Ces exercices d’explication de texte t’entraînent pas à pas : distinguer l’analyse de la paraphrase, situer un extrait, nommer des procédés, interpréter, puis rédiger une introduction, un paragraphe et une conclusion. Les textes sont tous des classiques à connaître en seconde.
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Exercices d’explication de texte en 2nde
Exercice 1 : paraphrase ou analyse ?
Les phrases suivantes portent sur « Demain, dès l’aube… » de Victor Hugo. Indique pour chacune s’il s’agit d’une paraphrase (P) ou d’une analyse (A), puis justifie en une phrase.
- Le poète annonce qu’il partira le lendemain matin.
- Le futur simple « je partirai » exprime une décision que rien ne pourra ébranler.
- Le poète marche sans regarder le paysage.
- La négation « Je ne regarderai ni l’or du soir… / Ni les voiles » montre que la beauté du monde n’a plus de prise sur un homme enfermé dans son deuil.
- À la fin, il dépose des fleurs sur une tombe.
- Le mot « tombe », placé à la rime du vers 11, provoque un choc qui oblige à relire tout le poème.
Exercice 2 : situer un extrait
Lis l’incipit de Candide. À l’aide des informations données, rédige une présentation de trois à quatre phrases (auteur, œuvre, genre, date, place de l’extrait, thème).
Il y avait en Westphalie, dans le château de M. le baron de Thunder-ten-tronckh, un jeune garçon à qui la nature avait donné les mœurs les plus douces. Sa physionomie annonçait son âme. Il avait le jugement assez droit, avec l’esprit le plus simple ; c’est, je crois, pour cette raison qu’on le nommait Candide.
Voltaire, Candide ou l’Optimisme, chapitre premier, 1759
Informations : Voltaire (1694-1778), philosophe des Lumières ; Candide est un conte philosophique publié en 1759 ; il raconte les mésaventures d’un jeune homme élevé dans l’idée que « tout est au mieux » dans le monde.
Exercice 3 : repérer l’énonciation
Lis le début du Misanthrope, puis réponds : qui parle à qui ? Relève les types de phrases et les modes verbaux dominants pour chaque personnage. Que révèlent-ils de leur relation ?
PHILINTE. — Qu’est-ce donc ? Qu’avez-vous ?
ALCESTE. — Laissez-moi, je vous prie.
PHILINTE. — Mais encor, dites-moi, quelle bizarrerie…
ALCESTE. — Laissez-moi là, vous dis-je, et courez vous cacher.
PHILINTE. — Mais on entend les gens au moins sans se fâcher.
ALCESTE. — Moi, je veux me fâcher, et ne veux point entendre.
Molière, Le Misanthrope, acte I, scène 1, 1666
Exercice 4 : nommer les procédés
Nomme le procédé principal mis en valeur dans chacune de ces citations célèbres.
- « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue » (Racine, Phèdre, 1677).
- « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid, 1637).
- « Je suis comme le roi d’un pays pluvieux » (Baudelaire, « Spleen », Les Fleurs du mal, 1857).
- « L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant. » (Pascal, Pensées, 1670).
- « J’irai par la forêt, j’irai par la montagne. » (Hugo).
- « Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! » (Corneille, Le Cid).
Exercice 5 : du procédé à l’effet
Pour chacune des citations 1, 2 et 4 de l’exercice précédent, rédige l’interprétation (une ou deux phrases) : quel effet le procédé produit-il ?
Exercice 6 : champs lexicaux et atmosphère
Lis l’incipit de Germinal. a) Relève les mots qui appartiennent au champ lexical de l’obscurité. b) Relève les mots qui comparent la plaine à la mer. c) Explique en trois phrases quelle atmosphère ces deux réseaux construisent dès la première page du roman.
Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres.
Émile Zola, Germinal, incipit, 1885
Exercice 7 : découper un texte en mouvements
Lis « Le Dormeur du val ». Propose un découpage en trois mouvements, donne un titre à chacun et indique l’indice (changement de thème, ponctuation, rupture) qui t’a permis de délimiter chaque mouvement.
C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud, « Le Dormeur du val », Poésies, octobre 1870
Exercice 8 : choisir un projet de lecture
Voici trois propositions de projet de lecture pour « Le Dormeur du val ». Choisis la meilleure et explique pourquoi les deux autres ne conviennent pas.
- De quoi parle ce poème de Rimbaud ?
- Comment Rimbaud fait-il d’un paysage paisible le lieu d’une dénonciation saisissante de la guerre ?
- Rimbaud aime-t-il la nature ?
Exercice 9 : observer une chute
Dans les vers 12 à 14 du « Dormeur du val », relève : a) une négation ; b) un adjectif mis en relief par sa place ; c) le procédé qui touche le mot « Tranquille » ; d) le contraste de couleurs final. Pour chaque élément, propose une interprétation.
Exercice 10 : corriger une analyse maladroite
Voici le paragraphe d’un élève sur les vers 5 à 8 du « Dormeur du val ». Repère ses trois défauts, puis réécris-le correctement.
« Dans la deuxième strophe, on voit un soldat qui dort dans l’herbe. Il y a une énumération, un enjambement et une allitération. Le poète dit qu’il est pâle et que la lumière pleut sur lui. C’est très beau. »
Exercice 11 : rédiger une introduction
Rédige l’introduction d’une explication du sonnet de Du Bellay (présentation, situation, lecture du texte annoncée, projet de lecture, mouvements). Information : Du Bellay, poète de la Pléiade, a séjourné à Rome de 1553 à 1557 ; Les Regrets expriment sa déception et sa nostalgie de l’Anjou.
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?
Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :
Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur angevine.
Joachim du Bellay, Les Regrets, sonnet XXXI, 1558
Exercice 12 : rédiger un paragraphe et une conclusion
a) Rédige un paragraphe d’analyse (8 à 10 lignes) sur les vers 9 à 14 du sonnet de Du Bellay, en mobilisant au moins deux procédés. b) Rédige une conclusion (5 à 6 lignes) qui réponde au projet de lecture formulé à l’exercice 11 et propose une ouverture.

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