Les énoncés sont sur la fiche Le roman et le récit du XVIIIe au XXIe siècle : exercices. Cherche d’abord seul, puis compare avec la correction.
Voici le corrigé roman 2nde des douze exercices : repères chronologiques, analyses d’extraits, caractérisation du personnage, points de vue et exemples de productions écrites, chaque réponse étant expliquée.
Corrigé roman 2nde, exercice par exercice
Corrigé de l’exercice 1 : situer les œuvres
- Candide (1759) : XVIIIe siècle, conte philosophique des Lumières.
- Les Liaisons dangereuses (1782) : XVIIIe siècle, roman épistolaire.
- René (1802) : début du XIXe siècle, romantisme.
- Madame Bovary (1857) : XIXe siècle, réalisme.
- Les Rougon-Macquart (1871-1893) : fin du XIXe siècle, naturalisme.
- Du côté de chez Swann (1913) : XXe siècle, renouvellement du roman par la mémoire.
- La Modification (1957) : XXe siècle, nouveau roman.
Corrigé de l’exercice 2 : les formes du roman au XVIIIe siècle
- Le roman épistolaire.
- Le roman-mémoires.
- Le conte philosophique.
- Le roman qui joue avec le lecteur, à la manière de Diderot (on parle de roman réflexif).
Corrigé de l’exercice 3 : l’incipit de Jacques le fataliste
- Un lecteur imaginaire pose les questions ; le narrateur y répond.
- Non : « Par hasard, comme tout le monde » ne dit rien de précis sur la rencontre ; « Que vous importe ? » refuse de donner les noms ; « Du lieu le plus prochain » est une réponse vide.
- Le lieu, l’époque, le nom et l’identité des personnages, la situation de départ.
- Jacques croit que tout est « écrit là-haut » : il est fataliste, il pense que notre destin est fixé d’avance.
- Diderot montre que le roman est une construction arbitraire : le narrateur est libre, il refuse les conventions et invite le lecteur à réfléchir plutôt qu’à se laisser bercer par l’illusion.
Corrigé de l’exercice 4 : le héros romantique
- Une phrase exclamative et impérative (« Levez-vous ») : elle traduit un désir passionné, presque désespéré.
- Il s’adresse aux orages : c’est une apostrophe, accompagnée d’une personnification.
- René souhaite être arraché à sa vie présente qu’il trouve vide : il désire la violence de l’orage et l’évasion vers « une autre vie », voire la mort.
- Le mal du siècle est une mélancolie sans cause précise, un ennui profond et un désir d’ailleurs : René ne supporte pas son existence et appelle un bouleversement qui l’en délivre.
Corrigé de l’exercice 5 : le roman-miroir de Stendhal
- Le roman reflète la réalité comme un miroir ; la « grande route » représente le monde, la société que le roman traverse.
- « l’azur des cieux » s’oppose à « la fange des bourbiers » : le roman montre à la fois la beauté et la laideur, l’idéal et la boue.
- Non, selon l’image : le miroir ne fait que refléter ce qui existe ; si le roman montre la boue, c’est que la route est boueuse. Stendhal se défend ainsi contre ceux qui l’accuseraient d’immoralité.
- Elle affirme que le roman doit représenter le réel tel qu’il est, y compris dans ses aspects bas : c’est le programme du réalisme.
Corrigé de l’exercice 6 : analyser un portrait
- Physique : cinquante ans qui en paraissent soixante, grand, voûté, manteau gris aux coudes luisants, mains qu’il frotte, voix sourde, regard par en dessous. Moral : taciturne (« parlait peu »), méfiant, craintif.
- Le manteau usé porté toujours, les mains qui cherchent une chaleur que rien ne leur donne, comme s’il refusait de chauffer son logis, la crainte qu’on lui demande de l’argent, la rumeur sur son ancienne richesse. Le trait n’est pas nommé : il est suggéré, et c’est au lecteur de le déduire.
- Elle donne le regard des autres : la rumeur des adultes et le surnom des enfants. « Le Corbeau » évoque un oiseau noir, inquiétant, de mauvais augure : le personnage est perçu comme sinistre.
- Non : « Lenoir » annonce la couleur sombre du personnage et rejoint le surnom de « Corbeau ». Le nom est symbolique.
- Une impression de tristesse, de solitude et de mystère : le personnage inquiète, mais il intrigue aussi (pourquoi a-t-il perdu sa richesse ?).
Corrigé de l’exercice 7 : héros, anti-héros ou type ?
- Héros : il accomplit des actes admirables et se dépasse moralement.
- Anti-héros : il est passif et médiocre.
- Type : Rastignac incarne l’ambitieux, au point que son nom est devenu un nom commun.
- Anti-héros, du moins au début : sa naïveté le rend ridicule et victime des autres ; il apprend peu à peu.
- Personnage naturaliste plutôt tragique qu’héroïque : on peut la considérer comme une anti-héroïne écrasée par son milieu.
Remarque : ces catégories ne sont pas étanches ; l’essentiel est de justifier son choix.
Corrigé de l’exercice 8 : identifier le point de vue
- Focalisation interne : on perçoit la pièce à travers Léa (« lui parut ») et on connaît ses sensations et ses pensées.
- Focalisation externe : on ne voit que des gestes, sans accès aux pensées ; le narrateur ne connaît même pas les noms.
- Focalisation zéro : le narrateur connaît l’avenir (« allait bouleverser sa vie ») et les pensées de deux personnages différents.
Corrigé de l’exercice 9 : le nouveau roman
- Vrai.
- Faux : ils contestent ce personnage traditionnel et le réduisent parfois à une initiale ou à un pronom.
- Vrai.
- Faux : c’est un essai de Nathalie Sarraute, publié en 1956.
- Vrai.
- Faux : il bouleverse souvent la chronologie (retours en arrière, répétitions, temps mêlés).
Corrigé de l’exercice 10 : l’incipit de Proust
- Un narrateur à la première personne, « je ».
- Passé composé : il présente une habitude passée, sur une longue durée, qui reste liée au présent du narrateur.
- « Longtemps » met en avant la durée et le temps écoulé : dès le premier mot, le temps devient le sujet du livre.
- L’œuvre portera sur le temps, la mémoire et l’intimité du narrateur : un homme se souvient de sa vie, à commencer par les moments du coucher de son enfance.
Corrigé de l’exercice 11 : écrire deux incipits
Exemple de version 1. Le 14 novembre 1867, vers six heures du soir, Lucien Marchal, vingt-deux ans, fils d’un notaire de Bourges, descendit du train de Paris en gare de Nevers. C’était un jeune homme mince, aux cheveux blonds soigneusement peignés, que sa redingote neuve, achetée à crédit, rendait plus raide encore. Il ignorait que cette ville, qu’il jugeait déjà sinistre sous la pluie, allait décider de toute sa vie.
Exemple de version 2. Il pose la valise sur le quai. Le quai est gris, rayé d’une ligne blanche à quarante centimètres du bord. Sur le panneau, des lettres noires sur fond bleu, dont la troisième est à demi effacée. L’horloge indique dix-huit heures sept. Une seconde plus tard, dix-huit heures huit. La valise est toujours là, à droite de la chaussure gauche.
Critères de réussite : version 1 avec date, nom complet, âge, portrait, milieu social et une prolepse qui montre un narrateur omniscient ; version 2 avec un pronom au lieu d’un nom, un présent de description, une attention aux objets et aux mesures, aucune explication des sentiments.
Corrigé de l’exercice 12 : préparer une dissertation
- « Doit-il » interroge une nécessité ou une règle ; « ressembler à une personne réelle » renvoie à la vraisemblance. Reformulation : un personnage réussi est-il forcément vraisemblable, comme un être vivant ?
- Plan : I. Oui, le personnage gagne à ressembler à une personne réelle. A. Le roman réaliste et naturaliste veut créer l’illusion de la vie (portraits précis, milieu social). B. Cette ressemblance permet l’identification du lecteur et la réflexion sur la société. II. Mais le personnage reste un être de papier, libre de ne pas ressembler. A. Certains personnages sont des types ou des symboles, volontairement simplifiés (conte philosophique). B. Le roman du XXe siècle conteste le personnage traditionnel (nouveau roman) sans perdre sa force.
- I.A : Balzac et le portrait de ses personnages dans La Comédie humaine ; I.B : l’émotion suscitée par Emma Bovary ; II.A : Candide, personnage naïf au service d’une démonstration ; II.B : le « vous » de La Modification, ou les personnages réduits à des pronoms.
Conclusion possible : le personnage n’a pas à copier une personne réelle, mais il doit être assez « vivant » pour que le lecteur y croie, ou assez étrange pour le faire réfléchir.
Comment utiliser ce corrigé
Commence par les exercices 1, 2 et 9 : leurs réponses sont précises et révèlent les repères qui te manquent. Pour les analyses de texte, vérifie que tu as toujours cité le texte avant de l’interpréter. Pour l’exercice 8, relis le schéma des focalisations et cherche dans chaque passage l’indice décisif (verbe de perception, pensée rapportée, connaissance de l’avenir). Enfin, pour la dissertation, compare la logique de ton plan à celle du corrigé plutôt que son contenu exact : plusieurs plans sont possibles s’ils répondent vraiment à la question.
Retour aux énoncés : Le roman et le récit du XVIIIe au XXIe siècle

À imprimer
Retrouve ce corrigé dans un PDF propre, prêt pour la classe ou la maison.
Télécharger le PDF