Aller au contenu

Corrigé du brevet de français 2016 : Centres étrangers – à télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Centres étrangers : corrigé du brevet 2016, illustration Français PDF
Notez cette fiche

Gratuit. Ce corrigé du brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.

Le sujet est sur la page Brevet de français 2016 : Centres étrangers. Traiter le sujet d’abord, puis comparer avec ce corrigé.

Voici le corrigé brevet français 2016 centres étrangers (groupe 1), rédigé question par question : l’épreuve de la série générale, passée en juin 2016, est notée sur 40 points (25 pour la première partie, 15 pour la rédaction) avec un coefficient 2, soit 100 points au total en comptant ce coefficient pour l’affichage du site. Le texte d’Éric-Emmanuel Schmitt, La Rêveuse d’Ostende, sert de support aux questions, à la réécriture et aux deux sujets de rédaction.

Corrigé de la question 1 (1,5 point)

Le narrateur entreprend ce voyage pour trois raisons qui s’additionnent.

1. Une rupture sentimentale : elle « [l’]a jeté sur les routes » (l. 3-4). Il veut fuir Paris, « trop imprégné des souvenirs d’un amour qui n’était plus ».

2. Le besoin de changer d’air : « Vite, changer d’air, de climat… » Le Nord lui apparaît comme « une issue » parce que le couple n’y était « jamais passé ».

3. La fascination pour le nom d’Ostende : il en a toujours rêvé, il est « magnétisé » par ses sept lettres et ses « sonorités [le] captivaient ». S’y ajoute un motif pratique : une amie lui a indiqué « une bonne adresse pour y séjourner ».

Barème : 0,5 point par raison correctement relevée et justifiée (1,5 au total). Les deux premières raisons, très proches, peuvent être regroupées si la réponse est claire. Erreur fréquente : ne citer que la rupture sentimentale et oublier l’attrait du nom.

Corrigé de la question 2 (1,5 point)

Plusieurs passages traduisent l’urgence du départ, et la ponctuation y joue un rôle central.

« Partir ! » (l. 4) : un verbe à l’infinitif, seul, dans une phrase averbale, suivi d’un point d’exclamation. Le mot est bref et brutal, comme une décision prise sur-le-champ.

« Quitter ce Paris… » puis « Vite, changer d’air, de climat… » (l. 4-5) : l’adverbe « Vite » et la succession d’infinitifs sans sujet donnent un rythme saccadé, de véritables ordres que le personnage se donne à lui-même. Les points de suspension suggèrent que la liste des changements souhaités pourrait se poursuivre : il veut tout laisser derrière lui.

« En quelques coups de téléphone, l’affaire fut réglée, la pension réservée, les bagages entassés dans la voiture ; et je m’acheminais… » (l. 9-11) : les groupes nominaux et participes juxtaposés, séparés par des virgules, accumulent les étapes sans verbe conjugué. Cette énumération rapide, close par un point-virgule, montre que tout s’enchaîne sans temps mort. L’adverbe « aussitôt » (l. 7) renforce cette impression.

Barème : 0,5 point par passage relevé et commenté (1,5 au total). Il faut citer et commenter la ponctuation ou le rythme, pas seulement recopier.

Corrigé de la question 3 (4 points)

a. (1 point) Le présent de l’indicatif de « j’approche » et de « j’ai » a une valeur d’habitude (ou itérative) : le narrateur décrit ce qui se passe chaque fois qu’il s’apprête à visiter une ville. Le mot « Lorsque » (chaque fois que) l’indique. On acceptera « présent de vérité générale » si l’idée de répétition est présente.

b. (1 point) Avant même de voir une ville, le narrateur la rencontre par son nom : ce nom éveille en lui des images, des sensations, des attentes. « Rendez-vous » est une image : le nom est comme une personne que l’on rencontre, et cette rencontre imaginaire précède la rencontre réelle.

c. (2 points) Le nom « Ostende » exerce sur le personnage une véritable fascination. Il est « aussitôt magnétisé » (l. 7) : le verbe, par l’image de l’aimant, suggère une attirance irrésistible. Les « sonorités [le] captivaient » (l. 8) : le mot l’enchante avant toute information. Le nom devient même la cause du voyage, puisque le narrateur part « comme si [son] destin [l’]y attendait » (l. 11). Le simple mot a donc plus de pouvoir que la raison.

Barème : 1 point pour la valeur, 1 point pour l’explication, 2 points pour l’analyse (1 point pour l’idée de fascination, 1 point pour les deux citations commentées).

Corrigé de la question 4 (3 points)

a. (1 point) Les deux propositions sont unies par un rapport de cause (la subordonnée « Parce que j’entendais “tendre” » explique la principale) : c’est parce que le nom évoque la tendresse que le narrateur imagine des rues pastel. Par conséquent, la principale exprime la conséquence de ce que suggère la sonorité.

b. (2 points) Les deux sensations sont l’ouïe (« j’entendais ») et la vue (« je me peignais les rues en couleurs pastel »). Le point commun est la douceur : la sonorité « tendre » est douce à l’oreille, comme les couleurs pastel et le ciel paisible sont doux à l’œil. L’auteur associe ainsi un son et une image : on parle de synesthésie. Compter 1 point pour les deux sensations nommées, 1 point pour la douceur.

Corrigé de la question 5 (2 points)

Le narrateur retrouve, « en quelques points », une partie de son rêve (l. 18-19) :

• la mer : la ville est face à « la mer des vagues » ; elle était rêvée « face à la mer » ;

• la plage vaste : « elle offrît une vaste plage », qui rappelle « une plage de sable lisse s’étendant à l’infini » ;

• la situation à l’ouest, au bout du monde : la cité est « au bout du monde, en Flandre », dans l’esprit de « cité qui se tient à l’ouest » ;

• une atmosphère nostalgique : « une digue nostalgique » prolonge le soleil couchant rêvé.

Barème : 0,5 point par élément correctement relevé, 2 points au maximum. Il faut citer le passage du rêve ou de la réalité, pas seulement nommer l’élément.

Corrigé de la question 6 (3 points)

Le « chaos urbain » désigne une ville construite dans le désordre et sans souci d’harmonie : « barres d’immeubles plus hautes que des paquebots », « logements sans goût ni caractère ». Le mot « chaos » exprime la laideur, la démesure et l’absence d’organisation ; l’adjectif « urbain » précise qu’il s’agit de l’urbanisation, c’est-à-dire du bétonnage.

Cette expression traduit les « démentis » (l. 19), c’est-à-dire les contradictions entre le rêve et la réalité. Le narrateur avait imaginé des « maisons groupées face à la mer », des « couleurs pastel », « un ciel paisible » : tout est harmonie et douceur. Il trouve des immeubles gigantesques, uniformes et sans charme, construits par appât du gain (« rentabilité immobilière », « avidité d’entrepreneurs »). Le chaos s’oppose donc terme à terme à la beauté rêvée, et le paysage réel « enlaidit » la côte au lieu de la rendre belle.

Barème : 1 point pour l’explication du groupe nominal, 2 points pour la mise en relation avec les démentis (1 point pour le rêve rappelé, 1 point pour la réalité opposée).

Corrigé de la réécriture (4 points)

Il faut remplacer « je » par « nous » et accorder tout ce qui en dépend : verbes, pronoms et participe passé.

Lorsque nous approchons une ville, nous avons d’abord rendez-vous avec un nom. Nous avions toujours rêvé d’Ostende. Nous aurions pu nous contenter de la rêver sans y aller si une rupture sentimentale ne nous avait jetés sur les routes.

Points de vigilance : « j’approche » devient « nous approchons » (terminaison en -ons ; le radical ne change pas, pas de « nous approchont »). « J’ai » devient « nous avons ». « J’avais rêvé » devient « nous avions rêvé » : l’auxiliaire change, le participe « rêvé » reste invariable. « J’aurais pu » devient « nous aurions pu ». « Me contenter » devient « nous contenter », puis « m’avait jeté » devient « nous avait jetés » : le pronom « nous » est complément d’objet direct placé avant le participe, qui s’accorde au masculin pluriel (« jetés »). On acceptera « jetées » si le candidat s’est placé au féminin, à condition d’être cohérent.

Barème : 0,5 point par transformation correcte (approchons, avons, avions rêvé, aurions, nous contenter, nous, avait, jetés), soit 4 points au total. Un point retiré pour une erreur de terminaison, mais aucune pénalité répétée sur la même erreur.

Dictée

Texte de la dictée

Le texte de la dictée de cette session ne figure pas dans les documents disponibles : le sujet fourni ne contient que les pages de questions et de rédaction, car le texte est lu par l’examinateur. Nous ne le reproduisons donc pas ici, afin de ne pas inventer un texte qui ne serait pas celui de l’épreuve.

Barème : la dictée est notée sur 6 points, soit les 25 points de la première partie moins les 15 points des questions et les 4 points de la réécriture. Le barème officiel retire des points par erreur d’orthographe ou de grammaire. Pour réussir une dictée, relisez en priorité les accords du participe passé, les terminaisons verbales (-ent, -ons, -ez, imparfait ou passé simple) et les homophones grammaticaux (a/à, et/est, ces/ses, on/ont).

Rédaction (15 points)

Sujet 1 : le voyage vers un lieu rêvé

Analyse du sujet. C’est un sujet d’imagination qui demande trois éléments obligatoires : expliquer les motivations du voyage, décrire le lieu imaginé, puis décrire le lieu découvert. Le texte de Schmitt fournit le modèle : le rêve (paragraphe des « Parce que ») s’oppose à la réalité (les « démentis »). Le texte est écrit à la première personne, au passé (passé simple, imparfait, plus-que-parfait).

Plan. 1. Le nom qui fait rêver et les raisons du départ. 2. Le lieu tel que je l’imagine (description, sensations, comparaisons). 3. L’arrivée et la réalité, avec ses accords et ses contradictions. Une courte conclusion peut dire ce que le voyage a appris au narrateur.

Critères. Respect des trois consignes, cohérence des temps, richesse de la description (adjectifs, comparaisons, sensations variées), contraste net entre rêve et réalité, orthographe soignée, au moins une quarantaine de lignes.

Production modèle.

Depuis l’enfance, un nom me faisait rêver : Samarcande. Je l’avais lu dans un livre d’histoire, puis dans un conte, et il revenait sans cesse dans mes pensées. Il avait la sonorité d’une musique lointaine, le son sourd du sa, puis le roulement du mar, enfin la douceur d’un cande qui s’éteint comme un souffle. J’ignorais presque tout de cette ville, mais je savais déjà que j’irais.

Après des années de lycée et d’examens, je ressentais le besoin de partir. Mon grand-père, qui avait voyagé dans sa jeunesse, m’avait offert une vieille carte. Un soir de printemps, je l’ai dépliée et mon doigt s’est arrêté sur ce nom, au milieu d’un désert de couleur ocre. Je me suis dit que c’était le moment : j’avais besoin de changer d’horizon, de quitter mes habitudes et de prouver que je pouvais voyager seul. J’ai économisé tout l’été, réservé un billet et rempli un sac à dos.

Dans l’avion, je m’étais composé une ville de légende. Je l’imaginais baignée d’une lumière dorée, entourée de montagnes bleues. Je voyais des coupoles turquoise qui brillaient comme des bijoux, des places immenses où des marchands vendaient des épices, du thé à la menthe et des tapis aux couleurs éclatantes. Je croyais entendre l’appel des muezzins, sentir l’odeur du pain chaud et de la cannelle. Dans mon rêve, les rues étaient silencieuses et fraîches, et chaque pas m’aurait plongé dans un conte des Mille et Une Nuits.

Je suis arrivé à la nuit. Le premier choc fut celui du bruit : les klaxons, les moteurs, les cris des chauffeurs de taxi qui se disputaient les voyageurs. Une avenue large comme un fleuve, des immeubles gris, des enseignes lumineuses : je cherchais en vain la ville de mon enfance. Le lendemain matin, pourtant, le soleil a levé le voile. Devant moi, un monument immense s’élevait, dont les faïences bleues m’ont ébloui. Ces dômes, que je croyais connaître, étaient bien plus beaux encore que dans mes rêves, mais ils étaient entourés de touristes, de poussière et de chantiers.

La réalité contredisait donc mon rêve sur bien des points : les rues étaient bruyantes, les marchés trop touristiques, et la chaleur écrasait tout. Pourtant, en m’asseyant sur les marches d’une place, en regardant la lumière glisser sur les mosaïques, j’ai compris que j’avais trouvé autre chose : une ville vivante, imparfaite et humaine. Mon rêve me quittait, mais le voyage commençait vraiment. Je ne regrettais plus rien : j’avais cherché un nom, j’avais découvert un lieu.

Sujet 2 : pourquoi voyage-t-on ?

Analyse du sujet. C’est un sujet de réflexion : la question « Pourquoi voyage-t-on selon vous ? » demande une réponse personnelle, argumentée par des exemples. « Attentes », « désirs » et « rêves » invitent à distinguer plusieurs motivations. La question est ouverte : le candidat prend position et justifie sa réponse avec des exemples tirés de la lecture, du cinéma ou de la vie.

Plan. Introduction (amener le sujet, poser la question, annoncer le plan). 1. On voyage pour échapper au quotidien et rêver. 2. On voyage pour découvrir les autres et le monde. 3. On voyage pour mieux se connaître. Conclusion (réponse nette, ouverture).

Critères. Une thèse claire, des arguments distincts, des connecteurs logiques (d’abord, ensuite, en outre, enfin, en conclusion), des exemples précis, une langue soignée, environ deux pages.

Production modèle.

Chaque été, des millions de personnes quittent leur ville pour aller voir ailleurs. Pour les uns, il s’agit d’une escapade de quelques jours ; pour d’autres, d’une aventure qui dure des mois. Mais pourquoi voyage-t-on ? Quelles attentes, quels désirs ou quels rêves nous poussent à partir ? Je pense que l’on voyage d’abord pour s’évader, ensuite pour découvrir les autres, enfin pour mieux se connaître.

Tout d’abord, le voyage est une évasion. Le quotidien peut sembler monotone : les mêmes trajets, les mêmes visages, les mêmes soucis. Partir permet de rompre avec cette routine et de rêver. C’est ce que fait le narrateur de Schmitt qui, après une rupture sentimentale, veut « changer d’air, de climat ». Un nom suffit parfois à nous faire rêver, et ce rêve nous met en route. Le voyage est alors une promesse de bonheur et de dépaysement.

Ensuite, on voyage pour découvrir d’autres cultures, d’autres paysages et d’autres façons de vivre. Voyager, c’est apprendre sans livre : goûter une cuisine inconnue, entendre une langue étrangère, comprendre que le monde est plus vaste que notre village. Les grands explorateurs, comme Marco Polo, ont voyagé par curiosité, et ils ont rapporté des récits qui ont fait rêver des générations. Aujourd’hui encore, un séjour à l’étranger ouvre l’esprit et rend plus tolérant.

Enfin, on voyage pour mieux se connaître. Loin de ses repères, on se découvre des qualités qu’on ignorait : le courage, la débrouillardise, la patience. Le voyage est une épreuve, comme celle d’Ulysse dans l’Odyssée, dont le retour à Ithaque change le héros. Et il arrive que la réalité déçoive, comme à Ostende : mais cette déception nous apprend aussi à regarder le monde tel qu’il est, et non tel que nous le rêvions.

En conclusion, on voyage pour fuir la routine, pour rencontrer les autres et pour se trouver soi-même. Ces trois désirs se mêlent souvent. Voyager n’est donc pas un simple loisir : c’est une manière de grandir. Reste à savoir si l’on a besoin d’aller très loin pour cela, car on peut aussi découvrir le monde en regardant avec curiosité la rue de son quartier.

Barème et conseils

Partie Points
Questions (1 à 6) 15
Réécriture 4
Dictée 6
Rédaction 15
Total (avant coefficient 2) 40

Échelle indicative pour la rédaction. De 1 à 5 points : le sujet n’est pas traité ou la langue est très défaillante. De 6 à 9 points : le sujet est traité partiellement. De 10 à 13 points : le sujet est traité de façon satisfaisante, avec une langue globalement correcte. De 14 à 15 points : le texte est riche, organisé, original et bien écrit. Pour l’ensemble de l’épreuve, 20 sur 40 correspond à la moyenne et 32 et plus à une très bonne copie.

Conseil 1 : améliorer les questions, la grammaire et la dictée. Rédigez toujours des réponses complètes avec une citation précise, et révisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire, puis entraînez-vous avec les exercices correspondants. Pour la dictée et la réécriture, travaillez la dictée et la réécriture et ses exercices.

Conseil 2 : soigner la rédaction. Si vous choisissez l’imagination, relisez le cours sur le sujet d’imagination et faites les exercices ; pour la réflexion, révisez le cours sur le sujet de réflexion et ses exercices.

Retour au sujet : Brevet de français 2016 : Centres étrangers

Corrigé du brevet de français 2016 en PDF

À imprimer

Retrouve ce corrigé du brevet dans un PDF propre, prêt pour la classe ou la maison.

Télécharger le PDF