Gratuit. Ce corrigé du brevet est gratuit : il se télécharge en PDF et s’imprime gratuitement, sans inscription ni publicité.
Le sujet est sur la page Brevet de français 2017 : Inde (Pondichéry). Traiter le sujet d’abord, puis comparer avec ce corrigé.
Voici le corrigé brevet français 2017 Inde (session du 3 mai 2017, série générale) : nous rédigeons une réponse détaillée à chaque question du sujet, la réécriture, la dictée avec son barème et une production modèle pour chacun des deux sujets de rédaction. L’épreuve compte pour 100 points au diplôme. Les réponses proposées sont rédigées par nos soins ; d’autres formulations sont acceptées dès qu’elles sont justes et justifiées par le texte de Simone de Beauvoir.
Questions sur le texte et l’image (20 points)
Corrigé de la question 1 (2 points)
Les mots (1 point). Le sentiment dominant est la joie, l’exaltation, l’euphorie. Trois mots suffisent parmi : « grisa », « liberté », « passion », « m’émerveillais », « légèreté », « m’ébrouais », « jubilais ». Il faut trois relevés exacts pour obtenir le point (0,5 si deux seulement sont justes).
La cause (1 point). Cette joie vient de la liberté enfin obtenue : la jeune femme s’installe seule à Paris et dispose d’une chambre à elle, ce dont elle rêvait depuis l’enfance. Le texte le dit dès la première phrase : « ce fut d’abord ma liberté ».
Erreur fréquente : citer des mots qui ne sont pas dans les lignes 1 à 5, ou répondre « Paris » comme cause alors que c’est la liberté retrouvée qui provoque la joie.
Corrigé de la question 2 (3 points)
Les goûts (1 point). La narratrice évoque des plaisirs de table, le chocolat et le bortsch, et des plaisirs de rythme de vie, les longues siestes et les nuits sans sommeil : tout ce qu’interdisaient la discipline familiale et les études.
Le goût mis en avant (1 point). C’est « mon caprice » : le plaisir de faire ce qui lui passe par la tête, sans rendre de comptes à personne.
Comment (1 point). Il est mis en valeur par l’adverbe « surtout », par la construction « mais j’aimais surtout… » qui oppose les quatre goûts précédents au dernier, et par l’énumération qui s’achève sur lui, comme une chute. Il passe aussi d’une liste de choses concrètes à un terme abstrait qui les résume toutes. On accepte aussi la répétition du verbe « aimais ».
Erreur fréquente : oublier de nommer le procédé (« surtout », « mais », énumération) ; une simple paraphrase ne rapporte pas le point.
Corrigé de la question 3 (2 points)
Le temps (1 point). « avais rêvé » est au plus-que-parfait de l’indicatif (auxiliaire « avoir » à l’imparfait + participe passé « rêvé »).
L’emploi (1 point). Le plus-que-parfait exprime une action antérieure à celle du récit principal, au passé simple (« me grisa », « rentrai »). Le rêve de liberté date de l’enfance, avant le retour à Paris en 1929 ; il est déjà accompli quand la narratrice raconte son installation. On accepte aussi l’idée d’une action achevée et antérieure, qui sert d’arrière-plan au passé.
Erreur fréquente : confondre avec le passé composé ou le plus-que-parfait du subjonctif ; ne pas justifier par l’antériorité.
Corrigé de la question 4 (2 points)
a) Le rapport logique (1 point). Les deux phrases sont liées par une opposition (un contraste) : le passé des examens, fait de peine, de peur et d’obstacles, s’oppose au présent de la liberté, où tout est facile. Le mot « Maintenant » marque ce renversement. Une opposition temporelle ou une antithèse sont acceptées.
b) La phrase complexe (1 point). Plusieurs solutions sont correctes, par exemple : « Alors que j’avais durement peiné, que j’avais eu peur d’échouer, que je butais contre des obstacles et que je me fatiguais, je ne rencontrais maintenant nulle part de résistances : je me sentais en vacances, et pour toujours. » La proposition introduite par « alors que » est une subordonnée circonstancielle d’opposition. On accepte aussi « tandis que ». Si le contenu est correct mais qu’aucune subordonnée n’apparaît, on ne donne pas le point.
Corrigé de la question 5 (4 points)
On attend au moins deux idées développées (2 points chacune : l’idée, puis la justification par le texte). Plusieurs sont possibles.
Un lieu de liberté et d’indépendance. Dans sa chambre, personne ne la surveille : elle peut « fermer [sa] porte », rentrer « à l’aube », lire « toute la nuit ». Elle paie son loyer à sa grand-mère, ce qui lui donne un statut d’adulte.
Un refuge d’intimité et de solitude choisie. La chambre la met « à l’abri de tous les regards » ; même l’odeur du poêle « défendait [sa] solitude ». Elle y est enfin « chez [elle] ».
La réalisation d’un rêve d’enfance. Vers douze ans, elle souffrait de ne pas avoir « un coin à [elle] » et enviait la chambre de la collégienne anglaise de Mon journal. Elle possède maintenant son propre décor.
Un espace personnalisé qui lui ressemble. Elle a choisi les meubles en bois blanc, le vernis marron, le papier orange, ce qui prouve qu’elle prend sa vie en main.
Erreur fréquente : raconter l’aménagement de la chambre sans dire ce qu’elle symbolise.
Corrigé de la question 6 (3 points)
La lecture est à la fois l’origine du rêve de liberté et l’un des plaisirs de cette liberté (1 point par idée justifiée, 3 au maximum).
1. Elle a nourri le rêve. C’est en « lisant dans Mon journal » l’histoire d’une collégienne anglaise que la narratrice a imaginé une chambre idéale, avec « des rayons couverts de livres ». La lecture lui a donné un modèle de vie libre.
2. Elle fait partie du décor choisi. Dans sa chambre, elle installe « des rayons pour mettre [ses] livres » et préfère toujours les pièces qui offrent « des rayonnages ».
3. Elle est une pratique libre. Elle peut maintenant « lire au lit toute la nuit », sans que personne ne la contrôle : la liberté se mesure aussi au droit de lire quand on veut.
Erreur fréquente : ne pas citer le texte alors que la consigne l’exige.
Corrigé de la question 7 (4 points)
L’attitude de la jeune femme (1 point). Elle est assise de côté sur un banc, un bras posé sur le dossier, l’autre coude appuyé et le menton dans la main. Son regard est perdu dans le vague, vers un point hors du tableau. Sa pose est détendue mais pensive.
L’image de la lectrice (1,5 point). Le livre est posé à côté d’elle, avec le chapeau et l’ombrelle : elle ne lit plus. Le tableau montre donc une lectrice rêveuse et songeuse, qui interrompt sa lecture pour laisser aller son imagination, comme l’indique le titre Rêves. L’expression est aussi un peu mélancolique.
Le rapport avec le texte (1,5 point). Les deux documents se rejoignent sur un point : la lecture est un moment à soi, qui entraîne la rêverie et nourrit les rêves d’avenir ; Simone de Beauvoir a rêvé de sa chambre en lisant Mon journal. Ils se séparent par le ton : le texte est joyeux et énergique (« je jubilais »), alors que la jeune femme du tableau semble calme et peut-être nostalgique. Le tableau privilégie la méditation immobile, le texte l’action et l’indépendance. Une réponse nuancée de ce type est la meilleure ; une réponse seulement positive ou seulement négative est acceptée si elle est justifiée.
Erreur fréquente : décrire le décor (banc, mur, plantes) sans parler de l’attitude, ou dire qu’elle lit alors que le livre est posé.
Réécriture (5 points)
Corrigé de la réécriture (5 points)
Texte attendu : « Nous sommes très longtemps restées indifférentes au décor dans lequel nous vivions ; à cause, peut-être, de l’image de Mon journal nous préférions les chambres qui nous offraient un divan, des rayonnages ; mais nous nous accommodions de n’importe quel réduit. »
Barème (1 point par transformation correcte) : (1) « Nous sommes restées » : auxiliaire être au pluriel et participe accordé avec « nous » ; (2) « indifférentes » : adjectif au féminin pluriel, car la narratrice et sa sœur sont deux filles ; (3) « nous vivions » : imparfait, première personne du pluriel ; (4) « nous préférions » et « qui nous offraient » : le pronom « m’ » devient « nous », le verbe « offraient » ne change pas ; (5) « nous nous accommodions » : verbe pronominal, il faut deux « nous ».
Pièges : oublier l’accord au féminin (« restés indifférents » est faux), écrire « nous vivons » au lieu de l’imparfait, laisser « m’offraient » ou écrire « nous offrait ». Le titre Mon journal ne change pas.
Dictée (5 points)
Texte de la dictée
Voilà pourquoi en rencontrant Herbaud j’eus l’impression de me trouver moi-même [deux-points] il m’indiquait mon avenir [point]. Ce n’était ni un bien-pensant [virgule] ni un rat de bibliothèque [virgule] ni un pilier de bar [point-virgule] il prouvait par son exemple qu’on peut se bâtir [virgule] en dehors des vieux cadres [virgule] une vie orgueilleuse [virgule] joyeuse et réfléchie [deux-points] telle exactement que je la souhaitais [point]. [à la ligne]
Cette fraîche amitié exaltait les gaietés du printemps [point]. Un seul printemps dans l’année [virgule] me disais-je [virgule] et dans la vie une seule jeunesse [deux-points] il ne faut rien laisser perdre des printemps de ma jeunesse [point].
Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée, 1958.
Barème indicatif (5 points). Le sujet ne détaille pas le barème de la dictée : nous proposons de partir de 5 points et de retirer 0,5 point par faute d’orthographe ou de grammaire (accord, conjugaison, mot mal écrit), un mot oublié ou une faute de ponctuation grave comptant aussi pour une faute, sans descendre en dessous de 0.
Les pièges à connaître :
Les formes verbales. « j’eus » est le passé simple d’avoir ; « il m’indiquait », « c’était », « exaltait », « je la souhaitais » et « me disais-je » sont à l’imparfait (terminaisons en -ait avec le sujet « il », -ais avec « je »). « il prouvait par son exemple qu’on peut » : « peut » prend un t avec « on ».
Les mots composés. « bien-pensant », « moi-même » et « me disais-je » prennent un trait d’union. « Rat de bibliothèque » et « pilier de bar » s’écrivent sans trait d’union.
Les accords. Les adjectifs « orgueilleuse, joyeuse et réfléchie » s’accordent avec « vie » (féminin singulier). « telle » s’accorde aussi avec « vie ». « vieux cadres » est au pluriel. « Les gaietés » et « les printemps » sont au pluriel (le mot « printemps » est invariable) ; on admet aussi l’orthographe « gaités » pour le premier nom.
Les accents et les infinitifs. « bâtir » et « fraîche » portent un accent circonflexe ; « laisser perdre » : deux infinitifs de suite, le premier en -er après « faut », le second en -re. « Voilà pourquoi » s’écrit en deux mots. Le nom « Herbaud » est écrit au tableau.
Travail d’écriture (20 points)
Sujet A : la lecture, source de liberté
Analyse du sujet. Il s’agit d’un sujet de réflexion : il faut répondre à la question « en quoi ? » avec des arguments et des exemples, en parlant de plusieurs supports et pratiques de lecture (livre papier, liseuse, tablette, presse, bande dessinée, livre audio, lecture sur écran).
Plan possible. 1. La lecture libère l’imagination et permet de s’évader. 2. Elle rend libre de penser, grâce à l’information et à l’esprit critique. 3. Elle est elle-même une liberté de choix, avec une nuance : les écrans peuvent aussi enfermer.
Critères. Une thèse claire, trois arguments illustrés par des exemples précis (au moins un tiré du corpus), des connecteurs logiques, une conclusion, 300 mots minimum, une langue soignée.
Production modèle.
On associe souvent la lecture à l’immobilité : le lecteur reste assis, silencieux, le nez dans son livre. Pourtant, Simone de Beauvoir rêvait d’une chambre pleine de livres comme d’une promesse de liberté. En quoi lire peut-il nous rendre plus libres ? Nous verrons d’abord que la lecture libère l’imagination, puis qu’elle forme l’esprit critique, enfin qu’elle est elle-même une liberté de choix.
D’abord, lire permet de s’évader. Grâce à un roman, on voyage sans quitter son fauteuil : on suit un explorateur dans la jungle, on vit au Moyen Âge, on se glisse dans la peau d’un autre. Cette évasion n’est pas une lâcheté, mais un répit pour celui qui est fatigué, malade ou enfermé. Un patient à l’hôpital, un voyageur dans le train ou un enfant puni trouvent dans un livre un espace où personne ne leur donne d’ordres. La bande dessinée, le manga ou le livre audio offrent le même plaisir à ceux que le texte seul décourage.
Ensuite, la lecture rend libre de penser. Un article de presse, un essai ou un site d’information permettent de comparer les opinions, de vérifier une rumeur et de se forger son propre avis au lieu de répéter celui des autres. Celui qui ne lit pas dépend de ce qu’on lui raconte, alors que celui qui lit apprend à douter et à argumenter. C’est pourquoi les régimes autoritaires ont si souvent censuré les journaux ou brûlé des livres : ils savaient que des citoyens instruits sont plus difficiles à gouverner. Aujourd’hui, la liseuse et la tablette mettent des milliers de textes dans une poche, mais elles obligent à exercer son discernement devant la masse d’informations.
Enfin, lire est une liberté dans le geste même : chacun choisit son livre, son rythme et son lieu. On peut relire une page, s’arrêter, fermer le livre quand on veut, comme Beauvoir qui lit « au lit toute la nuit ». Cette liberté disparaît quand la lecture est un devoir imposé, ou quand les notifications d’un écran interrompent sans cesse le lecteur : être libre, c’est alors savoir se déconnecter.
En conclusion, la lecture libère l’imagination, nourrit l’esprit critique et laisse à chacun le choix de ses plaisirs. Elle reste donc l’une des formes les plus simples et les plus durables de liberté, à condition de lire par envie et non par contrainte.
Sujet B : la grand-mère et la petite-fille
Analyse du sujet. C’est un sujet d’imagination qui demande un dialogue mêlé à de la narration. La grand-mère exprime ses sentiments (fierté, inquiétude, un peu d’envie) face à la liberté de sa petite-fille et raconte sa jeunesse. Il faut respecter le cadre du texte : la pension, la chambre, le ton de Simone.
Plan possible. 1. La rencontre dans la pension, narration au passé. 2. Le dialogue : sentiments de la grand-mère, puis récit de sa vie à vingt ans. 3. La réaction de la narratrice et la conclusion.
Critères. Un dialogue correctement ponctué (tirets, verbes de parole), un récit au passé simple et à l’imparfait, des sentiments précisés, un contraste net entre les deux époques, 300 mots minimum.
Production modèle.
Un dimanche soir, je rentrais de la bibliothèque quand je croisai ma grand-mère dans le couloir de la pension. Elle s’appuyait sur sa canne, une lampe à la main, et elle me regardait avec un sourire que je ne lui connaissais pas.
— Entre un instant dans mon salon, ma petite. Je voulais te parler.
Je la suivis. Elle s’assit près de la fenêtre et resta un moment silencieuse avant de reprendre :
— Je te vois aller et venir comme un oiseau, et cela me fait un plaisir que tu ne peux pas imaginer. Tu rentres à l’heure que tu veux, tu lis toute la nuit, personne ne te dit rien. J’avoue pourtant que cela me trouble un peu : à ton âge, je n’avais pas le droit de sortir seule.
— Était-ce si dur ? demandai-je.
— Oh, oui ! Je me levais avant le jour pour aider ma mère à l’atelier de couture. À vingt ans, je cousais dix heures par jour, et le soir, mon père comptait ce que j’avais gagné. Ma seule liberté, c’était le dimanche, quand je marchais au bord de la rivière avec mes amies.
Elle se tut, les yeux perdus dans ses souvenirs. Je pris sa main ridée.
— Tu regrettes ?
— Non, ma chérie, répondit-elle en riant doucement. Au contraire, je suis fière que tu aies ce que je n’ai pas eu. Profites-en, mais n’oublie pas que cette liberté, quelqu’un l’a payée pour toi : toutes celles qui ont travaillé avant toi, et toi aussi, qui as tant étudié.
Je l’embrassai sur la joue. Elle me serra le bras un instant, puis elle ajouta d’une voix plus basse :
— Et puis, ne reste pas toujours enfermée entre tes livres. Viens dîner avec nous de temps en temps : une petite-fille libre, ça peut aussi s’asseoir à la table de sa grand-mère !
Je promis en riant. En remontant l’escalier, je pensai que ma chambre, mon vernis marron et mes rayons de livres me semblaient soudain plus précieux. Ma grand-mère venait de m’apprendre que ma joie avait une histoire, et que cette histoire était la sienne.
Barème et conseils
| Partie | Contenu | Points du sujet |
|---|---|---|
| Questions | 1 à 7 | 20 |
| Réécriture | passage à « nous » | 5 |
| Dictée | texte de Simone de Beauvoir | 5 |
| Rédaction | sujet A ou sujet B | 20 |
| Total | sur les points affichés dans le sujet | 50 |
Les points ci-dessus sont ceux qu’affiche le sujet officiel ; pour retrouver la valeur de l’épreuve dans le diplôme (100 points), on les double. Échelle de notes indicative : moins de 20 points sur 50 : à consolider ; de 20 à 29 : correct, avec des lacunes ; de 30 à 39 : bon niveau ; 40 et plus : très bon niveau. Pour convertir en note sur 20, multipliez le total par 0,4.
Conseil 1 : soigner les questions et la réécriture. Rédigez chaque réponse en justifiant par une citation courte, et nommez toujours le temps, la figure ou le rapport logique demandé. Avec le cours sur les questions de compréhension et de grammaire puis les exercices corrigés, entraînez-vous ; revoyez aussi l’opposition et la concession, notion clé de la question 4.
Conseil 2 : progresser en dictée et en rédaction. Pour l’orthographe, travaillez la dictée et la réécriture et les exercices de dictée ; pour l’écriture, consultez le sujet de réflexion, le sujet d’imagination et rédiger un texte argumentatif.
Retour au sujet : Brevet de français 2017 : Inde (Pondichéry)

À imprimer
Retrouve ce corrigé du brevet dans un PDF propre, prêt pour la classe ou la maison.
Télécharger le PDF
