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Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle : cours de français 2de

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Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle : cours de français 2de, illustration Français PDF
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Ce cours de théâtre 2de t’emmène des tragédies de Racine aux pièces de l’absurde, en passant par les comédies de Molière et le drame romantique de Hugo. Tu y apprendras le vocabulaire indispensable pour analyser une scène, les grands genres théâtraux et ce qui change quand un texte devient un spectacle.

Le théâtre 2de : un texte fait pour la scène

Le théâtre est un genre à part : son texte est écrit pour être joué devant un public. Il ne comporte pas de narrateur ; tout passe par les paroles des personnages et par les indications de l’auteur. Lire une pièce, c’est donc toujours imaginer une représentation : des voix, des corps, un décor, des lumières.

Définition

Le texte théâtral comprend deux parties : les répliques, prononcées par les personnages, et les didascalies, indications de l’auteur (noms des personnages, gestes, ton, décor). Une longue réplique est une tirade ; un personnage seul qui parle fait un monologue ; une réplique que les autres personnages sont censés ne pas entendre est un aparté ; un échange rapide de répliques très courtes, vers à vers, s’appelle une stichomythie.

Au théâtre, chaque parole a deux destinataires : le personnage à qui elle s’adresse et le public qui l’écoute. C’est la double énonciation. Elle permet par exemple au spectateur d’en savoir plus qu’un personnage, ce qui crée le comique ou la tension dramatique.

Schéma de la double énonciation : deux personnages se parlent sur scène tandis que le public reçoit toutes leurs paroles
La double énonciation : les personnages se parlent, l’auteur parle au public

Le XVIIe siècle : tragédie et comédie

La tragédie

La tragédie classique met en scène des personnages nobles, rois, princes ou héros, pris dans un conflit sans issue entre la passion et le devoir, ou écrasés par la fatalité. Écrite en alexandrins et en cinq actes, elle se termine généralement par la mort d’un ou plusieurs personnages et cherche à susciter chez le spectateur la terreur et la pitié. Corneille (Le Cid, 1637) et Racine (Andromaque, 1667 ; Phèdre, 1677) en sont les maîtres. Voici une stichomythie célèbre du Cid, où Rodrigue provoque le comte qui a offensé son père :

DON RODRIGUE. — À moi, Comte, deux mots.

LE COMTE. — Parle.

DON RODRIGUE. — Ôte-moi d’un doute.

Connais-tu bien don Diègue ?

LE COMTE. — Oui.

DON RODRIGUE. — Parlons bas ; écoute.

Pierre Corneille, Le Cid, acte II, scène 2, 1637

Deux alexandrins sont ici partagés entre les personnages : le rythme haché traduit la tension et annonce le duel.

La comédie

La comédie met en scène des personnages de condition moyenne dans des situations de la vie quotidienne et se termine bien, souvent par un mariage. Molière en fait un instrument de critique : selon une formule latine de son temps, elle castigat ridendo mores, elle « corrige les mœurs par le rire ». Il dénonce l’hypocrisie religieuse (Tartuffe), l’avarice (L’Avare), la prétention (Les Précieuses ridicules). Dans ce monologue, Harpagon vient de découvrir qu’on lui a volé sa cassette :

HARPAGON. (Il crie au voleur dès le jardin, et vient sans chapeau.) Au voleur ! au voleur ! à l’assassin ! au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N’est-il point là ? N’est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête. Rends-moi mon argent, coquin… (Il se prend lui-même le bras.) Ah ! c’est moi.

Molière, L’Avare, acte IV, scène 7, 1668

Les exclamations, l’hyperbole (« on m’a coupé la gorge ») et l’avalanche de questions traduisent l’affolement d’Harpagon ; la didascalie finale, où il se saisit lui-même, crée un comique de geste qui montre jusqu’où l’avarice égare sa raison.

Règle

On distingue cinq formes de comique : le comique de mots (jeux de mots, répétitions), de gestes (coups, chutes, mimiques), de situation (quiproquo, personnage caché), de caractère (un défaut grossi : l’avarice d’Harpagon) et de mœurs (la satire d’un milieu ou d’une époque).

Les règles qui encadrent le théâtre du XVIIe siècle, comme l’unité de temps, de lieu et d’action, la vraisemblance et la bienséance, font l’objet du cours sur le classicisme et la règle des trois unités.

Du XVIIIe au XIXe siècle : la comédie critique et le drame

Au XVIIIe siècle, Marivaux analyse avec finesse la naissance du sentiment amoureux (Le Jeu de l’amour et du hasard, 1730), au point qu’on parle de « marivaudage ». Beaumarchais, dans Le Mariage de Figaro (1784), fait dire à un valet ce que pense une partie du public à la veille de la Révolution. Dans son grand monologue de l’acte V, Figaro apostrophe le comte absent : « Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. » Diderot invente le drame bourgeois, qui représente sérieusement la vie des familles ordinaires.

Au XIXe siècle, Victor Hugo définit le drame romantique dans la préface de Cromwell (1827) : il faut mêler le grotesque et le sublime, le rire et les larmes, comme dans la vie, et abandonner les unités de temps et de lieu. La première d’Hernani, le 25 février 1830, provoque une véritable « bataille » entre jeunes romantiques et partisans des classiques. Musset, avec Lorenzaccio (1834), écrit un drame si vaste qu’il le destine à la lecture, comme un « spectacle dans un fauteuil ». À la fin du siècle, Rostand triomphe avec Cyrano de Bergerac (1897), tandis que Feydeau et Labiche font rire avec le vaudeville et ses quiproquos.

Frise de l'histoire du théâtre en France : XVIIe siècle classique, XVIIIe siècle, drame romantique, théâtre de l'absurde, théâtre d'aujourd'hui
Les grandes étapes du théâtre du XVIIe au XXIe siècle

Le XXe et le XXIe siècle : l’absurde et la mise en scène

Le théâtre de l’absurde

Après la Seconde Guerre mondiale, des auteurs comme Eugène Ionesco, Samuel Beckett ou Arthur Adamov représentent un monde privé de sens. Dans La Cantatrice chauve (1950), Ionesco fait parler des couples qui échangent des banalités de plus en plus incohérentes : le langage tourne à vide et finit par se détraquer. Dans En attendant Godot (1953), Beckett montre deux personnages qui attendent un mystérieux Godot qui ne vient jamais : rien ne se passe, l’action tourne en rond. Ce théâtre renonce à l’intrigue, à la psychologie et au dialogue logique pour faire sentir l’absurdité de la condition humaine. Dès 1896, l’Ubu roi d’Alfred Jarry, farce provocante, avait annoncé cette révolution.

Le règne du metteur en scène

Au XXe siècle, le metteur en scène devient un véritable créateur : il interprète le texte, dirige les acteurs, choisit la scénographie, les costumes, les lumières, la musique. Jean Vilar fonde le Festival d’Avignon en 1947 avec l’idée d’un théâtre populaire. Aujourd’hui, les auteurs contemporains réécrivent les mythes et les contes, mêlent théâtre, vidéo et danse, et une même pièce de Molière peut être jouée en costumes d’époque ou dans un décor de bureau moderne.

Attention

Ne confonds pas dramatique (qui concerne l’action théâtrale, du grec drama, « action ») et tragique (qui concerne la fatalité). Ne dis pas « le narrateur » pour une pièce de théâtre : on parle de l’auteur, du dramaturge ou des personnages. Et souviens-toi qu’une didascalie n’est pas prononcée par les comédiens.

À retenir

  • Le texte théâtral comprend répliques et didascalies ; il repose sur la double énonciation.
  • Au XVIIe siècle, la tragédie (Corneille, Racine) met en scène des héros nobles face à la fatalité ; la comédie (Molière) corrige les mœurs par le rire.
  • Le XVIIIe siècle affine la comédie (Marivaux) et la rend critique (Beaumarchais).
  • Le drame romantique (Hugo, Musset) mêle le grotesque et le sublime et rejette les unités.
  • Le théâtre de l’absurde (Ionesco, Beckett) dit la perte de sens ; la mise en scène fait de chaque représentation une interprétation.

Pour aller plus loin

Entraîne-toi avec les exercices sur le théâtre du XVIIe au XXIe siècle, puis vérifie tes connaissances avec le QCM du chapitre. Pour analyser les registres comique et tragique, consulte aussi le cours sur les registres littéraires.

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