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Les temps du récit et leurs valeurs : cours de français 6e

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Ce cours sur les temps du récit 6e t’apprend à reconnaître et à employer les trois temps qui permettent de raconter une histoire au passé : le passé simple, l’imparfait et le plus-que-parfait. Chacun joue un rôle précis : comprendre ces rôles t’aidera à lire les contes et les romans, et à écrire tes propres récits.

Découvrir les temps du récit 6e

Lis ce début de conte et observe les verbes.

La neige tombait depuis l’aube sur le petit village. Les enfants jouaient devant l’église et les vieillards se chauffaient au coin du feu. Soudain, un cavalier apparut au bout de la rue. Il descendit de cheval et frappa à la porte de l’auberge. Il avait chevauché toute la nuit.

Texte écrit pour ce cours

Trois temps se partagent ce récit. Les verbes à l’imparfait (tombait, jouaient, se chauffaient) installent le décor. Les verbes au passé simple (apparut, descendit, frappa) racontent les actions qui font avancer l’histoire. Le verbe au plus-que-parfait (avait chevauché) évoque ce qui s’était passé avant.

Comprendre les valeurs de chaque temps

Définition

Le passé simple exprime les actions de premier plan : des actions ponctuelles, limitées dans le temps, qui se succèdent et font progresser le récit. Il ouvrit la porte, entra et s’assit.

Définition

L’imparfait exprime l’arrière-plan : la description du décor et des personnages, les actions en cours de déroulement dont on ne voit ni le début ni la fin, et les habitudes passées. La mer était grise. Le vieux pêcheur réparait ses filets, comme il le faisait chaque soir.

Définition

Le plus-que-parfait exprime l’antériorité : une action accomplie avant une autre action passée. Quand la fée arriva, la princesse s’était déjà endormie.

Scène de théâtre : le décor de forêt nocturne au fond est marqué imparfait, le personnage qui agit sur le devant de la scène est marqué passé simple, et le bandeau du bas indique que le plus-que-parfait raconte ce qui s'est passé avant
L’imparfait peint le décor, le passé simple fait agir les personnages.

La règle : former les trois temps

Règle

Passé simple : les terminaisons dépendent du verbe. Verbes en -er : -ai, -as, -a, -âmes, -âtes, -èrent. Autres verbes : -is, -is, -it, -îmes, -îtes, -irent (finir, prendre, voir), -us, -us, -ut, -ûmes, -ûtes, -urent (être, avoir, courir, vouloir), ou -ins, -ins, -int, -înmes, -întes, -inrent (venir, tenir).

Imparfait : radical de la 1re personne du pluriel du présent + -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient (nous finissons → je finissais).

Plus-que-parfait : auxiliaire avoir ou être à l’imparfait + participe passé (j’avais chanté, elle était partie).

3e personne Passé simple Imparfait Plus-que-parfait
marcher il marcha / ils marchèrent il marchait il avait marché
finir il finit / ils finirent il finissait il avait fini
prendre il prit / ils prirent il prenait il avait pris
être il fut / ils furent il était il avait été
avoir il eut / ils eurent il avait il avait eu
venir il vint / ils vinrent il venait il était venu

Des exemples pour voir les temps travailler ensemble

Exemple

Je lisais tranquillement quand le téléphone sonna.

L’imparfait lisais présente une action en cours ; le passé simple sonna l’interrompt brusquement.

Exemple

Ulysse reconnut enfin son île : il l’avait quittée vingt ans plus tôt.

Le plus-que-parfait renvoie à une action bien antérieure au moment du récit.

Frise : une longue bande pour l'imparfait (il pleuvait), trois points successifs pour le passé simple (il entra, cria, s'enfuit), et un point plus tôt relié par une flèche pour le plus-que-parfait (il avait perdu son chemin)
Imparfait en arrière-plan, passé simple en succession, plus-que-parfait avant.

Les pièges à éviter

Attention

1. À la 1re personne du singulier, je marchai (passé simple) et je marchais (imparfait) se ressemblent beaucoup. Pour choisir, remplace je par il : il marcha (passé simple) ou il marchait (imparfait).

2. À la 3e personne du singulier, certains verbes ont la même forme au présent et au passé simple : il finit, il sourit, il dit. C’est le contexte (les autres verbes du récit) qui indique le temps.

3. Pas d’accent circonflexe au passé simple à la 3e personne du singulier : il fut, il eut, il vint (et non « il fût »).

Dans un récit à la 1re personne ou à l’oral, le passé simple est souvent remplacé par le passé composé (je suis entré), mais l’imparfait garde le même rôle d’arrière-plan.

À retenir

  • Passé simple : actions de premier plan, brèves, qui se succèdent.
  • Imparfait : arrière-plan (décor, portraits, actions en cours, habitudes).
  • Plus-que-parfait : action antérieure à une autre action passée (auxiliaire à l’imparfait + participe passé).
  • Test du « il » pour distinguer -ai (passé simple) et -ais (imparfait).

Pour aller plus loin

Exerce-toi avec les exercices sur les temps du récit, puis fais le QCM sur les temps du récit. Revois aussi les valeurs du présent, qui peut remplacer le passé simple dans un récit, et mets tout cela en pratique dans le chapitre écrire un récit d’aventure.

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