Ce cours sur le Grand oral t’explique le déroulement exact de l’épreuve, la manière de formuler une question vraiment problématisée et les techniques pour présenter ta réponse avec aisance, puis dialoguer avec le jury. C’est une épreuve de spécialité, mais c’est aussi, avant tout, une épreuve de parole, où la maîtrise de la langue française fait la différence.
Le Grand oral : comment se déroule l’épreuve ?
Le Grand oral est une épreuve finale du baccalauréat, passée en fin de Terminale. Elle est notée sur 20 avec un coefficient important, fixé pour la session 2027 par la note de service du 10 septembre 2026 (BO spécial n° 4 du 17 septembre 2026) : 8 dans la voie générale et 12 dans la voie technologique. Le jury est composé de deux professeurs de disciplines différentes, dont l’un représente une de tes spécialités. L’épreuve elle-même dure 20 minutes (10 minutes de présentation, puis 10 minutes d’échange), après 20 minutes de préparation : 40 minutes en tout.
| Phase | Durée | Ce que tu fais |
|---|---|---|
| Choix de la question | Au début | Tu présentes deux questions préparées pendant l’année ; le jury en choisit une. |
| Préparation | 20 minutes | Tu organises ton exposé sur une feuille de brouillon et peux réaliser un support (schéma, mots clés) pour ton exposé ; ce support n’est pas évalué. |
| Exposé | 10 minutes | Debout (sauf aménagement), tu expliques pourquoi tu as choisi la question, puis tu y réponds. |
| Échange avec le jury | 10 minutes | Le jury te questionne pour approfondir ta réflexion et évaluer tes connaissances. |
Attention
Le format a évolué : depuis la session 2024, l’ancienne phase consacrée au projet d’orientation a été supprimée et ses cinq minutes ont été ajoutées à l’exposé, qui dure désormais dix minutes. Méfie-toi des conseils anciens qui parlent encore d’un exposé de cinq minutes. La note de service du 10 septembre 2026, applicable à compter de la session 2027, maintient ce déroulé (10 + 10 minutes) mais abaisse le coefficient : 8 en voie générale au lieu de 10, 12 en voie technologique au lieu de 14. Dans la voie générale, les questions portent sur tes deux spécialités, prises ensemble ou séparément.
Formuler une question problématisée
Tout se joue en amont : une bonne question rend l’exposé presque facile, une mauvaise le rend impossible. Une question problématisée n’est pas un thème (« les réseaux sociaux »), ni une question de cours dont la réponse est connue d’avance (« Qu’est-ce que la photosynthèse ? »). Elle soulève une difficulté réelle, appelle un raisonnement et laisse place à la nuance.
Définition
Une question problématisée est une question précise, en lien avec le programme de tes spécialités, à laquelle on ne peut pas répondre par un simple oui ou non ni par une définition, et qui oblige à confronter des arguments, des données ou des points de vue.
Exemple
Thème : la lumière bleue. Question faible : « Qu’est-ce que la lumière bleue ? » (simple définition). Question problématisée : « Pourquoi la lumière bleue des écrans perturbe-t-elle notre sommeil, et peut-on vraiment s’en protéger ? » Elle mobilise la physique (le spectre lumineux) et la biologie (la mélatonine), et elle appelle une réponse nuancée.
- Choisis une question qui t’intéresse sincèrement : le jury sent la curiosité authentique.
- Vérifie qu’elle est assez précise pour être traitée en dix minutes.
- Assure-toi qu’elle mobilise de vraies connaissances du programme.
- Prépare tes deux questions avec le même soin : le jury choisit, pas toi.
Construire un exposé de dix minutes
Méthode
- L’accroche (30 secondes) : un fait, un chiffre, une anecdote, une image qui capte l’attention.
- Pourquoi cette question (1 minute) : ton cheminement personnel, ce qui t’a intrigué.
- La question et l’annonce du plan (30 secondes) : énonce clairement la question et les étapes de ta réponse.
- Le développement (6 à 7 minutes) : deux ou trois parties, chacune avec un argument, une connaissance précise et une transition.
- La conclusion (1 minute) : une réponse nette à la question, puis une ouverture.
À l’oral, on parle environ 130 à 150 mots par minute. Dix minutes représentent donc près de 1 300 à 1 500 mots : inutile de rédiger un texte de quatre pages, il faut surtout maîtriser un plan et des transitions. Pendant les 20 minutes de préparation, écris ton plan détaillé, les chiffres et les noms essentiels, puis répète mentalement ton introduction et ta conclusion, les deux moments où le trac se fait le plus sentir.
Règle
À l’oral, on annonce et on rappelle beaucoup plus qu’à l’écrit : « Je vais d’abord montrer que… », « Nous avons vu que… ; voyons maintenant… ». Ces balises guident l’écoute du jury, qui ne peut pas relire une phrase mal comprise.
Parler avec aisance et dialoguer avec le jury
Le jury évalue autant la manière de dire que ce qui est dit. Tiens-toi droit, les pieds ancrés au sol, et regarde alternativement les deux examinateurs. Pose ta voix, articule, ralentis sur les idées importantes et ose les silences : une pause de deux secondes après une idée forte lui donne du poids. Les gestes ouverts accompagnent la parole ; les mains dans les poches ou crispées sur un stylo la parasitent. Le chapitre consacré à l’éloquence détaille ces techniques.
Pendant l’échange, écoute la question jusqu’au bout, prends une seconde pour réfléchir, reformule si nécessaire (« Si je comprends bien, vous me demandez… »), puis réponds de façon structurée. Si tu ne sais pas, dis-le honnêtement et propose une piste de raisonnement : c’est infiniment préférable à une réponse inventée. Le jury ne cherche pas à te piéger ; il veut voir comment tu penses.
À retenir
- 20 minutes de préparation, puis 20 minutes d’épreuve (10 d’exposé, 10 d’échange) ; coefficient 8 (voie générale) ou 12 (voie technologique) à compter de la session 2027.
- Deux questions remises au jury, qui en choisit une.
- Une question problématisée appelle un raisonnement, pas une définition.
- Exposé debout, regard tourné vers le jury : accroche, pourquoi cette question, plan, développement, conclusion.
- Annoncer, rappeler, ralentir, regarder le jury, accepter les silences.
- Face à une question difficile : écouter, reformuler, raisonner, rester honnête.
Pour aller plus loin
- Entraîne-toi avec les exercices pour le Grand oral.
- Vérifie que tu connais les règles grâce au QCM du Grand oral.
- Travaille ta voix et ta posture avec le cours sur l’éloquence, et ta force de conviction avec celui sur la rhétorique.


