Les énoncés sont sur la fiche Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Voici le corrigé sur le théâtre : des réponses complètes pour les douze exercices, avec le vocabulaire exact, l’analyse des procédés, des propositions de mise en scène, une scène modèle, un commentaire rédigé et un plan de dissertation.
Corrigé sur le théâtre, exercice par exercice
Corrigé de l’exercice 1 : le vocabulaire du théâtre
- didascalie
- tirade
- aparté
- monologue
- stichomythie
- exposition (ou scène d’exposition)
- quiproquo
- coup de théâtre
Corrigé de l’exercice 2 : la double énonciation
- L’aparté est la troisième réplique, signalée par la didascalie « à part ». La Comtesse n’est pas censée l’entendre.
- Le spectateur apprend que le Marquis juge la robe ruineuse et méprise le luxe de la Comtesse, financé par l’argent de ses propres fermiers : il découvre l’hypocrisie du compliment.
- Le Marquis se rattrape par une flatterie : le décalage entre ce qu’il pense et ce qu’il dit fait rire. C’est un comique de mots et de situation, fondé sur la complicité entre le personnage et le public.
Corrigé de l’exercice 3 : le monologue d’Harpagon
- Phrases exclamatives (« Au voleur ! »), interrogatives en cascade (« Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? »), phrases brèves et juxtaposées, répétitions (« au voleur ! au voleur ! »), questions contradictoires (« Où courir ? Où ne pas courir ? »). Le rythme haché mime la panique.
- Harpagon se saisit lui-même par le bras en croyant attraper le voleur : c’est un comique de gestes, qui montre que l’obsession lui fait perdre tout repère.
- La gradation va de l’agonie à l’enterrement : l’hyperbole est si énorme qu’elle devient comique. Harpagon se croit mort pour une cassette.
- Il parle à son argent comme à une personne aimée : « mon pauvre argent », « mon cher ami », « on m’a privé de toi ». C’est une personnification (et une apostrophe) : l’argent a remplacé tout attachement humain, ce qui révèle le vice de l’avare.
- En s’adressant aux spectateurs (« Que de gens assemblés ! »), Harpagon brise l’illusion : il parle directement au public, qui devient presque un personnage. La double énonciation est rendue visible et le rire naît de cette complicité.
Corrigé de l’exercice 4 : l’aveu de Phèdre
- Le premier vers juxtapose trois verbes au passé simple, en rythme ternaire (« Je le vis, je rougis, je pâlis ») : la passion naît instantanément, comme un coup de foudre irrésistible.
- Antithèse « transir » (être saisi de froid) / « brûler » : la passion provoque des sensations contradictoires et simultanées, elle dérègle le corps.
- Rougeur, pâleur, trouble, perte de la vue et de la parole, froid et chaleur. L’amour est vécu comme une maladie, une force qui s’empare de l’être sans qu’il puisse résister : c’est la passion tragique, liée à la fatalité.
Corrigé de l’exercice 5 : les formes du comique
- gestes (renversement de situation par les coups de bâton) ; on peut aussi parler de situation
- mots (répétition mécanique)
- situation (double déguisement, comme chez Marivaux)
- caractère (un défaut grossi, comme Argan dans Le Malade imaginaire)
- mœurs (satire du langage précieux) et mots
- situation (personnage caché, comme Orgon dans Tartuffe)
Corrigé de l’exercice 6 : stichomythie et tension
- Un alexandrin est partagé entre Don Diègue et Rodrigue : la réponse vient immédiatement compléter la question. Ce partage crée une tension, une rapidité, et montre l’accord parfait du père et du fils sur les valeurs de l’honneur.
- « Avoir du cœur » signifie avoir du courage.
- Rodrigue est fier et ombrageux : il punirait immédiatement quiconque d’autre lui poserait cette question insultante. Seul le respect filial l’en empêche. Il incarne déjà le héros cornélien, attaché à son honneur.
Corrigé de l’exercice 7 : mettre en scène
Mise en scène comique : décor de maison bourgeoise encombrée de coffres, lumière vive, Harpagon court dans tous les sens, regarde sous les meubles, tombe, s’agrippe à son propre bras avec des grimaces ; il descend jusqu’au bord de la scène pour interpeller le public. Effet : le rire franc devant un personnage ridicule.
Mise en scène inquiétante : plateau presque nu, lumière froide, un seul projecteur sur Harpagon ; l’acteur, immobile, parle d’une voix sourde, presque halluciné, et se saisit le bras avec violence. Effet : le spectateur rit moins et voit la folie solitaire d’un homme pour qui l’argent a remplacé toute affection.
Critères : choix précis (décor, lumière, jeu), cohérence avec le texte, effet sur le public explicité.
Corrigé de l’exercice 8 : comédie ou tragédie
| Comédie | Tragédie |
|---|---|
| un mariage final | un dilemme entre l’amour et l’honneur |
| un valet rusé | la fatalité |
| un quiproquo | des rois et des princes |
| la satire d’un défaut | la terreur et la pitié |
Nuance : certains éléments circulent entre les genres ; le quiproquo peut avoir des conséquences tragiques, et la tragi-comédie (comme Le Cid à l’origine) mêle personnages nobles et fin heureuse.
Corrigé de l’exercice 9 : question de grammaire
- « Qui peut-ce être ? », « Qu’est-il devenu ? », « Où est-il ? » sont des interrogations partielles ; « Rodrigue, as-tu du cœur ? » est une interrogation totale (réponse par oui ou non).
- Mots interrogatifs : qui (pronom interrogatif), que élidé en qu’ (pronom interrogatif, attribut du sujet « il »), où (adverbe interrogatif de lieu).
- Dans toutes ces phrases, le sujet pronom est placé après le verbe (inversion simple : « peut-ce », « est-il », « as-tu »).
- L’accumulation des questions sans réponse traduit l’affolement et l’impuissance d’Harpagon ; elle crée un rythme précipité, source de comique.
Corrigé de l’exercice 10 : écrire une scène de dispute
Exemple de début de production :
LÉA, posant brusquement sa tasse. — Tu as encore pris la dernière part de gâteau.
HUGO. — La dernière ? Il en restait deux.
LÉA. — Une et demie.
HUGO. — Deux.
LÉA. — Une et demie !
HUGO, à part. — Voilà vingt ans qu’elle compte mes parts de gâteau.
LÉA. — Ce n’est pas le gâteau, Hugo. C’est que tu ne m’as jamais rien laissé. Silence.
Production d’élève proposée comme exemple
Critères : quinze à vingt répliques, trois didascalies au moins, une stichomythie (« Deux. » / « Une et demie ! »), un aparté, un basculement du comique vers la gravité (la dernière réplique révèle une blessure ancienne).
Corrigé de l’exercice 11 : commentaire guidé
Introduction
Molière, maître de la comédie classique, fait rire en grossissant les défauts humains. Dans L’Avare (1668), Harpagon, obsédé par son argent, découvre qu’on lui a volé sa cassette. À la scène 7 de l’acte IV, seul en scène, il exprime son désespoir dans un monologue resté célèbre. Nous nous demanderons comment Molière fait d’un désespoir excessif un moment de pur comique. Nous verrons d’abord un affolement mis en scène par la parole et le geste, puis la peinture d’un avare pour qui l’argent a pris la place des êtres.
Paragraphe
Le monologue s’ouvre sur un affolement que la parole et le geste rendent spectaculaire. Les exclamations initiales, « Au voleur ! au voleur ! à l’assassin ! au meurtrier ! », forment une gradation absurde : d’un simple vol, Harpagon fait un meurtre. Viennent ensuite des questions en cascade, « Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? », brèves et sans réponse, qui miment une pensée désordonnée. Les questions contradictoires « Où courir ? Où ne pas courir ? » montrent un personnage incapable d’agir. Le sommet est atteint avec la didascalie « se prenant par le bras » : Harpagon arrête un voleur qui n’est autre que lui-même, avant de constater « Ah ! c’est moi ! ». Ce comique de geste, hérité de la farce, rend visible la confusion de l’avare. Ainsi, Molière transforme la détresse en spectacle comique, sans que le spectateur puisse plaindre vraiment ce personnage excessif.
Critères : contexte, situation, problématique, plan ; paragraphe avec citations analysées et conclusion partielle.
Corrigé de l’exercice 12 : dissertation
Problématique : si le théâtre est d’abord destiné à la scène, la lecture du texte ne permet-elle pas, elle aussi, d’en saisir la richesse ?
- I. Le théâtre est fait pour être vu. A. Le texte est incomplet sans la représentation : didascalies, gestes, voix (le bras saisi d’Harpagon). B. La double énonciation suppose un public réel : rire collectif, émotion partagée.
- II. Mais le théâtre se lit aussi. A. Certaines pièces ont d’abord été écrites pour la lecture : Musset publie son « Spectacle dans un fauteuil ». B. La lecture permet d’apprécier le texte, ses vers, ses nuances, et d’imaginer librement les personnages.
- III. Lire et voir, deux expériences complémentaires. A. Le lecteur devient metteur en scène de son imagination. B. La mise en scène est une lecture parmi d’autres : chaque représentation révèle un sens nouveau du texte.
Critères : exemples précis tirés des pièces étudiées, transitions, conclusion nuancée.
Comment utiliser ce corrigé
Apprends d’abord le vocabulaire de l’exercice 1 : il doit être exact et immédiat. Pour les analyses, vérifie que tu relies toujours la parole au jeu et à l’effet sur le spectateur : c’est ce qui distingue une analyse de théâtre d’une analyse de roman. Enfin, entraîne-toi à proposer des choix de mise en scène pour chaque extrait étudié en classe : c’est un excellent moyen de préparer l’entretien de l’oral.
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