Les énoncés sont sur la fiche Le commentaire de texte, méthode : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Ce corrigé commentaire 1ère propose des réponses complètes pour les douze exercices de méthode : tableau de relevés rempli, problématiques justifiées, plans détaillés, citations bien intégrées, paragraphe, transition et introduction rédigés.
Corrigé commentaire 1ère : réponses et productions modèles
Corrigé de l’exercice 1 : vrai ou faux sur l’épreuve
- Faux : le texte n’est jamais extrait d’une œuvre au programme ; il se rattache à un objet d’étude.
- Vrai.
- Faux : on préfère un plan interprétatif ; le plan « fond / forme » sépare artificiellement sens et écriture.
- Faux : le commentaire regroupe les remarques par axes ; suivre l’ordre du texte est la méthode de l’explication linéaire orale.
- Faux : la copie est entièrement rédigée ; les parties sont signalées par des alinéas et des sauts de ligne.
- Vrai : une citation sans analyse n’apporte rien.
- Vrai.
Corrigé de l’exercice 2 : exploiter le paratexte
La date, octobre 1870, renvoie à la guerre franco-prussienne (juillet 1870 – janvier 1871). Rimbaud a seize ans. Le titre associe le sommeil (« Dormeur ») et un paysage (« val »).
- Le poème évoque sans doute un soldat de cette guerre.
- Le titre « Dormeur » pourrait être trompeur : le sommeil est une image traditionnelle de la mort.
- Le poème peut opposer la paix d’un paysage à la violence de l’histoire.
Ces hypothèses ne sont pas des certitudes : la lecture doit les vérifier.
Corrigé de l’exercice 3 : compléter un tableau de relevés
| Citation | Procédé | Interprétation |
|---|---|---|
| « où chante une rivière » | Personnification | Nature vivante et joyeuse |
| « Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue » | Postposition de l’adjectif « jeune », juxtaposition de groupes nominaux | Insistance sur la jeunesse ; posture abandonnée, vulnérable |
| « Dort » | Rejet en tête du vers 7 | Mise en relief d’un sommeil que le poème répétera (trois fois « dort ») jusqu’à le rendre suspect |
| « Souriant comme / Sourirait un enfant malade » | Comparaison, enjambement, conditionnel | Le sourire devient inquiétant : la maladie et la faiblesse s’insinuent |
| « il a froid » | Antithèse avec « chaudement » et le soleil | Indice de la mort : le corps ne réagit plus à la chaleur |
| « Il a deux trous rouges au côté droit » | Chute, phrase brève et factuelle, couleur rouge | Révélation brutale : le soldat est mort, tué par balles |
Corrigé de l’exercice 4 : évaluer des problématiques
- Non recevable : elle invite à un catalogue de procédés, sans interprétation.
- Recevable : elle porte sur le mouvement singulier du poème, de la paix au tragique.
- Non recevable : elle est biographique et sort du texte.
- Non recevable : la réponse est un simple « oui » ; la forme du sonnet peut être un argument, pas une problématique.
- Recevable : elle relie la construction du poème (la chute) à son enjeu (la dénonciation).
Corrigé de l’exercice 5 : formuler une problématique
Première impression : un poème de marche, très simple, qui se révèle à la fin être une visite sur une tombe ; la douleur est contenue mais immense.
- Comment Hugo transforme-t-il le récit d’une marche en un hommage bouleversant à sa fille disparue ?
- En quoi la retenue de l’écriture rend-elle le deuil plus poignant ?
Les deux problématiques portent sur la singularité du poème : l’effet de surprise final et la sobriété de l’expression.
Corrigé de l’exercice 6 : réparer un mauvais plan
Défauts : le plan sépare le sens et l’écriture, alors que les négations ou le rythme sont justement ce qui crée la douleur du poème ; la seconde partie devient un catalogue de procédés sans interprétation.
- Une marche obstinée vers l’être aimé : a) un départ décidé, au futur de certitude (« Je partirai », « J’irai ») et porté par la conviction d’être attendu (« je sais que tu m’attends ») ; b) un voyage qui efface le monde extérieur (négations, « Sans rien voir »).
- Un hommage funèbre : a) la révélation de la tombe au dernier quatrain ; b) un bouquet symbolique, « houx vert » et « bruyère en fleur », qui fait survivre l’amour au-delà de la mort.
Corrigé de l’exercice 7 : construire un plan détaillé
- Un tableau idyllique. a) Une nature vivante : « chante une rivière » (v. 1), « mousse de rayons » (v. 4). b) Un jeune soldat au repos : « Un soldat jeune » (v. 5), « Dort » (v. 7).
- Une révélation progressive de la mort. a) Des indices inquiétants : « Pâle » (v. 8), « enfant malade » (v. 10), « il a froid » (v. 11). b) La chute : « Tranquille. » (v. 14), « deux trous rouges » (v. 14).
- Une dénonciation de la guerre. a) Un contraste entre la nature et la violence : « lit vert où la lumière pleut » (v. 8) face aux « trous rouges ». b) Un piège poétique : la répétition de « dort » (v. 7, 9, 13) et l’apostrophe « Nature, berce-le » (v. 11) émeuvent le lecteur avant de le frapper.
Corrigé de l’exercice 8 : intégrer les citations
- Le poète affirme : « Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps » (v. 4) ; la tournure soutenue « ne puis », sans « pas », donne à cette impatience la solennité d’un serment.
- L’énumération « Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées » (v. 7) dessine la silhouette d’un homme accablé.
- Au vers 9, la négation « ne… ni… ni » écarte le paysage du regard du poète.
- Le soleil « [l]uit » (v. 4) au cœur du val, et cette lumière renforce l’impression de paix.
Règles : citation courte, exacte, entre guillemets, intégrée à la syntaxe, modifications signalées par des crochets, référence au vers, analyse immédiate.
Corrigé de l’exercice 9 : de la paraphrase à l’analyse
- Le poème s’ouvre sur une triple indication de temps, « Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne » : cette gradation vers la précision traduit l’impatience du poète, qui fixe son départ au premier instant possible.
- Le soldat semble dormir, mais la comparaison « Souriant comme / Sourirait un enfant malade » (v. 9-10) introduit la faiblesse et la maladie ; l’enjambement retarde l’adjectif « malade », qui jette le trouble sur ce sommeil.
- Le dernier vers, « Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur », associe une plante toujours verte et une fleur : ce bouquet symbolise un amour et un souvenir qui résistent à la mort.
Corrigé de l’exercice 10 : rédiger un paragraphe d’analyse
Exemple de paragraphe. Dans « Demain, dès l’aube… », le monde extérieur s’efface devant la douleur du poète. Le marcheur avance « les yeux fixés sur [ses] pensées » (v. 5) : la métaphore inverse le regard, tourné vers l’intérieur plutôt que vers le paysage. Les deux négations lexicales du vers 6, « Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit », construites en parallèle, coupent le poète de toute sensation, comme si la vue et l’ouïe étaient abolies. Le paysage n’apparaît ensuite que pour être nié : « Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe, / Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur » (v. 9-10). La beauté du couchant et de la mer, pourtant évoquée avec précision, est rejetée par la négation « ne… ni… ni ». Enfin, la comparaison « le jour pour moi sera comme la nuit » (v. 8) résume ce renversement : la lumière n’a plus de sens pour celui qui a perdu sa fille. Ainsi, le monde se vide et seul compte l’être absent vers lequel tout le poème converge.
Critères de réussite : idée annoncée en ouverture ; au moins trois citations courtes et exactes ; procédés nommés (métaphore, négation, parallélisme, comparaison) ; effet expliqué à chaque fois ; phrase de conclusion qui relie le paragraphe à l’idée.
Corrigé de l’exercice 11 : rédiger une transition
Exemple. Rimbaud compose ainsi un tableau harmonieux, où la nature accueillante semble veiller sur le sommeil d’un jeune soldat. Pourtant, cette paix est minée de l’intérieur : à mesure que le sonnet avance, des détails inquiétants laissent deviner une réalité bien plus sombre.
Critères de réussite : une phrase de bilan sur la partie achevée, un connecteur d’opposition ou de progression, une phrase qui annonce l’axe suivant sans le développer.
Corrigé de l’exercice 12 : rédiger l’introduction
Exemple d’introduction. Au XIXe siècle, la guerre a souvent été célébrée comme le lieu de l’héroïsme ; certains poètes ont au contraire choisi d’en montrer les victimes. En octobre 1870, pendant la guerre franco-prussienne, Arthur Rimbaud, âgé de seize ans, écrit « Le Dormeur du val », un sonnet en alexandrins qui décrit un jeune soldat endormi dans un paysage lumineux. Le poème semble d’abord peindre une scène paisible, mais son dernier vers révèle que le dormeur est mort. Nous nous demanderons comment Rimbaud transforme un paysage idyllique en dénonciation de la guerre. Nous verrons d’abord que le poète compose un tableau harmonieux, puis qu’il révèle progressivement la mort du soldat, avant de montrer que ce piège poétique dénonce la violence de la guerre.
Critères de réussite : amorce en rapport avec le texte ; présentation précise (auteur, titre, date, forme) ; situation et contenu en une ou deux phrases ; problématique formulée en interrogation indirecte ou directe ; annonce claire des trois parties, sans titres ni numéros.
Comment utiliser ce corrigé
Les productions proposées sont des exemples, non des modèles uniques : un autre plan peut être tout aussi juste s’il répond à la problématique et s’appuie sur des analyses précises. Compare surtout la démarche : as-tu cité court, nommé le procédé, expliqué l’effet ? Ton plan progresse-t-il ? Rassemble ensuite tes exercices 7, 10, 11 et 12 : avec une conclusion, ils forment un commentaire complet. Entraîne-toi enfin sur un texte nouveau, en conditions d’examen, en respectant le minutage du cours.
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