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Le sujet est sur la page Brevet de français 2025 : Polynésie française – session de remplacement (septembre). Traiter le sujet d’abord, puis comparer avec ce corrigé.
Voici le corrigé brevet français 2025 polynésie septembre (session de remplacement du 8 septembre 2025, série générale) : nous rédigeons une réponse détaillée pour chaque question du sujet, la dictée avec son barème et une production modèle pour chaque sujet de rédaction. L’épreuve est notée sur 100 points. Les réponses proposées sont rédigées par nos soins ; d’autres formulations sont acceptées dès qu’elles sont justes et justifiées.
Compétences de compréhension et d’interprétation (30 points)
Corrigé de la question 1 (2 points)
La famille est composée de cinq personnes : le père, Tematua, la mère, Emere, et leurs trois enfants, dont deux sont nommés : Tetiare et Terii. Le troisième enfant n’est pas nommé dans l’extrait.
Barème : 1 point pour les deux parents, 1 point pour les enfants (Tetiare et Terii, et la mention des trois enfants). Erreur fréquente : citer le pasteur ou « Manunu », qui n’appartiennent pas à la famille.
Corrigé de la question 2 (2 points)
On parle d’une base d’essais nucléaires que le gouvernement veut installer sur l’île. Le texte d’introduction précise que le Général-Président a décidé « d’effectuer des essais de tirs nucléaires » (1 point). Les mots de Terii le confirment : « Tout peut exploser et nous serons réduits en cendres », et la liste « base — lancement — missile — laboratoire — expérience — nucléaire » (l. 23-24) appartient au vocabulaire militaire et scientifique de l’atome (1 point).
Attention : une réponse « une base militaire » est acceptée si elle est justifiée par un de ces éléments.
Corrigé de la question 3 (3 points)
Dans le premier paragraphe (l. 1 à 5), Terii énumère plusieurs raisons ; trois suffisent (1 point chacune) :
- les bouleversements du mode de vie sur l’île (« Les bouleversements de notre île ») ;
- l’arrivée massive d’étrangers (« L’affluence d’étrangers ») ;
- le risque d’accident : « Tout peut exploser et nous serons réduits en cendres » ;
- la destruction durable de la nature : « Plus rien ne pourra jamais repousser et même la mer sera contaminée » ;
- la disparition de l’île : « Ce sera la fin de Ruahine ».
Erreur fréquente : citer seulement une idée reformulée de plusieurs façons (par exemple « les cendres » et « l’explosion » forment une seule raison).
Corrigé de la question 4 (3 points)
a) Emere reste silencieuse (« Emere reste silencieuse », l. 9-10), alors que son mari et ses enfants préparent activement la réunion. (1 point)
b) Ce silence s’explique par sa tristesse et son accablement : elle est écrasée « devant tant de désillusions et de souffrances à naître ». Elle mesure la gravité du projet, elle pressent les malheurs que ses enfants vont connaître et se sent peut-être impuissante. Mère, elle pense à l’avenir des siens. (1 point pour l’idée de tristesse ou d’inquiétude, 1 point pour la justification par la citation.)
Corrigé de la question 5 (3 points)
Tematua peine à expliquer ces mots pour trois raisons, toutes tirées du texte :
- ils sont absents de la langue du peuple : « dont les mots manquent à leur langue » (l. 22-23) ; il faudrait expliquer des notions qui n’ont pas de nom pour les habitants ;
- ils renvoient à des réalités inconnues et inimaginables pour la population : « les images que leur esprit ne peut imaginer » (l. 24) ;
- c’est l’inexplicable : « pas un instant il n’approchera la réalité » (l. 21-22), car l’horreur d’un essai nucléaire dépasse tout ce qu’ils ont vécu.
Barème : 1 point par raison justifiée par le texte, 3 au maximum. On peut ajouter que les enfants eux-mêmes « ne savent plus vraiment la langue » traditionnelle (l. 14-15).
Corrigé de la question 6 (2 points)
Cette phrase signifie que la Terre n’est pas une propriété dont on peut disposer à sa guise : les habitants ne sont que des gardiens temporaires. Ils l’ont reçue de leurs ancêtres et doivent la transmettre intacte à leurs enfants et petits-enfants. Détruire ou contaminer l’île, c’est donc voler l’avenir des générations futures et trahir un héritage. (1 point pour l’idée de non-propriété, 1 point pour la transmission ou la responsabilité envers les descendants.)
Corrigé de la question 7 (3 points)
L’auteure personnifie la Terre (avec une majuscule) et la montre comme une mère qui donne la vie. Expressions à relever :
- « il est né de cette Terre » (l. 13), « ses enfants, nés de cette Terre » (l. 14) : les habitants sont ses enfants ;
- « la langue du ventre de leur peuple » (l. 15) : le ventre, lieu de la naissance, relie le peuple à sa langue maternelle ;
- « leur Terre violée » (l. 21) : on parle d’une femme que l’on agresse, ce qui suggère qu’on porte atteinte à une mère ;
- « le pito de nos enfants » (l. 28) : le cordon ombilical est enterré dans la terre, qui nourrit l’enfant comme une mère.
Barème : 1 point par expression bien expliquée, 3 au maximum. Il faut citer précisément, pas seulement affirmer « la Terre est une mère ».
Corrigé de la question 8 (4 points)
Les enseignements possibles sont nombreux ; il faut en développer deux ou trois, avec une justification tirée du texte :
- le texte dénonce les essais nucléaires conduits dans le Pacifique, qui menacent des populations et leur environnement ;
- il montre l’attachement viscéral d’un peuple à sa terre, vécue comme une mère et un héritage ;
- il illustre la force de la parole collective : chacun prend la parole, « parolier de douleur, parolier d’espérance », pour résister sans violence ;
- il rappelle qu’il faut se battre même quand le combat paraît inutile (« il faut se battre pour vivre debout », l. 16), d’où le titre « L’inutile combat » ;
- il révèle le fossé entre deux mondes : celui des décideurs et celui des habitants, dont la langue n’a même pas les mots de la technique.
Barème : 2 points pour des enseignements pertinents et variés, 2 points pour la justification et la clarté de la rédaction.
Corrigé de la question 9 (2 points)
Tout titre cohérent est accepté s’il résume le texte (1 point) et s’il est bien formulé (1 point). Propositions : « Défendre la Terre-mère », « La réunion de Ruahine », « Le combat de Tematua », « Contre la base nucléaire ». Le titre original du chapitre est « L’inutile combat ». Un titre qui ne parle que d’un détail (« La famille de Tematua ») est moins bien valorisé.
Corrigé de la question 10 (6 points)
a) Description (3 points). La photographie est en noir et blanc. Au premier plan, un sol noirci, couvert de souches, de troncs coupés et de branches mortes : le paysage semble brûlé et dévasté. Au deuxième plan, on voit un ancien mur ou une digue qui longe le rivage, puis, à droite, l’étendue calme du lagon. À l’arrière-plan, quelques cocotiers et une végétation dense se dressent sous un ciel chargé de nuages. (1 point par plan correctement décrit, ou 1 point pour la nature du document, 1 point pour la disposition, 1 point pour les détails.)
b) Lien avec le texte (3 points). L’image montre l’atoll de Moruroa, lieu réel des essais nucléaires français en Polynésie : elle illustre donc concrètement le projet que Terii redoute. Le sol dévasté, où rien ne pousse, correspond à sa crainte : « Plus rien ne pourra jamais repousser » (l. 4). Le titre « Zone de vie » désigne un lieu autrefois habité, ce qui rejoint la menace de voir disparaître l’île (« la fin de Ruahine »). Le contraste entre les cocotiers intacts et les souches détruites rappelle celui entre l’île paisible du début et la « Terre violée » (l. 21). (1 point par rapprochement justifié.)
Grammaire et compétences linguistiques (20 points)
Corrigé de la question 11 (2 points)
Le temps le plus employé est le présent de l’indicatif (1 point). Verbes à relever : « prend », « explique », « sait », « sent », « demande », « reste », « préparent » (1 point pour deux verbes bien relevés et conjugués au présent). Il s’agit d’un présent de narration, qui rend les événements proches du lecteur ; les paroles rapportées emploient aussi le présent de vérité générale (« est aux générations futures »).
Erreur fréquente : relever « a pris » ou « est venu », qui sont des passés composés.
Corrigé de la question 12 (2 points)
a) « forts » est un adjectif qualificatif, masculin pluriel, qui qualifie « ses enfants ». (1 point)
b) Un antonyme est « faibles » (le texte l’emploie à la ligne suivante : « faibles de cette même espérance »). On accepte aussi « fragiles » ou « impuissants ». (1 point) Attention : donner « faible » au singulier ne retire pas le point, mais l’accord est un bon réflexe.
Corrigé de la question 13 (3 points)
« Inexplicable » est un mot dérivé formé de trois éléments :
- le préfixe « in- », qui exprime la négation (le contraire) (1 point) ;
- le radical « explic- », issu du verbe « expliquer » (1 point) ;
- le suffixe « -able », qui signifie « qui peut être » et sert à former un adjectif (1 point).
Le mot signifie donc « qui ne peut pas être expliqué ». C’est un adjectif, ici employé comme nom (« l’inexplicable »).
Corrigé de la question 14 (3 points)
a) Les deux mots « leur » renvoient aux habitants de l’île, c’est-à-dire à la foule réunie autour de Tematua, à ceux à qui il s’adresse. (1 point)
b) Phrase recopiée avec les classes grammaticales :
Comment leur dire les images que leur esprit ne peut imaginer ?
- le premier « leur » est un pronom personnel (complément d’objet indirect, équivalent de « à eux ») : il remplace un nom et est placé devant le verbe « dire » (1 point) ;
- le second « leur » est un déterminant possessif : il accompagne le nom « esprit » (1 point).
Piège : le pronom « leur » est invariable, le déterminant possessif prend un « s » au pluriel (« leurs esprits »).
Corrigé de la question 15 (7 points)
Texte attendu : « Dans quelle terre enterrer le pito de mes enfants ? La Terre ne m’appartient pas, elle est aux générations futures. Je suis chez moi et je ne veux pas de leur centre. Ils n’ont qu’à l’installer chez eux… »
Barème (7 points) :
- « nos enfants » devient « mes enfants » : déterminant possessif de la première personne du singulier (1 point) ;
- « ne nous appartient pas » devient « ne m’appartient pas » : pronom personnel élidé, devant la voyelle de « appartient » (2 points : 1 pour « me », 1 pour l’élision et la place de « ne ») ;
- « Nous sommes » devient « Je suis » : changement de sujet et de verbe (2 points) ;
- « chez nous » devient « chez moi » : pronom tonique (1 point) ;
- « nous ne voulons » devient « je ne veux » : conjugaison de « vouloir » à la première personne du singulier, avec -x (1 point).
À ne pas modifier : « leur centre », « Ils n’ont qu’à l’installer chez eux » (« eux » désigne les autres), « elle est aux générations futures ». Il ne faut pas écrire « Je ne veut » ni « chez nous ».
Corrigé de la question 16 (3 points)
Texte attendu : « Plus rien ne peut jamais repousser et même la mer est contaminée. C’est la fin de Ruahine. »
Barème (3 points) :
- « pourra » devient « peut » : pouvoir au présent, troisième personne du singulier, avec -t (1 point) ;
- « sera contaminée » devient « est contaminée » : le verbe « être » au présent, le participe passé « contaminée » reste accordé avec « mer », féminin singulier (1 point) ;
- « Ce sera » devient « C’est » : présent de « être » avec élision de « ce » (1 point).
Erreur fréquente : écrire « Ce est » sans élision, ou oublier le « e » de « contaminée ».
Dictée (10 points)
Texte de la dictée
Toofa essaie de raisonner son mo’otua [point]. De lui expliquer que l’occasion est enfin offerte à Ruahine de se développer [point]. Que le mode de vie changera [point]. Que la civilisation apportera ce progrès et ces avantages qui ont pour nom argent [virgule], travail [virgule], consommation [point]. Terii ne l’écoute pas [point]. Il ne peut pas l’écouter [point]. Ces mots et leur réalité [virgule], il les connaît [virgule], lui qui revient de la civilisation [point]. Il a vécu cette vie qui n’est pas pour eux [point]. Rien n’a préparé les habitants de Ruahine à cette explosion soudaine et incontrôlable [point].
Source : Chantal Spitz, L’Île des rêves écrasés. Les mots « Toofa », « mo’otua », « Ruahine » et « Terii » sont écrits au tableau avant la dictée. Les indications entre crochets sont dites par l’examinateur lors de la dictée effective et ne sont pas écrites.
Barème de la dictée
La dictée est notée sur 10 points. Barème indicatif : on part de 10 points et on retire 1 point par erreur d’orthographe grammaticale ou lexicale grave (accord, conjugaison, mot écrit incorrectement), 0,5 point pour une erreur moins grave (accent, trait d’union, ponctuation) ; la note ne peut pas être négative. Une même erreur répétée ne compte qu’une fois. Les mots écrits au tableau ne sont pas sanctionnés s’ils sont recopiés correctement.
Pièges d’orthographe expliqués
- « essaie » : verbe « essayer » au présent, troisième personne du singulier ; les deux graphies « essaie » et « essaye » sont correctes ;
- « raisonner » : un seul « n » après « raiso », deux « n » dans « raisonner » ; infinitif en -er après « de » ;
- « l’occasion est enfin offerte » : le participe passé « offerte » s’accorde avec le sujet « occasion » (féminin singulier) ; « occasion » prend deux « c » et un seul « s » ;
- « de se développer » : un seul « l » et deux « p » ;
- « changera », « apportera » : verbes au futur de l’indicatif, terminaison -a à la troisième personne du singulier ;
- « qui ont pour nom » : « ont » est le verbe « avoir » (on peut le remplacer par « avaient ») et ne doit pas être confondu avec « on » ; l’accord se fait avec « avantages », pluriel ;
- « argent, travail, consommation » : « consommation » prend deux « m » ;
- « Terii ne l’écoute pas » : « l’ » est le pronom complément élidé ; « écoute » sans « s » car c’est la troisième personne du singulier ;
- « Il ne peut pas l’écouter » : « peut » avec -t final ; « écouter » à l’infinitif après le verbe « peut » ;
- « il les connaît » : accent circonflexe sur le « i » de « connaît » (présent, troisième personne du singulier) ; deux « n » ;
- « lui qui revient » : l’antécédent de « qui » est « lui », donc le verbe se met à la troisième personne du singulier, -t final ;
- « Il a vécu cette vie » : participe passé « vécu » en -u avec accent aigu sur le « é » ; « qui n’est pas pour eux » avec « eux » (et non « eut ») ;
- « Rien n’a préparé » : « a » est le verbe « avoir » ; le participe « préparé » reste invariable car le COD « les habitants » est placé après le verbe ;
- « à cette explosion soudaine et incontrôlable » : « à » avec accent grave (préposition) ; « soudaine » et « incontrôlable » s’accordent avec « explosion », féminin singulier ; « incontrôlable » est formé de « in- » + « contrôler » + « -able » avec un seul « l ».
Cette épreuve de dictée ne comporte pas de réécriture séparée : la réécriture est évaluée dans les questions 15 et 16 de la partie « Grammaire et compétences linguistiques ».
Rédaction (40 points)
Le candidat traite un seul des deux sujets. La rédaction est évaluée sur 40 points : 20 points pour le fond (respect du sujet, cohérence, richesse et exactitude des idées ou des exemples) et 20 points pour la langue (orthographe, syntaxe, ponctuation, lexique, tenue du style). Aucune longueur minimale n’est imposée dans le sujet 2025 ; visez au moins deux pages, soit environ 300 à 450 mots.
Sujet d’imagination : analyse du sujet
Le sujet demande un discours : Terii prend la parole devant les habitants de Ruahine, lors de la réunion. Il faut respecter trois consignes : expliquer les dangers de la base nucléaire (explosion, contamination, bouleversement du mode de vie), le faire « à sa manière », c’est-à-dire avec les mots d’un jeune homme qui a connu la métropole et qui aime sa terre, et proposer des solutions d’action non violentes (pétition, courriers, grève, veillées, appel aux journalistes).
Plan : 1) l’adresse à l’assemblée et la prise de parole ; 2) les dangers expliqués avec des images concrètes ; 3) les actions non violentes proposées ; 4) l’appel final. Critères : discours à la première personne et au présent, interpellations (« vous », « nous »), phrases courtes et efficaces, images simples, cohérence avec le texte (Terre-mère, pito, générations futures), absence de violence, orthographe.
Production modèle (sujet d’imagination)
Terii se leva, regarda longuement la foule et attendit que le silence s’installe.
« Mes frères, mes sœurs, mes anciens, mon père a parlé avec le cœur et je veux parler avec ce que j’ai vu. Moi qui reviens de la métropole, je sais ce que sont les bases, les missiles et les laboratoires. Ces mots n’ont pas de nom dans notre langue, alors je vais les traduire. Imaginez que le ciel s’ouvre, que le sol tremble, et que le lagon, où nos enfants nagent chaque matin, devienne un poison invisible. Imaginez que le poisson de nos filets ne puisse plus être mangé, que les cocotiers meurent un à un et que plus rien ne repousse. Voilà ce que la base apportera avec elle. Voilà la fin de Ruahine.
On nous promet l’argent, le travail, le progrès. Mais que vaut un salaire si l’on ne peut plus boire l’eau de sa terre ? Que vaut une route neuve si l’on ne peut plus y enterrer le pito de ses enfants ? Les étrangers viendront en foule, ils décideront à notre place, et notre langue, déjà fragile, se perdra.
Pourtant, je ne vous demande ni la colère ni la violence. La violence ferait le jeu de ceux qui veulent nous faire taire. Je vous propose des armes plus fortes : nos voix. Écrivons ensemble une lettre au gouvernement et signons-la tous, du plus jeune au plus âgé. Racontons notre histoire à la radio, aux journaux, à tous ceux qui, loin d’ici, ne savent même pas que Ruahine existe. Organisons une veillée de prières et de chants sur la plage, et que personne ne puisse prétendre ne pas nous avoir entendus. Refusons de louer nos terres, de travailler sur le chantier et de vendre notre silence. Et si l’on nous répond par le mépris, nous nous tiendrons debout, côte à côte, paisibles et immobiles, comme les arbres de notre île.
La Terre ne nous appartient pas : elle est à ceux qui naîtront. Défendons-la ensemble, sans haine, mais sans jamais reculer. »
Un long murmure parcourut l’assemblée. Puis, un à un, les habitants se levèrent.
Sujet de réflexion : analyse du sujet
La question est précise : « Toutes les causes méritent-elles d’être défendues, même lorsque les obstacles semblent insurmontables ? » Le mot « toutes » invite à se demander s’il existe des causes qui ne méritent pas d’être défendues (causes injustes), et la concession « même lorsque » oblige à traiter le cas des combats qui paraissent perdus d’avance. Il faut donc dépasser un simple « oui » ou « non ».
Plan dialectique : 1) oui, une cause juste mérite d’être défendue même si elle semble perdue (dignité, victoires inattendues, exemple des habitants de Ruahine) ; 2) mais toutes les causes ne se valent pas et il faut parfois savoir mesurer les risques et choisir ses combats ; 3) conclusion nuancée : seules les causes justes méritent notre engagement, et l’obstacle ne doit pas servir d’excuse à l’inaction. Critères : thèse claire, arguments distincts, exemples précis et exacts (littérature, histoire, cinéma, expérience), connecteurs logiques, conclusion, langue correcte.
Production modèle (sujet de réflexion)
Défendre une cause, c’est s’engager pour une idée ou pour des personnes que l’on veut protéger. Mais quand l’adversaire est puissant et que les chances de succès semblent minces, faut-il continuer ? Toutes les causes méritent-elles d’être défendues, même quand les obstacles paraissent insurmontables ? Nous verrons d’abord que les causes justes valent la peine d’être défendues malgré les difficultés, puis que le courage ne dispense pas de discernement.
D’abord, une cause juste mérite d’être défendue, même si la victoire semble lointaine. Dans le texte de Chantal Spitz, Tematua sait que le combat est « inutile », et pourtant il affirme qu’« il faut se battre pour vivre debout ». Se battre est déjà une victoire sur la résignation : on refuse de se laisser écraser. L’histoire montre aussi que des combats jugés perdus ont fini par triompher. Rosa Parks, en refusant de céder sa place dans un autobus de Montgomery en 1955, a lancé un mouvement qui a contribué à mettre fin à la ségrégation dans les transports. Gandhi, avec une résistance non violente, a obtenu l’indépendance de l’Inde face à un empire immense. Les habitants du Pacifique, quant à eux, ont fini par voir les essais nucléaires s’arrêter en 1996, après des années de protestations. Ces exemples prouvent que l’obstacle n’est pas une raison suffisante pour renoncer.
Cependant, toutes les causes ne se valent pas, et le courage doit s’accompagner de réflexion. Défendre une cause injuste, comme une idéologie de haine, ne mérite pas d’engagement, quels que soient les obstacles. Par ailleurs, quand un combat met en danger la vie des autres, il est parfois sage de choisir ses batailles et d’adapter ses moyens. Dans Antigone, la jeune héroïne défie le roi Créon pour enterrer son frère ; sa cause est juste, mais son obstination la conduit à la mort et entraîne le malheur de sa famille. Dans mon expérience personnelle, j’ai compris qu’avant de m’engager dans un projet difficile, il valait mieux me demander si je pouvais l’obtenir par d’autres moyens plus efficaces.
Ainsi, les obstacles ne suffisent pas à rendre une cause indigne d’être défendue, car l’espoir naît souvent de la persévérance. Mais il faut s’assurer que la cause est juste et choisir des moyens réfléchis. En définitive, ce qui fait la valeur d’un combat, ce n’est pas sa chance de réussir, mais ce qu’il défend : la dignité, la liberté et l’avenir de ceux qui viendront après nous.
Barème et conseils
| Partie | Questions | Points |
|---|---|---|
| Compréhension et compétences d’interprétation | 1 à 10 | 30 |
| Grammaire et compétences linguistiques | 11 à 16 | 20 |
| Dictée | texte de Chantal Spitz | 10 |
| Rédaction (un sujet au choix) | imagination ou réflexion | 40 |
| Total | 100 |
Échelle de notes indicative : moins de 40 points sur 100 : à consolider ; de 40 à 59 : correct, avec des lacunes ; de 60 à 79 : bon niveau ; 80 et plus : très bon niveau. Pour convertir en note sur 20, divisez le total par 5.
Conseil 1 : améliorer les questions de compréhension et de grammaire. Revoyez la méthode avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec des exercices corrigés.
Conseil 2 : progresser en dictée et en rédaction. Pour l’orthographe, travaillez la dictée et la réécriture et les exercices de dictée ; pour la rédaction, consultez le sujet d’imagination et le sujet de réflexion.

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