Les énoncés sont sur la fiche Le sonnet et les formes fixes : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Voici le corrigé sonnet 2nde des douze exercices sur les formes fixes. Les décomptes de syllabes sont détaillés pour que tu puisses refaire chaque calcul, et les exercices d’écriture sont accompagnés d’un exemple et de critères de réussite.
Corrigé sonnet 2nde, exercice par exercice
Corrigé de l’exercice 1 : le vocabulaire des formes fixes
- quatrain : d
- tercet : b
- envoi : f
- refrain : e
- hémistiche : a
- chute : c
Corrigé de l’exercice 2 : compter les syllabes
- Le/ temps/ a/ lais/sé/ son/ man/teau : 8 syllabes, octosyllabe.
- Je/ vis/ je/ meurs/ je/ me/ brû/l(e) et/ me/ noie : 10 syllabes, décasyllabe (le e de « brûle » s’élide devant « et » ; le e final de « noie » ne compte pas en fin de vers).
- Quand/ vous/ se/rez/ bien/ vieil/l(e) au/ soir/ à/ la/ chan/delle : 12 syllabes, alexandrin (élision devant « au », e final muet).
- U/ne/ ro/se/ s’ou/vr(e) au/ ma/tin : 8 syllabes, octosyllabe ; le e de « rose » compte devant la consonne s, celui de « s’ouvre » s’élide devant « au ».
- Plus/ mon/ pe/tit/ Li/ré/ que/ le/ mont/ Pa/la/tin : 12 syllabes, alexandrin.
Corrigé de l’exercice 3 : scander un alexandrin
Vers 1 : Qui (1) m’est (2) u (3) ne (4) pro (5) vin (6) // ce et (7) beau (8) coup (9) da (10) van (11) tage (12). Le e de « province » s’élide devant « et » : on prononce « pro-vin-c(e) et », et la syllabe 7 commence par ce son. La césure tombe après « province ».
Vers 2 : Cueil (1) lez (2) dès (3) au (4) jour (5) d’hui (6) // les (7) ro (8) ses (9) de (10) la (11) vie (12). « Cueillez » compte deux syllabes, « aujourd’hui » trois ; le e de « roses » compte car il est suivi d’un s puis d’une consonne ; le e final de « vie » ne compte pas.
Remarque : la césure isole « dès aujourd’hui », qui insiste sur l’urgence de vivre.
Corrigé de l’exercice 4 : le schéma des rimes
- ABBA ABBA CCD EED (voyage, toison, raison, âge / village, saison, maison, davantage / aïeux, audacieux, fine / latin, Palatin, angevine).
- Deux rimes seulement : en -age et en -ison.
- Le schéma CCD EED est le schéma dit « marotique ».
- Oui : quatorze alexandrins, deux quatrains sur deux rimes identiques embrassées, deux tercets CCD EED. C’est un sonnet régulier.
Corrigé de l’exercice 5 : un sonnet de Louise Labé
- Décasyllabe : Je/ vis/ je/ meurs // je/ me/ brû/l(e) et/ me/ noie = 10 syllabes, avec une coupe 4//6 après « meurs ».
- ABBA ABBA (noie, froidure, dure, joie…) puis CDC CDD (mène, douleur, peine / certaine, heur, malheur). Les quatrains sont réguliers, mais les tercets ne suivent ni le schéma CCD EED ni le schéma CCD EDE : le sonnet est donc irrégulier dans ses tercets.
- « je vis / je meurs », « je me brûle / me noie », « chaud extrême / froidure », « molle / dure », « ennuis / joie », « je ris / je larmoie », « je sèche / je verdoie ». Elles traduisent le déchirement de la passion amoureuse : la poétesse vit en même temps des états contraires.
- « Amour » : la majuscule personnifie l’amour, qui devient une puissance divine (Éros, Cupidon) qui « mène » la poétesse à sa guise.
- Le dernier vers, « Il me remet en mon premier malheur », renvoie au début du poème : la passion est un cercle sans fin, chaque joie annonce une nouvelle souffrance.
Corrigé de l’exercice 6 : la structure du sonnet de Du Bellay
- Le premier quatrain énonce une vérité générale (« Heureux qui… ») en évoquant Ulysse, qui rentre à Ithaque, et Jason (« celui qui conquit la toison »), qui revient de sa quête de la Toison d’or.
- Le poète passe à la première personne (« reverrai-je », « mon petit village ») : après le constat général vient la plainte personnelle, sous forme de questions rhétoriques.
- L’anaphore de « Plus » (« Plus me plaît », « Plus que », « Plus mon Loire », « Plus mon petit Liré ») construit une série de comparaisons (comparatifs de supériorité) en faveur de l’Anjou.
-
Rome L’Anjou les palais romains, le front audacieux le séjour bâti par les aïeux le marbre dur l’ardoise fine le Tibre latin mon Loire gaulois le mont Palatin mon petit Liré l’air marin la douceur angevine - Le dernier vers clôt la gradation sur un mot qui résume tout le poème, « angevine », et sur une sensation intime, la « douceur » : c’est la conclusion affective et frappante de l’argumentation.
Corrigé de l’exercice 7 : le rondeau de Charles d’Orléans
- Douze vers dans cette version, des octosyllabes.
- Deux rimes : en -eau (manteau, beau, oiseau, ruisseau, nouveau) et en -ie (pluie, broderie, crie, jolie, orfèvrerie).
- « Le temps a laissé son manteau » : il ouvre le poème et revient à la fin de la deuxième et de la troisième strophe, soit trois fois.
- Le temps, c’est-à-dire le climat, est personnifié en homme qui change de vêtements : il quitte le « manteau » de l’hiver (vent, froid, pluie) pour une « broderie » de soleil, image du printemps lumineux.
- Le refrain qui revient imite le retour régulier des saisons ; la ronde des rimes crée une impression de fête et de danse, accordée au renouveau de la nature.
Corrigé de l’exercice 8 : la ballade de Villon
- Octosyllabes ; c’est un huitain.
- ababbcbC (pays, Romaine, Thaïs, germaine, mène, étang, humaine, antan) : c’est exactement le schéma de la petite ballade, avec le refrain en dernier vers.
- C’est une question rhétorique : elle n’attend pas de réponse. « Antan » signifie « l’an passé », et plus largement « autrefois ».
- La neige est belle, pure, mais elle fond sans laisser de trace : elle symbolise la beauté éphémère de ces femmes célèbres, emportées par le temps.
- Deux autres huitains sur les mêmes rimes, terminés par le même refrain, puis un envoi de quatre vers commençant par « Prince » et finissant lui aussi sur « Mais où sont les neiges d’antan ? ».
Corrigé de l’exercice 9 : rétablir un quatrain
Ordre : 3, 4, 1, 2.
« Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle, / Assise auprès du feu, dévidant et filant, / Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant : / « Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle. » »
Rimes : chandelle (A), filant (B), émerveillant (B), belle (A) : le schéma est bien embrassé, ABBA. Le sens confirme l’ordre : la subordonnée de temps (« Quand… ») précède la principale (« Direz… »), qui introduit les paroles rapportées.
Corrigé de l’exercice 10 : repérer diérèses et effets
- Le/ li/on/ dort/ sous/ le/ ciel/ bleu : « lion » compte deux syllabes (li-on), diérèse nécessaire pour obtenir 8. Effet : le mot s’allonge et le fauve prend de la majesté.
- Ô/ dou/ce et/ tris/te/ pas/si/on : « douce » s’élide devant « et », le e de « triste » compte devant le p ; il faut alors la diérèse « pas-si-on » pour atteindre 8. Effet : le mot-clé, étiré, se détache en fin de vers et prend une intensité douloureuse.
- Le/ vent/ fait/ fuir/ les/ nua/ges/ gris : ici, pas de diérèse. « Fuir » se prononce en une syllabe et « nuages » en deux (nua-ges, synérèse), le e de « nuages » comptant devant le g de « gris » ; on obtient bien 8 syllabes. Une diérèse (nu-a-ges) donnerait 9 syllabes : la diérèse n’est jamais automatique, c’est le compte du vers qui la commande.
Corrigé de l’exercice 11 : écrire un quatrain
Exemple de production.
Le sablier se vide et le jour se dérobe,
Les heures en silence emportent nos printemps,
Et nous courons, pareils aux feuilles dans le vent,
Sans voir l’ombre du soir qui grandit sur la robe.
Exemple rédigé pour ce corrigé
Décompte du premier vers : Le(1) sa(2) bli(3) er(4) se(5) vi(6) // d’et(7) le(8) jour(9) se(10) dé(11) ro(12)be ; le e de « vide » s’élide devant « et », le e final de « dérobe » ne compte pas. « Sablier » est lu en diérèse (sa-bli-er), ce qui allonge le premier hémistiche et ralentit le temps. Rimes : dérobe (A), printemps (B), vent (B), robe (A) : ABBA. Remarque : « printemps / vent » est une rime pour l’oreille (même son [ɑ̃]).
Critères de réussite : quatre vers de douze syllabes ; césure après la sixième syllabe ; rimes embrassées ; une image (ici la comparaison « pareils aux feuilles ») ; un sens cohérent avec le thème.
Corrigé de l’exercice 12 : commentaire guidé : la chute d’un sonnet
Exemple de paragraphe. Dans les tercets, Ronsard oppose deux avenirs pour mieux persuader Hélène. Le futur de l’indicatif (« Je serai », « je prendrai », « Vous serez ») projette les deux personnages dans une vieillesse certaine, mais très différente. Le poète, mort, sera un « fantôme sans os » reposant dans les « ombres myrteux » des Enfers, où le myrte, plante de Vénus, accueille les amants : même mort, il reste lié à l’amour. Hélène, elle, sera « une vieille accroupie » au foyer : l’adjectif dévalorisant et la posture humble contrastent cruellement avec la beauté qu’elle possède aujourd’hui. Le vers 12 rassemble cette opposition dans une antithèse, « mon amour » contre « votre fier dédain », et nomme la faute d’Hélène : son orgueil. La chute renverse alors le tableau en leçon. Le passage brutal à l’impératif (« Vivez », « n’attendez », « Cueillez ») transforme la description en conseil pressant, et la métaphore finale des « roses de la vie » reprend le carpe diem : la menace de la vieillesse devient un argument pour aimer tout de suite. Ainsi, le sonnet se révèle un véritable discours de séduction, où la forme mène du tableau sombre à la morale lumineuse.
Critères de réussite : une idée directrice ; des citations courtes et exactes ; l’analyse des temps verbaux, de l’antithèse et de l’impératif ; l’interprétation de la chute ; des connecteurs qui organisent le propos.
Comment utiliser ce corrigé
Pour les exercices de décompte, reprends chaque vers à voix haute en frappant les syllabes : c’est la meilleure façon de repérer les e muets et les élisions. Si tu t’es trompé, note la règle que tu as oubliée (e muet devant consonne, élision devant voyelle, e final non compté, diérèse). Pour les questions d’analyse, vérifie que tes réponses ne se contentent pas de nommer un procédé : elles doivent toujours en expliquer l’effet. Enfin, compare ton quatrain et ton paragraphe aux critères de réussite plutôt qu’à l’exemple, qui n’est qu’une possibilité parmi d’autres.
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