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Corrigé du brevet de français 2023 : France – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

France : corrigé du brevet 2023, illustration Français PDF
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Voici le corrigé brevet français 2023 France, rédigé question par question pour l’épreuve de la série générale du 26 juin 2023, notée sur 100 points (50 points de compréhension et de grammaire, 10 points de dictée, 40 points de rédaction). Les réponses sont justifiées par le texte de George Sand et chaque barème est détaillé.

I. Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)

Corrigé de la question 1 (2 points)

Le pronom « nous » désigne trois enfants : la narratrice (Aurore, la future George Sand), son demi-frère Hippolyte et Ursule, la fille d’une servante. Le chapeau du texte les présente d’ailleurs ensemble, et la fin de l’extrait parle de « nous vit tous les trois ». Barème : 1 point pour la narratrice, 1 point pour les deux autres enfants.

Erreur fréquente : inclure la mère, qui n’intervient qu’à la fin et n’est pas dans le jeu.

Corrigé de la question 2 (5 points)

La scène se passe à l’intérieur d’une maison, dans « cette grande chambre » (1 point). La rivière n’existe pas : elle est imaginaire, « dessinée sur le carreau avec de la craie » (2 points). Les enfants transforment le sol carrelé de la chambre en cours d’eau et jouent à la traverser (1 point). Le texte le confirme avec « de la table au lit et de la cheminée à la porte », qui montre que les meubles de la pièce deviennent un vaste décor, et avec « le froid du carreau me fit l’effet de l’eau véritable » (1 point pour une seconde citation pertinente).

Erreur fréquente : penser que les enfants jouent près d’une vraie rivière, alors que « le carreau » désigne le carrelage (note 1).

Corrigé de la question 3 (6 points)

Trois éléments suffisent, chacun valant 2 points (1 point pour la citation exacte, 1 point pour l’explication). Plusieurs réponses sont possibles :

  • la narratrice perd le contact avec le réel : « je perdais la notion de la réalité » ;
  • elle voit un paysage qui n’existe pas : « je croyais voir les arbres, les eaux, les rochers » ;
  • son corps réagit comme si l’eau existait : « le froid du carreau me fit l’effet de l’eau véritable » ;
  • les enfants jouent leur rôle jusqu’au bout : Hippolyte « nageait à sec sur le carreau en se débattant » ;
  • ils sont enthousiastes, au point de trouver l’invention « délirante » : « Cela nous sembla délirant d’invention ».

Erreur fréquente : relever des citations sans dire en quoi elles prouvent que l’illusion est complète.

Corrigé de la question 4 (6 points)

a) (3 points) Le jeu des enfants est comparé à une pièce de théâtre, à une représentation. Le champ lexical du théâtre le prouve : « rôle », « scénique », « drame », « mimodrames », « scène », « personnages », « acteurs », « dialogues », « représentation », « la toile tomba ». Il en faut quatre au moins : 1 point pour la réponse, 0,5 point par mot relevé exact (maximum 2 points).

b) (3 points) Trois moments, 1 point chacun, suffisent :

  • la distribution des rôles : Hippolyte « faisait le rôle du maladroit ou de l’homme ivre », et les filles se vouvoient pour tenir leurs personnages ;
  • le dialogue joué entre Ursule et la narratrice (« Vous pouvez vous y risquer… », puis « Mais, dit-elle, si nous rencontrons des écrevisses… ») ;
  • le coup de théâtre ou l’effet spécial : Hippolyte verse le pot à l’eau pour imiter « un torrent et une cascade » ;
  • le dénouement : l’arrivée de la mère met fin à la pièce, « la toile tomba ».

Erreur fréquente : citer des mots qui ne relèvent pas du théâtre (« rivière », « eau ») ou ne donner qu’un seul moment.

Corrigé de la question 5 (5 points)

Deux réflexions sont attendues, chacune valant 2,5 points (1 point pour l’idée, 1,5 point pour la justification par une citation) :

  • l’enfant possède une imagination très puissante, capable de transformer le monde : « Dans quel vaste espace les enfants croient agir, quand ils vont ainsi de la table au lit et de la cheminée à la porte ! » ;
  • les enfants jouent avec le plus grand sérieux, au point que leurs jeux valent ceux des adultes : « Pour les enfants ces jeux-là sont tout un drame, toute une fiction scénique », ou encore « des acteurs de profession seraient bien embarrassés d’improviser […] avec tant d’à-propos ».

Une troisième réponse est acceptée si elle est justifiée : le décalage entre l’univers des enfants et celui des adultes, que montre la colère de la mère qui ne voit qu’un « cloaque » et une désobéissance.

Corrigé de la question 6 (8 points)

Chaque argument vaut 4 points : 2 points pour l’idée en lien avec la photographie, 2 points pour la citation qui la justifie.

  • Un dessin à la craie sur le sol transforme un lieu ordinaire. Sur la photographie de Doisneau, un bateau et des vagues sont tracés à la craie sur la chaussée ; dans le texte, « La rivière était dessinée sur le carreau avec de la craie ».
  • Un jeu collectif où l’imagination règne. Les enfants de la photographie dansent en ronde, la main dans la main, autour du dessin, comme les trois enfants jouent ensemble : « Nos rires et nos cris attirèrent enfin l’attention de ma mère. »

Autres arguments acceptés : les enfants jouent un rôle (les chapeaux de marin évoquent un déguisement, comme « le rôle du maladroit ») ; le jeu les coupe du monde réel (« je perdais la notion de la réalité »). Il faut toujours relier l’image et le texte.

II. Grammaire et compétences linguistiques (18 points)

Corrigé de la question 7 (3 points)

a) (1 point, 0,5 par groupe) « En de certains endroits » est complément circonstanciel de lieu ; « fort profonde » est attribut du sujet « elle » (le verbe d’état « était » introduit l’attribut).

b) (2 points) Pour identifier « En de certains endroits », on peut :

  • le supprimer : « Elle était fort profonde » reste une phrase correcte, donc le groupe est facultatif, ce qui est le cas d’un complément circonstanciel ;
  • le déplacer : « Elle était fort profonde en de certains endroits » ;
  • le remplacer par un autre complément de lieu, comme « là » ou « ici », ou poser la question « Où la rivière était-elle profonde ? » (réponse : « en de certains endroits »).

Deux manipulations bien expliquées rapportent 2 points ; une seule en rapporte 1.

Corrigé de la question 8 (2 points)

a) (1 point) « [(Si) nous rencontrons des écrevisses], elles nous mangeront les pieds. » Le mot subordonnant « si » est une conjonction de subordination ; la subordonnée est entre crochets, et « si » est entouré.

b) (1 point) La proposition subordonnée est complément circonstanciel de condition (ou « de cause hypothétique ») du verbe « mangeront » : elle exprime la condition pour que les écrevisses mangent les pieds.

Erreur fréquente : la prendre pour un complément circonstanciel de temps, parce qu’elle commence comme « quand ».

Corrigé de la question 9 (3 points)

a) (1,5 point, 0,5 par élément) Le mot « dénouement » est formé de trois éléments : le préfixe « dé- », le radical « nou- » (du verbe nouer) et le suffixe « -ment », qui forme un nom à partir d’un verbe. Il vient du verbe « dénouer ».

b) (1,5 point) Le préfixe « dé- » exprime le contraire de nouer ; « dénouer » signifie donc défaire un nœud, et le suffixe « -ment » indique l’action ou son résultat. Le dénouement est le moment où les « nœuds » de l’intrigue se défont, c’est-à-dire la fin du récit ou de la pièce. Dans le texte, c’est la punition de la mère qui conclut brutalement le jeu, avant que « la toile tomba ».

Corrigé de la question 10 (10 points)

Réécriture attendue :

« Ils s’étaient déjà noyés plusieurs fois, nous les aidions à se retirer des grands trous où ils tombaient toujours, car ils faisaient le rôle du maladroit ou de l’homme ivre, et ils nageaient à sec sur le carreau en se débattant et en se lamentant. »

Barème indicatif sur 10 points, un point environ par transformation correcte :

  • « Hippolyte » devient « Ils » ;
  • l’auxiliaire « s’étaient » s’accorde avec « ils » (plus-que-parfait) ;
  • le participe passé « noyés » s’accorde avec le sujet « ils » (verbe pronominal) ;
  • « l’ » devient « les » (« nous les aidions ») ;
  • « où ils » (pronom sujet repris) et « tombaient » (-aient) ;
  • « car ils » et « faisaient » (-aient) ;
  • « et ils » et « nageaient » (-aient, avec le « e » du radical conservé) ;
  • le reste du passage est recopié sans faute : « le rôle du maladroit ou de l’homme ivre » reste au singulier, « nous aidions », « se retirer », « en se débattant et en se lamentant » ne changent pas.

Erreurs fréquentes : oublier l’accord de « noyé » ; écrire « il tombait » sans accorder ; transformer « le rôle du maladroit » en « les rôles des maladroits », ce que la consigne interdit ; ne pas modifier « l’aidions » en « les aidions ».

Dictée (10 points)

Texte de la dictée

Je me souviens d’un jour d’automne où [virgule] le dîner étant servi [virgule] la nuit s’était faite dans la chambre [point]. Ma cousine et moi nous poursuivions l’une l’autre à travers les arbres [virgule] c’est-à-dire sous les plis du rideau [point]. L’appartement avait disparu à nos yeux et nous étions véritablement dans un sombre paysage à l’entrée de la nuit [point]. On nous appelait pour dîner et nous n’entendions rien [point]. Ma mère vint me prendre dans ses bras pour me porter à table et je me rappellerai toujours mon étonnement en voyant les objets réels qui m’environnaient [point]. Je sortais d’une hallucination complète et il me coûtait d’en sortir si brusquement [point].

D’après George Sand, Histoire de ma vie, 1855

Les indications entre crochets sont dites par l’examinateur à la première dictée et ne s’écrivent pas. Le texte ne contient pas de guillemets ni de tirets : la ponctuation à maîtriser se limite aux virgules et aux points, ainsi qu’aux deux traits d’union de « c’est-à-dire ».

Barème : 10 points moins les erreurs. Une erreur de grammaire (accord, terminaison verbale) coûte 1 point, une erreur de lexique (orthographe d’un mot) 0,5 point ; une même faute répétée ne compte qu’une fois. On retire aussi 0,5 point par erreur de ponctuation grave, dans la limite d’un point.

Pièges d’orthographe :

  • « le dîner étant servi » : participe présent suivi du participe passé « servi », qui s’accorde avec « dîner » (masculin singulier) ;
  • « la nuit s’était faite » : le participe passé du verbe pronominal « se faire » s’accorde avec le sujet « la nuit » (féminin singulier) ;
  • « nous poursuivions » et « nous n’entendions » : imparfait, terminaison -ions pour « nous » ;
  • « c’est-à-dire » (deux traits d’union) et « l’une l’autre » (sans trait d’union) ;
  • « véritablement » : adverbe en -ment formé sur « véritable » ;
  • « Ma mère vint » : passé simple de « venir », à ne pas confondre avec « vînt » ni « vient » ;
  • « je me rappellerai » : futur de « rappeler », avec deux « l » ;
  • « les objets réels » : adjectif accordé au masculin pluriel ; « qui m’environnaient » : le sujet « qui » reprend « objets », donc -aient ;
  • « hallucination » (deux « l »), « il me coûtait » (accent circonflexe), « brusquement » (adverbe en -ment avec « brusque »).

L’épreuve de 2023 ne comporte pas de réécriture séparée : la transformation figure dans la question 10 de la première partie.

Rédaction (40 points)

Deux sujets étaient proposés : il fallait en traiter un seul. Les critères d’évaluation sont : respect du sujet et de la consigne, construction et cohérence du texte, richesse du vocabulaire, correction de la langue (orthographe, syntaxe, ponctuation). Les 40 points se répartissent en 20 points pour la maîtrise de la langue et 20 points pour la construction du texte et la qualité du contenu (indication).

Sujet d’imagination : analyse et plan

Analyse : le récit est écrit à la première personne (« je ») et raconte un épisode où un jeu a entraîné progressivement le narrateur dans une aventure imaginaire intense. Il faut donc montrer la progression : le jeu commence, l’imagination prend le dessus, puis le réel s’efface. Les descriptions, les sentiments et les sensations sont conseillés. Temps du récit : passé simple et imparfait, ou passé composé et imparfait.

Plan possible : (1) le début du jeu, le lieu et les camarades ; (2) la bascule dans l’aventure imaginaire, avec sensations et émotions ; (3) le retour brutal au réel et ce que le narrateur éprouve.

Sujet d’imagination : production modèle

Ce dimanche de pluie, mon cousin Théo et moi avions décidé de transformer le grenier de ma grand-mère en navire de pirates. Nous avions posé une vieille malle au milieu de la pièce, qui devint notre pont, et un balai nous servit de mât. « Hissez les voiles, capitaine ! » cria Théo en agitant un drap blanc. Au début, je riais en répétant ses ordres.

Puis, sans que je m’en aperçoive, le jeu devint plus sérieux. Le grincement du plancher se changea en craquement de coque ; la lucarne, en hublot par lequel j’apercevais, au loin, une mer noire. Je serrai le balai de toutes mes forces, car le navire tanguait. Mon cœur battait si fort que j’entendais presque les vagues. Théo avait baissé la voix : « Terre en vue, capitaine ! Mais regardez, la tempête arrive. » Je levai les yeux et je vis vraiment des nuages sombres rouler sur l’horizon, un vent salé me fouetter le visage, alors que, dehors, la pluie n’était que de l’eau sur les tuiles.

Nous avancions à tâtons dans la pénombre quand une grosse vague, un rideau poussiéreux, s’abattit sur nous. Je poussai un cri, Théo aussi. Nous roulâmes sur le sol en riant de peur, persuadés d’avoir échappé au naufrage. Je ne sentais plus ni le froid, ni la poussière : j’étais en pleine mer.

« À table ! » La voix de ma grand-mère monta de l’escalier et le grenier se vida d’un coup de ses vagues et de ses mâts. Il n’y avait plus qu’un balai, une malle et un drap par terre. Je restai un instant immobile, un peu étourdi, comme au réveil d’un rêve dont je n’avais pas envie de sortir. Théo me chuchota en descendant : « Demain, on prend le large ? » Je lui répondis simplement oui, et, ce soir-là, je regardai longtemps le plafond de ma chambre en imaginant l’océan.

Sujet de réflexion : analyse et plan

Analyse : la question demande les raisons pour lesquelles un auteur ou un artiste parle de lui et raconte sa vie. On attend un développement argumenté (introduction, deux ou trois paragraphes d’arguments avec exemples, conclusion), des exemples précis pris dans des œuvres littéraires et artistiques (texte, peinture, bande dessinée, film).

Plan possible : (1) pour se comprendre et se construire ; (2) pour garder une trace et témoigner ; (3) pour toucher le lecteur et partager une expérience universelle.

Sujet de réflexion : production modèle

Depuis l’Antiquité, des écrivains et des artistes parlent d’eux-mêmes dans leurs œuvres. Récit d’enfance, mémoires ou autoportrait : pourquoi raconter sa propre vie, alors que l’on pourrait inventer des histoires ? Nous verrons d’abord que l’autobiographie aide à se comprendre, puis qu’elle permet de laisser une trace, et enfin qu’elle touche le lecteur au-delà d’une seule vie.

Tout d’abord, parler de soi sert à mieux se comprendre. En revenant sur son passé, l’auteur met de l’ordre dans ses souvenirs et cherche ce qui a fait de lui ce qu’il est devenu. George Sand, dans Histoire de ma vie, raconte un jeu d’enfant avec Ursule et Hippolyte pour comprendre la force de l’imagination qui l’habitait déjà. De même, Rembrandt a peint son visage tout au long de sa vie : en observant ses rides et son regard, il se regarde vieillir et s’interroge sur lui-même.

Ensuite, l’autobiographie permet de laisser une trace et de témoigner. Marcel Pagnol, dans La Gloire de mon père, fait revivre ses vacances de Provence et le monde de son enfance, qu’il ne veut pas voir disparaître. Dans Persepolis, Marjane Satrapi raconte en bande dessinée son enfance en Iran à l’époque de la révolution : son histoire personnelle devient un témoignage sur un pays et sur une période de l’Histoire, que les lecteurs ne connaîtraient pas autrement.

Enfin, raconter sa vie peut toucher le lecteur, car un destin singulier parle à tous. En lisant les souvenirs d’un autre, nous y retrouvons nos peurs, nos joies, nos premières déceptions. Frida Kahlo, dans ses autoportraits, exprime sa douleur et sa force ; le spectateur, sans avoir vécu la même histoire, ressent ce qu’elle éprouve. L’auteur invite ainsi le lecteur à partager une expérience qui lui devient commune.

En conclusion, on parle de soi dans une œuvre pour se connaître, pour transmettre sa mémoire et pour établir un lien avec les autres. Certes, il faut aussi se méfier de l’image que l’on donne de soi, car se raconter, c’est toujours un peu choisir et reconstruire, mais c’est justement ce travail qui fait de l’autobiographie une œuvre d’art.

Barème et conseils

Partie Points
Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 6) 32
Grammaire et compétences linguistiques (questions 7 à 10) 18
Dictée 10
Rédaction 40
Total 100

Échelle indicative pour la rédaction. De 1 à 12 points : le sujet n’est pas traité ou la langue est très défaillante. De 13 à 22 points : le sujet est traité partiellement. De 23 à 34 points : le sujet est traité de façon satisfaisante, avec une langue globalement correcte. De 35 à 40 points : le texte est riche, organisé, original et bien écrit. Pour l’ensemble de l’épreuve, un total de 50 sur 100 correspond à la moyenne, et 80 et plus à une très bonne copie.

Conseil 1 : améliorer les questions et la grammaire. Rédigez toujours des réponses complètes avec une citation précise, et révisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec les exercices correspondants. Pour la dictée et la réécriture, travaillez la dictée et la réécriture et ses exercices.

Conseil 2 : soigner la rédaction. Si vous choisissez l’imagination, relisez le cours sur le sujet d’imagination et faites les exercices ; pour la réflexion, révisez le cours sur le sujet de réflexion et ses exercices.

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