mesuré ; l’accusation n’en est que plus redoutable.
  4. Le texte attaque nommément des adversaires, implique fortement l’énonciateur (« je »), emploie un lexique violemment péjoratif et vise à provoquer l’indignation du lecteur : ce sont les caractéristiques du registre polémique.

Corrigé de l’exercice 10 : le registre fantastique

  1. Cadre réaliste : « Je rentrai tard », « La maison », « l’escalier », habitude (« comme toujours »).
  2. Un pas invisible suit le narrateur et s’arrête quand il s’arrête.
  3. « J’ai pensé à l’écho, bien sûr » (explication rationnelle), puis la question « Mais un écho, est-ce que cela respire ? » qui ruine cette explication ; l’adverbe « très distinctement » insiste sur la réalité de la perception.
  4. Le surnaturel n’est pas accepté comme une évidence, comme dans un conte merveilleux : il fait irruption dans un monde ordinaire et provoque le doute et la peur. C’est cette hésitation qui définit le fantastique.

Corrigé de l’exercice 11 : un fait divers, trois registres

Épique : « Deux jours et deux nuits, le félin défia les cieux au sommet du géant d’acier. Les vents hurlaient, la foudre grondait, mais lui, invincible, tenait bon. Enfin parurent les soldats du feu, casqués d’or, qui gravirent le colosse pour arracher le héros à son trône vertigineux. »

Comique : « Félix, chat de gouttière et grand amateur de vues panoramiques, voulut voir plus haut. Il monta. Puis il regarda en bas. Puis il ne descendit plus. Pendant deux jours, il miaula son mécontentement à toute la région, qui n’en demandait pas tant. Les pompiers le décrochèrent ; il les remercia d’un coup de griffe. »

Pathétique : « Là-haut, si haut, une petite boule de poils tremblait. Deux jours sans boire ni manger, les pattes crispées sur le métal glacé. Ses miaulements faiblissaient d’heure en heure. Quand le pompier l’atteignit enfin, le chat, trop épuisé pour avoir peur, se blottit contre lui. »

Critères : procédés propres à chaque registre (hyperboles et héroïsation ; décalage et chute ; détails poignants et lexique de la faiblesse), cohérence du ton du début à la fin.

Corrigé de l’exercice 12 : analyser un mélange de registres

Registre dominant : satirique ; registres secondaires : comique (pigeon, ventre) et pathétique, voire tragique (mort des soldats).

Exemple de paragraphe : « Ce texte mêle les registres pour mieux dénoncer l’irresponsabilité des chefs militaires. Le portrait du général est d’abord comique : le jeu sur le verbe “bomber” (“son ventre le bombait davantage”) et l’intervention du pigeon, qui “se soulage sur sa médaille”, ridiculisent l’emphase du discours patriotique, “la patrie vous regarde !”. Mais la dernière phrase change brutalement de ton : “la moitié de ces jeunes gens tombaient dans la boue de la Somme”. L’antithèse entre la mort des soldats et le confort du général, “assis au coin du feu”, fait basculer le rire dans l’indignation. Le comique sert donc la satire : on rit d’abord du général, puis on mesure le prix de sa vanité. »

Critères : registres nommés et justifiés par des citations, rôle du mélange expliqué (le rire prépare la critique).

Comment utiliser ce corrigé

Compare d’abord tes identifications, puis la qualité de tes justifications : as-tu cité au moins deux procédés à chaque fois ? Si tu as confondu tragique et pathétique, retiens la question décisive : y a-t-il une force supérieure à laquelle le personnage ne peut échapper ? Pour les écrits, relis ta production à voix haute : un registre se reconnaît d’abord à l’oreille. Enfin, applique la méthode à chaque texte étudié en classe, en notant le registre dominant dans la marge de ton manuel.

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