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Voici le corrigé brevet français 2023 antilles guyane, session du 26 juin 2023 : l’épreuve est notée sur 100 points et porte sur un extrait de Pilote de guerre d’Antoine de Saint-Exupéry, rapproché de l’affiche du film Les Héritiers. Chaque réponse est justifiée par le texte, avec le barème, les réponses acceptables et les erreurs fréquentes. La dictée est donnée en entier, et les deux sujets de rédaction ont chacun une production modèle.
Compréhension et compétences d’interprétation (26 points)
Corrigé de la question 1 (2 points)
Lieu : l’extrait se déroule dans une salle de classe de collège, où le narrateur est assis à son bureau avec ses camarades. Attention : le chapeau précise qu’il est en réalité pilote en 1942, et le texte s’ouvre sur « Sans doute je rêve ». La scène est donc un souvenir, revécu comme un rêve éveillé, mais le lieu décrit reste la classe.
Champ lexical : celui de l’école. On peut relever « collège », « problème de géométrie », « compas », « règle », « rapporteur », « tableau noir », « craie », « pupitre », « élève » ou « camarades ».
Barème : 1 point pour le lieu (la classe, la salle d’étude du collège) ; 1 point pour le champ lexical nommé et au moins trois mots relevés. Un seul mot relevé donne 0,5 point.
Erreur fréquente : répondre « dans un avion » à cause du chapeau, alors que la question porte sur le lieu où se situe la scène racontée.
Corrigé de la question 2 (7 points)
a) Trois indices du sérieux du narrateur, au début du texte :
1. « Je résous avec patience mon problème de géométrie » : il travaille avec patience.
2. « je me sers sagement du compas, de la règle, du rapporteur » : il utilise ses instruments avec soin et discipline (l’adverbe « sagement »).
3. « Je suis studieux et tranquille » : il le dit lui-même, avec deux adjectifs. On accepte aussi « accoudé sur ce bureau noir », qui montre une posture d’élève appliqué.
Barème : 1 point par indice juste, avec sa citation.
b) Deux attitudes montrent qu’il cherche à s’évader :
1. Il rêve et regarde dehors : « je m’enfonce plus loin dans le rêve et jette un coup d’œil par la fenêtre » ; on accepte aussi « Je regarde longtemps ».
2. Il se laisse aller au plaisir et au jeu : « J’éprouve du plaisir à goûter ce soleil », « Je suis un élève dissipé », ou encore l’invitation à Dutertre, « je vais faire un tour de cartes ».
Barème : 2 points par attitude (1 point pour l’attitude expliquée, 1 point pour l’expression exacte du texte). Une citation sans explication ne vaut que 1 point.
Corrigé de la question 3 (4 points)
a) L’adjectif « drôle » signifie ici étrange, singulier. Les collégiens ordinaires « piétinent d’impatience » et ne craignent pas la vie d’adulte, alors que lui n’est pas pressé de grandir : il « connaît son bonheur » et voudrait prolonger l’enfance. Il est donc différent des autres. (1 point)
b) Le sentiment principal est la nostalgie, mêlée de bonheur et de tendresse : il revit son enfance avec joie et regrette qu’elle soit finie. Citations possibles : « Je m’enferme avec tant de joie dans cette enfance bien protégée ! », « Mon Dieu, que tout cela est tendre ! », « Et je suis heureux de lui trouver son as de pique ». Cette douceur s’accompagne d’une pointe d’inquiétude devant l’avenir (« avec un serrement de cœur »). (3 points : 1 point pour le sentiment, 2 points pour deux citations commentées)
Sont acceptés : bonheur, mélancolie, regret de l’enfance, attachement au passé.
Corrigé de la question 4 (3 points)
La phrase « La règle, l’équerre, le compas, on en usera pour bâtir le monde, ou pour triompher des ennemis » fait écho à la phrase de la question : elle reprend les mêmes instruments (la règle, le compas).
Explication : dans la première, les outils servent à l’école, pour un problème de géométrie. Dans la seconde, le narrateur imagine qu’une fois adulte, on s’en servira dans la vie, au sens figuré : ce que l’école enseigne sert plus tard à construire (« bâtir le monde ») ou à se battre (« triompher des ennemis »). L’enfance prépare ainsi l’âge d’homme.
On accepte aussi « Je suis studieux et tranquille » ou « Je résous avec patience mon problème de géométrie » si l’explication montre que le sens est proche (application, sérieux de l’élève).
Barème : 1 point pour la phrase, 2 points pour l’explication.
Corrigé de la question 5 (5 points)
a) Un surveillant ouvre la porte et convoque deux camarades, qui quittent la classe : ils sortent du collège pour entrer dans la vie. (1 point)
b) Le narrateur ne dit pas directement qu’il est triste : il suggère son émotion, une mélancolie mêlée d’inquiétude.
Par le lexique : « Drôle de collège », « sans grands adieux », « ne nous ont même pas regardés » disent la brutalité du départ ; « disperse » et « plus loin qu’en Chine » expriment la séparation et l’éloignement. L’adverbe « même » souligne la déception. (2 points)
Par la construction des phrases : les phrases sont courtes, parfois sans verbe (« Et sans grands adieux. »). Les exclamations (« Tellement plus loin ! ») et la répétition de « plus loin » traduisent l’émotion. La parenthèse « (est-ce un surveillant ?…) » et les points de suspension montrent le trouble. Enfin, la question finale (« peuvent-ils jurer de se revoir ? ») reste sans réponse et laisse planer l’angoisse de la séparation. (2 points)
Barème : 2 points pour le lexique et 2 points pour la construction, chacun avec au moins un exemple commenté.
Corrigé de la question 6 (5 points)
a) L’affiche montre un groupe d’élèves réunis autour de leur professeure, dans un cadre scolaire. Le sous-titre signifie que, en apprenant l’Histoire (celle de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, sujet du film), ces jeunes vont construire leur propre avenir : l’étude du passé les fait grandir et leur donne un but. Le verbe « forger » suggère un travail difficile mais qui les rend plus forts. (2 points : 1 point pour le lien avec l’image, 1 point pour l’explication des deux histoires, la grande et la leur)
b) Deux éléments de comparaison au moins :
1. Le collectif et l’individuel : dans le texte, le narrateur est seul avec ses souvenirs, l’école est un refuge intime ; sur l’image, la classe forme un groupe solidaire.
2. Le passé et l’avenir : le texte est nostalgique et tourné vers l’enfance qui s’éloigne, l’image est dynamique et tournée vers ce que les élèves vont devenir.
3. Le rêve et l’engagement : le narrateur rêve à la fenêtre, les élèves du film s’engagent dans un projet.
Point commun : dans les deux cas, le collège est un lieu où l’on se prépare à devenir adulte, et où l’on noue des liens entre camarades. (3 points : 1 point par élément comparé, 1 point pour la qualité de la comparaison)
Compétences linguistiques et grammaticales (24 points)
Corrigé de la question 7 (2 points)
a) Le mot « nous » renvoie au narrateur et à Dutertre, assis face à face, que Pénicot vient rejoindre. (1 point)
b) « nous » est un pronom personnel, de la première personne du pluriel. Il est ici complément d’objet direct du verbe « rejoint » (Pénicot rejoint qui ? nous). (1 point)
Erreur fréquente : répondre « tous les camarades de la classe », alors que la scène ne rassemble que trois personnages à cet endroit.
Corrigé de la question 8 (3 points)
a) Les deux verbes conjugués, « sais » et « craint », sont au présent de l’indicatif. « affronter » est à l’infinitif : ce n’est pas une forme conjuguée, on ne l’analyse pas ici. (1 point)
b) « sais » est un présent d’énonciation : il exprime ce que le narrateur sait au moment où il parle. « craint » est un présent de vérité générale (ou d’habitude), confirmé par « d’ordinaire » : tous les collégiens, en tout temps, ne craignent pas la vie. (2 points : 1 point par valeur)
Corrigé de la question 9 (7 points)
a) La phrase comporte trois propositions, repérées par leurs verbes conjugués :
[Je suis un collégien] [qui connaît son bonheur], [et qui n’est pas tellement pressé d’affronter la vie…]
« d’affronter la vie » dépend de l’adjectif « pressé » : c’est un groupe infinitif, pas une proposition conjuguée. (3 points : 1 point par proposition)
b) Les deux propositions subordonnées sont des propositions subordonnées relatives, introduites par le pronom relatif « qui ». Leur fonction est complément de l’antécédent « collégien » (elles le complètent comme le ferait un adjectif épithète). La seconde est coordonnée à la première par « et ». (2 points)
c) Deux manipulations possibles :
1. Remplacement par un adjectif : « Je suis un collégien conscient de son bonheur » ou « heureux ». La relative joue le rôle d’un adjectif, donc elle complète le nom.
2. Suppression : « Je suis un collégien. » La phrase reste correcte, ce qui prouve que les relatives sont des compléments non essentiels.
3. On accepte aussi le dédoublement : « Je suis un collégien. Ce collégien connaît son bonheur. » (2 points : 1 point par manipulation expliquée)
Corrigé de la question 10 (2 points)
« impatience » est un mot dérivé par préfixation : le préfixe im- (la forme de in- devant la lettre p), qui exprime la négation, est placé devant le nom « patience ». (1 point)
Son sens est donc le contraire de la patience : l’incapacité d’attendre, la hâte, l’empressement. Dans la phrase, les collégiens sont impatients d’entrer dans la vie d’adulte. (1 point)
Corrigé de la question 11 (10 points)
Texte attendu :
« Nous résolvions avec patience notre problème de géométrie. Accoudés sur ce bureau noir, nous nous servions sagement du compas, de la règle, du rapporteur. Nous étions studieux et tranquilles. »
Points de vigilance :
1. « résoudre » à l’imparfait : le radical est résolv- (nous résolvions), et non « résous-ions ».
2. « mon problème » devient « notre problème » (« nos problèmes » est toléré).
3. « Accoudé » s’accorde avec « nous » : accoudés (masculin pluriel).
4. « je me sers » devient « nous nous servions » : le pronom réfléchi change aussi.
5. « studieux » ne change pas au pluriel (il finit déjà par un x), mais « tranquille » prend un s.
6. « ce bureau noir » peut rester au singulier ; « ces bureaux noirs » est aussi accepté.
Barème : 2 points pour « résolvions » ; 1 point pour « notre » ; 1 point pour « accoudés » ; 2 points pour « nous nous servions » ; 1 point pour « étions » ; 1 point pour « studieux » ; 1 point pour « tranquilles » ; 1 point pour la recopie fidèle du reste (sagement, patience, ponctuation). Un total de 10 points.
Dictée (10 points)
Texte de la dictée
Extrait de Terre des Hommes (1939) d’Antoine de Saint-Exupéry. La ponctuation à dire par l’examinateur est indiquée entre crochets.
Rien, jamais, en effet, ne remplacera le compagnon perdu. On ne se crée point de vieux camarades. Rien ne vaut le trésor de tant de souvenirs communs, de tant de mauvaises heures vécues ensemble, de tant de brouilles, de réconciliations, de mouvements du cœur. On ne reconstruit pas ces amitiés-là. Il est vain, si l’on plante un chêne, d’espérer s’abriter bientôt sous son feuillage. Ainsi va la vie. Nous nous sommes enrichis d’abord, nous avons planté pendant des années, mais viennent les années où le temps défait ce travail et déboise. Les camarades, un à un, nous retirent leur ombre.
Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes (1939)
Version avec ponctuation dictée :
Rien[virgule] jamais[virgule] en effet[virgule] ne remplacera le compagnon perdu[point]. On ne se crée point de vieux camarades[point]. Rien ne vaut le trésor de tant de souvenirs communs[virgule] de tant de mauvaises heures vécues ensemble[virgule] de tant de brouilles[virgule] de réconciliations[virgule] de mouvements du cœur[point]. On ne reconstruit pas ces amitiés-là[point]. Il est vain[virgule] si l’on plante un chêne[virgule] d’espérer s’abriter bientôt sous son feuillage[point]. Ainsi va la vie[point]. Nous nous sommes enrichis d’abord[virgule] nous avons planté pendant des années[virgule] mais viennent les années où le temps défait ce travail et déboise[point]. Les camarades[virgule] un à un[virgule] nous retirent leur ombre[point].
Barème indicatif : 10 points, auxquels on retire 1 point par erreur d’accord ou de forme verbale, 0,5 point par erreur d’orthographe lexicale, d’accent ou de ponctuation. Une erreur répétée ne compte qu’une fois. Le total ne descend pas sous 0.
Pièges d’orthographe
1. compagnon : il s’écrit avec « gn » et un « on » final, comme « compagnie ». « remplacera » est un futur en -ra, de « remplacer ».
2. On ne se crée point : « crée » (verbe créer, présent, 3e personne du singulier) s’écrit avec un accent aigu et un e final muet. « point » est ici un adverbe de négation, sans « s ».
3. de tant de souvenirs communs, de tant de mauvaises heures vécues ensemble : « communs » s’accorde avec « souvenirs » ; « vécues » est un participe passé qui s’accorde avec « heures » (féminin pluriel).
4. brouilles et réconciliations : noms au pluriel, avec leur « s » ; attention à « ouill » dans « brouilles ».
5. cœur : le « œ » lié, comme dans « sœur ».
6. On ne reconstruit pas : verbe du 3e groupe, présent, 3e personne du singulier, avec un « t » final. amitiés-là : trait d’union avec « là », et accent aigu sur « é » de « amitiés » (pluriel).
7. Il est vain, si l’on plante : « vain » (inutile) ne se confond pas avec « vin » ni « vingt » ; « l’on » après « si » ; « plante » avec un « e » de 3e personne.
8. Nous nous sommes enrichis : participe passé accordé avec le sujet « nous » (masculin pluriel) ; nous avons planté : avec l’auxiliaire avoir et aucun complément placé avant, le participe reste invariable.
9. viennent les années : le sujet « les années » est placé après le verbe, qui s’accorde donc au pluriel (« viennent », et non « vient »). défait prend un « t » final.
10. nous retirent leur ombre : « retirent » s’accorde avec « Les camarades » (3e personne du pluriel, terminaison -ent) ; « leur » reste invariable devant un nom singulier (chacun a perdu une ombre).
Cette année, l’épreuve ne comporte pas de réécriture dans la dictée : la réécriture est la question 11.
Rédaction (40 points)
Sujet d’imagination : le discours d’adieux
Analyse du sujet : il faut écrire un discours, donc un texte oral, à la première personne, adressé à deux personnes (« vous »). Le narrateur est un collégien de quinze ans, nostalgique, qui n’est « pas tellement pressé d’affronter la vie ». Le moment est précis : au moment où les deux camarades partent, sans lui avoir dit au revoir. Le discours est donc imaginé : il le prononce dans sa tête ou à voix basse.
Plan possible : 1. une entrée en matière qui montre la situation et l’émotion ; 2. des remerciements et des souvenirs ; 3. des vœux pour l’avenir ; 4. une conclusion, qui rappelle l’inquiétude de la séparation.
Critères de réussite : respect de la situation du texte (collège, camarades, vie qui disperse) ; ton adapté au discours (apostrophes, impératifs, phrases exclamatives) ; émotion juste ; reprise de quelques motifs du texte (la règle et le compas, le soleil, « plus loin qu’en Chine ») ; correction de la langue ; longueur suffisante.
Production modèle :
Mes amis,
Vous voilà debout, la porte ouverte, et le surveillant qui attend. Je n’ai que quelques secondes, alors je vais parler vite, comme on lance un dernier tour de cartes avant la sonnerie.
D’abord, je veux vous remercier. Merci pour les heures passées côte à côte sur ces bureaux noirs, pour les règles prêtées, pour les problèmes de géométrie recopiés en cachette et pour les fous rires étouffés quand le maître se retournait. Vous ne le saviez peut-être pas, mais c’est grâce à vous que cette classe ressemblait à une maison.
Ensuite, je veux vous dire que je n’ai pas peur pour vous. Vous avez appris à compter, à mesurer, à tracer droit. Vous saurez bâtir votre monde. Mais je vous demande une chose : ne devenez pas trop vite des hommes graves, de ceux qui ne regardent plus la branche d’un arbre osciller dans le soleil. Gardez en vous un peu de ce collégien dissipé qui rêve à la fenêtre.
Enfin, je vous fais une promesse. Qu’on vous envoie en Chine ou plus loin encore, je penserai à vous chaque fois que je tiendrai un compas. Si la vie nous disperse, qu’elle nous laisse au moins un souvenir commun, un seul, qui suffira à nous reconnaître. Je sais bien qu’on ne peut pas jurer de se revoir. Alors je ne jure rien. Je dis seulement : au revoir, et merci.
Allez, vite, ne le faites pas attendre. Moi, je reste un moment encore dans l’enfance. Je vous suivrai du regard jusqu’à la porte, même si vous ne vous retournez pas.
Sujet de réflexion : dans quelle mesure l’école prépare-t-elle à la vie ?
Analyse du sujet : l’expression « dans quelle mesure » invite à nuancer : la réponse ne sera ni un oui complet ni un non complet. Il faut définir ce qu’est « la vie » (le métier, mais aussi les relations, les épreuves, la citoyenneté) et ce que l’école apporte (des savoirs, des méthodes, une vie en groupe). Le sujet demande un développement organisé, avec des exemples personnels, littéraires ou artistiques.
Plan possible : I. L’école donne des savoirs et des repères indispensables. II. Mais elle ne prépare pas à tout, et elle a ses limites. III. Elle donne surtout des outils pour apprendre à vivre ensuite.
Critères de réussite : introduction avec accroche et problématique ; paragraphes construits, avec des connecteurs logiques ; exemples précis (au moins deux ou trois, dont un tiré d’une œuvre) ; conclusion qui répond à la question ; langue soignée.
Production modèle :
Dans le texte de Saint-Exupéry, le collège est une enfance « bien protégée », avant le jour où l’on franchit « un certain porche ». Cela pose une question : l’école, ce lieu à part, prépare-t-elle vraiment à la vie qui commence ensuite ? Nous verrons d’abord ce qu’elle apporte, puis ses limites, avant de montrer qu’elle donne surtout des outils.
D’abord, l’école transmet des savoirs et des repères sans lesquels on ne pourrait pas vivre en société. Lire, écrire, compter sont indispensables pour comprendre un contrat, un journal ou une facture. Elle apprend aussi à vivre avec les autres : respecter des règles, travailler en groupe, accepter la différence. Dans le film Les Héritiers, une professeure fait découvrir l’Histoire à des élèves qui se croyaient perdus, et cette découverte change leur regard sur eux-mêmes et sur le monde. Dans mon propre parcours, j’ai appris en classe de troisième à préparer un exposé et à défendre mon opinion : ce sont des compétences que je retrouverai plus tard.
Cependant, l’école ne prépare pas à tout. Elle reste un monde protégé, où l’on se trompe sans trop de conséquences, ce que le narrateur regrette de quitter. Elle ne dit presque rien de la vie pratique : gérer un budget, chercher un logement, faire face à un échec ou à un deuil. Dans Les Quatre cents coups, de François Truffaut, le jeune Antoine Doinel se sent incompris par une école rigide, qui l’enferme sans l’écouter, et il se retrouve livré à lui-même. Pour certains élèves, l’école apparaît même comme un lieu d’échec et pas comme un tremplin.
Enfin, l’école ne prépare pas la vie à elle seule : elle donne des outils pour continuer à apprendre. Le goût de la curiosité, la méthode et l’esprit critique permettent de se former ensuite, par le travail, les rencontres, les lectures. La famille, les amis, les associations et les stages complètent ce que la classe ne peut pas faire.
En conclusion, l’école prépare à la vie dans une large mesure, par les savoirs et les habitudes qu’elle donne, mais elle ne remplace ni l’expérience ni les épreuves. Comme le narrateur de Pilote de guerre, on garde de l’école le souvenir d’un abri, avant de devoir, un jour, avancer seul.
Barème et conseils
| Partie | Points |
|---|---|
| Compréhension et compétences d’interprétation (questions 1 à 6) | 26 |
| Compétences linguistiques et grammaticales (questions 7 à 11) | 24 |
| Dictée | 10 |
| Rédaction | 40 |
| Total | 100 |
Échelle indicative : moins de 50 points, des bases à consolider ; de 50 à 69 points, un niveau correct à fiabiliser ; de 70 à 84 points, un bon niveau ; 85 points et plus, un très bon niveau, avec une rédaction maîtrisée et peu d’erreurs.
Conseil 1 : améliorer les questions et la dictée. Si vous perdez des points sur les citations, l’analyse des propositions ou la réécriture, relisez le cours sur les questions de compréhension et de grammaire et entraînez-vous avec les exercices sur la dictée et la réécriture.
Conseil 2 : réussir la rédaction. Pour le discours ou le récit, revoyez le cours sur le sujet d’imagination ; pour la réflexion, le cours sur le sujet de réflexion et les exercices sur le sujet de réflexion. Pour d’autres entraînements, consultez les exercices sur l’épreuve de français du brevet.
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