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Les écrits d’appropriation : corrigé des exercices de français 2nde

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Voici le corrigé d’écrits d’appropriation pour les douze exercices de la fiche de 2nde. Pour les productions écrites, il s’agit d’exemples accompagnés de critères de réussite : ton texte peut être très différent et excellent s’il respecte la forme demandée et reste fidèle à l’œuvre.

Corrigé d’écrits d’appropriation : réponses et productions modèles

Corrigé de l’exercice 1 : reconnaître la forme demandée

  1. Réécriture d’un autre point de vue.
  2. Pastiche.
  3. Lettre à un personnage.
  4. Journal intime.
  5. Parodie (le décalage vise à faire rire).
  6. Monologue intérieur.

Corrigé de l’exercice 2 : pastiche ou parodie ?

Le texte 1 est un pastiche : il reprend la construction de la fable (imparfait d’ouverture, « survient » au présent de narration, relative « qui… épiait », vers de longueurs différentes, rimes) avec un sujet nouveau et le même sérieux.

Le texte 2 est une parodie : il garde la structure mais introduit des anachronismes (soda, distributeur, ticket) et un décalage comique entre le style de la fable et l’univers moderne (« Tu n’as point de ticket ? »).

Corrigé de l’exercice 3 : repérer les traits d’un style

  • La formule d’ouverture du conte : « Il y avait en… ».
  • Un nom propre long et comique, à consonance germanique (« Thunder-ten-tronckh »).
  • Des superlatifs qui idéalisent le héros (« les mœurs les plus douces », « l’esprit le plus simple »).
  • Une phrase très courte, au rythme vif (« Sa physionomie annonçait son âme. »).
  • L’intervention ironique du narrateur (« c’est, je crois, pour cette raison »), et l’explication plaisante du nom du héros.

Corrigé de l’exercice 4 : écrire un pastiche

« Il y avait en Provence, dans la boulangerie de M. Pétardoux-Lagrenouille, une jeune apprentie à qui la nature avait donné les mains les plus agiles. Sa farine annonçait son humeur. Elle avait le goût assez sûr, avec la patience la plus grande ; c’est, je crois, pour cette raison qu’on la nommait Fournée. »

Critères : formule d’ouverture, nom comique, superlatifs, phrase brève, incise du narrateur, explication du nom ; sujet nouveau ; pas de phrase recopiée telle quelle.

Corrigé de l’exercice 5 : les traits d’une fable

  • Vers mêlés : des vers de longueurs différentes (alexandrins, octosyllabes, vers très courts comme « Dans le courant, »), qui donnent au récit un rythme vivant.
  • Morale explicite placée ici en tête (« La raison du plus fort est toujours la meilleure »).
  • Animaux personnifiés qui représentent des types humains (le puissant, le faible) ; majuscules (« Agneau », « Loup »).
  • Dialogue au discours direct, avec un contraste de langage (tutoiement agressif du Loup, politesse de cour de l’Agneau) ; présent de narration (« survient »).

Corrigé de l’exercice 6 : réécrire d’un autre point de vue

« Ce matin, l’eau du ruisseau était si claire que j’y voyais le ciel. Je buvais tranquillement, bien en aval, quand une ombre grise est sortie du bois. Le Loup. Il n’avait pas mangé, cela se voyait à ses flancs creux. Il m’a crié que je troublais son breuvage. J’ai voulu lui répondre poliment, je l’ai appelé « Sire », je lui ai expliqué que l’eau coulait de lui vers moi et non l’inverse. Je croyais que la raison suffirait. Mais ses yeux ne m’écoutaient pas. J’écris ces lignes en tremblant : je comprends maintenant que, pour lui, le procès était jugé d’avance. »

Critères : première personne, journal (temps du passé composé et du présent), faits fidèles à la fable (lieu, argument de l’eau qui coule, titre « Sire »), émotion du personnage, lucidité finale qui rappelle la morale.

Corrigé de l’exercice 7 : transposer du théâtre au récit

« Philinte trouva son ami dans un état d’agitation extraordinaire. Inquiet, il lui demanda ce qu’il avait. Alceste, sans même le regarder, le pria de le laisser. Philinte insista : quelle bizarrerie s’était donc emparée de lui ? Alors Alceste se retourna brusquement. « Laissez-moi là, vous dis-je, et courez vous cacher ! » lança-t-il d’une voix si dure que Philinte en resta interdit. »

Critères : troisième personne, passé simple pour les actions et imparfait pour le décor, discours indirect (« lui demanda ce qu’il avait ») et discours direct conservé pour la réplique la plus forte, verbes de parole variés, didascalies transformées en narration.

Corrigé de l’exercice 8 : changer de genre et de registre

« Découverte d’un soldat dans les Ardennes. Des habitants ont découvert hier, au fond d’un vallon boisé, le corps d’un jeune soldat. L’homme, tête nue, était étendu dans l’herbe près d’une rivière, comme endormi. Il portait deux blessures par balle au côté droit. Son identité n’a pas encore été établie. Les combats de ces dernières semaines ont fait de nombreuses victimes dans la région. »

Le poème apporte ce que l’article ne peut pas donner : la beauté de la nature, l’émotion et la surprise de la chute, qui transforment un fait divers en dénonciation saisissante de la guerre. L’article informe, le poème fait ressentir.

Remarque : le poème ne nomme pas de lieu précis ; les Ardennes sont un choix possible, puisque Rimbaud, né à Charleville, a écrit ce sonnet en octobre 1870, pendant la guerre franco-prussienne.

Corrigé de l’exercice 9 : écrire une lettre à un personnage

Paris, ce 12 mars

Mon cher Alceste,

Je vous écris parce que je n’ose plus vous parler : vous m’avez si souvent reproché ma complaisance que je crains vos colères. Pourtant, laissez-moi vous dire ce que je pense, avec la sincérité que vous aimez tant. Vous avez raison de détester les flatteurs et les menteurs ; mais à force de dire à chacun ses défauts en face, vous vous faites des ennemis de tous ceux qui pourraient vous aimer. La franchise est une vertu, la brutalité n’en est pas une. Le monde n’est pas parfait, je vous l’accorde ; faut-il pour autant le fuir ? Accordez aux hommes un peu de l’indulgence que vous accordez à Célimène. Vous y gagnerez des amis, et peut-être un peu de paix.

Votre fidèle ami,

Un admirateur de votre droiture

Critères : lieu et date, formule d’appel, vouvoiement, arguments appuyés sur le caractère d’Alceste (haine de la flatterie, franchise excessive, amour pour Célimène), ton respectueux, formule finale et signature.

Corrigé de l’exercice 10 : écrire un monologue intérieur

« Ces planches… elles brûlent sous mes pattes. Hier encore, je dormais sur le vent, au-dessus des abîmes, et la mer entière m’appartenait. Et maintenant ? Mes ailes, mes immenses ailes, je les traîne derrière moi comme des rames inutiles. Ils rient. Pourquoi rient-ils ? L’un me souffle sa fumée au visage, l’autre imite ma démarche en clopinant. Moi, le maître des tempêtes, réduit à boiter devant ces hommes ! Si seulement je pouvais m’élancer… Mais sur ce pont étroit, ce qui faisait ma gloire fait ma honte. »

Critères : présent, première personne, phrases exclamatives, interrogatives et inachevées ; reprise reformulée des images de Baudelaire (les ailes comme des « avirons », le brûle-gueule, le marin qui « mime, en boitant ») ; idée finale fidèle au paradoxe du poème.

Corrigé de l’exercice 11 : une page de carnet de lecture

  • Première impression : j’ai d’abord cru à un rendez-vous amoureux ; le dernier vers m’a bouleversé, et j’ai eu envie de relire tout le poème.
  • Citation préférée : « et le jour pour moi sera comme la nuit » (v. 8). Cette comparaison dit en peu de mots que le deuil éteint toute lumière.
  • Question : pourquoi le poète offre-t-il du houx et de la bruyère, et non des roses ? Peut-être parce que ces plantes durent en hiver, comme son souvenir.
  • Lien : « Le Dormeur du val » de Rimbaud, qui garde lui aussi la révélation de la mort pour le dernier vers.

Critères : rubriques complètes, citation exacte avec référence, réflexion personnelle justifiée, lien pertinent.

Corrigé de l’exercice 12 : évaluer et améliorer

Évaluation : la première phrase recopie le texte de Voltaire au lieu de l’imiter ; l’anachronisme du téléphone n’est pas voulu ; le registre familier (« super gentil », « aimait bien ») trahit le style soutenu ; les traits caractéristiques (superlatifs, phrase brève, incise ironique) manquent.

Réécriture : « Il y avait en Bourgogne, dans le domaine de M. le comte de Grosbouchon-Vermeil, un petit page à qui la nature avait donné l’appétit le plus vaste. Sa rondeur annonçait sa gourmandise. Il avait le cœur assez bon, avec la tête la plus légère ; c’est, je crois, pour cette raison qu’on le nommait Brioche. »

Comment utiliser ce corrigé

Pour les exercices de repérage (1, 2, 3, 5), compare tes réponses et note les traits de style que tu n’avais pas vus : ce sont eux qui feront la qualité de tes pastiches. Pour les productions écrites, relis ton texte avec les critères indiqués sous chaque modèle et coche ceux que tu as respectés. Ne cherche pas à reproduire les modèles : un écrit d’appropriation réussi est personnel. Enfin, recopie dans ton carnet de lecture les productions dont tu es le plus fier ; elles te serviront de réserve d’idées pour l’oral.

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