Les énoncés sont sur la fiche La poésie du XIXe au XXIe siècle : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Voici le corrigé de poésie moderne 1re : chaque réponse est expliquée, des scansions aux plans de dissertation, et les productions écrites sont accompagnées d’exemples et de critères.
Le corrigé de poésie moderne 1re, exercice par exercice
Corrigé de l’exercice 1 : situer poètes et mouvements
- Lamartine : romantisme, Méditations poétiques (1820).
- Baudelaire : modernité et spleen, Les Fleurs du mal (1857).
- Verlaine : musique symboliste, Poèmes saturniens (1866).
- Apollinaire : renouveau du vers, suppression de la ponctuation, Alcools (1913).
- Breton : surréalisme, Manifeste du surréalisme (1924).
- Ponge : poésie des choses, Le Parti pris des choses (1942).
Corrigé de l’exercice 2 : compter les syllabes
- De-main-dès-l’au-b(e) à-l’heu-r(e) où-blan-chit-la-cam-pa-gn(e) : 12 syllabes, alexandrin. Les e de « aube » et « heure » s’élident devant voyelle ; le e final de « campagne » ne compte pas.
- Sous-le-pont-Mi-ra-beau-cou-le-la-Sei-n(e) : 10 syllabes, décasyllabe. Le e de « coule » compte car il est suivi d’une consonne.
- La-Na-tu-r(e) est-un-tem-pl(e) où-de-vi-vants-pi-liers : 12 syllabes, alexandrin, avec deux élisions.
- Des-vi-o-lons : 4 syllabes grâce à la diérèse sur « violons », qui étire le mot comme le son de l’instrument.
Corrigé de l’exercice 3 : les rimes
- campagne / attends / montagne / longtemps : rimes croisées ABAB.
- piliers / paroles / symboles / familiers : rimes embrassées ABBA.
- longs / violons / automne / cœur / langueur / monotone : AABCCB, disposition typique de la strophe de six vers à vers courts, qui crée un balancement musical.
Corrigé de l’exercice 4 : enjambement et rejet
« Je partirai » est un rejet : la phrase commencée au vers 1 déborde au début du vers 2, et ce groupe bref est mis en relief avant le point. L’effet est double : il marque une décision ferme, presque solennelle, et crée une attente (où part-il, vers qui ?) que seule la fin du poème résout. On peut aussi relever l’enjambement des vers 11-12 (« je mettrai sur ta tombe / Un bouquet… ») qui retarde le complément et prolonge l’émotion.
Corrigé de l’exercice 5 : questions sur « Demain, dès l’aube… »
- Il s’adresse à un « tu » qui semble un être vivant qui l’attend ; le mot « tombe », au vers 11, révèle qu’il s’agit d’une morte (sa fille Léopoldine). Cette révélation finale est une chute qui relit tout le poème.
- « partirai », « irai », « marcherai », « regarderai », « arriverai », « mettrai » : le futur traduit une résolution et un rituel, une marche obstinée vers la tombe.
- Le paysage est nié : « Sans rien voir au dehors », « Ni l’or du soir… ni les voiles ». Le poète, enfermé dans sa douleur, refuse la beauté du monde ; « le jour pour moi sera comme la nuit ».
- Le houx reste vert en hiver, la bruyère fleurit sur des terres pauvres : ensemble, ils figurent la fidélité et un amour qui survit à la mort, avec simplicité.
Corrigé de l’exercice 6 : commentaire guidé de « Chanson d’automne »
- Assonances en [on] et [an] (« sanglots », « longs », « violons », « blessent », « langueur », « monotone ») ; allitération en [l] (« les », « longs », « violons », « l’automne », « langueur »). Ces sons nasals et liquides imitent la plainte prolongée des violons et la mélancolie.
- Une personnification (les violons sanglotent) associée à une métaphore : le vent d’automne devient une musique triste. L’inversion de l’adjectif « longs » allonge encore le sanglot.
- Les vers de quatre et trois syllabes créent un rythme haché, comme des sanglots, et une musique répétitive qui traduit la « langueur monotone ».
- Problématique : comment Verlaine fait-il de la musique du vers l’expression même de la mélancolie ? I. Une strophe musicale (sonorités, rythme). II. L’expression d’une mélancolie diffuse, entre paysage d’automne et état d’âme.
Corrigé de l’exercice 7 : la synesthésie selon Baudelaire
- « La Nature est un temple » : la nature est un lieu sacré ; les arbres deviennent des « piliers » de ce temple. Le poète en fait un espace religieux et mystérieux.
- Les piliers sont « vivants », ils laissent sortir des « paroles », les symboles « observent » l’homme avec des « regards » : la nature parle et regarde.
- Chaque élément du monde renvoie à autre chose que lui-même, à une réalité spirituelle cachée ; l’homme traverse ces signes sans toujours les comprendre.
- Le poète est celui qui déchiffre ces correspondances (entre le visible et l’invisible, et entre les sens : parfums, couleurs et sons se répondent). Les symbolistes reprendront cette idée d’une poésie qui suggère au lieu de décrire.
Corrigé de l’exercice 8 : le poème en prose
- Il est bref, rythmé (phrases courtes puis période ample), riche en images (le Temps comme un fardeau) et en répétitions (« il faut ») : la densité et le travail du rythme en font un poème.
- Présent de vérité générale ; la modalité injonctive domine (« Il faut », impératif du titre) : le poète donne une leçon de vie.
- Par une allégorie (majuscule) et une métaphore : le Temps est un « fardeau » qui « brise » les épaules et « penche vers la terre », image de l’écrasement et de la mort. L’ivresse (de vin, de poésie, de vertu, précise la suite) est le seul remède.
Corrigé de l’exercice 9 : question de grammaire : la négation
- « sans rien voir » : préposition « sans » + pronom indéfini négatif « rien » ; « sans entendre aucun bruit » : « sans » + déterminant indéfini négatif « aucun ». Négations partielles, portant sur les compléments. Effet : le poète se coupe de toute perception.
- « ne… ni… ni » : négation qui porte sur deux compléments d’objet coordonnés ; « ni » répété remplace « pas ». Négation partielle. Effet : refus de la beauté du paysage, pourtant évoquée (« l’or du soir ») : le poème montre ce qu’il refuse de voir.
- « ne… » seul avec le verbe « pouvoir » (« je ne puis ») : négation totale à un seul élément, tour littéraire possible avec pouvoir, savoir, oser, cesser. Effet : registre soutenu et intensité de l’impossibilité.
Corrigé de l’exercice 10 : dissertation
Problématique : la poésie est-elle d’abord l’expression d’un moi sensible, ou peut-elle avoir d’autres fins, comme la recherche formelle, la connaissance du monde ou l’engagement ?
- La poésie exprime les émotions : lyrisme romantique (Hugo pleurant sa fille), mélancolie de Verlaine ; la musique du vers rend l’émotion sensible au lecteur.
- Mais elle peut refuser l’épanchement : Parnasse et l’art pour l’art ; Ponge et le parti pris des choses, qui met le monde et le langage au premier plan.
- Elle est aussi connaissance et action : Baudelaire déchiffre les correspondances, les surréalistes explorent l’inconscient, la poésie de la Résistance s’engage. L’émotion devient alors un moyen, non une fin.
Corrigé de l’exercice 11 : essai (voie technologique)
« Lire de la poésie aide d’abord à mettre des mots sur ce que l’on ressent. Le poète trouve des formules justes pour des émotions que chacun connaît mais peine à dire. Ainsi, « Demain, dès l’aube… » de Victor Hugo exprime le deuil avec une simplicité bouleversante : la marche obstinée vers la tombe et le bouquet final disent la fidélité mieux qu’un long discours. »
« La poésie apprend ensuite à regarder autrement le monde. En cassant nos habitudes de langage, elle nous rend attentifs à ce que nous ne voyons plus. Quand Éluard écrit que la terre est bleue comme une orange, l’image surprend et réveille le regard. À l’heure des écrans et de la vitesse, la poésie offre un temps de lenteur et d’attention. »
Critères : deux arguments distincts, exemples précis et commentés, conclusion partielle.
Corrigé de l’exercice 12 : écriture poétique
Exemple de poème en vers libres :
La gare à six heures
respire comme une baleine fatiguée
Les trains glissent leurs longs museaux d’acier
et les voyageurs
pressés, pressés
passent sans se voir
Moi j’attends sur le quai
une valise de silence à la main
tandis que l’horloge
mâche les minutes une à une
Explication : la répétition « pressés, pressés » et l’allitération en [s] imitent le glissement des pas ; les métaphores animales (baleine, museaux) rendent la gare vivante.
Critères : forme choisie respectée, deux images au moins, un effet sonore, disposition réfléchie.
Comment utiliser ce corrigé
Fais chaque exercice avant de lire la correction. Pour la versification, recompte toi-même chaque vers à voix haute en marquant les syllabes : c’est le seul moyen de fixer les règles du e muet et de la diérèse. Pour les analyses, observe la structure des réponses : un procédé, une citation, un effet, une interprétation. Pour la dissertation, retiens surtout la démarche (thèse, nuance, dépassement) et cherche des exemples dans les poèmes lus en classe. Enfin, apprends par cœur quelques vers : ils te serviront d’exemples dans toutes les copies.
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