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Voici le corrigé brevet français 2021 France, rédigé question par question pour l’épreuve de la série générale du 28 juin 2021, notée sur 100 points (50 points de compréhension et de grammaire, 10 points de dictée, 40 points de rédaction). Les réponses sont justifiées par le texte de Théophile Gautier, extrait du Capitaine Fracasse, et chaque barème est détaillé.
I. Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)
Corrigé de la question 1 (4 points)
Les lieux (2 points). La scène se passe dans le château du Baron, qualifié de « manoir » (ligne 7) et de « logis désert » (ligne 11). On peut préciser les pièces successivement traversées : la cuisine (« les recoins de la cuisine », ligne 2), l’escalier (ligne 16), la salle à manger (ligne 17) et enfin la chambre à coucher (ligne 19). Un seul lieu bien justifié donne les 2 points.
Le moment (2 points). C’est le soir, au début de la nuit : « la nuit s’était faite » (ligne 1). Les indices de lumière le confirment : le « reste de feu » (ligne 3), la « torche » (ligne 15), la « petite lampe » (ligne 20) et « le soir » (ligne 25).
Erreur fréquente : donner les lieux et le moment sans aucune citation. Il faut justifier par le texte.
Corrigé de la question 2 (5 points)
a) (2 points). L’expression signifie que le Baron est seul et isolé dans un château vide, autrefois habité par une famille puissante et de nombreux serviteurs. Cette solitude est triste (« intimité triste », ligne 5) parce qu’elle est subie : elle rappelle la déchéance de la famille, sa ruine et la perte de son ancienne gloire. Toute explication qui évoque la tristesse d’un lieu désert et l’idée de déclin est acceptée.
b) (3 points, 1 point par élément). La phrase suivante (lignes 6 à 11) prouve cette solitude de trois façons :
- la restriction « ne… que » répétée : « il ne restait qu’un rejeton », « il n’existait plus qu’un seul domestique », « il ne survivait qu’un chien unique » ;
- le passage du collectif au singulier : « une famille » devient « un rejeton », « une livrée nombreuse » devient « un seul domestique », « une meute de trente chiens » devient « un chien unique ». Ces oppositions montrent la perte ;
- le parallélisme de construction (« D’une… il ne restait… ; d’une… il n’existait… ; d’une… il ne survivait… »), qui répète le même schéma comme un constat qui s’aggrave. On accepte aussi le lexique de l’isolement et du déclin : « isolé », « errant comme une ombre », « presque aveugle et tout gris de vieillesse », « désert ».
Erreur fréquente : relever des mots au hasard sans expliquer leur effet.
Corrigé de la question 3 (6 points)
Le phénomène et sa cause (2 points). Le soir, la tapisserie s’anime : le chasseur qui y est représenté semble prendre vie et devient « un être presque réel » (ligne 27). Ce qui déclenche cette transformation, c’est la lumière de la lampe : « à la clarté douteuse de la lampe » (ligne 25), « ainsi éclairé » (ligne 26).
Deux procédés analysés (2 points chacun). Au choix :
- la comparaison « Il ressemblait […] à un assassin guettant sa victime » (lignes 27-28) et la tournure « On eût dit une bouche de vampire empourprée de sang » (ligne 29) : le chasseur devient une figure menaçante, presque monstrueuse ;
- les verbes de transformation : « prenait des tons livides », « devenait un être presque réel » : ils décrivent le passage de l’image au vivant ;
- la construction intensive « encore bien pis » (lignes 24-25), qui souligne que l’effet inquiétant s’aggrave la nuit ;
- les couleurs contrastées (« lèvres rouges », « visage pâle ») qui accentuent l’aspect de cadavre.
Il ne suffit pas de nommer un procédé : il faut citer et expliquer son effet.
Corrigé de la question 4 (6 points)
Trois idées bien justifiées suffisent (2 points chacune) :
- Un univers étrange et surnaturel. Le chat s’appelle « Béelzébuth », l’un des noms du diable ; la chambre a « l’air d’une chambre à revenants » ; le chasseur a « une bouche de vampire empourprée de sang » ; la comparaison avec « un ténia dans l’esprit-de-vin à la montre d’un apothicaire » évoque un monde macabre.
- Un décor qui s’anime. Les portraits ont « une apparence de vie » (ligne 16), leurs yeux « semblaient lancer un regard de pitié douloureuse » ; le chasseur de la tapisserie devient « presque réel » ; le vent « poussait des soupirs d’orgue » (ligne 31), c’est une personnification. Les adjectifs « pâlies », « douloureuse » et « livides » donnent l’impression de fantômes.
- Une atmosphère inquiétante faite de clair-obscur. Les adjectifs « fumeuse », « enfumés », « douteuse », « sombre », « intermittentes », « effrayants », « singuliers » et l’adverbe « étrangement » (ligne 28) créent la peur et le doute, avec une lumière faible et vacillante.
Conseil : organisez la réponse en paragraphe rédigé, une idée par phrase, avec citations courtes.
Corrigé de la question 5 (5 points)
Plusieurs sentiments sont possibles. Chaque sentiment nommé et expliqué vaut 1 point, chaque élément du texte précis vaut 1 point (au moins trois éléments au total).
- La compassion pour le Baron, dernier d’une famille ruinée, « accablé par la solitude, le désœuvrement et l’ennui » (lignes 22-23), au milieu d’une « mélancolique solitude » (ligne 6).
- La peur ou l’inquiétude, nées des comparaisons macabres (« un assassin guettant sa victime », « une bouche de vampire »), des « bruits effrayants et singuliers » (lignes 31-32) et de la lumière vacillante.
- La curiosité, car on se demande comment le Baron est tombé dans cette misère et ce qui va se passer dans cette chambre.
Deux sentiments bien justifiés donnent la totalité des points.
Corrigé de la question 6 (6 points)
Le photogramme du film de Cocteau, La Belle et la Bête (1946), montre une table éclairée au premier plan par un chandelier et quelques objets (verre, carafe), tandis que le fond est plongé dans le noir, simplement ponctué d’une enfilade de candélabres. Un personnage en costume au visage éclairé se détache de l’obscurité. Deux rapprochements justifiés valent 3 points chacun :
- Les jeux de lumière. Comme dans le texte, la lumière est faible et partielle : le décor n’est éclairé que par des sources fragiles (chandelier, torche, lampe), et le reste demeure dans l’ombre. On peut rapprocher la « lueur fumeuse de la torche » (ligne 15) et les « lueurs intermittentes » (ligne 31) du clair-obscur de l’image. Le personnage seul, au visage éclairé sur fond noir, rappelle le Baron seul dans sa chambre.
- Le décor qui prend vie. Sur le photogramme, des bras humains semblent sortir de la table et du mur pour tenir les chandeliers ; dans le texte, les portraits ont « une apparence de vie » et le chasseur de la tapisserie devient « un être presque réel ». Dans les deux cas, des objets inanimés paraissent vivants et l’ambiance devient fantastique.
II. Grammaire et compétences linguistiques (18 points)
Corrigé de la question 7 (2 points)
a) (1 point). On peut remplacer « devenait » par le verbe « être » (« était ») ou par un autre verbe d’état comme « semblait », « paraissait » ou « restait ».
b) (1 point). Le groupe « un être presque réel » est attribut du sujet « le chasseur ». Ce verbe d’état relie le sujet à une caractéristique ; ce groupe ne peut être ni supprimé ni déplacé librement, contrairement à un complément circonstanciel.
Corrigé de la question 8 (6 points)
Les trois expansions du nom « portraits » sont (1 point pour le relevé, 1 point pour la nature) :
- « enfumés » : adjectif qualificatif épithète (participe passé employé comme adjectif) ;
- « de la salle à manger » : groupe nominal prépositionnel, complément du nom ;
- « dont les yeux noirs et fixes semblaient lancer un regard de pitié douloureuse sur leur descendant » : proposition subordonnée relative, introduite par le pronom relatif « dont ».
Erreur fréquente : relever « noirs et fixes », qui qualifient « yeux » et non « portraits ».
Corrigé de la question 9 (10 points)
Réécriture attendue :
La tapisserie prenait des tons livides, et les chasseurs, sur un fond de verdure sombre, devenaient, ainsi éclairés, des êtres presque réels. Ils ressemblaient, avec leurs arquebuses en joue, à des assassins guettant leurs victimes, et leurs lèvres rouges ressortaient plus étrangement encore […]
Barème (10 points, 1 point par modification juste) : « devenaient » ; « éclairés » ; « des êtres » ; « presque réels » ; « Ils ressemblaient » ; « leurs arquebuses » ; « des assassins » ; « leurs victimes » ; « leurs lèvres rouges » ; « ressortaient ». On accepte « leur arquebuse » et « leur victime » au singulier.
Ce qui ne change pas : « des tons livides » (déjà au pluriel), « un fond de verdure sombre » (un seul fond), « guettant » (participe présent, invariable), « en joue » (locution figée) et « plus étrangement encore » (adverbes).
III. Dictée (10 points)
Texte de la dictée
Extrait de François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe (1848-1850). On précise que le narrateur est un homme.
La nuit, je n’apercevais qu’un petit morceau du ciel et quelques étoiles. Lorsque la lune brillait et qu’elle s’abaissait à l’occident, j’en étais averti par ses rayons, qui venaient à mon lit au travers des carreaux losangés de la fenêtre. Des chouettes, voletant d’une tour à l’autre, passant et repassant entre la lune et moi, dessinaient sur mes rideaux l’ombre mobile de leurs ailes. Relégué dans l’endroit le plus désert, à l’ouverture des galeries, je ne perdais pas un murmure des ténèbres. Quelquefois, le vent semblait courir à pas légers ; quelquefois il laissait échapper des plaintes ; tout à coup, ma porte était ébranlée avec violence, les souterrains poussaient des mugissements, puis ces bruits expiraient pour recommencer encore.
Texte tel que l’examinateur le dicte, avec la ponctuation à dire :
La nuit [virgule] je n’apercevais qu’un petit morceau du ciel et quelques étoiles [point] Lorsque la lune brillait et qu’elle s’abaissait à l’occident [virgule] j’en étais averti par ses rayons [virgule] qui venaient à mon lit au travers des carreaux losangés de la fenêtre [point] Des chouettes [virgule] voletant d’une tour à l’autre [virgule] passant et repassant entre la lune et moi [virgule] dessinaient sur mes rideaux l’ombre mobile de leurs ailes [point] Relégué dans l’endroit le plus désert [virgule] à l’ouverture des galeries [virgule] je ne perdais pas un murmure des ténèbres [point] Quelquefois [virgule] le vent semblait courir à pas légers [point-virgule] quelquefois il laissait échapper des plaintes [point-virgule] tout à coup [virgule] ma porte était ébranlée avec violence [virgule] les souterrains poussaient des mugissements [virgule] puis ces bruits expiraient pour recommencer encore [point]
Barème officiel de la dictée (10 points). On part de 10 points et on retire : 1 point par erreur grammaticale ; 0,5 point par erreur lexicale ; 0,5 point par groupe de quatre erreurs de ponctuation, de majuscule, de trait d’union ou d’accent. Chaque mot oublié compte pour une erreur lexicale. Si plusieurs erreurs portent sur le même mot, seule la plus grave est comptée ; une erreur répétée sur le même mot n’est comptée qu’une fois. La ponctuation n’est pas évaluée, mais l’oubli répété de la majuscule en début de phrase compte pour une erreur lexicale.
Les pièges à connaître :
- je n’apercevais : imparfait de l’indicatif, première personne du singulier, avec la terminaison -ais ; « qu’un » est la restriction « ne… que ».
- j’en étais averti : le narrateur est un homme, donc averti reste au masculin singulier.
- des rayons, qui venaient : « venaient » s’accorde avec « rayons » (3e personne du pluriel, -aient). On écrit « au travers des carreaux losangés » : losangés s’accorde avec « carreaux ».
- Des chouettes, voletant… passant et repassant… dessinaient : les participes présents sont invariables ; « dessinaient » s’accorde avec « chouettes » (sujet éloigné du verbe).
- entre la lune et moi : pronom tonique « moi ». Relégué s’accorde avec le narrateur (masculin singulier).
- quelquefois (adverbe en un seul mot), tout à coup (trois mots), à pas légers.
- ma porte était ébranlée : participe passé en -ée, car il s’accorde avec le sujet féminin « porte ». Pour « les souterrains poussaient », on écrit -aient, et pour « ces bruits expiraient », également.
- Lexique : l’occident, losangés, chouettes, ténèbres, mugissements, galeries.
L’épreuve de 2021 ne comporte pas de réécriture séparée : la transformation grammaticale est la question 9 de la partie 1, corrigée plus haut. Pour les candidats bénéficiant d’une dictée aménagée, le barème officiel accorde 1 point par forme correctement recopiée.
IV. Rédaction (40 points)
Le candidat choisit un seul des deux sujets. La rédaction est notée sur 40 points et prend en compte à la fois le traitement du sujet, l’organisation, l’originalité et la maîtrise de la langue (orthographe, syntaxe, vocabulaire).
Sujet d’imagination : la promenade du Baron dans le jardin
Analyse du sujet. Il faut décrire (et non seulement raconter) un jardin à l’abandon pendant un déplacement du Baron : la description est donc en mouvement. Le moment imposé est la tombée de la nuit, qui permet des jeux de lumière. Il faut conserver l’atmosphère du texte de Gautier (étrange, sinistre, fantastique) et préciser les éléments du paysage qui la créent (statues, arbres, bassin, allées, sons, vent…). Le texte est à écrire à la 3e personne, au passé (imparfait pour les descriptions, passé simple pour les actions).
Plan conseillé. 1. Le départ du château et l’entrée dans le jardin abandonné. 2. Le cheminement à travers les éléments du paysage (haies, bassin, statues, arbres) qui s’animent. 3. L’arrivée au fond du jardin, le moment où la nuit tombe et le retour.
Critères. Description en mouvement, jardin sinistre, atmosphère reprise du texte (comparaisons, personnifications, vocabulaire de la métamorphose, lumière et ombre), sens du détail, langue correcte, respect de la 3e personne et des temps du passé.
Production modèle :
Le Baron de Sigognac sortit du château au moment où le soleil achevait de se noyer derrière les toits effondrés. Il descendit lentement les marches de pierre rongées par la mousse, qui gémirent sous son pas comme si elles se plaignaient d’être réveillées. Devant lui s’étendait le jardin, ou plutôt ce qu’il en restait : les allées avaient disparu sous les orties, et les buis, jadis taillés en boules et en cônes, avaient grossi en bêtes informes, accroupies dans la pénombre.
Il avança entre deux haies de ronces qui s’accrochaient à son manteau, comme des doigts maigres cherchant à le retenir. Le ciel virait au violet sombre, et les derniers rayons, rougeâtres, rampaient sur les statues du bassin. Elles avaient perdu leurs bras ou leur nez, et leur marbre verdi par l’humidité semblait la peau livide de noyés. Dans l’eau stagnante, couverte de lentilles vertes, flottait le reflet pâle d’une lune qui se levait à peine. Le Baron crut voir l’une des nymphes pencher la tête vers lui ; il détourna les yeux, le cœur serré.
Un vent froid se leva et fit craquer les branches nues d’un vieux tilleul. Elles se tordaient au-dessus de l’allée comme les bras d’un squelette désespéré, et leurs ombres, démesurément allongées, couraient sur le gravier à la rencontre du promeneur. Au loin, un hibou lança un cri plaintif qui ressemblait à un sanglot, et un frisson parcourut l’échine du jeune homme. Miraut, qui l’avait suivi, s’arrêta, la truffe dressée, et gronda faiblement vers un massif de cyprès dont les cimes noires oscillaient sans bruit.
Le Baron poussa jusqu’au fond du jardin, devant le vieux banc de pierre où son père venait s’asseoir autrefois. Une chauve-souris frôla son visage. À cet instant, les dernières lueurs du jour s’éteignirent, et le château n’apparut plus que comme une masse noire, percée d’une seule fenêtre jaune, minuscule, qui ressemblait à l’œil fatigué d’un géant endormi. Il resta immobile un long moment, accablé par la certitude que ce domaine, comme sa famille, n’était plus que l’ombre de lui-même. Puis il rebroussa chemin, pressé de retrouver la chaleur chétive de la cuisine, tandis que derrière lui le jardin tout entier semblait respirer dans l’obscurité.
Sujet de réflexion : aimer le surnaturel et l’étrange
Analyse du sujet. La question porte sur un goût personnel : « Aimez-vous… ? ». Il faut répondre clairement (oui, non ou nuancé), puis argumenter avec des exemples tirés de trois sources : les œuvres étudiées en classe, les lectures personnelles et les œuvres cinématographiques et artistiques. Le surnaturel et l’étrange recouvrent les contes, les mythes, les récits fantastiques, la fantasy, l’horreur, mais aussi certains tableaux ou films.
Plan conseillé. Introduction qui reformule la question et annonce la position. Deux ou trois paragraphes, chacun avec un argument, un exemple précis et une explication. Éventuellement, une concession (l’objection contraire) puis une conclusion. Arguments possibles pour : mondes nouveaux, émotions fortes sans danger, interrogation sur le réel, imaginaire stimulé. Arguments possibles contre : invraisemblance, frustration de ne pas tout expliquer, malaise face à la peur, personnages stéréotypés.
Critères. Prise de position claire, arguments variés et organisés, exemples précis (titres, auteurs, scènes), connecteurs logiques, paragraphes visibles, langue soignée.
Production modèle :
Il est des soirs où l’on préfère laisser la lumière allumée après avoir refermé un livre. Pourtant, c’est justement ce frisson-là que je recherche : oui, j’aime découvrir des œuvres littéraires et artistiques dans lesquelles interviennent le surnaturel ou l’étrange, et je l’expliquerai par trois raisons.
D’abord, ces œuvres nous font entrer dans des mondes que la réalité ne nous offre pas. Dans Le Seigneur des anneaux, Tolkien invente des peuples, des langues et des paysages entiers, et le lecteur échappe pour un temps à son quotidien. Les contes que l’on étudie en classe, comme ceux de Perrault, fonctionnent déjà ainsi : des fées, des ogres et des objets magiques nous emmènent loin de ce que nous connaissons, et ce voyage nourrit notre imagination.
Ensuite, ces histoires permettent d’éprouver des émotions fortes sans aucun danger. Quand je lis Le Horla de Maupassant, je partage l’angoisse du narrateur qui se croit hanté par un être invisible, et mon cœur bat plus vite, mais je sais que je suis en sécurité dans mon fauteuil. De même, le film La Belle et la Bête de Cocteau, avec ses bras qui sortent des murs pour porter des chandeliers, procure un trouble mêlé d’émerveillement. La peur devient ainsi un plaisir, comme dans un manège.
Enfin, le fantastique nous fait réfléchir. En nous laissant hésiter entre une explication rationnelle et une explication surnaturelle, il interroge notre perception du réel : le narrateur du Horla est-il fou, ou bien visité par une créature ? Un tableau comme Le Sommeil de la raison engendre des monstres, de Goya, rappelle que l’imagination peut aussi déformer le monde. Ces œuvres nous apprennent à nous méfier de nos certitudes.
Certes, certains lecteurs reprochent à ces récits d’être invraisemblables et préfèrent des histoires proches de la vie réelle, ou bien trouvent que les monstres et les fantômes sont des clichés qui finissent par lasser. Cependant, c’est souvent à travers l’étrange que les auteurs parlent le mieux de nos peurs réelles, la solitude, la folie ou la mort.
En conclusion, le surnaturel et l’étrange m’attirent parce qu’ils agrandissent mon imaginaire, me font vivre des émotions fortes en toute sécurité et me poussent à m’interroger sur le réel. Je continuerai donc, sans hésiter, à ouvrir ces livres et ces films, quitte à laisser la lampe allumée.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 6) | 32 |
| Grammaire et compétences linguistiques (questions 7 à 9) | 18 |
| Dictée | 10 |
| Rédaction | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative pour la rédaction. De 1 à 12 points : le sujet n’est pas traité ou la langue est très défaillante. De 13 à 22 points : le sujet est traité partiellement. De 23 à 34 points : le sujet est traité de façon satisfaisante, avec une langue globalement correcte. De 35 à 40 points : le texte est riche, organisé, original et bien écrit. Pour l’ensemble de l’épreuve, un total de 50 sur 100 correspond à la moyenne, et 80 et plus à une très bonne copie.
Conseil 1 : améliorer les questions et la grammaire. Rédigez toujours des réponses complètes avec une citation précise, et révisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec les exercices correspondants. Pour la dictée, travaillez la dictée et la réécriture et ses exercices.
Conseil 2 : soigner la rédaction. Si vous choisissez l’imagination, relisez le cours sur le sujet d’imagination et faites les exercices ; pour la réflexion, révisez le cours sur le sujet de réflexion et ses exercices.
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