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Les expressions de la sensibilité : corrigé des exercices de français Terminale

Les expressions de la sensibilité : corrigé de français terminale, illustration Français PDF
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Corrigé lyrisme et sensibilité : toutes les réponses aux douze exercices de la fiche HLP, avec les analyses de procédés reliées au sens, une introduction rédigée, un plan d’essai et un exemple de texte lyrique.

Corrigé lyrisme et sensibilité : réponses commentées

Corrigé de l’exercice 1 : Nuances du vocabulaire

  1. sensation (perception physique immédiate) ;
  2. passion (penchant violent et durable qui domine la volonté) ;
  3. émotion (trouble vif et soudain) ;
  4. sentiment (état affectif durable, ici moral) ;
  5. sensibilité (faculté d’éprouver en général).

Corrigé de l’exercice 2 : Repérer les marques du lyrisme

  • Apostrophe : « Ô temps ! », « vous, heures propices » ;
  • Personnification du temps, qui a un « vol » et un « cours » ;
  • Impératifs de prière : « suspends », « Suspendez », « Laissez-nous » ;
  • Exclamations qui traduisent l’intensité ;
  • Première personne (« nous », « nos jours ») : l’émotion est celle des amants ;
  • Musique : alternance d’alexandrins et de vers de six syllabes, rimes croisées (propices/délices, cours/jours).

Ces procédés font de la strophe une supplication : l’émotion est la peur de la fuite du bonheur.

Corrigé de l’exercice 3 : Œuvres et auteurs

A. René : Chateaubriand, 1802. B. Les Fleurs du mal : Baudelaire, 1857. C. Méditations poétiques : Lamartine, 1820. D. Les Contemplations : Hugo, 1856. E. Romances sans paroles : Verlaine, 1874.

Corrigé de l’exercice 4 : Distinguer les tristesses

  1. Mal du siècle : désenchantement historique d’une génération privée d’idéal après l’Empire.
  2. Nostalgie : regret douloureux d’un lieu et d’un temps perdus (étymologiquement, la douleur du retour).
  3. Spleen : ennui angoissé lié à un sentiment d’enfermement, souvent urbain chez Baudelaire.
  4. Mélancolie : tristesse rêveuse et profonde ; le « Soleil noir de la Mélancolie » est une image de Nerval.

Corrigé de l’exercice 5 : La musique de Verlaine

  1. « Pleure » et « pleut » sont presque homophones : c’est une paronomase. Elle fond la pluie extérieure et les larmes intérieures : le paysage et l’âme se répondent.
  2. Le mot « cœur » rime avec lui-même (vers 1 et 4) et avec « langueur » : la strophe se referme sur le cœur, comme si la tristesse tournait en rond.
  3. « Il » est un pronom impersonnel, comme dans « il pleut ». La tristesse semble un phénomène naturel qui arrive au sujet sans qu’il en soit l’auteur ni qu’il en connaisse la cause.
  4. Ce sont des vers de six syllabes (hexasyllabes). Leur brièveté et leur légèreté créent une musique douce et monotone, accordée à la langueur.

Corrigé de l’exercice 6 : Lire « Demain, dès l’aube »

  1. Le poète s’adresse à un « tu » (« Vois-tu », « tu m’attends ») qui semble une personne vivante. Le lecteur ne comprend qu’au vers 11, avec le mot « tombe », qu’il s’agit d’une morte : la fille du poète, Léopoldine, noyée en 1843.
  2. Futurs : « partirai », « irai », « marcherai », « regarderai », « arriverai », « mettrai ». Ils donnent au voyage la force d’une résolution et d’un rituel fixé d’avance : rien ne peut l’empêcher.
  3. Le poète marche « les yeux fixés sur [ses] pensées », « sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit » ; la négation et les adjectifs « Seul, inconnu » l’isolent ; l’antithèse « le jour pour moi sera comme la nuit » montre que le deuil abolit la lumière.
  4. Les deux derniers vers révèlent brusquement la destination (une tombe) et le geste (déposer un bouquet). Toute la lecture est renversée : le rendez-vous amoureux apparent était un pèlerinage funèbre. Le houx toujours vert et la bruyère en fleur suggèrent pourtant une fidélité vivante.

Corrigé de l’exercice 7 : Le spleen baudelairien

  1. « Le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle » : le ciel devient le couvercle d’une marmite ou d’un cercueil. L’espace infini se referme : le paysage traduit l’enfermement intérieur.
  2. « Un jour noir » est un oxymore : la lumière du jour est niée. Renforcé par « plus triste que les nuits », il exprime une tristesse plus sombre que l’obscurité même.
  3. La subordonnée « Quand… » est prolongée sur plusieurs vers (et sur trois strophes dans le poème) avant la principale : le lecteur attend une issue qui ne vient pas, ce qui reproduit l’oppression du spleen.

Corrigé de l’exercice 8 : Réécrire avec sensibilité

  1. « Ô pluie, toute la journée tu as pleuré sur la ville, et ton long sanglot gris coulait aussi dans mon cœur ! »
  2. « Maison de mon enfance, on t’a vendue ! Tes volets, tes rires, mes étés : tout s’est fermé d’un coup, comme une porte qu’on ne rouvrira plus. »
  3. « Comme elle grondait, la mer, ce soir-là ! Elle se jetait contre les rochers comme mon âme contre ses murs. »

Critères : deux procédés au moins par phrase (apostrophe, exclamation, image, première personne, rythme), sans perdre le sens de départ.

Corrigé de l’exercice 9 : Problématiser un sujet

  1. La sensibilité semble nous rendre vulnérables et troubler notre jugement ; mais n’est-elle pas aussi la source de la compassion, de l’art et d’une connaissance que la raison seule n’atteint pas ?
  2. Les émotions semblent intimes et indicibles ; pourtant la poésie lyrique prétend les rendre partageables : les mots trahissent-ils ou transmettent-ils ce que l’on ressent ?
  3. Nos émotions peuvent nous tromper (colère, peur) ; mais renoncer à elles, n’est-ce pas se priver d’un guide précieux pour agir et juger ?

Corrigé de l’exercice 10 : Introduction d’interprétation

« En septembre 1843, Léopoldine, la fille aînée de Victor Hugo, se noie dans la Seine à Villequier. Le deuil traverse Les Contemplations (1856), recueil que le poète présente comme les “Mémoires d’une âme”. “Demain, dès l’aube…”, daté du 3 septembre 1847, veille de l’anniversaire de la mort, prend la forme de trois quatrains d’alexandrins qui racontent un voyage à pied. Nous nous demanderons comment le poème transforme ce voyage en hommage funèbre. Nous verrons d’abord que le texte se présente comme un rendez-vous amoureux tendu vers l’avenir, puis que la marche devient un chemin de deuil coupé du monde, avant que la chute ne révèle un rituel de fidélité au-delà de la mort. »

Critères : accroche liée au texte, présentation précise (auteur, recueil, date, forme), problématique reprenant la question, annonce d’un plan progressif.

Corrigé de l’exercice 11 : Plan d’essai philosophique

Problématique : la sensibilité semble subjective et trompeuse ; peut-elle pourtant nous faire connaître quelque chose que la raison ignore ?

  1. Les sens et les émotions peuvent tromper. Les passions troublent le jugement (tradition rationaliste) ; l’émotion déforme le réel, comme le spleen qui voit un « jour noir ».
  2. Mais la sensibilité est un premier accès au monde. Rousseau : « Exister pour nous, c’est sentir » ; Pascal : le cœur connaît des vérités que la raison ne démontre pas.
  3. L’art fait de la sensibilité une connaissance partagée. Le lyrisme universalise l’émotion (Hugo : « Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous ») ; Kant : le sentiment du sublime révèle à l’esprit sa propre grandeur.

Corrigé de l’exercice 12 : Écriture lyrique

Exemple de production :

Ô rue des Tilleuls, je reviens vers toi les mains vides.

Tes façades ont gardé leur peau de pierre tiède,

mais tes fenêtres ne me reconnaissent plus.

Je cherche la porte verte, la marche fêlée, le rire de ma sœur,

je cherche l’été qui coulait de tes gouttières comme un miel lent.

Ô rue des Tilleuls, tu as changé de visage,

et c’est moi pourtant qui ai vieilli.

Le miel s’est figé ; il ne reste au fond du pot

qu’un goût de soir et de poussière.

Je repars, et derrière moi tu refermes doucement ton silence.

Critères : apostrophe (« Ô rue des Tilleuls »), image filée (l’été comme un miel qui se fige), répétition (« je cherche », reprise de l’apostrophe), émotion de nostalgie lisible, rythme travaillé.

Comment utiliser ce corrigé

Dans les exercices d’analyse (2, 5, 6 et 7), observe la structure de chaque réponse : un procédé nommé, une citation courte, puis l’effet de sens. C’est exactement ce qu’attend la question d’interprétation littéraire. Pour les exercices 10 et 11, compare ton plan au modèle : l’ordre des parties doit être progressif. Pour l’exercice 12, vérifie la présence des trois contraintes, puis lis ton texte à voix haute : la musique est un critère du lyrisme.

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