Écrire sans fautes est une exigence de toutes les épreuves écrites du supérieur : une copie fautive perd en crédibilité, quelle que soit la qualité des idées. Ce cours rassemble les pièges les plus fréquents de l’écrit soutenu, accords du participe passé, accords délicats, mots confondus, concordance des temps et ponctuation, avec des règles exactes et des méthodes de vérification.
Écrire sans fautes : pourquoi et comment ?
Les correcteurs de concours, de BTS ou de licence ne pénalisent pas seulement les fautes : ils jugent à travers elles la rigueur du candidat. Une erreur d’accord dans la première phrase d’une introduction crée une impression durable. Bonne nouvelle : la majorité des fautes de niveau Terminale relèvent d’une dizaine de règles, que l’on peut maîtriser avec méthode et vérifier par une relecture ciblée.
Méthode
- Garde dix minutes en fin d’épreuve pour la relecture.
- Relis une première fois pour le sens, une seconde fois pour les accords, en cherchant pour chaque verbe son sujet et pour chaque participe son auxiliaire.
- Vérifie les mots que tu sais fragiles : participes, homophones, ponctuation.
- En cas de doute sur une tournure, reformule la phrase plutôt que de risquer la faute.
Les accords du participe passé
Règle
Avec être, le participe passé s’accorde avec le sujet : « Les candidates sont arrivées. » Avec avoir, il s’accorde avec le complément d’objet direct seulement si celui-ci est placé avant le verbe : « Les décisions qu’elle a prises » (COD « qu’ » mis pour « décisions », placé avant) mais « Elle a pris des décisions » (COD placé après).
Les verbes pronominaux
Les verbes essentiellement pronominaux, qui n’existent qu’à la forme pronominale (s’enfuir, se souvenir, s’évanouir), s’accordent avec le sujet : « Elles se sont enfuies. » Pour les autres, on cherche la fonction du pronom réfléchi. S’il est COD, le participe s’accorde : « Elles se sont regardées » (elles ont regardé qui ? se). S’il est complément d’objet indirect, le participe reste invariable : « Ils se sont parlé » (parler à quelqu’un), « Elles se sont lavé les mains » (le COD, « les mains », est placé après). Restent invariables : se succéder, se plaire, se nuire, se sourire, se ressembler, se mentir.
Les cas particuliers
- Participe de fait suivi d’un infinitif : toujours invariable (« Elle s’est fait opérer »). Depuis les rectifications de 1990, laissé suivi d’un infinitif est également invariable.
- Autres participes suivis d’un infinitif (vu, entendu) : accord si le COD fait l’action de l’infinitif (« la pianiste que j’ai entendue jouer » : c’est elle qui joue), sinon invariable (« la sonate que j’ai entendu jouer »).
- Avec en COD, le participe reste en général invariable : « Des erreurs, j’en ai commis. »
- Verbes impersonnels : invariables (« les chaleurs qu’il a fait »).
- Coûter, valoir, peser, courir, vivre : invariables au sens propre, avec un complément de mesure (« les dix euros que ce livre m’a coûté »), variables au sens figuré, avec un vrai COD (« les efforts que ce travail m’a coûtés »).
Les autres accords délicats
| Mot | Règle | Exemples |
|---|---|---|
| tout | Adverbe (« tout à fait ») : invariable, sauf devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou un h aspiré | Elles sont tout étonnées. Elles sont toutes honteuses. |
| même | Adverbe (« aussi ») : invariable ; adjectif (« identique », « en personne ») : variable | Même les plus sceptiques. Ils sont venus eux-mêmes. |
| quelque / quel que | Quelque + nom : variable ; quelque + nombre (environ) : invariable ; quel que + être : accord avec le sujet | Quelques erreurs ; quelque cinquante personnes ; quelles que soient vos raisons. |
| demi | Avant le nom : invariable avec trait d’union ; après : accord en genre seulement | Une demi-heure ; deux heures et demie. |
| couleurs | Adjectif simple : variable ; nom employé comme adjectif ou couleur composée : invariable (sauf rose, mauve, fauve, pourpre, écarlate, incarnat) | Des robes roses ; des rideaux orange ; des yeux bleu clair. |
Le verbe s’accorde avec le sujet réel, même éloigné ou inversé. Avec « la plupart de », on accorde avec le complément (« La plupart des candidats ont réussi ») ; avec « plus d’un », le verbe reste au singulier (« Plus d’un élève a hésité ») ; avec « moins de deux », il est au pluriel. Dans l’écrit soutenu, on préfère « Ce sont mes amis » à « C’est mes amis ».
Mots confondus et tournures fautives
- Pallier est transitif direct : on pallie une difficulté, et non « à » une difficulté.
- Se rappeler quelque chose, mais se souvenir de quelque chose.
- Après que est suivi de l’indicatif (le fait est accompli) ; avant que et bien que, du subjonctif.
- Quoique signifie « bien que » ; quoi que signifie « quelle que soit la chose que » (« Quoi que vous disiez… »).
- Censé signifie « supposé » ; sensé signifie « raisonnable ».
- Davantage (plus) ne se confond pas avec « d’avantage » (d’intérêt) ; voire (et même) ne prend pas la forme « voir ».
- À l’écrit soutenu, on évite « malgré que » (préférer « bien que »), « suite à » (préférer « à la suite de ») et les pléonasmes comme « monter en haut » ou « au jour d’aujourd’hui ».
Attention
Les rectifications orthographiques de 1990 ont rendu facultatifs certains accents circonflexes et simplifié quelques pluriels de mots composés. Les deux graphies, traditionnelle et rectifiée, sont acceptées dans les copies : l’essentiel est de rester cohérent d’un bout à l’autre du devoir.
La concordance des temps et la ponctuation
Quand le verbe principal est au passé, les temps de la subordonnée se déplacent : le présent devient imparfait, le passé composé devient plus-que-parfait, le futur devient conditionnel présent. « Il affirme qu’il viendra » devient « Il affirmait qu’il viendrait ».
Règle
Après si exprimant une condition, on n’emploie jamais le conditionnel. On écrit : « Si j’avais le temps, je lirais davantage » (imparfait, puis conditionnel présent) et « Si j’avais su, je serais venu » (plus-que-parfait, puis conditionnel passé).
La ponctuation, enfin, structure la pensée. On ne sépare jamais le sujet de son verbe par une virgule unique. On place une virgule avant « mais », « or », « donc » lorsqu’ils relient deux propositions, et l’on encadre les incises et les compléments détachés par deux virgules. Le deux-points annonce une explication, une conséquence ou une citation ; le point-virgule sépare deux propositions étroitement liées. En typographie française, les guillemets sont « » et l’on place une espace avant les signes doubles ( ; : ! ? ). Enfin, les majuscules gardent leurs accents : « État », « À », « Égypte ».
À retenir
- Avec être : accord avec le sujet ; avec avoir : accord avec le COD placé avant.
- Verbes pronominaux : chercher la fonction du pronom ; se succéder, se plaire, se parler restent invariables.
- Fait + infinitif : invariable ; laissé + infinitif : invariable depuis 1990.
- Tout, même, quelque, demi, couleurs : vérifier la nature du mot.
- Pallier quelque chose, se rappeler quelque chose, après que + indicatif.
- Pas de conditionnel après si ; concordance des temps au passé.
- Jamais de virgule seule entre le sujet et le verbe.
Pour aller plus loin
- Entraîne-toi avec les exercices d’écrit soutenu.
- Fais le point avec le QCM d’orthographe et de grammaire.
- Mets ces règles au service d’un raisonnement avec le cours sur le résumé et la dissertation.


