Les énoncés sont sur la fiche Initiation à la dissertation : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Voici le corrigé de dissertation 2nde des douze exercices. Les plans et paragraphes proposés sont des modèles possibles : d’autres réponses sont acceptables si elles analysent bien le sujet, répondent à la problématique et s’appuient sur des exemples précis.
Corrigé de dissertation 2nde : analyses, plans et rédactions
Corrigé de l’exercice 1 : identifier la forme du sujet
- Question ouverte : plan thématique (les raisons de lire : s’évader, comprendre le monde, se comprendre soi-même).
- Question fermée : plan dialectique (oui, la poésie exprime des sentiments ; mais elle fait aussi autre chose ; dépassement).
- Citation à discuter : plan dialectique (le roman comme reflet du réel, puis ses limites, puis dépassement).
- Question ouverte : plan thématique (la pitié, la terreur, l’admiration).
Corrigé de l’exercice 2 : analyser les mots-clés
- « poésie » : l’art du langage qui travaille le rythme, les sonorités et les images, en vers ou en prose.
- « exprimer » : faire sortir de soi, communiquer ce que l’on ressent.
- « sentiments » : états affectifs (amour, tristesse, joie, mélancolie) : c’est la dimension lyrique.
- « seulement » : la restriction est le cœur du sujet ; personne ne nie que la poésie exprime des sentiments, on demande si elle doit s’y limiter.
Reformulation : la poésie a-t-elle pour seule mission d’être lyrique, ou peut-elle aussi décrire, dénoncer, faire réfléchir, jouer avec le langage ?
Corrigé de l’exercice 3 : repérer le présupposé
- Le sujet tient pour acquis que le personnage de roman nous fascine ; on cherche seulement pourquoi.
- Le sujet admet que le théâtre divertit ; la question porte sur l’existence d’autres fonctions.
- Le sujet admet que la poésie transforme le monde ordinaire ; on cherche par quels moyens.
Repérer le présupposé évite de perdre du temps à démontrer ce que le sujet accorde déjà.
Corrigé de l’exercice 4 : choisir une problématique
La bonne réponse est c : elle fait apparaître la tension entre fidélité au réel et transformation du réel. La proposition a se contente de recopier le sujet ; la proposition b est une question de définition, trop étroite, qui conduirait à une récitation de cours sur le réalisme.
Corrigé de l’exercice 5 : classer des arguments
| Oui, le roman peint le réel | Non, il le transforme |
|---|---|
| a. documentation exacte | b. sélection et composition des faits |
| c. révélation de réalités ignorées | d. invraisemblance du conte philosophique |
| e. personnages ordinaires de toutes classes | f. vision personnelle du romancier |
Corrigé de l’exercice 6 : associer arguments et exemples
- a – exemple 2 : l’enquête de Zola dans les mines montre le souci d’exactitude documentaire du romancier naturaliste.
- b – exemple 3 : pour Maupassant, l’écrivain ne copie pas le réel, il en donne « l’illusion » en choisissant et en ordonnant les faits.
- d – exemple 1 : l’enchaînement invraisemblable des catastrophes dans Candide sert la critique de l’optimisme, non la vraisemblance.
- f – exemple 4 : l’ambition de Balzac est aussi une construction : il organise la société en un vaste ensemble cohérent, selon sa propre vision. (L’exemple 4 peut également illustrer a, l’ambition de décrire toute la société.)
Corrigé de l’exercice 7 : trouver une idée de dépassement
La troisième partie se contente d’additionner les deux premières : elle n’apporte aucune idée nouvelle et donne l’impression d’un compromis mou.
Dépassement possible : III. Le roman transforme le réel pour mieux le faire comprendre. La transformation n’est pas une trahison : en concentrant les faits, en grossissant les traits (les symboles de Germinal, l’ironie de Candide), le romancier rend visibles des vérités que la simple copie laisserait dans l’ombre. La fiction devient un instrument de connaissance.
Corrigé de l’exercice 8 : construire un plan détaillé
I. Le personnage admirable suscite l’adhésion du lecteur
- Il incarne des valeurs et propose un modèle : Jean Valjean, dans Les Misérables de Hugo (1862), ancien forçat qui consacre sa vie au bien.
- Il permet l’identification et l’émotion : on tremble pour le héros que l’on admire.
II. Mais le personnage imparfait est souvent plus riche et plus vrai
- Ses faiblesses le rendent proche de nous : Emma Bovary (Flaubert, 1857), qui se perd dans ses rêves romanesques.
- Ses défauts servent la critique : Candide, naïf, permet à Voltaire de démasquer l’optimisme.
III. Le personnage doit surtout être intéressant, c’est-à-dire complexe
- Ce qui retient le lecteur, ce sont les contradictions et l’évolution : Julien Sorel (Stendhal, Le Rouge et le Noir), à la fois ambitieux, hypocrite et sincère.
- Le personnage invite à juger, à comprendre, non à imiter.
Corrigé de l’exercice 9 : rédiger un paragraphe argumentatif
« Un personnage imparfait nous touche souvent davantage qu’un héros sans défaut, car ses faiblesses ressemblent aux nôtres. Le lecteur ne s’identifie pas seulement à ce qu’il admire : il se reconnaît aussi dans les erreurs, les rêves déçus et les contradictions d’un personnage. C’est le cas d’Emma Bovary, dans le roman de Flaubert : nourrie de lectures sentimentales, elle attend de la vie une passion et un luxe que son existence de province ne peut lui offrir, et elle s’enfonce dans les mensonges et les dettes. Ses illusions la conduisent à sa perte, mais le lecteur comprend son ennui et son désir d’ailleurs, qui sont des sentiments universels. Le personnage imparfait ne sert donc pas de modèle : il éclaire le lecteur sur lui-même, ce qui le rend profondément touchant. »
Critères : argument clair, explication, exemple précis (auteur, œuvre, situation) analysé, phrase de bilan qui revient au sujet.
Corrigé de l’exercice 10 : améliorer un paragraphe
Défauts : argument non expliqué ; exemples vagues et non analysés (« les pièces de Molière », « les tragédies ») ; phrases incomplètes ; avis personnel non argumenté (« Moi je pense »).
Réécriture : « Le théâtre ne se contente pas de divertir : il conduit le spectateur à réfléchir sur la société. En montrant sur scène des comportements excessifs, le dramaturge invite le public à les juger. Ainsi, dans Le Misanthrope (1666), Molière met en scène Alceste, qui refuse toute politesse hypocrite : le spectateur rit de ses excès, mais s’interroge aussi sur la sincérité et sur les compromis de la vie en société. La comédie devient alors un lieu de débat moral. »
Corrigé de l’exercice 11 : rédiger une introduction
« Lorsque Victor Hugo écrit « Demain, dès l’aube… » pour sa fille disparue, il fait de la poésie le lieu de l’expression la plus intime. Pourtant, le même poète a aussi composé des vers de combat contre Napoléon III. Faut-il alors penser que la poésie doit seulement exprimer des sentiments ? Le sujet ne nie pas la dimension lyrique de la poésie, mais l’adverbe « seulement » invite à se demander si elle doit s’y limiter. La poésie est-elle avant tout la voix des émotions personnelles, ou peut-elle aussi décrire le monde, le dénoncer et réinventer le langage ? Nous verrons d’abord que l’expression des sentiments est au cœur de la tradition poétique, puis que la poésie s’est donné bien d’autres missions, avant de montrer que, même lorsqu’elle parle du monde, elle passe par une sensibilité qui la rend singulière. »
Exactitude : Hugo a publié Les Châtiments (1853) contre Napoléon III pendant son exil.
Corrigé de l’exercice 12 : rédiger une conclusion
« Un personnage de roman n’a donc pas besoin d’être admirable pour être réussi. Si le héros exemplaire, comme Jean Valjean, suscite l’adhésion et l’émotion, les personnages imparfaits, d’Emma Bovary à Candide, touchent le lecteur et servent souvent une critique. En définitive, ce que nous attendons d’un personnage, c’est d’être complexe et vivant : il ne nous propose pas un modèle à imiter, mais une expérience humaine à comprendre. On pourrait se demander si cette exigence vaut aussi pour le théâtre, où le personnage n’existe qu’à travers le corps et la voix d’un comédien. »
Comment utiliser ce corrigé
Commence par comparer ton analyse du sujet à celle du corrigé : c’est l’étape où naissent la plupart des hors-sujets. Vérifie ensuite que chaque paragraphe que tu as rédigé contient bien un argument, une explication, un exemple précis et analysé, puis un bilan. Constitue-toi un répertoire d’exemples : pour chaque œuvre étudiée en classe, note le titre, l’auteur, la date, deux passages marquants et une courte citation. Enfin, refais l’exercice 8 avec un autre sujet de la fiche, en vingt minutes, pour t’habituer au travail du brouillon dans un temps limité.
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