Les énoncés sont sur la fiche Les figures de style pour le commentaire : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Voici le corrigé figures de style 2nde de la fiche d’exercices : chaque figure est nommée, expliquée et interprétée, et les productions écrites sont accompagnées d’un modèle et de critères de réussite.
Corrigé figures de style 2nde : réponses et interprétations
Lorsqu’une phrase contient plusieurs figures, toutes les réponses justifiées sont acceptées ; l’essentiel est d’expliquer l’effet.
Corrigé de l’exercice 1 : reconnaître les familles
- Analogie : métaphore (yeux = lacs).
- Atténuation : litote (« pas mal du tout » = très bien).
- Insistance : hyperbole et gradation (cent fois, mille fois).
- Opposition : oxymore (silence assourdissant).
- Substitution : métonymie (la salle = les spectateurs).
- Atténuation : euphémisme (= il est mort).
- Analogie : comparaison (« comme une bête endormie ») et personnification (« respirait »).
- Opposition : antithèse (pauvre / riche).
Corrigé de l’exercice 2 : décomposer des comparaisons
- Comparé : le lac ; outil : comme ; comparant : un miroir ; point commun : lisse (exprimé).
- Comparé : le jour ; outil : comme ; comparant : la nuit ; point commun implicite : l’absence de lumière, de joie. Le deuil efface toute différence entre le jour et la nuit.
- Comparé : cette foule ; outil : ressemblait à ; comparant : une mer agitée ; point commun implicite : le mouvement, le bruit, la puissance incontrôlable.
- Comparé : la jeune fille ; outil : pareille à ; comparant : une flamme ; point commun implicite : la vivacité, la légèreté, l’éclat, peut-être la passion.
Corrigé de l’exercice 3 : comparaison ou métaphore
- Métaphore : « Ses cheveux sont de l’or » ou « l’or de ses cheveux ».
- Comparaison : « Le vent hurle autour de la maison comme un loup. »
- Métaphore : « La vie est un long voyage. »
- Comparaison : « Les étoiles, pareilles à des clous d’argent, perçaient la nuit. »
La métaphore est souvent plus forte : en supprimant l’outil, elle affirme une identité au lieu d’une simple ressemblance et oblige le lecteur à faire lui-même le rapprochement.
Corrigé de l’exercice 4 : une métaphore filée
- Métaphore initiale : « La Nature est un temple ». Elle est prolongée par « piliers », « paroles » (les oracles), « symboles » : c’est une métaphore filée du lieu sacré.
- Personnifications : « vivants piliers » qui « laissent sortir de confuses paroles » ; « forêts de symboles / Qui l’observent avec des regards familiers ».
- La nature est un espace sacré qui parle un langage mystérieux, fait de signes ; l’homme la traverse sans la comprendre. Le poète, lui, serait capable de déchiffrer ces « confuses paroles » : il devient un interprète, presque un prêtre de ce temple.
Corrigé de l’exercice 5 : antithèse, oxymore ou chiasme ?
- Oxymore (obscure / clarté) : la faible lueur des étoiles, propice au combat nocturne de Rodrigue, unit le danger et l’éclat héroïque.
- Chiasme (manger / vivre / vivre / manger) : l’inversion oppose deux rapports à la nourriture ; Valère, pour flatter Harpagon, justifie ainsi un repas chiche, et la maxime devient un instrument de la satire de l’avarice.
- Antithèse (rougis / pâlis), dans un rythme ternaire : Phèdre décrit les symptômes contradictoires d’une passion qui la dépossède de son corps.
- Oxymore (bavard / silencieux) : effet comique et paradoxal ; le regard du personnage en dit autant qu’un long discours.
- Antithèse (riches / pauvres ; lumière / ombre), renforcée par le parallélisme : elle dénonce l’injustice sociale.
Corrigé de l’exercice 6 : les figures d’insistance
- Gradation ascendante (va, cours, vole) : don Diègue presse son fils avec une impatience croissante ; le rythme s’accélère jusqu’à l’ordre final, la vengeance.
- Anaphore de « toujours » et rythme ternaire : la souffrance amoureuse paraît sans fin, et la gradation aimer / souffrir / mourir conduit à la mort.
- Accumulation d’instruments (dont les canons) et hyperbole finale : la bataille est présentée comme un concert, ce qui prépare l’ironie.
- Hyperbole : l’exagération comique traduit la fatigue extrême du marcheur.
Corrigé de l’exercice 7 : dire moins pour dire plus
- Litote : « je t’aime toujours ». Chimène ne peut avouer son amour au meurtrier de son père ; la litote garde la bienséance tout en laissant entendre une passion intacte.
- Euphémisme : « les personnes handicapées ». On évite un mot jugé blessant ; on perd la franchise, on gagne en délicatesse.
- Litote (ironique) : « ce film est médiocre ». La formule est plus polie et plus mordante à la fois.
- Euphémisme : « il est mort ». L’image de la flamme qui s’éteint adoucit la douleur et ajoute de la poésie.
- Litote : « elle était très contente ». La litote suggère une satisfaction pudique.
Corrigé de l’exercice 8 : métonymie, synecdoque, périphrase
- Périphrase : le lion.
- Métonymie (l’auteur pour son œuvre) : les livres de Victor Hugo.
- Synecdoque (la partie pour le tout) : trente bateaux.
- Métonymie (le lieu pour l’institution) : la présidence de la République.
- Périphrase : le dollar.
- Métonymie (le contenant pour le contenu) : la soupe contenue dans le bol.
Corrigé de l’exercice 9 : l’ironie de Voltaire
- Anaphore de « si » (si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné) et accumulation des instruments : la guerre semble un spectacle magnifique, une parade harmonieuse.
- « les canons » : glissé parmi les instruments de musique, l’arme de mort détonne et révèle la réalité de la scène.
- La chute « telle qu’il n’y en eut jamais en enfer » fait basculer l’éloge : l’hyperbole associe cette « harmonie » à l’enfer. L’antiphrase devient visible : le narrateur feint d’admirer ce qu’il condamne.
- Voltaire dénonce la guerre et ceux qui la glorifient (les princes, la propagande, l’optimisme qui justifie tout). L’ironie oblige le lecteur à corriger lui-même le discours, ce qui rend la critique plus efficace.
Corrigé de l’exercice 10 : améliorer des interprétations
- « La gradation ascendante “Va, cours, vole” traduit l’impatience croissante de don Diègue : chaque verbe de mouvement est plus rapide que le précédent, si bien que la vengeance semble ne pas pouvoir attendre. »
- « L’oxymore “obscure clarté” associe la nuit et la lumière : cette lueur incertaine des étoiles crée un décor à la fois inquiétant et héroïque, à l’image du combat de Rodrigue. »
- « En comparant le Poète au “prince des nuées”, Baudelaire souligne la grandeur du créateur, souverain dans le monde de l’imagination, ce qui rend plus cruelle sa chute parmi les hommes. »
Chaque réécriture nomme la figure, cite le texte et dit précisément ce que la figure apporte au sens.
Corrigé de l’exercice 11 : paragraphe de commentaire
Exemple de paragraphe :
« Dans la dernière strophe, Baudelaire révèle le sens symbolique du poème. La comparaison “Le Poète est semblable au prince des nuées” transforme l’oiseau en image du créateur : la périphrase “prince des nuées” exprime la souveraineté du poète dans le ciel de l’imagination, où il “hante la tempête et se rit de l’archer”, c’est-à-dire brave les dangers et les attaques. Le vers 3 marque un brusque renversement : le participe “Exilé”, placé en tête de vers, et l’expression “au milieu des huées” font du poète un être rejeté par la foule. Enfin, le dernier vers repose sur un paradoxe : les “ailes de géant”, qui faisaient sa grandeur, “l’empêchent de marcher”. L’antithèse entre le ciel et le sol, entre la majesté et la maladresse, traduit la condition tragique du poète, inadapté au monde ordinaire précisément parce qu’il est fait pour un monde supérieur. »
Critères : trois figures nommées (comparaison, périphrase, antithèse ou paradoxe), citations exactes et courtes, interprétation reliée au sens global (la condition du poète).
Corrigé de l’exercice 12 : écrire avec des figures
Exemple de production :
« La ville ouvre lentement ses paupières de fer : les rideaux des boutiques se lèvent un à un [métaphore filée de l’éveil]. Les rues bâillent encore [personnification]. Un premier bus passe, puis dix, puis un fleuve de voitures [gradation]. Dans ce vacarme silencieux de l’aube [oxymore], le boulanger, qui n’est pas le dernier levé [litote], sort sa première fournée. »
Effets : la métaphore filée de l’éveil fait de la ville un être vivant qui se réveille comme un dormeur ; la gradation traduit l’accélération du trafic, le passage du calme au tumulte.
Critères de réussite : les cinq figures sont présentes, correctement nommées, et forment un texte cohérent, sans accumulation artificielle.
Comment utiliser ce corrigé
Vérifie d’abord tes identifications, puis concentre-toi sur les interprétations : c’est là que se joue la note au bac. Si ton interprétation diffère de celle du corrigé, demande-toi si elle est justifiée par le texte ; une lecture personnelle bien argumentée est toujours valorisée. Constitue ensuite une fiche personnelle avec, pour chaque famille, deux exemples tirés de tes lectures de l’année : tu les retiendras bien mieux que des exemples inventés.
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