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Corrigé du brevet de français 2026 : Amérique du Nord – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Amérique du Nord : corrigé du brevet 2026, illustration Français PDF
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Voici le corrigé brevet français 2026 Amérique du Nord (série générale, 3 juin 2026), entièrement rédigé et détaillé, sur 100 points : 32 points de compréhension, 18 de grammaire, 10 de dictée et 40 de rédaction. Les réponses sont justifiées par le texte de Paul Fournel ; elles ne sont pas les seules acceptables, car le barème valorise toute réponse juste et argumentée.

I. Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)

Corrigé de la question 1 (6 points)

a) Le genre (4 points). Ce texte appartient à la poésie. Trois justifications au choix (1 point par élément juste, plus 1 point pour le genre nommé) :

  • le texte est écrit en vers, regroupés en strophes : six quatrains de quatre vers, soit 24 vers ;
  • on trouve des rimes en fin de vers (« oie » / « bois », « terre » / « débonnaire », « lait » / « gourmet »), disposées en rimes croisées ;
  • le poème joue sur le rythme et les sonorités : vers courts, répétitions, reprises de mots (« Patate universelle »), et sur un lyrisme d’adresse (« Je te salue »).

b) Le pantoum (2 points). Un pantoum est construit sur la reprise de vers d’une strophe à l’autre : les vers 2 et 4 d’un quatrain deviennent les vers 1 et 3 du quatrain suivant. Ici, « Je te salue pomme de terre » (vers 2) devient le vers 5, et « Ma nourriture débonnaire » (vers 4) devient le vers 7. Deuxième élément : cette reprise se répète d’un bout à l’autre du poème, ce qui crée un effet de ronde, de refrain qui avance en spirale. Barème : 1 point par élément exact.

Erreur fréquente : parler de « refrain » sans préciser quels vers sont repris et où.

Corrigé de la question 2 (4 points)

Le « je » du poète s’adresse à la pomme de terre (la « patate »). Il lui parle comme à une personne, ce qui est une apostrophe doublée d’une personnification, sur un ton à la fois respectueux et tendre.

  • « Je te salue pomme de terre » (vers 2) : le verbe « saluer » et le « tu » lui donnent la dignité d’un destinataire que l’on honore ;
  • « Ma nourriture débonnaire » (vers 4) : le possessif « ma » exprime l’affection, et l’adjectif « débonnaire » (bonté extrême) lui prête un caractère humain.

Barème : 1 point pour le destinataire, 1 point pour la manière, 1 point par citation pertinente. Autres citations acceptables : « Tu te saisis du jus de viande », « Il t’aime vieille ou bien nouvelle ».

Corrigé de la question 3 (4 points)

« Universelle » signifie qui concerne tout le monde, partout. Deux explications, chacune avec sa citation (2 points par explication) :

  • la patate se trouve partout dans le monde : « Que tu sois d’Amiens ou de Boise » (vers 12 et 15) réunit la France et les États-Unis ; « Le monde entier en redemande » (vers 20 et 23) l’affirme aussi ;
  • elle plaît à tous les âges : « Joie du bébé, joie du gourmet » (vers 16 et 19), du plus jeune au plus raffiné ;
  • on peut aussi dire qu’elle se prête à toutes les recettes : « En fines frites ou en rondelles », « Je te farcis et je t’écrase ».

Piège : une citation sans explication ne rapporte que la moitié des points.

Corrigé de la question 4 (6 points)

Deux procédés au choix, à raison de 3 points chacun (le nom du procédé, la citation, l’effet) :

Procédé 1 : l’apostrophe, avec la personnification. « Je te salue pomme de terre » (vers 2) : le poète s’adresse directement au légume, comme à quelqu’un d’important. Effet : la pomme de terre devient un personnage honoré, presque un destinataire d’hommage.

Procédé 2 : la métaphore valorisante. « Occidentale citadelle » (vers 22) : la pomme de terre est assimilée à une forteresse, solide et protectrice. Effet : elle prend une dimension grandiose, elle devient un pilier de la table, de la culture, de la civilisation occidentale.

Autres procédés acceptés : l’hyperbole (« Le monde entier en redemande », « Patate universelle ! »), les répétitions propres au pantoum, qui font revenir sans cesse le même mot, ou le vocabulaire mélioratif (« Joie », « débonnaire »).

Corrigé de la question 5 (6 points)

Deux arguments, chacun développé et justifié (3 points chacun) :

Un décalage entre la forme et le sujet. Le pantoum est une forme poétique savante, exigeante, et le poète l’emploie pour chanter un aliment très banal. L’effet est comique, comme dans la parodie : les mots concrets de la cuisine (« graisse d’oie », « noix de beurre et lait », « jus de viande ») côtoient des formules de grande poésie (« Je te salue », « Occidentale citadelle »).

Des exagérations et des gestes cocasses. Le poète déclare son amour à la patate tout en lui infligeant des traitements brutaux : « Je te farcis et je t’écrase » (vers 13) est dit avec tendresse, ce qui est drôle. L’hyperbole « Le monde entier en redemande » ou le jeu géographique « d’Amiens ou de Boise » ajoutent à l’humour.

On peut aussi invoquer le jeu sur les mots : « frémis » (vers 1), qui évoque à la fois le bouillonnement et le frisson. Tout argument cohérent, appuyé sur une citation, est accepté.

Corrigé de la question 6 (6 points)

Réponse attendue : oui, la photographie peut illustrer le poème, avec quelques nuances. Trois éléments au choix (2 points chacun : référence à l’image, référence au texte, lien entre les deux) :

  • L’abondance et la variété. L’image montre un tas de pommes de terre de tailles et de formes différentes. Elle rejoint « Le monde entier en redemande » et « vieille ou bien nouvelle » : la pomme de terre est partout et sous toutes ses formes.
  • La simplicité et le côté brut. Les tubercules sont montrés tels quels, avec leur peau rugueuse, sans mise en scène sophistiquée. Cela rejoint la cuisine simple et rustique du texte : « Tu mollis dans le feu de bois », « la graisse d’oie ».
  • La noblesse donnée à un objet modeste. Le noir et blanc, la lumière et les ombres donnent au tas une allure de monument, comme dans une nature morte ; cela correspond à « Occidentale citadelle » et au ton solennel de « Je te salue ».

Nuance possible (valorisée) : la photographie montre des pommes de terre crues et ne dit rien de la cuisson, du plaisir de manger, de l’humour du poème. Elle l’illustre donc par son sujet, plus que par son ton.

II. Grammaire et compétences linguistiques (18 points)

Corrigé de la question 7 (2 points)

a) « te » et « t’ » (forme élidée) sont des pronoms personnels de la deuxième personne du singulier, compléments d’objet directs des verbes « farcis » et « écrase ». (1 point)

b) On identifie la classe par la substitution (ou remplacement) : on remplace « te » par un groupe nominal ou un autre pronom, par exemple « Je farcis la pomme de terre » ou « Je la farcis ». Le mot reprend un nom déjà connu : c’est donc un pronom. (1 point : manipulation nommée et expliquée.)

Corrigé de la question 8 (3 points)

a) L’expansion du nom « cubes » est « petits », un adjectif qualificatif, épithète du nom. (1 point)

b) Il faut ajouter à « rondelles » une expansion d’une autre classe que l’adjectif. Exemples : « En petits cubes et en rondelles de carotte » (groupe nominal prépositionnel, complément du nom, introduit par la préposition « de ») ; « En petits cubes et en rondelles que tu dores » ou « qui dorent dans la poêle » (proposition subordonnée relative). Barème : 1 point pour une expansion correcte et bien placée, 1 point pour la classe exacte. Un adjectif (« fines », « dorées ») ne convient pas : il serait de la même classe que « petits ».

Corrigé de la question 9 (3 points)

a) « L’eau du thé frémit » : contexte de la cuisine ou de la chaleur ; « frémir » veut dire commencer à bouillir, avec de petits remous et un léger bruit. (1 point)

« Il frémit d’épouvante » : contexte d’une émotion, la peur ; « frémir » veut dire trembler, frissonner. (1 point)

b) Au vers 1, le verbe est d’abord pris au sens propre, celui de la cuisson : la pomme de terre bouillonne doucement dans la graisse chaude. Mais, comme le légume est personnifié, on entend aussi le sens figuré de l’émotion : il semble frissonner de plaisir. Le verbe est donc employé avec ses deux sens à la fois. (1 point)

Corrigé de la question 10 (10 points)

Réécriture attendue :

« Vous frémissez dans la graisse d’oie,

Je vous salue pommes de terre

Vous mollissez dans le feu de bois, […]

Patates universelles ! […]

Que vous soyez d’Amiens ou de Boise »

Barème détaillé (10 points) :

  • « Vous frémissez » : terminaison -ez de la deuxième personne du pluriel, et radical « frémiss- » (2 points) ;
  • « Je vous salue » : le pronom complément « te » devient « vous » (1 point) ;
  • « pommes de terre » : seul le premier nom prend la marque du pluriel, « de terre » reste invariable (2 points) ;
  • « Vous mollissez » : verbe du deuxième groupe, radical « molliss- » et terminaison -ez (2 points) ;
  • « Patates universelles » : le nom et l’adjectif s’accordent au pluriel (1 point chacun, soit 2 points) ;
  • « Que vous soyez » : subjonctif présent de « être » à la deuxième personne du pluriel (1 point).

Erreurs fréquentes : écrire « vous frémisses » ou « vous mollisez », oublier l’accord de « universelle », écrire « pomme de terres », garder « te » dans « Je te salue », ou écrire « que vous sois ».

Dictée (10 points)

Texte de la dictée

Texte lu par l’examinateur, d’après Francis Ponge, Pièces, « La pomme de terre » (1961). Les indications entre crochets sont les signes de ponctuation à dire à voix haute.

Peler une pomme de terre bouillie de bonne qualité est un plaisir de choix [point].

Entre le gras du pouce et la pointe du couteau tenu par les autres doigts de la même main [virgule], l’on saisit par l’une de ses lèvres ce rêche et fin papier que l’on tire à soi pour le détacher de la chair appétissante du tubercule [point].

L’opération facile laisse [virgule], quand on a réussi à la parfaire sans s’y reprendre à trop de fois [virgule], une impression de satisfaction indicible [point].

Le léger bruit que font des tissus en se décollant est doux à l’oreille [virgule], et la découverte de la pulpe comestible réjouissante [point].

Il semble que l’on ait accompli là quelque chose de juste [virgule], dès longtemps prévu et souhaité par la nature [virgule], que l’on a eu toutefois le mérite d’exaucer [point].

Barème et pièges d’orthographe

La dictée est notée sur 10 points ; à titre indicatif, on retire un point par erreur d’orthographe grammaticale ou lexicale grave, et un demi-point pour une erreur légère, sans descendre sous 0.

  • bouillie : participe passé employé comme adjectif, il s’accorde avec « pomme de terre » (féminin singulier) ;
  • tenu : accord avec « couteau » (masculin singulier), et non avec « doigts » ou « main » ;
  • l’on saisit, l’on tire : le « l’ » devant « on » est un usage soutenu ;
  • rêche (accent circonflexe), appétissante (deux « s »), tubercule, indicible ;
  • laisse : le verbe s’accorde avec « l’opération » (singulier) ;
  • réussi : participe passé sans accord, suivi de « à la parfaire » ;
  • s’y reprendre à trop de fois : « s’y » est le pronom « y » précédé de « se » élidé ;
  • font : le verbe s’accorde avec « des tissus » (sujet inversé, pluriel) ;
  • en se décollant : participe présent (gérondif), invariable ;
  • comestible, réjouissante : accord avec « pulpe » et « découverte » (féminin singulier) ;
  • dès longtemps : « dès » (préposition, accent grave) et non « des » (article) ;
  • ait accompli : subjonctif présent d’« avoir » (« ait ») après « il semble que » ;
  • prévu et souhaité : accord au masculin singulier avec « quelque chose » ;
  • eu dans « a eu le mérite » et exaucer à l’infinitif après « de ».

Cette année, l’épreuve ne comporte pas de question de réécriture liée à la dictée : la réécriture est la question 10 de la partie 1. Révisez les accords avec le cours sur la dictée et la réécriture.

Rédaction (40 points)

Sujet d’imagination : analyse et production modèle

Analyse du sujet. Il faut choisir un aliment, s’adresser à lui (apostrophe, « tu », comme dans le poème de Fournel) et révéler ses qualités. La consigne impose une langue poétique : comparaisons, métaphores, rythme, sonorités. Longueur : 35 lignes au moins.

Plan possible. 1. Salutation et portrait de l’aliment (couleur, forme, odeur) ; 2. ses qualités pour le goût et pour le corps ; 3. ses qualités humaines, le partage et le souvenir ; 4. un envoi final.

Critères. Respect de la consigne (adresse à un aliment, qualités révélées), richesse des images, travail du rythme et des sons (allitérations, répétitions), cohérence, maîtrise de la langue, longueur.

Production modèle

Pain, je te salue, toi qui sors du four comme un soleil de poche.

Tu portes une croûte d’or craquante, et la farine, sur ton dos, a la douceur d’une neige oubliée. Quand on te rompt, ton cœur s’ouvre, tendre et tiède comme une main d’enfant, et ton parfum envahit la rue avant même que l’on te voie.

Tu es la patience faite aliment. Le blé a dormi sous la terre, la meule l’a bercé, le levain l’a fait grandir, et le feu, d’un coup de baguette, t’a donné la lumière. Chaque étape te met dans la bouche des hommes comme un cadeau du temps.

Ta mie est un nuage où se cachent mille petites chambres d’air, et ta croûte, qui crépite sous les dents, chante une chanson de crépuscule. Tu craques, tu croustilles, tu cèdes : on dirait que tu te réjouis d’être mangé.

Pain, tu es modeste, et c’est ta grandeur. Tu n’as ni sucre en dentelle ni crème en parure, et pourtant, sans toi, la table reste triste. Tu accueilles tout : le beurre fondant, la confiture rouge, le fromage fier, la soupe du soir. Tu es l’ami de tous les plats et le sourire du moindre repas.

Tu fais mieux que nourrir : tu rassembles. On te coupe pour partager, on te rompt pour offrir ; autour de toi, les silences se réchauffent et les rires s’invitent. Dans les mains du grand-père, tu deviens un rite ; dans celles de l’enfant qui court de la boulangerie, tu es un trésor que l’on serre contre soi.

Pain du matin, pain du midi, pain des jours de fête comme des jours de pluie, tu es la maison qu’on emporte avec soi. Reste longtemps tiède, reste doré. Que ta croûte chante encore, que ta mie sourie encore, et que jamais le monde n’oublie combien il te doit : un peu de lumière, tous les jours.

Sujet de réflexion : analyse et production modèle

Analyse du sujet. La question est : l’art a-t-il pour mission d’« embellir le réel » ? Il faut donc discuter la thèse (l’art embellit) et envisager l’antithèse (l’art montre aussi le laid, dénonce, témoigne). La consigne demande un développement argumenté, organisé, avec des exemples tirés de lectures et d’une culture artistique : une trentaine de lignes au moins.

Plan possible. 1. Oui, l’art peut embellir : consoler, émerveiller ; 2. Mais il ne se limite pas à cela : il montre le réel tel qu’il est, il dénonce ; 3. Sa vraie mission est peut-être de nous faire regarder autrement.

Critères. Une thèse claire, des arguments organisés et reliés par des connecteurs, des exemples précis et commentés, une conclusion nuancée, une langue correcte.

Production modèle

La poésie, la littérature et l’art ont-ils pour mission d’embellir le réel ? On associe volontiers l’art à la beauté, mais l’histoire des œuvres montre que leur rôle est plus vaste. Il faut donc se demander si embellir est leur mission, ou seulement l’un de leurs pouvoirs.

Il est vrai, d’abord, que beaucoup d’œuvres cherchent à embellir le monde. Le poème de Paul Fournel, qui chante la pomme de terre, fait d’un aliment modeste une « citadelle » et lui adresse un hommage presque solennel. En lisant ce texte, on regarde autrement un légume banal. De même, les tableaux de Monet, qui peignent des nénuphars ou une cathédrale sous la lumière, transforment un paysage ordinaire en féerie de couleurs. Dans ces cas, l’art console et émerveille : il donne le goût de regarder.

Cependant, l’art ne se contente pas d’embellir ; il lui arrive même de montrer le laid. Zola, dans Germinal, décrit sans détour la dureté de la vie dans une mine du Nord, et c’est ce réalisme qui éveille les consciences. Picasso, avec Guernica, ne rend pas la guerre belle : il peint des corps brisés et des cris, pour que l’on ne l’oublie jamais. Quant à Van Gogh, dans Les Mangeurs de pommes de terre, il peint des visages rudes et une pièce sombre, parce qu’il veut montrer la vie des paysans telle qu’elle est. Ces œuvres ne cherchent pas à plaire : elles cherchent à dire vrai, et à toucher.

Embellir peut même devenir une tromperie, si l’on cache la réalité. Mais il y a des exceptions : dans La vie est belle, le film de Roberto Benigni, un père invente un jeu pour protéger son fils de l’horreur d’un camp. Il transforme le réel pour le rendre supportable, sans jamais le nier, ce qui prouve que l’embellissement peut être un acte de courage et de tendresse.

Ainsi, la mission de l’art n’est pas seulement d’embellir le réel, mais de nous le faire voir autrement : parfois en l’éclairant d’une beauté insoupçonnée, parfois en le montrant dans sa dureté pour que nous le changions. Le poème de Fournel ne cache pas le feu, la graisse ou le couteau ; il les célèbre avec humour et affection. Cet exemple montre que la beauté d’une œuvre tient moins à ce qu’elle représente qu’à la manière dont elle nous apprend à regarder.

Barème et conseils

Partie Points
Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 6) 32
Grammaire et compétences linguistiques (questions 7 à 10) 18
Dictée 10
Rédaction (un sujet au choix) 40
Total 100

Échelle de notes indicative : pour passer à la note sur 20, divisez le total par 5. Un total de 50 points correspond à 10 sur 20, 70 points à 14 sur 20, 90 points à 18 sur 20.

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