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Voici le sujet du brevet français 2025 polynésie septembre, série générale, session de remplacement du 8 septembre 2025 en Polynésie française. L’épreuve dure 3 heures au total (1 h 10 de grammaire et de compréhension, 20 minutes de dictée, 1 h 30 de rédaction) et vaut 100 points ; le dictionnaire et la calculatrice sont interdits, sauf le dictionnaire pour la rédaction.
Partie 1 : texte et document support
Lisez le texte ci-dessous, extrait du roman de Chantal Spitz, puis observez le document iconographique. Les numéros de ligne cités dans les questions renvoient à la numérotation du sujet officiel, qui place un repère toutes les cinq lignes : la ligne 5 se termine par « Ce sera la fin de Ruahine. », la ligne 10 par « souffrances à naître. », la ligne 15 par « nouveaux enfants-mélange », la ligne 20 par « les entrailles de la », la ligne 25 par « parolier d’espérance. Les paroles, toujours les » et la ligne 30 par « chez eux… ».
Tematua, Emere et leurs trois enfants vivent paisiblement sur un motu de Ruahine, une île de la Polynésie française. Le Général-Président du gouvernement central a pris la décision d’effectuer des essais de tirs nucléaires dans cette partie isolée du monde. Terii qui comprend les enjeux de cette décision, souhaite s’y opposer.
– Le temps du combat est venu, Papa. Il faut absolument réveiller les gens et les informer des dangers de cette base. Les bouleversements de notre île. L’affluence d’étrangers. Les risques pour nous en cas d’accident. Tout peut exploser et nous serons réduits en cendres. Plus rien ne pourra jamais repousser et même la mer sera contaminée. Ce sera la fin de Ruahine.
Au culte du dimanche, Tematua, diacre de l’église, demande au pasteur d’annoncer qu’une réunion d’information concernant le projet se tiendrait le vendredi suivant.
Emere, Tematua et les enfants préparent minutieusement ce qu’ils diront. Tetiare et Terii expliquent à Tematua les conséquences envisageables d’une telle installation. Emere reste silencieuse devant tant de désillusions et de souffrances à naître.
Depuis que la radio a annoncé la nouvelle, Tematua sent qu’ils ont perdu leur Terre. Il sait que ses enfants sont neufs, forts de leur espérance et faibles de cette même espérance. Il sait qu’il doit parler lors de la réunion parce qu’il a vu la métropole il y a longtemps. Parce que depuis les temps immémoriaux (1) il est né de cette Terre. Parce que ses enfants, nés de cette Terre, ne savent plus vraiment la langue du ventre de leur peuple, nouveaux enfants-mélange de deux univers. Parce que malgré l’inutilité du combat, il faut se battre pour vivre debout.
Au jour dit, Tematua prend la parole après la prière du pasteur. Les traditionnelles paroles d’accueil et de remerciements dites, il explique à la foule massée autour de Manunu, ce qu’ils peuvent savoir du projet et de ses conséquences. Tous sont attentifs aux longues phrases de Tematua, paroles éternelles faites de leur monde, celles qui font se tordre les entrailles de la douleur de leur Terre violée, celles qui font monter du ventre la passion de leur vie d’étoiles et de mer. Pourtant, pas un instant il n’approchera la réalité. Comment expliquer l’inexplicable, dont les mots manquent à leur langue : base — lancement — missile — laboratoire — expérience — nucléaire ? Comment leur dire les images que leur esprit ne peut imaginer ?
Chacun parlera, parolier de douleur, parolier d’espérance. Les paroles, toujours les mêmes, reviendront, chacun les roulant en lui autour de son âme, les laissant pénétrer ses entrailles, les faisant siennes avant de les partager avec les autres.
« Dans quelle terre enterrer le pito (2) de nos enfants ? La Terre ne nous appartient pas, elle est aux générations futures. Nous sommes chez nous et nous ne voulons pas de leur centre. Ils n’ont qu’à l’installer chez eux… »
Chantal SPITZ, « L’inutile combat », L’Île des rêves écrasés, Au vent des îles, 1991
(1) Si anciens qu’on n’en connaît plus l’origine. (2) Cordon ombilical.
Document iconographique : Ancienne « Zone de vie » de l’atoll de Moruroa. Photographie en noir et blanc du journaliste Eric Feferberg, 6 juin 2000.
Compétences de compréhension et d’interprétation (30 points)
Question 1 (2 points)
1. Nommez les membres de la famille présentée dans ce texte.
Question 2 (2 points)
2. « les informer des dangers de cette base » (l. 1-2) : de quelle base parle-t-on ? Justifiez votre réponse.
Question 3 (3 points)
3. Dans le premier paragraphe, citez trois raisons pour lesquelles Terii veut empêcher la construction de cette base sur son île.
Question 4 (3 points)
4. a) Comment Emere réagit-elle aux préparatifs de la réunion ? (1 point)
b) Donnez une explication à cette réaction en vous basant sur le texte. (2 points)
Question 5 (3 points)
5. Pourquoi est-il difficile pour Tematua d’expliquer les mots comme « base — lancement — missile — laboratoire — expérience — nucléaire » (lignes 23-24) ? Appuyez-vous sur le texte pour répondre.
Question 6 (2 points)
6. « La Terre ne nous appartient pas, elle est aux générations futures » (lignes 28-29). Comment comprenez-vous cette phrase prononcée par les habitants ?
Question 7 (3 points)
7. Relisez le texte et montrez comment l’auteure compare la Terre à une mère. Appuyez votre réponse sur des expressions précises du texte.
Question 8 (4 points)
8. Quels enseignements ce texte vous apporte-t-il ? Précisez votre réponse.
Question 9 (2 points)
9. Donnez un titre à ce texte.
Question 10 (6 points)
10. Question sur l’image
a) Décrivez l’image. (3 points)
b) Comment illustre-t-elle le texte ? Justifiez votre réponse. (3 points)
Grammaire et compétences linguistiques (20 points)
Question 11 (2 points)
11. Quel est le temps le plus souvent employé dans ce texte ? Relevez deux verbes conjugués à ce temps.
Question 12 (2 points)
12. Ligne 12 : « Il sait que ses enfants sont neufs, forts de leur espérance »
a) Quelle est la classe grammaticale du mot souligné ? (1 point)
b) Donnez un antonyme de ce mot. (1 point)
Question 13 (3 points)
13. Comment est formé le mot « inexplicable » (ligne 22) ?
Question 14 (3 points)
14. Ligne 24 : « Comment leur dire les images que leur esprit ne peut imaginer ? »
a) À qui renvoient les mots soulignés ? (1 point)
b) Recopiez la phrase en indiquant sous ces deux mots soulignés la classe grammaticale à laquelle chacun appartient. (2 points)
Question 15 (7 points)
15. « Dans quelle terre enterrer le pito de nos enfants ? La Terre ne nous appartient pas, elle est aux générations futures. Nous sommes chez nous et nous ne voulons pas de leur centre. Ils n’ont qu’à l’installer chez eux… » (lignes 28 à 30)
Réécrivez ce passage en remplaçant « nous » par « je ». Vous effectuerez toutes les modifications qui s’imposent.
Question 16 (3 points)
16. « Plus rien ne pourra jamais repousser et même la mer sera contaminée. Ce sera la fin de Ruahine. »
Réécrivez ce passage au présent. Vous effectuerez toutes les modifications nécessaires.
Dictée
Dictée (10 points)
Durée : 20 minutes. L’examinateur dicte le texte ; le texte figure dans le corrigé. Les références écrites au tableau sont : Chantal Spitz, L’Île des rêves écrasés ; les mots « Toofa », « mo’otua », « Ruahine » et « Terii ». Le candidat écrit une ligne sur deux.
Rédaction (40 points)
Durée conseillée : 1 h 30. Le dictionnaire est autorisé. Vous traiterez au choix l’un des deux sujets suivants. Le sujet officiel n’impose pas de nombre de lignes minimum. Pour vous préparer, révisez le sujet d’imagination, le sujet de réflexion et l’épreuve de français du brevet.
Sujet d’imagination (40 points au choix)
Terii prend la parole à son tour. Imaginez ce qu’il dit aux habitants de son île pour expliquer à sa manière les dangers de l’installation de la base et trouver des solutions d’action non-violentes.
Sujet de réflexion (40 points au choix)
Toutes les causes méritent-elles d’être défendues, même lorsque les obstacles semblent insurmontables ?
Vous répondrez à cette question dans un développement organisé, en vous appuyant sur des exemples pris dans les œuvres littéraires, les films que vous connaissez, sur votre expérience personnelle ou familiale.

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