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Ce contrôle terminale histoire violence évalue la lecture de deux textes qui dénoncent la guerre, le vocabulaire du témoignage et la capacité à réfléchir sur les moyens de dire la violence. Durée : 1 heure 30, notation sur 20 points.
Texte A : la guerre racontée par Voltaire
Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface.
Voltaire, Candide ou l’Optimisme, chapitre 3, 1759
Texte B : la guerre révélée par Rimbaud
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud, « Le Dormeur du val », dernier tercet, 1870
Exercice 1 : Analyser l’ironie de Voltaire (6 points)
Répondre aux questions sur le texte A, en citant le texte.
- Relever le champ lexical dominant dans la première phrase et dire quelle image de la guerre il construit.
- Expliquer l’effet produit par la formule « formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer ».
- Analyser le ton du narrateur lorsqu’il évoque les « six mille hommes » renversés.
- Expliquer l’expression « du meilleur des mondes » et dire quelle philosophie elle vise.
- Justifier l’emploi du mot « coquins » pour désigner les victimes.
- Montrer, en s’appuyant sur deux procédés, comment le texte dénonce la guerre sans la condamner explicitement.
Exercice 2 : Lire le dernier tercet de Rimbaud (5 points)
Répondre aux questions sur le texte B.
- Expliquer l’effet produit par le contraste entre le début et la fin du tercet.
- Analyser la place et le rôle du mot « Tranquille » en début de vers, après une pause.
- Montrer comment le verbe « dort » et le mot « soleil » préparent la chute du dernier vers.
- Nommer la figure de style qui consiste à dire « il dort » pour « il est mort » et expliquer son effet.
- Dire en quoi la simplicité de l’expression « deux trous rouges » rend la violence plus frappante.
Exercice 3 : Confronter les deux textes (2 points)
Répondre aux questions sur l’ensemble du corpus.
- Comparer la manière dont chacun des deux auteurs dénonce la guerre : par quel moyen principal ?
- Dire lequel des deux textes cherche à émouvoir et lequel cherche surtout à faire réfléchir, en justifiant en une phrase.
Exercice 4 : Repères sur histoire et violence (3 points)
Répondre aux questions de culture littéraire et historique.
- Définir le mot « témoignage » dans son sens littéraire.
- Distinguer la « mémoire » de l’« histoire ».
- Donner l’auteur, le titre complet et la date du texte A.
Exercice 5 : Dire la violence (4 points)
Rédiger un paragraphe argumenté d’une quinzaine de lignes pour répondre à la question suivante : « La littérature peut-elle dire la violence de l’histoire sans la rendre belle ? »
Critères de réussite : une thèse nuancée ; au moins deux références précises (les textes du corpus ou d’autres œuvres du programme) ; une distinction entre représenter et justifier la violence ; une langue soutenue.

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